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Le Magazine des Rencontres Gastronomiques

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Published by C2H COMMUNICATION, 2023-11-14 07:15:21

MasterChef 22

Le Magazine des Rencontres Gastronomiques

et la diversité des produits au volume ». La petite entreprise s’approvisionne le plus possible localement, tout en ayant recours à quelques producteurs étrangers quand la production locale ne suffit pas. « Il n’y a plus que neuf producteurs de houblon dans la région, c’est insuffisant pour tous les brasseurs d’ici », souligne le brasseur. UNE BRASSERIE PIONNIÈRE Côté saveurs, la brasserie, cinq fois primée prix d’excellence au concours général agricole de Paris, a été pionnière, notamment sur l’amertume. Son produit phare, la bière blonde de garde Réserve Hildegarde Blonde, avec ses notes maltées, fruitées et florales et son amertume en bouche, d’abord mal reçue à sa sortie en 2004 car considérée trop amère, est aujourd’hui un succès ! « La recette est la même depuis le début : c’est le goût des gens qui a changé », explique Vincent. Cette spécialité également déclinée en version ambrée, la blonde, la blanche, la brune et la triple font partie des « classiques » de Page 24. À cette sélection s’ajoutent des variétés devenues incontournables à l’international, comme la IPA, ici déclinée en version ultra innovante, avec des arômes d’agrumes et de rhubarbe : la Rhub’IPA, fabriquée en collaboration avec la brasserie norvégienne Nøgne. Autre délicieuse création issue d’un partenariat, cette fois avec la brasserie Dalons de Sainte-Marie à La Réunion : l’Imperial Stout vanille bourbon, une bière infusée avec de la vanille réunionnaise fraîche en barrique de whisky ! 199 UN LIEU DE VIE Tout cela vous met l’eau à la bouche ? Bonne nouvelle : il est possible de visiter la salle de brassage le samedi de 10h30 à 16h (6 € pour 1 heure de visite suivie d’une dégustation) ou en semaine, sur réservation pour les groupes de plus de 30 personnes. Découvrez en bonus de nombreux objets de l’ancienne brasserie, la brasserie Brasme, issus de la collection personnelle de Vincent ou chinés par quelques locaux, sur les brocantes des alentours. Le bar, lui, ouvre ses portes le jeudi et le vendredi de 14h à 19h et le samedi de 11h à 18h. Dans une ambiance cosy et décontractée, il est possible de déguster les bières de la maison en bouteille ou en pression pour cinq variétés. La cadence de la tireuse n’est pas la seule à rythmer la vie de l’établissement qui organise des concerts, des retransmissions de matchs et autres soirées thématiques. Le magasin ouvre, lui, du mardi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 19h et le samedi de 9h à 18h. Les bières et produits dérivés Page 24 sont également en vente sur le site de la brasserie, en grande surface et chez certains cavistes et bars à bières. Brasserie Saint Germain/Page 24 26 route d'Arras 62160 Aix-Noulette Tél. : 03 21 72 24 24 www.page24.fr Objets chinés au fil des années La salle de dégustation Les bières artisanales Page 24


ÉVASION VIGNERONNE


En plus de produire un tiers des bières françaises, les Hauts-de-France proposent du vin blanc de qualité avec une récente marque de vins « Les 130 » et 10% du Champagne. Nous sommes allés à la rencontre du vignoble « Les 130 », un collectif de néo-vignerons audacieux et de deux maisons de Champagne : Pannier et Météyer pour découvrir une autre facette de l’appellation Champagne. VINS ET CHAMPAGNES DANS LES HAUTS-DE-FRANCE 201


DU VIN DANS LES HAUTS-DE-FRANCE ? «LES 130» RELÈVENT LE DÉFI! À Dompierre-Becquincourt, en plein cœur de la Somme, l’ancienne sucrerie de 3500 m2 s’est métamorphosée en chai viticole dernier cri estampillé « Les 130 » ! Dans son cœur, la betterave a laissé la place aux raisins, de jolies baies de chardonnay récoltées dans un périmètre de 100 kilomètres à la ronde autour du bâtiment de production. Les parcelles de vignes, d’une superficie d’1,5 hectare en moyenne, sont disséminées de part et d’autre de la région : dans le Nord, le Pas-de-Calais, l’Aisne et la Somme. Les champs de céréales, de colza et de betteraves, qui sont légion sur ce territoire agricole, cohabitent désormais avec des vignobles de petite taille choyés par des agriculteurs désireux de diversifier leurs activités et leurs sources de revenus. Grâce à l’assouplissement des règles européennes, qui l’interdisait jusqu’en 2016, la plantation de vignes Derrière la marque « Les 130 », qui a signé son premier millésime 2022 cette année, un collectif de néo-vignerons s’est lancé dans la culture de la vigne dans les Hauts-de-France. Un pari audacieux, porté par la société de négoce agricole Ternoveo, et qui s’adapte aux évolutions du climat. Par Romy Ducoulombier - Photos : Rémy Cortin 202 à des fins commerciales dans les Hauts-de-France, est désormais autorisée. Et l’introduction de cette plante méditerranéenne à la culture pérenne dans cette partie de l’hexagone n’est pas sans rapport avec le réchauffement climatique que l’on constate depuis des années sur de nombreux territoires viticoles. C’est dans ce contexte, que la marque « Les 130 » a vu le jour en 2023, sous l’impulsion de la société de négoce Ternoveo, filiale du groupe coopératif Advitam. L’AMBITION D’UN VIGNOBLE DANS LES HAUTS-DE-FRANCE Fin 2018, les dirigeants de Ternoveo envisagent la culture de la vigne comme une solution de diversification pour les agriculteurs des Hauts-de-France. Ils créent alors la société ÉVASION VIGNERONNE


203 « Chai des Hauts-de-France » et sa marque « Les 130 », dirigée par Christophe Dubreucq. Cette structure de négoce accompagne les agriculteurs pour la conduite de leur vignoble et s’engage, par contrat, à acheter le fruit de leur récolte pour le transformer en vin. Du vin qui sera commercialisé, sans appellation d’origine contrôlée ni indication géographique, par le vignoble « Les 130 ». D’emblée, les agriculteurs manifestent leur engouement pour le projet et soumettent certaines de leurs parcelles à un audit pointu qui leur permettra de se lancer, ou non, dans l’aventure. Analyse du sol, du sous-sol, exposition de la parcelle, ensoleillement, éloignement du chai… Tout est passé au crible pour sélectionner les terrains les plus adaptés à la culture de la vigne. « Nous opérons une sélection parcellaire ultra-minutieuse. On choisit chacune des parcelles, que leur terroir soit calcaire, argilo-calcaire, limoneux, mais aussi le matériel végétal le plus adapté à notre région », explique Christophe Dubreucq. Sur l’intégralité des candidatures présentées au vignoble « Les 130 », plus de cinquante vignerons, qui cultivent 90 hectares de vignes, ont déjà intégré l’aventure ! Les premiers plants de chardonnay, plantés par ces agriculteurs partiellement reconvertis en néovignerons ont donné naissance, en 2023, aux cuvées « Azimute » et « Parallèle 50 », tirées à 48 000 exemplaires. À terme, la structure sera taillée pour accueillir la récolte d’un vignoble de 200 hectares (soit le fruit du travail de 130 agriculteurs). Un déploiement « pas à pas », pour des dirigeants soucieux de mettre toutes les chances de leur côté pour créer un vignoble durable et identitaire. « C’est un pari audacieux, alors on prend vraiment le temps d’analyser tous les profils de parcelles afin d’obtenir les meilleures conditions pour la culture de la vigne et de varier au maximum les profils du chardonnay avant d’intégrer de nouveaux partenaires à notre projet. C’est pourquoi, sur un total de dix candidatures, seuls trois agriculteurs en moyenne intègrent le collectif « Les 130 », note le dirigeant. Christophe Dubreucq Le vignoble « Les 130 »


UN VIGNOBLE MORCELÉ, UN PROJET DE BÂTISSEURS Dans les Hauts-de-France, on connaissait jusqu’alors le vignoble de l’Aisne, dédié à la production de l’appellation Champagne. La vigne fait désormais une apparition plus étendue sur le reste des Hauts-de-France. « Sur ce territoire vierge de viticulture, tout est à inventer ! La dispersion de nos parcelles nous permet d’avoir un contrôle sur la propagation des maladies mais aussi d’obtenir des profils aromatiques très variés pour notre unique cépage ; le chardonnay », explique Christophe Dubreucq. Certifié Haute Valeur environnementale (HVE3), le vignoble a déjà converti une partie de ses surfaces au bio pour la production d’une cuvée qui verra le jour dans les deux prochaines années. Très innovante et désireuse de réduire au maximum son impact sur l’environnement, l’entreprise expérimente sur ses parcelles un outil de stimulation des défenses naturelles de la vigne : l’UV Boosting®. Cet équipement de pointe, constitué de panneaux mobiles tractés et projetant sur la vigne des UV-C, permet de rendre la plante plus résistante au gel, au stress hydrique et aux maladies fongiques comme le mildiou et l’oïdium. Si chaque agriculteur est responsable de la conduite de sa parcelle et de celle de la vendange qui sera ensuite acheminée au chai, le vignoble « Les 130 » accompagne ses partenaires au quotidien. Le but ? Amener au chai, le raisin le plus sain possible pour produire une gamme de cuvées qui ne va cesser de s’étoffer. DES CUVÉES DE PLAISIR ET DE GASTRONOMIE En juin 2023, le premier millésime de la cuvée « Azimute », un blanc léger, aux notes de fruits exotiques, d’ananas et de litchi, a vu le jour. « C’est un vin travaillé exclusivement dans nos cuves inox à basse température. Frais et expressif, il accompagnera volontiers un tartare de saumon et des crudités », explique Guillermo, l’un des deux oenologues de la structure qui travaille en tandem avec Laetitia. « Parallèle 50 », la cuvée qui rend hommage à la situation géographique du chai, présente un profil organoleptique très différent. Elevé en cuves béton ovoïdes, en barriques de chêne et en cuves inox, ce vin blanc a un profil gastronomique. « On y décèle de la rondeur, du gras, et des arômes briochés qui le rendent capable de s’associer à des poissons en sauce et des plats élaborés », explique l’œnologue. Pour créer ses cuvées, le binôme puise son inspiration dans l’extrême diversité d’expressions du chardonnay. « Bien que nous n’ayons à notre disposition qu’un seul cépage, nous avons la chance d’avoir accès à une partition de différentes parcelles et d’expressions du terroir que nous vinifions et élevons dans nos contenants variés ; qu’il s’agisse d’œufs en béton, de barriques, de foudres, de cuves en inox », précise Guillermo. Après avoir fait ses classes en France et à travers le monde, l’expert a décidé de se lancer dans l’aventure « Les  130 », stimulé par le défi d’une page blanche à écrire. « Des créations de vignoble, cela n’existe plus sur le vieux continent ! Ici, nous avons la chance immense d’imaginer un style de vins identitaires sans être normés par le cahier 204 Laetitia Guillermo ÉVASION VIGNERONNE


des charges des appellations qui n’existent pas encore », précise-t-il. Début 2024, la cuvée « Zénith » viendra grossir les rangs des cuvées « Les  130 ». Un cru complexe, vif et frais, élevé en foudres et en barriques, aux saveurs subtiles de fruits secs et à la trame légèrement fumée. « Puis, d’ici 3 à 4 ans, à mesure que le vignoble s’agrandira, nous pourrons élaborer une cuvée parcellaire : « Fragments », qui reflètera le meilleur de nos terroirs et de notre savoir-faire », termine l’œnologue. Un vin blanc, certifié bio, est également attendu pour les prochains millésimes. Alors que la vendange 2023 vient de se terminer pour « Les  130 », les projets continuent de fleurir au caveau. À commencer par l’ouverture des portes du chai aux oenotouristes. « Notre espace de dégustation est ouvert du jeudi au samedi après-midi, des journées au cours desquelles nous organisons des visites du chai pour le grand public », explique Christophe Dubreucq. Les ateliers d’initiation à la dégustation et les formations seront prochainement organisés dans ce bel espace de découvertes, ce qui contribuera à dynamiser les ventes et à faire connaître ces cuvées des Hauts-de-France du marché local avant de transiter dans des sphères nationales et internationales. Preuve de son attention portée aux circuits courts, le vignoble « Les  130 » s’approvisionne d’ailleurs lui-même sur son territoire d’origine pour l’achat de ses barriques, de ses bouteilles mais aussi pour le recrutement des artisans qui ont participé à la réhabilitation de son bâtiment de production. Les panneaux photovoltaïques, qui couvrent 400 m2 de la façade, ont, eux aussi, été installés par une entreprise de la ville d’Arras et permettent de couvrir 90% des besoins en énergie du chai attentif à son impact sur l’environnement. 205 « Les 130 » 28 rue de Chuignes 80980 Dompierre-Becquincourt Tél. : 07 70 22 24 25 - www.les130.com Les cuvées Parallèle 50 et Azimute Le caveau, espace de dégustation et de vente


206 ÉVASION VIGNERONNE Le vignoble de la Vallée de la Marne Ouest, qui s’étire au sud de l’Aisne, de Charly-sur-Marne à Dormans, pèse pour 10% de la production champenoise ! En plein secteur touristique des Portes de la Champagne, les vignes orientées plein sud, tapissent généreusement la rive droite du cours d’eau. Au fil des villages vignerons comme Crouttes-sur-Marne, première commune de la route du champagne, ou Château-Thierry, son épicentre, le vignoble axonais s’intègre au vaste ensemble de production de l’appellation Champagne. Une aire viticole de 34 300 hectares qui est inscrite, depuis l’été 2015, à l’UNESCO au titre des « Coteaux, Maisons et Caves de Champagne ». Dans les Hauts-de-France, ce sont donc quelques 39 communes viticoles qui veillent sur 3420 hectares de vignes choyées par une multitude d’exploitations familiales, affairées à produire des champagnes ronds et élégants à partir de pinot noir, de chardonnay mais surtout, de pinot meunier, qui représente 70% de l’encépagement local. UN VIGNOBLE « PORTE D’ENTRÉE » DE LA CHAMPAGNE Dans la partie Ouest de la Vallée de la Marne, la production viticole a débuté au Moyen-Âge. Pilotée par les seigneurs laïcs d’abord, elle passe ensuite aux mains des établissements monastiques. La crise du phylloxéra frappe ensuite le vignoble, qui décline de moitié et ne reprendra son souffle qu’au début du XXe siècle, tracté par des maisons de négoce nombreuses à s’approvisionner dans cette providentielle Vallée de la Marne Ouest. Par le décret du 17 décembre 1908, le département de l’Aisne reçoit officiellement le titre de l’appellation Champagne et, après la Seconde Guerre Mondiale, le territoire viticole devient une véritable porte d’entrée vers la Champagne pour les visiteurs franciliens. Classée au rang de troisième producteur de champagne derrière la Marne et l’Aube, cette partie du vignoble champenois est désormais inscrite dans le périmètre des Hauts-deFrance. « À l’origine de la Réforme territoriale, nous voulions être rattachés à l’Aube et à la Marne car nous nous sentions davantage champenois que picards mais au final, cette nouvelle écriture des régions nous a permis de nous différencier en mettant en valeur notre terroir et l’identité de nos champagnes », explique Eric Lévêque, propriétaire de la maison de champagne Lévêque-Dehan et viceprésident de l’Union de vignerons champenois du sud de l’Aisne. UNE TERRE DE PRÉDILECTION POUR LE PINOT MEUNIER Sur ces sols à dominante argilo-calcaire et ces coteaux ensoleillés, le pinot meunier a trouvé son terrain de prédilection. « Un peu tardif au débourrement, c’est un cépage qui apporte beaucoup de rondeur et de fruité au champagne. Il donne des crus souples et équilibrés, tandis que le chardonnay apporte finesse et légèreté à l’assemblage et le pinot noir, de la puissance et de la structure. », termine Eric Lévêque. C’est lui qui confère toute sa personnalité au champagne de la Vallée de la Marne Ouest, que l’on peut découvrir en s’arrêtant dans les caves qui jalonnent la Route Touristique du champagne. LE SECRET BIEN GARDÉ DES HAUTS-DE-FRANCE LE CHAMPAGNE La Vallée de la Marne Ouest, au sud de l’Aisne, dévoile un vignoble d’environ 3400 hectares campé sur des coteaux ensoleillés de part et d’autre de la Marne. Découverte, dans les Hauts-de-France, d’une autre facette de l’appellation Champagne, sur un territoire où le pinot meunier est roi ! Par Romy Ducoulombier


207 LA ROUTE DU CHAMPAGNE AU DÉPART DE CROUTTES-SUR-MARNE La Route touristique du champagne file dans une campagne vallonnée en traversant Charly-sur-Marne, la capitale du meunier, ou encore Château-Thierry, la ville natale de Jean de La Fontaine, jusqu’à Trélou-sur-Marne. Seule grande maison de champagne parmi une multitude d’exploitations, la Maison Pannier possède des caves remarquables, datant du XIIème siècle, qu’il est possible de visiter ! La maison de champagne Lévêque-Dehan, quant à elle, propose une expérience multisensorielle dans son atelier des sens ou une virée en combi Volkswagen. À la maison Léguillette Romelot, on peut s’amuser dans les vignes en participant au jeu de piste XXL « À la découverte du Clos de Mont Dorin » ou à une dégustation dans le noir. Balade pétillante en octobre, pique-nique-randonnée en mai ou à l’occasion du rendez-vous des vignerons indépendants le lundi de pentecôte, mais aussi participation aux vendanges, le temps d’une journée… Les occasions de découvrir l’univers du champagne sont légion sur la route touristique qui traverse cette partie du vignoble. Bon à savoir Le label « Vignobles & Découvertes » est un gage d’accueil pour vous repérer dans le vignoble. Plus d’informations pour préparer votre itinéraire auprès de la Maison du Tourisme Les Portes de la Champagne : www.lesportesdelachampagne.com Le champagne, en Vallée de la Marne Ouest, se dévoile au fil d’un itinéraire de 120  km, qui serpente de part et d’autre de la rivière Marne. Entre visites de caves, activités insolites et haltes de charme dans les villages, le vignoble du sud de l’Aisne est le terrain de jeu des oenotouristes. FINEENBULLES, UN FESTIVAL QUI BULLE EN JUILLET ! Le village vigneron si typique de Crouttes-sur-Marne donne rendez-vous chaque premier week-end de juillet aux épicuriens ! FineEnBulles, le Festival du Champagne et des Arts réunit artistes et vignerons dans le théâtre des caveaux. Pendant deux journées, riches en festivités, sculpteurs, peintres ou encore photographes exposent leurs œuvres dans la fraîcheur des caves de la commune. Une coupe à la main, les visiteurs déambulent face aux œuvres d’art tout en apprivoisant le savoir-faire du champagne. Bon à savoir Pour découvrir la date de la prochaine édition et son programme, rendez-vous sur : www.fineenbulles.com


208 L’HISTOIRE DE LA MAISON Née du nom de son créateur, Louis-Eugène Pannier, en 1899 à Dizy, aux portes d’Epernay dans la Marne, la Maison Pannier fut d’abord une histoire familiale. Florissante et forte d’une réputation grandissante, son chemin se poursuit ailleurs, non loin de son lieu de naissance, à Château-Thierry, en 1937, où elle demeure et se développe encore aujourd’hui. Ce choix, non par hasard, fut décidé par la famille en raison des caves déjà creusées, de splendides carrières de pierres médiévales datant du XIIe   siècle, ayant servi à édifier la cité. La Maison y trouve la température idéale, et ainsi la promesse d’un vieillissement optimal de ses cuvées. Par la suite, en 1974, la nouvelle génération, non désireuse de reprendre les rênes, cède la place à la coopérative COVAMA, Coopération Vinicole de la Vallée de la Marne, pour reprendre l’activité, faisant de la marque Pannier son porte-drapeau, avec pour maître-mot : la qualité. La Maison connaît un moment clef de son histoire en 1999, lors d’une mission archéologique, avec la découverte d’une gravure du XIVe   siècle représentant un archer médiéval. Ce CHAMPAGNE PANNIER TENDRE À LA PERFECTION La Maison Pannier charme par sa beauté historique et son savoir-faire de qualité. Ses caves, ancrées dans la pierre médiévale, sont situées au coeur de la ville de Château-Thierry dans la vallée de la Marne, lieu de naissance du poète Jean de La Fontaine. Véritable lieu de partage et de dégustation au style inimitable, ici, les raisins, comme les mots, sont maniés et assemblés pour créer l’élégance. Propos recueillis par Aurélie Hallereau - Texte : Juliette Herpin - Photos : Rémy Cortin La Maison Champagne Pannier ÉVASION VIGNERONNE


dernier devient alors le symbole de la Maison, l’emblème de son savoir-faire, et décide de faire sienne la devise de l’être à l’arc : Ad Perfectionem Intendere, signifiant « Tendre à la perfection ». En 2009, pour parfaire son image, le logo est remanié, afin de mieux représenter l’élégance de la Maison. Un autre changement a lieu, en 2019, lorsque Champagne Pannier confie la tâche déterminante et délicate de l’assemblage à Yann Munier, succédant à Philippe Dupuis, chef de cave depuis 1985, devenant le nouveau chef d’orchestre de la Maison. LE SAVOIR-FAIRE ET LA QUALITÉ Fondamental, le travail de l’assemblage est à lui seul le véritable secret de la création. Différent des vignerons qui possèdent et travaillent leurs propres raisins, ici, le fruit est acheté auprès des adhérents et, le chef de cave est alors garant de la qualité gustative, se devant de conserver une véritable constance chaque année. Riche de son implantation dans la Vallée de la Marne, région au véritable terroir, la Maison peut alors s’approvisionner dans les 209 différents vignobles champenois et choisir scrupuleusement les trois cépages pour offrir une gamme de champagnes riche et variée. Cette sélection comprend 35% de la Côte des Blancs (Chouilly, Cramant…) pour son Chardonnay, 35% de la Montagne de Reims (Ambonnay, Verzenay…) pour son Pinot Noir et 30% de la Vallée de la Marne pour son Meunier, apportant à lui seul le fruité et le charnu. Le respect des crus et des cépages est important, chacun des crus est travaillé séparément, le tout se faisant grâce au réel savoir-faire des œnologues et à la grande modernité de la cuverie. Tous les champagnes ne sont pas commercialisés, de chaque cuvée, la Maison choisit d’en conserver une partie en œnothèque, plus tard dégustée, afin d’étudier l’évolution dans le temps. Le  style Pannier se veut fruité et légèrement vineux, à l’expression aromatique intense, plutôt tourné vers la gastronomie. Ce style s’exprime à travers une gamme précise de créations : les Classiques (Brut Sélection, Demi-sec Séduction, Exact Brut Extra, Rosé Brut et Blanc de Blancs), les Millésimes (Vintage Millésime 2015 et Blanc de Noirs Millésime 2016), les Velours (Blanc, Rosé, Rubis), les Egéries «Visite guidée au coeur des caves où les cuvées patientent avant l’heure de leur maturité»


210 (Millésime 2012 et Rosé de Saignée) et le Ratafia, unique en son genre, rare et méconnu, à l’éclatante couleur dorée, entièrement fabriqué à partir du Meunier, cépage principal de la région. Entre équilibre et élégance, gourmandise et partage, fraîcheur et plaisir, le champagne Pannier, gage certain de qualité, fut servi aux 1 440 prestigieux invités de la soirée de remise du Prix Nobel de la Paix à Barack Obama en 2009 puis en 2012, lors de la célébration des médailles aux Jeux Olympiques pour les athlètes français dans l’Eurostar, un partenariat historique depuis 2015. Forte de sa croissance et désireuse de conserver l’une de ses grandes valeurs, à savoir le respect du raisin et plus largement de l’environnement, la Maison, préoccupée par la notion de développement durable, s’est tournée vers la viticulture raisonnée en limitant les traitements et en travaillant l’entretien du sol. Elle est actuellement dans une démarche de certification VDC (Viticulture Durable en Champagne) et HVE (Haute Valeur Environnementale). LA VENTE ET L’OENOTOURISME Dégusté et apprécié du monde entier, le champagne est l’un des terroirs 100% français. Véritable symbole de la fête, il est celui que l’on savoure aussi bien au commencement d’une soirée festive qu'au cours d’un repas partagé. Ce vin aux bulles fines et légères, la Maison Pannier le crée avec excellence et élégance et le vend à la fois en France : en vente directe, dans le Nord et l’Ile-deFrance mais aussi à l’étranger : en Grande-Bretagne, dans les pays scandinaves et aux Etats-Unis. Le commerce s’opère également avec les cafés, les restaurants, et les hôtels dont certains ont exprimé la demande d’un cocktail. Ainsi, la Maison Pannier a  réalisé un assemblage à  base de  son champagne, de son Ratafia et du jus de pamplemousse Patrick Font. Pour le plus grand plaisir des visiteurs de la boutique, un coffret est disponible dans lequel, en prime, la recette est dévoilée. Outre la distribution et l’export de ses bouteilles, la Maison Pannier, c’est aussi un lieu de partage. Plusieurs salles de réception, pouvant accueillir de 10  à 200 personnes, offrent la possibilité d’organiser des événements d’exception ou encore des cocktails. Des salles de réunion équipées sont aussi mises à  disposition, donnant un ensemble d’espaces adaptés à la demande, le tout dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Champagne Pannier, c’est également un lieu d’expériences et de découvertes insolites accueillant 8 000  visiteurs par an, un nombre important et illustrant, non sans fierté, sa réputation internationale. Plusieurs activités autour du champagne y sont proposées. Partez en visite guidée au cœur de ses caves médiévales, une marche de  2,5  kilomètres dans un dédale souterrain, où Le caveau de la Maison Pannier Yann Munier, chef de cave depuis 2019 La boutique de la Maison Pannier ÉVASION VIGNERONNE


211 les cuvées patientent avant l’heure de leur maturité. Une fois la découverte passée, les palais éveillés, l’heure de la dégustation peut sonner, offrant à  chacune et chacun une flûte de l’incontournable Brut Sélection, dans une jolie salle pour les petits groupes ou dans le magnifique caveau pour accueillir un plus grand nombre. Pour terminer en beauté, la boutique, magnifiquement rénovée au début de l’année 2023, lumineuse et moderne, vous ouvre ses portes. Au cœur des caves ancestrales, riche de cet héritage historique, la Maison Pannier propose, en outre, de venir mettre ses sens en éveil autour d’une activité œnoludique en empruntant la casquette d'enquêteur et   expérimenter le champagne et son élaboration. Cet héritage n’a pas simplement laissé derrière lui ses pierres, il  a  également conservé une légende. En son sein, niché au cœur de la roche, demeure, selon celle-ci, un trésor. On raconte qu’un moine y  aurait, un jour, découvert de l’élixir, lequel lui aurait alors inspiré la  création du champagne, quelques siècles plus tard. Champagne Pannier 23 rue Roger Catillon 02400 Château-Thierry Tél. : 03 23 69 51 30 www.champagnepannier.com La boutique de la Maison Pannier Le champagne Brut Selection Les coffrets Cocktail Louis-Eugène


De l’Amertume à la Zythologie, Sublimeurs met en lumière les savoir-faire emblématiques des Hauts-de-France et ses facettes inattendues à travers cet abécédaire gourmand. Témoignages, recettes de chefs, portraits d’artisans et producteurs, découvrez une gastronomie qui ose se renouveler, dans le respect de la tradition. Préface par le chef Alexandre Gauthier, chef de La Grenouillère 2* (La Madelaine-sous-Montreuil) PLURIELLE Livre disponible sur le site de Sublimeurs (39€ TTC) Découvrez le média positif, engagé et inspirant @sublimeurs Avec le soutien de En partenariat avec Ouvrage labellisé (ADJ. FÉMININ ) Qui révèle la gastronomie des Hauts-de-France Sublimeurs a pour vocation de mettre en lumière les acteurs de la gastronomie responsable pour inspirer de nouvelles initiatives et encourager les marques à s’engager pour le bien manger. Première agence culinaire des Hauts-de-France, Sublimeurs valorise et accompagne les acteurs de la gastronomie et de l’alimentation responsables dans leur rayonnement, leur transition et leur développement.


CHAMPAGNE MÉTÉYER L’audace… Aux mains de Franck Météyer, et mise en musique par son épouse Anna, la Maison de Champagne Météyer est installée, depuis 1860, sur les terres de Trélou-sur-Marne dans la Vallée de la Marne. Faisant la part belle au meunier, cépage emblématique du vignoble axonais, les cuvées rendent hommage à un savoir-faire vigneron diffusé outre-frontières grâce à la créativité débordante d’Anna Météyer. Par Romy Ducoulombier - Photos : Rémy Cortin Considérée comme la véritable icône du style Météyer, la cuvée de champagne brut « Marine », au profil minéral et iodé, ne passe pas inaperçue dans son flacon bleu qui fait rayonner l’audace de la maison. Une maison de champagne, transmise de père en fils depuis cinq générations, qui cultive l’éclat de l’originalité sans jamais sacrifier la tradition ! Depuis 1987, c’est le vigneron-prodige Franck Météyer qui perpétue l’héritage transmis par son grandpère Jean Clément. Son approche puriste de la viticulture, sa finesse dans la vinification lui ont valu de recevoir le Prix Pierre Cheval de l’Embellissement dans la catégorie « Vigneron », décerné par la Mission Coteaux, Maisons et Caves de Champagne, émanation de l’UNESCO. Pour autant, Franck Météyer n’a pas perdu sa modestie ni son authenticité. « Profondément dévoué à ses vignes et à sa cave, il se consacre au travail de la terre, se basant sur les préceptes de son grand-père, l’homme qui lui a transmis sa passion et qui a déclenché chez lui une véritable vocation dès l’âge de 14 ans », explique Anna Météyer. Son épouse, en ambassadrice passionnée, s’emploie à déployer la notoriété de la propriété champenoise aux quatre coins du globe avec toute la spontanéité qui la caractérise. De New York à Tokyo, les champagnes Météyer donnent le ton d’une maison colorée, amoureuse des challenges. Porté par l’énergie communicante de son épouse, Franck Météyer se classe désormais parmi les vignerons incontournables de la Champagne. Entre les murs de sa maison, les expositions d’art et les rendez-vous oenotouristiques, honorés de multiples récompenses, battent la mesure de découvertes vigneronnes décalées. 213 Champagne Météyer, cuvées en monocépages ÉVASION VIGNERONNE


214 DES CHAMPAGNES DE TERROIR QUI EXALTENT LE MEUNIER Implanté sur le versant sud de la rivière Marne, dans la commune de Trélou-sur-Marne, le vignoble de 14 hectares, structuré en une trentaine de parcelles, bénéficie d’un microclimat exceptionnel qui le préserve des incidents climatiques. Si le meunier est majoritaire sur les terres argilo-calcaires du domaine, on trouve aussi une bonne part de pinot noir et de chardonnay, qui développe ici son caractère fruité. Certifié Haute Valeur Environnementale (HVE), le vignoble de la Maison Météyer fait l’objet d’une attention de tous les instants, sous le contrôle de Franck, qui possède une connaissance pointue de ses parcelles et un respect inné pour la nature. Son but ? Produire des champagnes de terroir peu dosés, reflets du millésime. Le meunier, son cépage de prédilection, est la vedette de la cuvée « Exclusif », un brut nature élaboré à partir de raisins récoltés sur des vignes âgées de 65 ans. Le vintage 2008, à la robe ambrée, déploie une matière dense et des notes gourmandes de miel qui s’expriment après un léger carafage. On découvre également ce cépage « roi » de la Maison Météyer dans le millésime 2019 à la grande fraîcheur, avec ses saveurs délicates de fruits blancs et de pomme. …Et la tradition Champagne Météyer 39 rue de l’Europe 02850 Trélou-sur-Marne Tél. : 03 23 70 26 20 www.champagne-meteyer.com Champagne Météyer, cuvée Marine ÉVASION VIGNERONNE


215 Franck Météyer LA PURETÉ, LA SIGNATURE DES CHAMPAGNES MÉTÉYER « Le vin, c’est le miroir du vigneron ! En l’occurrence, ce qui caractérise nos dix cuvées de champagne, c’est cette notion de pureté. Un trait de caractère qui définit parfaitement Franck, appliqué à mettre toute son énergie au service du terroir et du millésime », souligne Anna Météyer. Peu sensible aux modes, le vigneron reste fidèle à la tradition. À l’inox, il préfère le toucher des cuves en acier émaillé, et aux pressoirs dernier cri, un système traditionnel haute-technologie qu’il sait le mieux adapté à ses raisins. Ce respect du travail des anciens et son approche artisanale sans faille du champagne valent à la Maison Météyer l’approbation de nombreux sommeliers. La cuvée « Prestige », alliance de chardonnay et de pinot noir, est un exercice de style. Elle exprime l’aromatique du chardonnay sur le terroir de Trélousur-Marne et la capacité du pinot noir à développer toute sa légèreté. À ces références s’ajoutent des cuvées en monocépage qui font l’objet de Masterclasses et d’ateliers hauts en couleurs animés par la passionnée Anna. Ils se tiennent dans la galerie d’art, véritable bulle de talents. « Franck est le premier artiste de la maison ! Mais cette galerie, qui trace un trait d’union entre les deux espaces du musée, présente les sculptures, peintures et photographies d’artistes polonais, français ou encore de la Famille Royale de Mongolie », détaille Anna. L’une des deux salles du musée adjacent a pour cadre de superbes caves voûtées du XVIIIe siècle où est entreposé l’outillage vigneron traditionnel de la région. Récompensée par les Trophées Champenois du titre de « Bulle Verte », la Maison Météyer fourmille également d’escapades authentiques, comme son immersion théâtralisée unique dans les vignes ou sa balade en Citroën Dyane 6 de 1972, au cœur des parcelles. Une halte étonnante, qui prouve que l’émerveillement peut émaner de produits simples, élaborés avec talent. Anna Météyer


COCKTAILS 216 COCKTAILS RÉALISÉS PAR ÉMILIEN JUPON Par Sylvie Heullant - Photos : Rémy Cortin MADE IN HAUTS-DE-FRANCE BAR À COCKTAILS LE MENKO Le Menko - Le Grand Hôtel**** 4 boulevard de la Canche, 62520 Le Touquet Tél. : 03 21 06 88 88 - https://legrandhotel-letouquet.com Émilien Jupon accompagné du chef barman Alexandre Cauchy


LE DUNE • 4 cl de whisky Artesia • 2 cl de liqueur de noisettes • 1 cl de sirop de caramel • 4 cl de jus de pomme Verser tous les ingrédients dans un shaker rempli de glace, filtrer et servir dans un verre à whisky. Mettre quelques éclats de noisette sur un côté du verre en les fixant à l’aide d’un peu de miel.


COCKTAILS 218 Verser le cointreau, le jus de pamplemousse et la feuille de kaffir dans un shaker rempli de glace. Filtrer et servir dans un verre à cocktail. Compléter de bière blanche. Décorer d’une feuille de Kaffir. LE VERGER D’OPALE • 5 cl de gin Les Enfants de Vauban • 2 cl de sirop d’abricot • 3 feuilles de basilic • 1 cl de jus de citron vert • 6 cl de jus de pêche Verser le gin, le sirop d’abricot, le citron, le jus de pêche et le basilic dans un shaker rempli de glace. Filtrer et verser dans un verre à cocktail. Décorer avec de la poudre d’abricot déshydraté. L’ÉCUME DU TOUQUET • 3 cl de Cointreau • 5 cl de jus de pamplemousse • 1 feuille de kaffir • 6 cl de bière Castelain Cadette blanche


219 LE FLORAL BERRY • 4 cl de genièvre de Houlle • 2 cl de St-Germain • 1 cl de citron vert • 8 cl de tonic fleur de sureau Verser le genièvre, le St Germain et le citron vert dans un shaker rempli de glace. Filtrer et verser dans un verre double tumbler et compléter avec le tonic fleur de sureau. Décorer avec une branche de reine des prés. LE LOUIS-EUGÈNE • 4 cl de champagne Pannier Brut sélection • 2 cl de Ratafia Champenois • 6 cl de jus de pamplemousse • 3 beaux glaçons • 1 rondelle de pamplemousse Verser le champagne, le ratafia et le jus de pamplemousse dans un shaker. Verser dans un verre à pied et ajouter les glaçons. Décorer avec une rondelle de pamplemousse.


220 COUPS DE CŒUR Territoire haut en couleurs avec une réputation de générosité, de convivialité et de bonne humeur qui se retrouvent à toutes les tables, les Hauts-de-France sont dotés d’un terroir exceptionnellement riche en fromages, produits de la mer, maraîchage, viandes de qualité… Le tout arrosé de bières bigarrées. Les chefs aiment leur région et le clament dans leurs assiettes tout en restant humbles et discrets. Suivez-nous dans ce périple culinaire éclectique et passionnant ! Dossier réalisé par Corinne Delaunay - Photos : Rémy Cortin NOS ADRESSES COUPS DE CŒUR


221 Non loin du palais des Beaux-Arts, ancienne librairie, la devanture est sobre, épurée, le lettrage moderne. On entre chez Suzanne, temple de Lucas Tricot. Un nom à la Tati et une allure reconnaissable : fine moustache, coiffure travaillée, il est jeune, 27  ans, pourtant, c’est le plus vieux de son équipe ! On vous le dit : la scène des restaurateurs lillois est en pleine renaissance ! Un cadre minimaliste, du bois, du marbre, du blanc, à la scandinave, petit cocon de bien-être. « Une ligne claire et lisible comme notre cuisine ». Le végétal est sa signature. Il met en valeur les légumes, les laisse croquants avec, sur certains plats, un clin d’œil à la Haute-Savoie, région de ses étés d’enfance, l’empreinte de l’abondance ou de ses cueillettes montagnardes. Sa compagne et associée, Élisa, cheffe pâtissière, finalise l’expérience en douceurs savoureuses. La carte change tous les mois : simplicité et gourmandise, explosion de goûts, jamais de demi-teinte comme cette région aux traits marqués. SUZANNE 4 place Philippe Lebon, 59800 Lille Tél. : 03 20 00 81 21 - https://suzannelille.fr SUZANNE CHEF LUCAS TRICOT Aux commandes du Rouge Barre, Steven Ramon, chef charismatique, passé par la case Top Chef et amoureux de sa région. « Sans ta région, tu n’es rien du tout, c’est elle qui m’a fait ». On parle bien du nord avec le nom Rouge Barre, nom intrigant qui renvoie à un procédé de fabrication architecturale qui alterne brique rouge et craie. La cuisine résume les gens d’ici et le terroir si particulier des Hauts-de-France  : sincère, brute, transparente, sans chichi, généreuse et gourmande. Le chef choisit des produits exceptionnels, les travaille avec une certaine technicité mais prône la simplicité. La mer et les saisons dictent les assiettes. L’équipe est jeune et dynamique. Berthold, le sommelier, Alexis le pâtissier ont carte blanche. La cuisine est ouverte pour passer de la salle à la brigade avec facilité. Il y a de la poésie brute dans la façon dont les plats sont nommés simplement par leurs ingrédients : artichauts, oignons et couteaux. Trois produits phares par assiette et c’est tout ! ROUGE BARRE 50 rue de la Halle, 59800 Lille Tél. : 03 20 67 08 84 - www.rougebarre.fr ROUGE BARRE CHEF STEVEN RAMON


COUPS DE CŒUR 222 HAUT BONHEUR DE LA TABLE CHEF EUGÈNE HOBRAICHE Au cœur du charmant village médiéval de Cassel se niche un étoilé Michelin tout en discrétion et élégance. En 2013, Eugène et MariePierre Hobraiche ont eu un coup de cœur pour cette maison du 17e   siècle et l’ont transformée en havre de paix. Un retour aux sources réussi couronné par une étoile en 2017. La maison magnifiquement restaurée, parquet d’origine, boiseries sur les murs, prodigue une sensation d’intimité. Décoration épurée, tentures, lustres, nappes grèges et fleurs du jardin, 16 couverts, une terrasse avec vue sur les Flandres pour ouvrir le regard. Les hôtes sont happés par l’assiette. À l’image du lieu ou peut-être est-ce l’inverse ? La cuisine est classique, chaque plat est sublimé dans ces détails. Une technique pointue due aux années passées auprès du chef Marcon et de Meilleurs Ouvriers de France. Tous les mois, Eugène Hobraiche fait table rase et crée un menu calqué sur son jardin entretenu avec soin par Marie-Pierre. Ouvert du jeudi au lundi midi, 8 services, la réservation s’impose ! HAUT BONHEUR DE LA TABLE 18 Grand’ Place, 59670 Cassel Tél. : 03 28 40 51 03 - www.hautbonheurdelatable.com ATLANTIC CHEF BENJAMIN DELPIERRE Tourné vers le large comme une invitation au voyage, l’Atlantic à Wimereux, station balnéaire de la Côte d’Opale, inspire la famille Delpierre depuis près de 30 ans. Cet établissement datant de 1900 a connu de nombreuses transformations. Surnommé le phoenix de Wimereux, le seul à rester debout lors des bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, Alain Delpierre lui a donné un second souffle perpétué par son fils, Benjamin et sa femme Aurélie. Il dispose de 18 chambres vue mer, d’une cuisine bistronomique, l’Aloze et d’un restaurant, la Liégeoise, étoilé depuis 2017. De style art déco, la belle salle de La Liégeoise à l’étage surprend avec des immenses arbres dorés qui maintiennent le plafond, des teintes chocolat et beige et ses baies vitrées sur la Manche. La carte est, cela va sans dire, à 90% maritime. Les produits sont dénaturés le moins possible pour garder leur noblesse. L’Atlantic semble perpétuer sa devise « le bonheur, c’est quand le temps s’arrête ». Ici, les heures s’égrènent tranquillement. HÔTEL ATLANTIC 4* 6 rue Notre Dame, 62930 Wimereux Tél. : 03 21 32 41 01 - www.atlantic-delpierre.com


223 Restaurant nomade et éphémère, expérience culinaire, expérience tout court… Le Cool K’cahuète vous en fait voir de toutes les couleurs. Elle change d’adresse tous les quatre mois, une falaise face au soleil couchant, le parc d’un château médiéval, des lieux toujours beaux et un peu magiques. Une hibernation de trois mois et c’est reparti pour une nouvelle découverte dans un périmètre de 30 kilomètres autour de Boulogne-sur-Mer. La réalisation de ce concept unique en son genre a longuement été mûri par un couple, Laurianne et Sébastien, qui n’a pas hésité à changer de vie. Leur objectif ? La mise en avant du patrimoine de la Côte d’Opale qu’il soit historique, culinaire ou paysager. Pour cela, il fallait une structure originale et démontable, deux dômes aux bâches transparentes permettant des vues à 360°, des planchers en bois blond, de longues tables en bois pour un esprit scandinave, une caravane Airstream dédiée à la cuisine. Tout comme leur carte qui s’appuie sur les produits sourcés chez les meilleurs producteurs du coin sublimés par des techniques du monde entier, ils cherchent à montrer leur territoire sous un angle différent. Un univers en soi, seulement six services par semaine, pensez à réserver ! COOL K’CAHUÈTE 1 chemin de Ningles, 62224 Équihen-Plage Tél. : 06 27 91 94 24 - https://kcahuete.cool/ COOL K’CAHUÈTE CHEF SÉBASTIEN KOCHMANN HYACINTHE CHEF THOMAS DUMONT Non loin de la Cathédrale qui sonne ses cloches allégrement toutes les demi-heures, Thomas Dumont, 40 ans, a ouvert depuis 2021 un restaurant de 20 couverts avec une cuisine ouverte sur la salle, si minuscule que Thomas est seul aux commandes. Le lieu est inondé de lumière jaune grâce à une fenêtre donnant sur un jardin, un peu comme à la maison. Détail important pour comprendre sa cuisine, il s’adapte en jouant avec ses casseroles et ses feux, une valse permanente pour toujours entendre la musique des plats qui mijotent. Une cuisine gastronomique et engagée sur le bienêtre humain, animal et environnemental avec une attention toute particulière sur le choix des poissons pour des espèces qui ne sont pas en voie de disparition. Le « tout fait maison » est une évidence. Le parcours de Thomas ? Hétéroclite : une école de commerce puis l’humanitaire pour un retour en cuisine avec Cyril Lignac. Il passe un temps en apprentissage chez des bouchers et des charcutiers où il apprend à travailler des bêtes entières et la maturation de la viande. Plantes aromatiques de la Baie de Somme et légumes des Hortillonnages complètent ses assiettes bucoliques et éthiques ! HYANCINTHE 11 Rue Dusevel, 80000 Amiens Tél. : 04 42 29 05 69 - www.les-bannettes.fr 223


COUPS DE CŒUR 224 AUBERGADE CHEF ERIC BOUTTÉ L’Aubergade, « une auberge de bord de route » comme l’a si bien nommée Jean-Luc Petitrenaud, est une institution connue des Amiénois et des Duriens, tenue par Anne-Gaëlle et Éric Boutté depuis 21 ans. En pénétrant le lieu, c’est le bleu qui interpelle, omniprésent, décliné dans différents tons avec la prédominance du bleu de Waide, célèbre bleu d’Amiens qui a fait sa richesse en teintant les velours au Moyen-âge. Clin d’œil à leur région, la Picardie. De l’art contemporain aussi avec les œuvres de Christophe Rollin qui nous interroge sur l’agriculture intensive. Il y a partout des histoires à raconter et surtout dans l’assiette ! La cuisine est classique longuement forgée par quatre décennies de rencontres essentielles. Jean Delaveyne, Joël Robuchon ou JeanMichel Lorain ont marqué le parcours d’Éric Boutté. Une carte végétale, gourmande avec en vedette le célèbre chou farci au foie gras ! Hommage au chef Delaveyne qui pensait qu’une carte devait toujours avoir son plat familial. Ce chou, follement médiatisé, a parcouru le monde planqué dans des valises et, aujourd’hui, fort de son succès, à chaque commande, un numéro l’accompagne : le nombre de choux sublimés par Éric Boutté depuis 21 ans ? Plus de 22 000 ! AUBERGADE 78 route nationale, 80480 Dury Tél. : 04 42 29 14 84 - www.ferme-auberge-terre-de-mistral-rousset.fr AUBÉPINE CHEF SIMON THIEFFRY Installé depuis 2019 ans au cœur du parc naturel régional de l’Avesnois, Aubépine propose une cuisine locale évoluant au fil des saisons et des approvisionnements. A la tête du restaurant certifié Agriculture Biologique par Ecocert, Simon Thieffry et Benoît Wyart sont deux passionnés convaincus que se nourrir naturellement est l’expression de notre art de vivre ! Ainsi, ils cuisinent pour leurs clients comme ils le feraient pour leurs amis à la maison avec les meilleurs produits frais, locaux et bios, le tout dans un cadre chaleureux et une ambiance cocon grâce à leur jardin isolé, calme et apaisé. Ici, c’est un restaurant d’échange où le cuisinier a le plaisir d’accueillir le client, de lui présenter sa démarche et de lui servir les plats qu’il aura préparés et dressés. Fervents adeptes d’une cuisine saine et savoureuse, le menu unique en 6 envois comprenant une mise en bouche, deux entrées, un plat et un dessert, change tous les mois. Au printemps prochain, les deux acolytes proposeront à leurs clients des journées de visite chez leurs producteurs ponctuées par un pique-nique convivial ! AUBÉPINE 5 place du Général de Gaulle, 59177 Sains du Nord Tél. : 03 27 66 24 23 - www.maison-aubepine.fr 224


225 Depuis cinq ans, Claire et Samuel Fontaine, jeunes trentenaires, proposent une cuisine inventive, véritablement locavore dans leur établissement baptisé le Rhizome à Compiègne. Un restaurant à leur image avec de belles matières dans les tons de vert, du bois, des fauteuils en velours. Cet endroit est le terreau fertile d’une nouvelle forme de gastronomie. Claire et Samuel cherchent, s’éduquent sans cesse dans les vieux livres de recettes, expérimentent et bousculent. D’abord, le nom, le Rhizome, qui interpelle et qui ouvre à la réflexion, évoquant les racines pour leur retour en Picardie et mêlant la théorie du rhizome qui loue l’interdépendance. Puis le style, Samuel a aiguisé ses sens dans les cuisines de Christophe Dufau à Vence et de Florent Layden à Boeschoepe, deux chefs qui l’ont convaincu qu’on peut faire bien avec les produits locaux. En effet, à table, vous ne trouverez ni poivre, ni vanille, à la place reine des prés ou mélilot, le cacao est remplacé par du tilleul déshydraté et torréfié, le thé par des infusions. Seule entorse, le café ! Une large place est aussi laissée aux plantes sauvages cueillies, chez eux, au cœur de la forêt de Compiègne. Un savant jeu de saveurs à explorer ! RHIZOME 6 rue des Pâtissiers, 60200 Compiègne Tél. : 09 83 77 42 22 - restaurant-rhizome.fr RHIZOME CHEF SAMUEL FONTAINE CHÂTEAU DE COURCELLES CHEF LUCAS VANNIER Entouré d’un parc de 25 hectares accueillant une forêt, le restaurant gastronomique de l’hôtel 4 étoiles du château de Courcelles, érigé au 17e siècle par le baron de la Grange, est aux commandes de Lucas Vannier depuis sept ans. Passé dans des étoilés comme la Côte Saint-Jacques*** et la Maison Jeunet**, l’objectif du jeune chef est aujourd’hui de reconquérir une étoile. L’identité de la cuisine respecte la tradition avec une touche de modernité dans la texture et le goût. Le terroir est constamment mis en avant : le haricot de Soissons, passé en IGP, se retrouve souvent au menu. L’hiver, le territoire de chasse qu’est la région est mis à l’honneur avec du gibier par exemple. La carte, variée, est composée de trois intemporels évoluant au fil des saisons. Les rissoles de foie gras, un foie gras poêlé autour de l’épinard, sont devenues le plat iconique servi depuis 30 ans. Lucas Vannier a apposé sa signature avec la volaille de Lourcq à la sauce champagne. Pour finir en beauté, le jardin, dessert au biscuit rose de Reims ou à la fleur de jasmin, est à la fois floral et fruité… Comme une immersion dans le jardin à la française du château. CHÂTEAU DE COURCELLES 8 rue du Château, 02220 Courcelles-sur-Vesle Tél. : 03 23 74 13 53 - www.chateau-de-courcelles.fr


IDENTITÉ DU LOUVRE-LENS Posé sur l’ancien terril de la Fosse 9, vaisseau de verre et d’acier où la nature se reflète dans un jeu de miroirs, le Louvre-Lens conçu par l’agence d’architecture Sanaa, se vit comme un lieu de quiétude. Profondément lié au passé de la ville et du territoire, il a ouvert ses portes le 4 décembre 2012, jour symbolique de la fête de la SainteBarbe, patronne des mineurs. Voilà onze ans qu’il est entré dans la vie et le cœur des Lensois qui l’avaient souhaité avec ferveur. Huit mille lettres avaient été déposées à la mairie pour soutenir la candidature. L’ancien carreau de mine métamorphosé grâce à LE LOUVRE-LENS LABORATOIRE DE TOUS LES POSSIBLES Grâce aux chefs-d’œuvre prêtés par le Louvre, de La Liberté guidant le peuple, en passant par le Scribe accroupi jusqu’à La Dentellière aujourd’hui, et bien d’autres encore, le LouvreLens est un magnifique laboratoire d’accès à l’art pour tous les publics. Formidable outil de connaissances et d’ouverture, il a montré, depuis dix ans, que le beau pouvait donner des ailes à un territoire en mutation. Par Corinne Delaunay - Photos : Anne-Françoise Pelissier VISITE l’art et à la culture, véritable hommage aux mineurs, remplit les Lensois de fierté. Avec plus de cinq millions de visiteurs dont 70% viennent des Hauts-de-France, le Louvre-Lens cultive un modèle muséal inédit, dans et hors de ses murs, fondé sur l’excellence, l’accessibilité et la relation avec ses habitants. Véritable cité culturelle, il a contribué à dynamiser l’ancien bassin minier de Nord-Pas de Calais inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. « Le Louvre en partage », projet d’Annabelle Ténèze, nouvelle directrice du musée, s’inscrit dans cette vision d’ouverture et d’implication dans les enjeux d’une société en constante évolution. 226


227 UNE ARCHITECTURE QUI INVITE À L’EXPÉRIENCE Grâce à une architecture basée sur la transparence et l’humilité, le musée épouse le paysage, dans le respect de son histoire et de son environnement. Véritable lieu de vie, il invite avant tout au bienêtre et s’appuie sur cet art de vivre typique des Hauts-de-France où le sens de l’accueil est une seconde nature. Majestueux sans être intimidants, les espaces sont ouverts, vastes et lumineux. Le LouvreLens s’expérimente. Au sous-sol, les réserves visibles et visitables offre un point de vue inédit sur les coulisses du musée. Innovant, il propose des séances bien-être avec cours de yoga dans la Galerie du temps ou le parc, des séances de muséothérapie, des visites avec bébé sont aussi organisées tout au long de l’année. D’autres temps forts plus événementiels tels le festival Muse&Piano ou le rendezvous estival Parc en fête rythment l’année. L’ÉPOUSTOUFLANTE GALERIE DU TEMPS Bienvenue dans la Galerie du temps, cet espace emblématique du Louvre-Lens, magique, poétique et pédagogique. 3 000 m2, 200 mètres de long, elle accueille les visiteurs en pente douce et les accompagne vers plus de 200 œuvres des collections du Louvre et du musée du quai Branly-Jacques Chirac. La parcourir est une expérience physique et sensible : un pas en avant, on avance dans le temps, un pas de côté, on change d’aire géographique. Ici, on participe à une véritable expérience de la liberté avec les œuvres d’art, une approche esthétique innovante, sans équivalent, sans clivage, sans hiérarchie. En tête à tête avec La Dentellière de Vermeer, on n’aurait jamais imaginé qu’elle fut si petite et tellement délicate. Et le miracle se produit ! Grâce à une scénographie novatrice, on parcourt 5 000  ans d’histoire


228 de l’art, on découvre les récurrences d’une époque à l’autre, les connexions entre les civilisations, de manière intuitive. Dans le prolongement de la Galerie du temps, le Pavillon de verre, trait d’union avec le parc, offre une vue imprenable sur le stade Bollaert. Il accueille des expositions d’art contemporain et valorise le patrimoine muséal de la région en partenariat avec des musées des Hauts-de-France. L’EXPOSITION TEMPORAIRE ANIMAUX FANTASTIQUES Le Louvre-Lens est à l’écoute de son public, « il aime les grands mouvements de civilisation et la mythologie, il aime les histoires. Dans nos expositions temporaires, nous partons d’un thème universel et le développons de l’Antiquité à nos jours », explique Hélène Bouillon, conservatrice en chef du patrimoine et directrice des expositions et des éditions au Louvre-Lens. Avec Animaux fantastiques, place à l’imaginaire, au merveilleux, aux mythes fondateurs et au folklore, grâce à plus de 250 œuvres d’artistes comme Dali, Uccello ou Ingres. Sculptures, peintures, objets d’art mais aussi cinéma, racontent les légendes et les pouvoirs des dragons et autres sphinx. Parmi les œuvres les plus contemporaines, on y croise ce tableau de Will Cotton mettant en scène un cow-boy juché sur une licorne qui s’élève dans un ciel rose. Une exposition éclectique, audacieuse et engagée prompte à réenchanter le monde. Pour Hélène Bouillon, elle est nécessaire « Nous avons besoin de ces animaux fantastiques réapparus au début du 21e   siècle pour redonner de la magie à la vie et s’émerveiller à nouveau ». Pour en faire l’expérience, c’est jusqu’au 15 janvier 2024 ! À suivre en 2024, une exposition sur les Mondes souterrains avant d’aborder d’autres rivages artistiques avec Exils. S’ADAPTER À TOUS LES PUBLICS Pensé comme un laboratoire muséal, le Louvre-Lens est à l’origine d’une politique de médiation humaine novatrice, incarnée par une équipe d’une trentaine de médiateurs. Grâce à de nombreuses implications partenariales, le musée investit les champs du social, de l’insertion, de la santé et se déplace hors les murs à la rencontre de tous les publics dans des centres commerciaux ou des hôpitaux. Une « berline » de médiation située à l’entrée de la Galerie du temps accueille les visiteurs et propose des visites à la carte. « Nous nous adaptons à chacun à partir de 9 mois et sommes dans un échange et une co-création permanents avec nos visiteurs. Notre terrain de jeu est la Galerie du temps où chacun choisit sa façon de l’appréhender ! », explique Ludovic Demathieu, chargé de projets de médiation. VISITE © Louvre-Lens Frédéric Iovino © Louvre-Lens Frédéric Iovino © Louvre-Lens Frédéric Iovino


229 LE PARC, TRAIT D’UNION ENTRE LA VILLE ET LE MUSÉE Vingt hectares sur un kilomètre de long pour ce parc traité de façon naturelle par la paysagiste Catherine Mosbach. Il fallait à tout prix conserver les espèces protégées, comme le bois pionnier, mais aussi rappeler l’origine minière du site. Le puits de la Fosse 9 est souligné par des arbres. Les cerisiers ont une histoire, ils auraient poussé grâce aux noyaux de cerises jetés par les mineurs. La nature reprend ses droits, les pelouses fleurissent naturellement. On peut s’y promener et se reposer sur des bancs végétalisés ! C’est un véritable réservoir de biodiversité avec ses prairies et sous-bois, ses ilots de verdure, mais aussi son bassin en point d’orgue. Le parc vit sa vie et se dessine au gré des saisons. Incroyablement reposant, le parc est un lieu de vie apprécié des Lensois et de tous les visiteurs et visiteuses. L’été, des transats sont installés pour Parc en fête et des cafés potagers sont régulièrement organisés par les jardiniers. L’architecture du musée se fond naturellement dans le paysage et souligne la belle entente entre les architectes et la paysagiste. Pour une pause gourmande, L’Atelier du Cerisier, orchestré par le chef Elie Beghin fait la part belle aux produits régionaux dans un cadre moderne et épuré. Pour un repas sur le pouce, La Pause du Cerisier, propose un snacking de qualité dans l’enceinte du musée. Le Louvre-Lens a réussi son pari. 10 ans après sa création et grâce à son implication auprès des enfants dès le plus jeune âge, une « génération Louvre-Lens » a vu le jour, pleinement impliquée dans la vie du musée ! Musée du Louvre-Lens 99 rue Paul Bert, 62300 Lens Tél. : 03 21 18 62 62 - www.louvrelens.fr


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LA PISCINE DE ROUBAIX LA PISCINE EN MAJUSCULE 231 Prendre un bain de culture dans ce Musée d’Art et d’Industrie, c’est d’abord plonger dans une magnifique architecture Art déco, ressentir l’atmosphère décomplexée, à contre-courant des musées traditionnels, liée certainement à la présence du superbe bassin et à ceux qui l’animent. On ne peut que se réjouir de cette métamorphose appréciée de tous et surtout approuvée par les Roubaisiens. Suivez-nous dans ce bouillonnement de culture. Par Corinne Delaunay - Photos : Anne-Françoise Pelissier Transformer une piscine municipale fermée pour cause de dégradation en musée paraît terriblement audacieux mais de ce lieu de vie, les Roubaisiens ont tous gardé un souvenir au creux de leur mémoire. La piscine de la rue des champs inaugurée en 1932 possédait un bassin de 50 mètres, le premier dans la région lilloise. Une voûte menaçant de s’effondrer sur les baigneurs, elle fut fermée en 1985. Mais un homme, André Diligent, maire de Roubaix, s’opposa à la destruction de cette madeleine de Proust. De longs palabres commencèrent et il fut décidé qu’elle devienne musée. Un pari un peu fou, un contrepied à sa fonction initiale mais Roubaix n’avait plus aucun musée et des collections de qualité se retrouvaient sans toits, ni murs. L’architecte du musée d’Orsay, Jean-Paul Philippon, fut choisi et le musée a enfin ouvert ses portes en 2001. Toute sa magnificence fut conservée et les cabines et salles de bains devinrent des lieux d’exposition. UNE VILLE RÉSILIENTE Parler de la Piscine sans parler de Roubaix est impossible tant l’attachement de Roubaix et de ses habitants à cet endroit est viscéral, quasi ombilical. Marquée par l’ère industrielle du XIXe siècle, Roubaix était une ville de fracture sociale, d’un côté la bourgeoisie industrielle, de l’autre les ouvriers. La piscine et ses bains publics imaginés dans un style Art déco par Albert Baert fut non seulement la plus belle piscine de France mais aussi le point de convergence des deux mondes. Au-delà de la qualité architecturale, elle avait donc une place indéniable dans la mémoire collective de la ville. Dans les années  80, les industries textiles ferment les unes après les autres, la ville est sinistrée et la bourgeoisie s’est enfuie. Tout est démoli dans une volonté d’effacement. On ne transformait pas encore les friches en ateliers d’artistes. Mais la grande force a été de croire Reconstitution de l’atelier de Bouchard


232 en un avenir. Aujourd’hui, des artistes se sont installés comme le street artist américain JonOne qui y a un atelier. Roubaix a donné une belle leçon de résilience, elle a réussi à changer son image. Et les habitants ont retrouvé leur piscine ! LES COLLECTIONS PERMANENTES Rendez-vous sous le Lion À peine arrivé, la curiosité vous pousse à aller directement admirer le bassin, la quintessence du musée. De l’eau dans un musée, ce n’est pas banal, c’était même une première mondiale. Ni pédiluve, ni douche obligatoire pour s’y rendre. L’eau qui jaillit du « Lion » apporte une touche zen. Ce Neptune a été maintenu pour le plus grand bonheur des habitants, c’était le point de rendez-vous des enfants dans le petit bain. De part et d’autre du bassin, les sculptures. On lève les yeux et la voûte, magnifique, est encadrée de deux verrières, soleil levant et soleil couchant. Le bassin baigne dans une lumière changeante qui se pare de chauds reflets pendant l’hiver. Les cabines s’ouvrent sur des trésors, collections de textiles qui rappellent le passé pas si lointain de la ville et qui changent en fonction du thème des expositions temporaires. Une tissuthèque a d’ailleurs été créée pour inspirer les élèves des écoles de design. Des carnets d’échantillons de velours, draperies et soieries sont consultables. Tout a été numérisé. L’ampleur inédite de la collection mode (avec notamment des pièces des créateurs des Trois Suisses) a permis de rajouter cette spécialité en plus des arts traditionnels. VISITE L’aile des Beaux-Arts Dans les ailes des salles de bains autour du jardin intérieur, la collection correspond aux goûts des riches industriels et s’appuie sur le legs d’Henri Selosse. On suit donc un parcours chronologique et thématique autour des collectionneurs roubaisiens. Rodin, Van Dongen, Marquet, Mondrian, Dufy, Pompon, Vallotton, Bonnard, Vuillard, Barye, Camille Claudel dont on retrouve huit œuvres, Monticelli entre autres mais aussi une salle consacrée à Jean-Joseph Weerts, portraitiste roubaisien formé aux Beaux-Arts de Paris. On retrouve aussi une peinture de Cogghe, Le Combat de coqs en Flandre, qui montre un des pans de l’histoire de Roubaix qui comptait, vers 1880, 60 gallodromes. Une salle est consacrée à la question du corps et du bain ainsi qu’à la bicyclette, référence au fameux Paris-Roubaix. L’enfance Un des moments clés de la visite se trouve dans la salle consacrée à l’enfance. On y découvre « La Petite Châtelaine », version aboutie d’une série de bustes commencée en 1892 par Camille Claudel au château de L’Islette. La sculpture est émouvante, on ressent la fascination de cette petite fille sur Camille Claudel qui se remettait à peine d’un avortement. L’enfant apparaît sauvage avec une coiffure qu’on pourrait qualifier de « rasta ». Elle utilisa une nouvelle technique qui est de creuser le buste pour que la lumière jaillisse de l’intérieur. Acquise en 1996 par souscription publique, la mobilisation a été majoritairement populaire. Les habitants étaient fiers de voir leur ville renaître. Bruno Gaudichon, le conservateur Diane Chasseresse d’Ary Bitter - 1925 - Plâtre - Don de l’artiste en 1925


233 Roubaix à l’honneur Dans la nouvelle aile inaugurée en 2018, une salle est consacrée à l’Histoire de Roubaix. Les yeux se portent sur un immense panorama de la Grand-Place. Importante aussi la charte des drapiers. Aux murs, des portraits de personnalités roubaisiennes comme MarieJeanne qui travaillait à l’usine de la Lainière et fut reclassée au Musée pour collaborer sur la collection textile avec Sylvette Gaudichon. Il y a aussi un vitrail de Mamadou, le chiropracteur du quartier du Pile, ancien boxeur sénégalais, devenu une légende roubaisienne. Les petites histoires dans la grande. Le musée reste ancré dans le quotidien roubaisien. La collection de sculptures C’est une grande partie de l’identité du musée avec une collection importante qui offre un panorama de la sculpture du XXe   siècle, de l’avant-garde à des sculpteurs renommés dans leur temps mais oubliés depuis. La Piscine a reçu en don le fonds de l’atelier d’Henri Bouchard avec ses 1 600 œuvres et tous les outils sur les techniques de la sculpture. C’est le seul atelier de sculpteur de monuments publics de cette génération conservé. Sa reconstitution, incroyable, reste un des temps forts de la visite. EXPOSITIONS TEMPORAIRES « Le cri de liberté. Chagall politique » (jusqu’au 7 janvier 2024) À travers 140 œuvres, la question de l’engagement politique de Chagall est abordée, notamment celle de l’exil. Au gré des événements politiques du XXe siècle, il sillonne le monde entre la Russie, la France, les États-Unis, transcendant ses exodes en poésie. Des courriers, des photos et des tableaux venant du monde entier ont été rassemblés pour accompagner ce parcours inédit. « Georges Arditi. D’un réel à l’autre » (jusqu’au 7 janvier 2024) Parallèlement, une rétrospective de Georges Arditi peintre du 20ème siècle dialogue avec Chagall. Également artiste et juif, un parcours similaire à Chagall mais avec une réponse esthétique complètement différente. UNE PISCINE SOUS AFFLUENCE Nulle solennité, ni cérémonial pompeux malgré la beauté du lieu, la Piscine, populaire, a bel et bien été restituée à ses habitants ! Emblème de Roubaix, elle est toujours un lieu de partage et un lieu de vie dans la ville : concerts, bals, défilés de mode y sont régulièrement organisés. Tous la qualifient de musée de proximité et ses trois saisons d’expositions annuelles permettent des retrouvailles régulières avec les Roubaisiens. Un vrai « esprit piscine » a été impulsé. Sa marque de fabrique ? Un musée solidaire où tout le monde est bienvenu, aucune hiérarchie ni dans les arts, ni dans les visiteurs. Les céramiques à côté des tableaux, la mode et la sculpture, un arrangement très novateur au début du XXIe siècle. La recette a fonctionné, dès le départ, l’essor a été fulgurant avec une moyenne de 200 000 visiteurs par an. L’équipe a aussi misé sur la Maison Méert en termes de restauration qui joue avec les expositions sur sa carte. Reconnue comme un des joyaux de la ville, La Piscine avec un P majuscule vient de fêter ses 20 ans. La Piscine - Musée d’art et d’industrie André Diligent 23 rue de l’Espérance 59100 Roubaix Tél. : 03 20 69 23 60 www.roubaix-lapiscine.com Le restaurant tenu par la Maison Méert Camille Claudel (1864-1943) - La Petite Châtelaine - 1895-1896 - Marbre


ESCALE UN ÉCRIN DE CHARME POUR SE RELAXER La majestueuse façade s’ouvre sur de grands espaces à la décoration contemporaine et chaleureuse, animés d’œuvres d’art. Plus qu’un hôtel, l’établissement peut se définir comme un lieu dédié au divertissement, à la détente et au sport ! Grâce à son offre de services très complète, cette escale de charme offre tous les ingrédients pour passer un séjour de rêve, à disposition : un terrain de Padel Tennis, une salle de fitness, une salle d’arcade pour petits et grands, la location de vélos. SPA D’OPALE, UNE BULLE DE BIEN-ÊTRE Au cœur de l’hôtel, un spa de 300 m2 dédié à la détente et au bienêtre avec sa grande piscine chauffée, son jacuzzi, son hammam, son sauna et pour les plus téméraires une grotte de glace. Massages, soins et mises en beauté viennent compléter l’offre. UNE AMBIANCE FEUTRÉE ET ÉLÉGANTE Les 136 spacieuses chambres, duplex et suites, dont certaines jouissent d’une magnifique vue sur la baie, déclinent diverses ambiances où le confort et le bien-être des hôtes est au cœur de toutes les attentions. 234 À seulement 10 minutes en voiture de la gare, à courte distance de la plage et du centre du Touquet, à proximité du parc équestre et de la base nautique, le Grand Hôtel bénéficie d’une situation particulièrement privilégiée dans un environnement calme et préservé sur les bords de la baie de Canche. Par Sylvie Heullant - Photos : Rémy Cortin LE GRAND HÔTEL Une invitation à la détente


LE PLAISIR DES PAPILLES Aux commandes des deux restaurants de l’établissement le Baya et le Boko Baya, un jeune chef talentueux et passionné, Thomas Deligne, confectionne une partition culinaire à l’identité locale qui valorise le terroir et le produit. Le Baya propose une bistronomie chic, une cuisine gourmande de produits frais de saison, dans un cadre moderne et confortable. La salle est prolongée par une jolie terrasse où il fait bon se régaler dès les beaux jours. Le Baya accueille également le généreux buffet du petit-déjeuner. Le Boko Baya est l’écrin gastronomique où le chef Deligne, cet enfant du pays, fera voyager vos papilles entre terre et mer à travers ses créations délicates et pleines de saveurs où les meilleurs produits locaux sont mis en lumière dans des assiettes au dressage moderne et raffiné. Le menu en 3, 4, 5 ou 6 services au choix est servi le soir du mardi au samedi. Le Menko : envie de prendre un verre, accompagné d’une planche à partager, dans un cadre élégant, une ambiance feutrée 235 et chaleureuse ? Le Menko est le rendez-vous des amateurs de cocktails, des grands classiques aux cocktails signature de la maison. Pourvu d’un piano à queue, d’un billard et d’une cave à cigares, c’est le lieu parfait pour se relaxer. Le vendredi soir de 19h30 à 21 h le lieu s’anime d’une programmation musicale live variée et de qualité. UN CADRE DE TRAVAIL PRIVILÉGIÉ Laissez-vous porter par l’élégance des espaces proposés par Le  Grand Hôtel**** pour vos événements privés ou professionnels. Alliant chic et glamour, ces lieux sont parfaitement adaptés pour composer idéalement les moments clés. Le Grand Hôtel**** 4 boulevard de la Canche 62520 Le Touquet Tél. : 03 21 06 88 88 https://legrandhotel-letouquet.com


Ouvert en 2015, cet hôtel boutique de charme, installé dans un magnifique bâtiment historique, est idéalement situé au cœur de la Grand’Place d’Arras, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. L’établissement abrite une douzaine de chambres confortables à  la décoration contemporaine dont 3 suites et 6 appartements avec kitchenette. Au rez-de-chaussée, dans un cadre à la fois moderne et cosy, le propriétaire, restaurateur depuis plus de 20 ans, propose à l’Anagram une cuisine créative, généreuse et gourmande à base de produits frais. La carte qui évolue au fil du marché offre un très bon rapport qualité/prix. Formule entrée/plat ou plat/dessert : 27,90 € Formule entrée/plat/dessert : 34 € Grand Place Hôtel 23 Grand Place, 62000 Arras Tél. : 03 91 19 19 79 www.grandplacehotel.fr Par Sylvie Heullant - Photo : Rémy Cortin Grand Place Hôtel ESCALE 236 Face à la mer du Nord, sur la belle plage de sable blanc de Malo-lesBains, se dresse le Grand Hôtel, un 4 étoiles de la chaine Radisson Blu. Parfaitement ancré sur le territoire, son architecture fait écho aux villas malouines. Situé sur la Digue, la célèbre promenade de Malo-les-Bains, l’hôtel se fond dans le paysage et ne perd jamais de vue l’horizon. Avec ses 110 chambres et suites, son spa de 1 000 m2 , il n’est pas une simple destination mais tient la promesse d’une expérience unique pour chacun de ses hôtes qu’il soit en Par Corinne Delaunay Radisson Blu Grand Hôtel & Spa Malo les Bains déplacement affaires ou loisirs. Deux bars et un restaurant, l’Opale, complètent l’offre pour goûter au meilleur des spécialités locales. À vivre en toute saison pour une parenthèse iodée et déconnectée ! Radisson Blu Grand Hôtel & Spa Malo les Bains 4-8 rue Marcel Sailly, 59140 Dunkerque Tél. : 03 66 32 53 70 www.radissonhotels.com


RÉGION EUROPÉENNE DE LA GASTRONOMIE HAUTS-DE-FRANCE 2023


Marc Chagall (1887–1985), Au-dessus de Vitebsk (détail), 1922. Huile sur toile, 73 x 91 cm. Kunsthaus Zürich, don de la Société de réassurance Union, 1973 © ADAGP, Paris, 2023 - Design graphique : Les produits de l’épicerie La Piscine 23 rue de l’Espérance 59100 Roubaix La Piscine T. +33 (0)3 20 69 23 60 Roubaix roubaix-lapiscine.com Le cri Chagall de liberté politique 7 oct. 2023 — 7 jan. 2024 Roubaix La Piscine


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