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Le Magazine des Rencontres Gastronomiques

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Published by C2H COMMUNICATION, 2023-11-14 07:15:21

MasterChef 22

Le Magazine des Rencontres Gastronomiques

Les Hauts-de-France, vaste territoire aux multiples facettes, ont un dénominateur commun : la  générosité en partage. Suivez les yeux fermés nos bonnes adresses sur la  Manche ou la  mer du  Nord et aux confins des terres, traversez les villages médiévaux, les villes aux façades flamandes et régalez-vous des spécialités locales. Tous  nos  itinéraires sont axés sur les rencontres de passionnés, des femmes et des hommes, producteurs de saveurs locales, défenseurs de leur patrimoine et pourvoyeurs de gentillesse. Qu’attendez-vous pour être réconfortés par des plats plantureux, le tout dans la joie et la bonne humeur typiques des Hauts-de-France ? Par Corinne Delaunay - Photos : Rémy Cortin et Anne-Françoise Pelissier HAUTS-DE-FRANCE LES PLUS BEAUX ITINÉRAIRES 99


100 Suivre la route de la Champagne dans la région des Hauts-deFrance promet des expériences chaleureuses et des pauses gourmandes où, les yeux écarquillés par tant de beauté, tous les sens restent en éveil. Évoquer le champagne renvoie aux moments de joie, de célébration, de partage. Dans la vallée de la Marne Ouest, département de l’Aisne, se déploie la partie orientale de la route touristique du Champagne, plus confidentielle, très justement appelée les Portes de la Champagne. Un homme, Emile Morlot, maire de Charly-sur-Marne en 1887, s’est battu pour que cette région reçoive l’AOC Champagne. Aujourd’hui, les Hauts-de-France peuvent s’enorgueillir d’enrichir leur terroir de vin de Champagne et de produire 10% de l’appellation. Ici, il est expressif et fruité grâce au Meunier, le cépage endémique. Les maisons champenoises prennent leur place et cassent les codes en associant champagne et maroilles, fromage des vendanges et surtout, ils proposent des expériences à leurs visiteurs. Décomplexé, le territoire offre aussi de nombreux atouts, notamment la beauté de son environnement. En tête d’affiche, la Marne qui sculpte ces paysages vallonnés. Si l’on devait les dessiner, on poserait les villages à ses pieds, bordés de plaines agricoles, sur les coteaux, les vignes et plus haut, les forêts. Bucolique, champêtre… Ces adjectifs décrivent à merveille ce coin de l’Aisne, situé à seulement une heure de Paris. LES PORTES DE LA CHAMPAGNE UNE EXPLOSION DES SENS ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay - Photos : Rémy Cortin ITINÉRAIRE SE POSER À CHÂTEAU-THIERRY À Château-Thierry, halte idéale, on s’y promène pour admirer ses rues médiévales, le château et les bords de Marne qui rougeoient au coucher de soleil et pour humer les effluves sucrés émis par la biscuiterie Lu. Pour bien démarrer, rendez-vous à la maison du tourisme. Implantée dans un lieu historique, la Maison de l’Amitié France Amérique, unique en France, est remarquable pour son architecture élégante. À l’étage, un bel espace scénographié a été créé pour survoler les grands thèmes de la région, l’histoire du Champagne et ses palettes olfactives sous forme d’atelier, la nature environnante, les natifs célèbres. De nombreuses activités sont proposées pour petits et grands comme une murder party ou des ateliers ludiques. Pour y dormir, la Rose des Fables ! Attention lieu atypique ! Cette maison du XVIe siècle appartenait aux parents de Marie Héricart, la femme de Jean de La Fontaine puis est devenue un hôtel et enfin une maison d’hôtes sous l’égide de Madame Maurice tombée en amour pour cette demeure. Depuis la maison a changé de propriétaire mais est restée dans son jus : un style unique, rococo, baroque, décalé, très assumé. Le parquet ancien craque, les surprises ne manquent pas comme la télévision cachée dans une table. Cinq chambres incroyables de la Royale à la chinoise. Loge de vigne Alain Bedel


101 Pour se cultiver, une terre d’artistes ! Ici, nous sommes sur une terre d’artistes. Jean de La Fontaine, le célèbre fabuliste, est né à Château-Thierry ; le dramaturge Jean Racine est né à La Ferté-Milon et Alexandre Dumas est né à Villers-Cotterêts… Sans oublier le peintre Léon Lhermitte, le sculpteur Achille Émile Jacopin et la famille Claudel : Camille est de Fère-en-Tardenois et Paul est de Villeneuve-sur-Fère. Pour y manger, le Manoir ! Du 100% local, frais et fait maison pour une cuisine familiale traditionnelle avec un plat du jour qui change tous les jours ! Les prix sont ultra corrects, l’accueil est chaleureux et ils peuvent s’enorgueillir de posséder l’une des plus belles caves connotée bourgogne avec une centaine de références. Pour la petite histoire, cet ancien couvent du XIIe siècle a abrité les amours de Piaf et Cerdan. Quoi de mieux que de visiter quelques grandes maisons sous le label vignobles et découvertes pour connaître ce territoire : direction l’ouest de Château-Thierry entre Charly-sur-Marne et Porteron. CHARLY-SUR-MARNE C’est là où tout a commencé, où le vin pétillant a été reconnu, vin de Champagne, grâce à la foi et l’engagement d’Émile Morlot. maire et homme politique de Charly. Champagne Léguillette Romelot Maison familiale qui a fêté ses 50 ans, anniversaire de la première bouteille commercialisée, le vignoble enherbé se présente dans un clos de 3 hectares délimité par un ru, dont 80 ares en cépages anciens pinot blanc, petit meslier, arbane, typicité de la maison. Ces cépages mûrissent lentement, les cuvées 100% anciens cépages comme le clos du Mont Dorin se démarquent et surprennent. Artisans vignerons de générations et générations, Christine, joviale et chaleureuse vous présente avec passion sa maison. Trois formats de visite sont proposés. Une originale, la dégustation à l’aveugle. Dans la cave, dans le noir, elle propose une ronde de desserts et champagnes. Joli moment où on apprend à écouter le champagne et les bulles à nous parler. Avec des enfants, un jeu de piste en 12  étapes expliquées grâce à des QR codes. Des histoires de la vigne racontées par Emile Morlot. Christine et sa fille Sarah se sont amusées à enregistrer ses scénettes historiques. Et bien sûr, la traditionnelle visite de la cave et la dégustation. Champagne Léguillette Romelot Maison du tourisme Les Portes de la Champagne La Rose des Fables


102 Maison Météyer Père et Fils Attention, ça déménage ! Franck, cinquième génération et Anna, sa femme polonaise de formation théâtrale, ont réussi le pari d’allier arts et vins et de proposer des Masterclasses autant éducatives que gourmandes. Anna, Chevalier du Mérite Agricole, fervente défenseure de la région, ne fait pas dans la demi-mesure pour notre plus grand bonheur : un musée, une cave, une galerie d’art, découverte du vignoble avec la Dyane familiale bleue, des interludes théâtraux dans les vignes à regarder sur son téléphone au moyen de QR codes… « Je suis là pour mettre en avant le meilleur vigneron et la plus belle des régions ». Il faut dire que les prix pleuvent sur le champagne Météyer et Franck fut le premier à recevoir le prix de la mission de l’Unesco. Anna guide ses hôtes dans ses Masterclasses pour apprécier les accords. Entre la « cuvée marine » qui va bien avec les fruits de mer avec son côté salin et l’« Expression noir », un pinot noir extra brut connu pour être la plus belle signature de Franck Méteyer et le plus médaillé de leur champagne, il y en a pour tous les goûts. « Le meilleur champagne est le champagne que l’on aime » conclut Anna. CHAMPAGNE ALAIN BEDEL À PORTERON Un p’tit bout de femme énergique, Virginie Bedel, est animée par son métier et sait rassembler. Sa balade pétillante, événement annuel, début octobre, réunit huit copains vignerons et propose une boucle de 8 km dans les vignes autour de Charly, un verre autour du cou pour déguster autour de quatre arrêts mets et un joli florilège de champagnes. Dans cette maison, l’âge est un atout, les bouteilles vieillissent en moyenne entre cinq et sept  ans et 30 000  bouteilles sortent à l’année. La vente se fait en direct car « quand on achète chez le producteur, le champagne n’a pas le même goût », dixit Virginie. La vigne se transmettait de père en fils jusqu’à Virginie « Dans le hameau de Porteron, toutes les maisons sont tenues par des femmes. » Et l’histoire continue, Emilie, l’aînée de Virginie, part étudier le vin. Les huit hectares sont dominés par le meunier qui revient à la mode. Si Virginie est dans le coin, elle prendra le temps de vous expliquer leur savoir-faire de récoltant manipulant, la pédagogie étant un de ses dadas. Il est aussi possible de participer à une chasse au trésor dans les vignes avec des jeux d’énigmes qui se réalisent en parfaite autonomie grâce aux QR codes. CAP À L’EST À TRÉLOU-SUR-MARNE À l’est de Château-Thierry, dans le joli village de Trélou-sur-Marne, vous pourrez profiter de deux parcours pédestres. Sur ce territoire de 350 hectares de vignes, les viticulteurs se sont unis pour créer deux parcours à la découverte de leur métier, « La goutte d’or », 5 km ou « la pétillante demoiselle », 10 km au départ place de la mairie. Jolis spots hautement instagramables ! ITINÉRAIRE Anna Météyer dans les vignes du domaine Champagne Alain Bedel


103 Champagne Philippe Mallet Des pops, des bams, ça explose dans tous les sens, on se trouve au cœur d’un chantier de dégorgement. Grand et rare événement qui a lieu entre deux et quatre fois par an pour préparer les futures fêtes, le dégorgement fait passer de la capsule au bouchon. Outre la visite des caves, la maison Mallet propose, depuis 2015, des expériences dans les vignes. Alexandre Mallet, le fils, accompagne des petits groupes en véhicule tout terrain avec dégustation dans les vignes et lecture de paysages. On peut même dormir dans un tonneau! Ici, on est pour le champagne en vin de tous les jours, accordé avec tous les mets. Champagne Fleury-Gille Vignerons indépendants, les enfants ont repris la suite des huit hectares qui produisent une dizaine de cuvées. À sa retraite, Dominique Fleury-Gille, femme engagée et très active dans l’oenotourisme, a réalisé un atelier ludique « les clés de la dégustation » de grande qualité et très original pour passer un moment privilégié et éducatif dans sa maison vigneronne. L’atelier de 2h30 a cette particularité de se baser sur une dégustation intuitive aidé par une boîte à outils imaginée par Dominique, formée à l’école des sens à Paris Lenoir, en neuro-œnologie. Elle fait aussi chambres d’hôtes. BARZY-SUR-MARNE Champagne Lévêque Dehan Un vignoble de six hectares récompensé par un prix Pierre Cheval en 2018. Éric a la vigne et le champagne dans le sang. Affable, il aime partager son métier et sa région. Vidéos, vigne éducative, balade dans les vignes, tout est conçu pour passer un bon moment. On titille ses sens dans l’espace sensoriel avec des tests ludiques. À bord du mythique combi Volkswagen, Éric vous emmène dans son vignoble pour déguster une coupe avec vue sur la Marne. La vie est belle, non ? Ici, toutes les saisons sont belles, l’automne et ses couleurs sonnent comme une évidence mais la brume et le givre en hiver habillent les vignes de rêve. À pied, en Dyane, en combi, en 4x4 tous les moyens sont bons pour flâner dans les vignes, admirer les méandres de La Marne et boire du champagne. Les portes de la Champagne se résument en trois mots : champagne, patrimoine et culture qui s’allient à la beauté de ce territoire. MAISON DU TOURISME LES PORTES DE LA CHAMPAGNE 2 place des États Unis, 02400 Château-Thierry Tél. : 03 23 83 51 14 - www.lesportesdelachampagne.com Jean-Louis Couvent et Alexandre Mallet Éric Lévêque Dehan Dominique Fleury-Gille


104 Partir à la découverte de Lille, c’est aussi explorer ses bars, cafés, commerces et estaminets. Mais comment s’y retrouver parmi les centaines d’adresses que compte la capitale des Flandres ? En se fiant aux locaux, comme Jean-Noël et Sylvie Bourguignon, deux natifs de Lille, qui nous dévoilent leurs repères préférés. Revenus habiter dans la vieille ville il y a trois ans, cet expert comptable de métier et cette formatrice indépendante banque et assurance écument avec leurs enfants et petits-enfants les bonnes adresses de la capitale du Nord, cette ville « à l’ambiance de village, où tout le monde se connait ». Visite gastronomique en bonne compagnie. Pour débuter notre tour, Jean-Noël et Sylvie nous donnent rendezvous au Django, un petit café de la place Louise de Bettignies, où on s’attable pour déguster un expresso sur « la terrasse la plus ensoleillée de la ville ». Face à nous, un premier aperçu de l’architecture flamande, la Maison de Gilles de la Boë, une des plus LILLE BALADE GOURMANDE ITINÉRAIRE Par Tatiana Geiselmann - Photos : Rémy Cortin ITINÉRAIRE anciennes bâtisses lilloises, à la façade ocre et aux guirlandes de fruits sculptés. Construite en 1636, elle servit d’abord au négoce d’étoffes et d’épices, avant d’être tour à tour magasin de vêtements, de charbon, bar puis estaminet. Direction ensuite la place du Lion d’Or, à moins de trois minutes à pied, pour faire un saut à la pâtisserie éponyme, une « très bonne boulangerie », qui propose aussi de moelleux cramiques, ces pains briochés typiques du Nord, sertis de raisins secs ou de pépites de chocolat. Tout autour de la place, une série d’immeubles de style flamand, ainsi qu’une remarquable maison à bow-windows du XVIIe   siècle tout de bleu, rouge et jaune. LA COMMERÇANTE RUE DE LA MONNAIE Depuis la place du Lion d’Or, on peut partir explorer les ruelles pavées du Vieux-Lille, et notamment la rue de la Monnaie, une des plus commerçantes de la ville. Avant de s’y engager, on admire l’atypique cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille, de style néo-gothique. Son impressionnante façade contemporaine est constituée de blocs


105 de marbre translucide, ce qui confère une luminosité grandiose à l’intérieur de l’édifice. Une fois dans la rue de la Monnaie, Jean-Noël et Sylvie recommandent de s’arrêter à la boutique originelle des Merveilleux de chez Fred. Ouverte en 1982, cette élégante pâtisserie est renommée dans le monde entier pour son gâteau ultra léger à base de meringue, crème fouettée et copeaux de chocolat, aussi aérien que gourmand. Quelques mètres plus loin, au numéro 77, arrêt conseillé à la Maison Benoît, la chocolaterie préférée de JeanNoël et Sylvie, établie ici depuis près de 35 ans. A la même adresse, un nouveau fromager vient tout juste d’ouvrir : Quentin - Fromagerie de quartier, une boutique dans laquelle notre duo de gourmets a déjà La place du Lion d’Or Le café Django La fromagerie Chez Quentin Sylvie et Jean-Noëlle Bourguignon


106 la chambre de commerce, haut de 76 mètres et doté d’un carillon de 25 cloches ; le Rang de Beauregard, un alignement de maisons typiques de l’architecture lilloise de la fin du XVIIe siècle, ainsi que la Vieille Bourse, sorte de cloitre flamboyant rouge et jaune, aux opulents ornements de guirlandes et de fruits. Non loin de là, JeanNoël et Sylvie conseillent de passer dans la rue Esquermoise, pour deux adresses gourmandes : tout d’abord la pâtisserie Méert, une institution lilloise vieille de plus de 250 ans. L’édifice, qui comprend deux boutiques ainsi qu’un restaurant-salon de thé, est magnifique de l’extérieur comme de l’intérieur. La spécialité de la maison : la gaufre à la vanille de Madagascar, « assez sucrée » mais incontournable. Autre péché mignon : les glaces de Benoît Méert, le dernier gros succès de la pâtisserie. Un peu plus loin dans la rue, au numéro 81, François Evrard, le boucher star de Wazemmes, réputé pour ses viandes maturées, a ouvert une nouvelle enseigne, où il propose une sélection de « viandes de collection », ainsi que de la charcuterie haut-de-gamme. Enfin, dans la rue du Curé Saint-Etienne, juste en face de chez Méert, Jean-Noël et Sylvie aiment passer chez Laksøn, pour faire le plein de poisson fumé (saumon, anguille et hareng). ESTAMINETS ET FRUITS DE MER Côté restaurants, impossible de visiter Lille sans s’attabler dans un estaminet. La plupart sont regroupés dans la rue de Gand, tout près de la place Louise de Bettignies. Selon Jean-Noël et Sylvie, le plus typique est sans conteste Chez Raoul, avec sa cuisine généreuse et son ambiance populaire. Pour goûter aux grands classiques de la ses habitudes. On y trouve plus de 200 références de fromages : des grands AOP comme le roquefort, le bleu d’Auvergne, le munster ou l’époisses, mais aussi un large éventail de produits des Hauts-deFrance, comme le maroilles, la boulette d’Avesnes, le sablé de Wissant ou encore le carré du Vinage. LES MARCHÉS ET LA GRAND’PLACE Les mercredis, vendredis et dimanches matins, Jean-Noël et Sylvie aiment aller flâner dans les allées du marché de la place du Concert, un marché essentiellement bio, très prisé des Lillois, où l’on se ravitaille en produits artisanaux du Nord, en fruits et légumes des fermes alentours, en poisson frais, en fromage, en viande… Autre adresse fétiche de nos deux guides : les halles de Wazemmes, un magnifique marché couvert en briques orangées et armature métallique, situé place Nouvelle Aventure, qui regorge de commerces de bouche et où nos deux becs fins s’approvisionnent en fruits et légumes chez Parent Primeur, « le meilleur primeur de Lille ». Avant de se rendre à Wazemmes, on continue d’arpenter les ruelles du Vieux-Lille, et on admire les somptueux bâtiments de la Grand’Place, une des plus belles places de la capitale des Flandres. On y contemple l’opéra de Lille, à la façade néo-gothique  ; l’emblématique beffroi de ITINÉRAIRE Boucherie Evrard Aux Merveilleux de Fred


107 gastronomie lilloise, ils recommandent aussi la Connivence, le Bistrot Lillois et le Soyeux, trois adresses où l’on peut déguster une carbonade flamande, un welsh, des moules-frites ou encore des croquettes de crevettes, dans une ambiance chaleureuse et authentique. Si vous penchez plutôt pour un restaurant spécialisé dans les produits de la mer, direction la rue Saint-Joseph pour rejoindre Les Petits Poissons Vieux-Lille. Dans ce vaste restaurant à la décoration moderne, on propose des plats tels que la sole meunière ou le « demi-homard frites », une des spécialités du chef, mais on peut aussi partager un plateau de fruits de mer et tapas, doté d’une incroyable variété d’huitres, de tourteaux, d’écrevisses, de bulots, de bigorneaux, etc, le tout accompagné d’un bon verre de vin blanc. Enfin dernière adresse coup de cœur de Jean-Noël et Sylvie : Nū, le restaurant rooftop en face de la gare, dont la cuisine « raffinée et excellente » se double d’un « panorama incroyable, avec une vue sur tout Lille ». OFFICE DE TOURISME DE LILLE Palais Rihour Place Rihour, 59000 Lille Tél. : 03 59 57 94 00 www.lilletourism.com Balade dans les rues de Lille Les gaufres de Chez Méert Les Petits Poissons dans le Vieux-Lille Chez Parent Primeur


108 Si les bêtises de Cambrai vous évoquent certainement des souvenirs d’enfance, connaissez-vous la région qui a vu naître ce bonbon régressif ? Le Cambrésis, une terre des Hauts-deFrance façonnée par l’histoire, traversée de champs et de bocages et située à seulement une heure de train de Lille. Entre son patrimoine architectural hérité du Moyen-Âge, son florissant passé industriel, sa culture brassicole et ses savoirfaire artisanaux, comme la dentelle ou la confiserie, le Cambrésis est un point de chute idéal pour une échappée culturelle et gourmande, le temps d’un week-end. LE MARCHÉ COUVERT DE CAMBRAI Notre escapade débute à Cambrai par un tour du marché couvert. À l’intérieur de l’immense bâtiment de verre et de béton, une quarantaine de commerçants proposent fruits, légumes, viande, poissons et fromages, dans un joyeux tohu-bohu. Parmi les stands à ne pas manquer, celui de Laurent Roussel et ses produits à base d’ail, dont l’ail noir, qu’il confit lui-même. Après avoir récupéré auprès de producteurs locaux de l’ail blanc, rose ou violet IGP d’Arleux, un ail très aromatique au goût fumé, il le chauffe à basse température pendant 15 à 17 jours jusqu’à ce que les gousses caramélisent, perdent leur côté piquant et développent un arôme CAMBRÉSIS DOUCE ESCAPADE ITINÉRAIRE Par Aurélie Hallereau - Photos : Rémy Cortin ITINÉRAIRE Laurent Roussel dans sa boutique du marché couvert de Cambrai


109 proche du vinaigre balsamique, suave et sucré. Autre étal où faire ses emplettes : celui d’Antoine Deltour, le patron de la Chèvrerie de Bonne enfance. Il y a 10 ans, cet agriculteur passionné a décidé de relancer au sein de la ferme familiale un élevage de chèvres Poitevine, une race en voie de réintroduction. Son lait particulièrement doux permet de produire des yaourts au goût plus léger que ceux à base de lait de chèvre alpine. Il fabrique aussi des fromages frais, des bûches demi-affinées, cendrées, des petits crottins secs, de la tomme de chèvre et un Cambrai-Cadour, un fromage ultra crémeux type Rocamadour, à acheter les yeux fermés. Une fois votre tour du marché terminé, déambulez dans les rues de Cambrai pour admirer la cathédrale Notre-Dame-de-Grâce, de style gothique, les anciennes portes de la ville, datées du XVIe siècle, et le beffroi qui domine la ville. Surtout, essayez de planifier une visite des galeries souterraines de Cambrai, un dédale impressionnant de couloirs creusés dans la craie blanche. Si la faim commence à vous gagner, rejoignez la Maison Demarcq, à la fois restaurant gastronomique et brasserie. Derrière le piano, le chef Antoine Demarcq, formé auprès des plus grands (il est passé par les cuisines de Guy Savoy et Alain Ducasse), propose une cuisine fine, faite de produits locaux. Côté brasserie, on trouvera des recettes classiques du Nord (welsh, gratin de chicon) ou de la cuisine française (vol-au-vent, blanquette de veau). Côté gastro, les plats sont plus inventifs et réveillent les papilles, comme ce carpaccio de daurade, glace avocat-wasabi ou cet étonnant dessert chocolat-champignons. Les fromages d’Antoine Deltour Le restaurant gastronomique de la Maison Demarcq Le chef Antoine Demarcq


110 ABBAYE ET BRASSERIE DE VAUCELLES Pour terminer cette première journée, rejoignez Les-Rues-les-Vignes, où se trouve l’abbaye cistercienne de Vaucelles. Lorsqu’elle a été fondée au XIIe siècle, cette abbaye s’étendait sur plus de 2 500  hectares. Aujourd’hui seuls les deux bâtiments principaux subsistent, mais ils permettent encore de mesurer la grandeur de l’édifice. Installée dans les anciennes écuries de l’abbaye, la micro-brasserie Vaucelles a relancé depuis 2 ans le brassage traditionnel de la bière, comme à l’époque des moines, avec l’eau de source qui coule sous la ferme, l’orge et le blé de la région et une double fermentation en bouteille. « C’est une des rares bières d’abbaye qui est réellement brassée dans une abbaye », insiste Benjamin Dalmas, son co-fondateur. Pour découvrir ces bières, attablez-vous dans la « taproom », le bar installé en plein cœur de la brasserie, au milieu des cuves. Pour clore la journée, retour à Cambrai pour une nuit de repos bien mérité à l’hôtel Beatus. Cet établissement de 30  chambres, niché dans un parc à quelque 700 mètres du centreville, est un écrin de douceur, entouré de nature. Les chambres y sont spacieuses et confortables, la déco est soignée, le cadre romantique, plein de charme. L’hôtel dispose d’un restaurant, qui propose une sélection de plats issus de la cuisine française traditionnelle, ainsi qu’un bar et un salon à l’ambiance feutrée. LES DERNIERS FABRICANTS DE BÊTISES Une fois repu, prenez la route pour aller visiter une des deux dernières confiseries du Cambrésis à fabriquer les célèbres Bêtises de Cambrai, ces bonbons blancs rayés d’une strie colorée, au goût à la fois doux et frais. La première se situe dans la zone industrielle de Cantimpré. Elle organise sur réservation des visites guidées pour comprendre le processus de fabrication de cette confiserie, mélange de saccharose (un sucre issu de la betterave) et de glucose (un sucre issu du blé). Vous pouvez faire le plein de sucreries dans la boutique attenante, où vous trouverez à la fois des bêtises traditionnelles à la menthe, mais aussi de nouveaux parfums, pomme, violette, mirabelle, framboise, citron, anis, etc. La deuxième confiserie à perpétuer la tradition des Bêtises se situe à Fontaine-NotreDame, à 10 minutes de route du centre de Cambrai. Il s’agit de la Confiserie Despinoy, labellisée entreprise du patrimoine vivant et créée en 1830. Là aussi, les bonbons sont préparés de manière traditionnelle, le sucre est travaillé à la main, avant d’être étiré dans d’impressionnantes machines, que l’on peut voir à l’œuvre lors des visites guidées. La boutique permet de faire des provisions de bonbons, mais aussi de produits dérivés de la Bêtise, comme des sirops ou des liqueurs au goût mentholé. ITINÉRAIRE Julien Campion de la Confiserie Despinoy L’hôtel Béatus Les bières de la brasserie de l’Abbaye de Vaucelles


111 TRÉSORS D’ARCHITECTURE AU CATEAU-CAMBRÉSIS Au réveil, après s’être délecté du copieux petit-déjeuner de l’hôtel Beatus, direction le Cateau-Cambrésis, à 30 minutes de voiture. En flânant dans la ville, vous pourrez admirer le Palais Fénelon, l’ancienne résidence des archevêques de Cambrai, qui abrite désormais le Musée Matisse (fermé jusqu’à l’été 2024 pour cause de rénovations). Non loin de là, le beffroi du Cateau est un exemple typique de l’architecture flamande de la Renaissance, tandis que l’abbatiale Saint-Martin est elle caractéristique du maniérisme de l’époque. Avant de vous attabler à la brasserie de l’abbaye, faites un crochet par la pâtisserie Hosdez, réputée pour deux spécialités sucrées : le Cambrésien, un gâteau composé d’un biscuit amande et noisette recouvert de crème au beurre pralinée et d’un glaçage au café, et le Cacoule du Cateau, un bonbon traditionnel à base de miel et de mélasse, que seule cette pâtisserie-confiserie continue de fabriquer. À l’heure du déjeuner, direction la brasserie de l’abbaye, renommée Brasserie Vivat, au centre du Cateau. Ce monumental bâtiment de brique rouge est un des plus beaux exemples de l’architecture industrielle et brassicole du début du XIXe siècle. Il s’agit d’une brasserie à gravité, où la bière est transformée de haut en bas, un modèle qu’on ne retrouve que très rarement et quasiment jamais en activité. Restaurée dans les années 2000, la brasserie produit à la fois des bières de garde classiques, mais aussi des bières vieillies en fût (de Pineau, de rhum, de Cognac). Un restaurant a été installé à l’intérieur du bâtiment et propose des plats cuisinés à partir de produits locaux, carbonades, coq-au-vin, welsh. DENTELLE DE CAUDRY Avant de quitter le Cambrésis, faites une dernière halte à Caudry, la capitale de la dentelle, qui fournit aujourd’hui encore les plus prestigieuses maisons de haute-couture et de prêt-à-porter de luxe du monde entier. Au sein du Musée de la dentelle, un ancien tulliste vous fera une démonstration de fabrication de dentelle et la boutique du musée, un des seuls points de vente où vous pourrez vous procurer de la dentelle de Caudry, vous permettra de repartir avec un dernier souvenir de cette escapade en Cambrésis. AGENCE D’ATTRACTIVITÉ DU CAMBRÉSIS Espace Cambrésis - 14 rue Neuve, 59400 Cambrai Tél. : 03 27 78 01 21 - www.tourisme-cambresis.fr La brasserie Vivat Florian Jacquin La dentelle de Caudry


112 La Flandre ? C’est en Belgique ? C’est aussi dans les Hauts-deFrance ! Dans ce petit bout de Flandre, situé à moins d’une heure de la métropole lilloise, on découvre des paysages vallonnés et verdoyants. On est frappé par les noms écrits en flamand, par l’identité culturelle forte qui transpire dans chaque rencontre, chaque visite. La Flandre est charmante et dépaysante avec ses villages aux rues pavées comme Cassel, Bailleul, son Mont de Cats et… sa bière ! Terre de houblon et de brasseurs, la bière est partout ! Me voilà partie pour un périple zythologue autour du Mont des Cats et du Mont Cassel qui font partie de « la cordillère des Flandres » pour reprendre l’image de Baptiste de Bray, heureux propriétaire du Sommelier. JOUR 1 : CIRCONVOLUTIONS AUTOUR DU MONT DES CATS, DU CHAMP À LA BIÈRE Première rencontre avec le houblon Premier stop chez Riquier, nouveau houblonnier, installé en bio sur les pentes du Mont des Cats, une reconversion professionnelle guidée par la passion. Une belle surprise ! je n’avais jamais vu de houblonnières. Surnommées très justement les vignes du Nord, ces magnifiques lianes vertes suspendues à 6 mètres de hauteur se récoltent en septembre dès que leurs fleurs s’allongent et produisent une poudre jaune odorante, la lupuline. Disparu un temps du paysage du Mont des Cats, Riquier est fier de redonner vie à ce patrimoine historique de la Flandre. CŒUR DE FLANDRE CŒUR DE BIÈRE ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay - Photos : Rémy Cortin ITINÉRAIRE Riquier Thevenin dans sa houblonnière au Mont des Cats


113 La balade des Cats Juste à côté de la houblonnière passe un chemin de randonnée, la balade des Cats. Le territoire y est préservé, calme. Adaptée à tous les marcheurs, la boucle de 5 kms est jalonnée de land art, des boules cabanes en saule tressé mort et vivant qui évolueront avec le temps, des stops pour petits et grands, ludiques et pédagogiques. J’ai aimé la quiétude du lieu, une belle manière d’appréhender les monts. Après avoir vu une houblonnière, quoi de mieux que d’apprendre à brasser. Brasser ma bière ? Je ne l’aurais jamais imaginé ! Il fallait que je rencontre Estelle, experte en bières ou zythologue. Chez Estelle, chambres d’hôtes Monts et Merveilles Estelle ne se verrait nulle part ailleurs que dans cette Flandre qu’elle a adoptée et inversement, il y a quelques années. Avec sa compagne, elles ont transformé leur maison, typiquement flamande, en chambres d’hôtes, à Godewaersvelde. Estelle propose aussi des ateliers de brassage de bières dans un espace dédié, au fond du jardin. La bière, elle l’adore pour son goût et la convivialité qu’elle véhicule. Toujours à l’affût des nouveautés, elle débusque de petites merveilles. Dans une volonté de zéro gaspi, elle fait aussi de la farine avec la drêche, résidus du brassage qu’elle utilise pour des préparations salées et sucrées. Repartir avec sa bière brassée et une connaissance plus approfondie de cette technique apporte une réelle satisfaction. De plus, on y apprend la patience car comme toute bonne chose, il faut du temps ! L’abbaye du Mont des Cats En route pour le sommet du Mont des Cats où se trouve l’abbaye du Mont des Cats et son fameux fromage. Les moines trappistes accueillent des retraitants et vendent leur produit dans la boutique attenante. On ne peut malheureusement pas visiter l’abbaye mais la vue depuis le Catsberg compte parmi les plus beaux panoramas de la Flandre. On contemple les paysages vallonnés et, à l’ouest, la plaine qui mène vers le littoral. Des vaches broutent tranquillement en contrebas. Paradis du repos, des randonneurs et des cyclistes ! J’ai la chance de pouvoir accéder aux caves où est fabriqué le fromage, affiné sur place. On m’ouvre les portes mais pas tous les secrets de fabrication. Le fromage, une pâte molle et fruitée, est délicieux et se retrouve sur toutes les grandes tables du coin. Après cette mise en bouche fromagère, j’ai faim ! Il est temps d’aller déjeuner, cap sur Bailleul. Sur la Grand place de Bailleul, le carillon du beffroi ponctue les quarts d’heure d’une jolie mélodie. À son sommet, Mélusine protège la ville, à ses pieds, l’incontournable, l’indispensable friterie qui a vu passer des générations de Bellenaerds. Ah… Les frites des Hauts-de-France ! Le café de Bellenaert à Bailleul J’arrive dans un joyeux café lié à la brasserie du même nom, tenus par des compères amoureux. L’accueil est chaleureux. Au menu, des tartines arrosées des bières Bellenaert. Je me régale avec celle au poulet et sa garniture de légumes frais. Sur 11 bières à la pression, 5 sont issues de la brasserie. Le pain est fait sur place et les légumes sourcés autour de Bailleul. Curieuse, je veux découvrir la brasserie. Estelle, experte en bières Abbaye du Mont des Cats Chambres d’hôtes Monts et Merveilles Les fromages de l’abbaye du Mont des Cats Paysage du Mont des Cats Le café de Bellenaert à Bailleul


114 les chevaux, c’est entrer dans un tableau flamand. Il est temps d’aller se reposer et quoi de mieux pour conclure la journée que de passer la nuit chez le Sommelier, à quelques minutes de Bailleul. Une nuit chez le Sommelier à Hillestraete Baptiste de Bray est sommelier indépendant, zytho-œnologue. Il cherche des vins rares pour des restaurateurs, sa femme est infirmière libérale mais ces deux actifs ont transformé une belle maison de briques rouges en chambres d’hôtes très réussie. C’est la fin du mois d’août et je me plonge avec délice dans le bain nordique au fond du jardin équipé d’un repose-bières en bois, l’odeur des foins coupés du champ voisin flotte dans l’air, la silhouette des monts se dessine au loin. Le jardin est joliment piqué de fleurs des champs qui ornent discrètement chaque chambre. Hors du temps, détente absolue. La partie à l’étage offre 2 chambres, la chambre du brasseur et la chambre grand cru, en sous-pente avec leur vélux pour dormir la tête dans les étoiles. De belles salles de bains avec douche à l’italienne, peignoir et serviettes moelleuses. Une planche apéritive et le choix de plusieurs bières attendent leur délivrance dans le réfrigérateur. Le calme de la campagne est ponctué par le clocher de Bailleul. Au matin, le petit déjeuner est juste parfait avec pain, brioche et confitures, le tout fait maison. Je salue cette parenthèse enchantée avant d’entamer une nouvelle journée de découvertes. Brasserie Bellenaert à Outtersteene Julien m’accueille dans sa brasserie fondée en 2017 avec son cousin Pierre-Benoit. Ils ont commencé à brasser leur bière dans leur garage et, sur un coup de tête, ont monté leur entreprise. Leur bière est labellisée bio grâce aux houblons de Riquier et d’Edouard. La visite est possible et le plus, on peut déguster sur place leurs créations des plus classiques aux plus folles de leurs éditions éphémères. Une autre visite m’attend pour en apprendre plus sur cette région. Les flamands ont l’amour de la Flandre chevillé au corps, les ambassadeurs de l’art de vivre flamand sont légion, je vais rencontrer l’une de ces personnalités, Denis Beck. Chez Denis Beck et ses fils De magnifiques chevaux à la robe marron galopent dans un champ. Une histoire incroyable, des chevaux élevés chez les Amish qui ont traversé l’Atlantique pour repeupler les terres de la Flandre de cette race de chevaux de trait, le Flamand, qu’elle portait autrefois. C’est devenu le sacerdoce de Denis Beck ! Grâce à lui, la région compte aujourd’hui trois races de chevaux de trait : les Flamands, les Traits du Nord et et les Boulonnais, qui ont toujours été présents dans la région. Le patriarche m’accueille avec ses yeux bleus et ses 77 printemps « la moitié de sa vie » me dit-il sur le ton de la confidence. Il parle le flamand, cela va sans dire, et le franc-parler qui l’anime m’aide à deviner une vie de travail acharné débutée à ses 10 ans. Le fil conducteur de l’exploitation de la famille Beck, l’artisanat et le patrimoine. Il y a donc une ferme en polyculture-élevage, quelques hectares de houblon, un estaminet ouvert le week-end, des gîtes de groupes, une brasserie et une grande fête de la bière toutes les années paires. S’y arrêter pour manger, boire une bière ou regarder ITINÉRAIRE Julien de la brasserie Bellenaert Denis Beck


115 JOUR 2 : INCONTOURNABLE CASSEL Rendez-vous à Cassel, petite cité médiévale, avec Margaux guide conférencière. Je suis transportée au Moyen-Âge avec les ruelles pavées, les toits en pignon, les portes qui ceinturent l’ancienne cité fortifiée, la joliesse des façades dont celle de la plus vieille maison casseloise. Vivante, touristique, son plus haut point de vue, le moulin qu’on peut visiter, remporte tous les suffrages. On emprunte la rampe alpine créée fin du XIXe siècle, un univers minéral… en rocail ! Le Mont Cassel, le plus haut des monts, 176 mètres, domine la Flandre maritime, des histoires et des légendes l’entourent. Demandez qu’on vous conte la légende de Reuze Papa et Reuze Maman qui explique la formation des monts. Et n’oubliez pas de visiter le musée de L’hôtel de la Noble Cour, Musée départemental de Flandre, sur la place de Cassel. Une visite qui s’achève dans un des estaminets de la ville. Dernier stop à Sainte-Marie-Cappel, petit village au pied du Mont Cassel pour une dégustation de bière chez Orge et Houblon. La Peene Becque Quatre amis d’enfance Marc, Manuel, Romain et Mathieu liés par la passion de la bière et surtout de son environnement culturel ont implanté le siège social d’Orge et Houblon (réseau de caves et de bars à bières) dans le village qui accueille tous les ans, le Festival International de la Bière Artisanale (FIBA). C’est aussi un lieu de vie qui propose de la restauration, un bar, la vente de bières artisanales et une microbrasserie, la Peene Becque (du nom de la rivière qui traverse le village et qui arrose la Flandre). J’apprends à déguster la bière à la manière des zythologues : regarder, sentir, goûter et avaler. Attention, il ne faut surtout pas recracher sinon on ne pourrait pas ressentir l’amertume qui ne se distingue qu’en arrière-bouche ! Bière de dégustation en fin de journée, bière de soif en terrasse quand il fait chaud, bière sour ou acidulée, je repars avec un kit de dégustation pour emmener un peu de Flandre avec moi, conquise par ses paysages et ses habitants passionnés. DESTINATION CŒUR DE FLANDRE 3 place Charles de Gaulle, 59270 Bailleul - Tél. : 03 28 49 23 79 20 Grand Place, 59670 Cassel - Tél. : 03 74 54 00 77 Grand Place, 59190 Hazebrouck - Tél. : 03 74 54 00 76 www.coeurdeflandre.fr Le Sommelier à à Bailleul - Hillstraete Bailleul Visite de la brasserie la Peene Becque


116 Elle a su traverser toutes les tempêtes grâce à sa joie de vivre. La découverte de Dunkerque ne laisse pas indifférent. Bonne humeur garantie ! Portuaire, industrielle, métallurgiste pourraient définir Dunkerque mais elle est bien plus que cela, elle est aussi fière, chaleureuse, déjantée, iodée et belle ! Si on la rencontre sans idée préalable, elle étonne par sa vitalité et sa pluralité. En dunkerquois, on dirait qu’elle fait mat’che (tape dans l’œil). Les Dunkerquois sont fiers, fiers de leur ville, de leur carnaval, de leur port et toujours prêts à accueillir, rigoler et festoyer par tous les temps ! Aux abords du centre-ville, ça respire l’iode à plein poumons, ça brasse, ça déploie une palette de couleurs incroyables dans les magnifiques ciels changeants. L’infini des plages de la mer du Nord vous happe et donne un formidable sentiment de liberté et d’ailleurs. Dunkerque et sa région vous rebooste en un rien de temps ! Une vraie destination touristique ! HAPPY DUNKERQUE La première chose à faire : prendre de la hauteur Pour cela, direction le Beffroi St Éloi, le plus vieux bâtiment de Dunkerque datant de 1440. Au rez-de-chaussée, s’est installé l’office de tourisme. Pour accéder au 5e étage, prenez DUNKERQUE UNE VILLE ÉNERGIQUE ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay - Photos : Anne-Françoise Pelissier ITINÉRAIRE l’ascenseur puis quelques 60 marches vous restent à parcourir. À 58 mètres de hauteur, la vue est saisissante et permet de se rendre compte des trois visages de Dunkerque, la ville, le port et les plages. Ancienne ville fortifiée, le rouge de ses briques lui donne son éclat. Reconstruite après la seconde Guerre mondiale, de nouveaux espaces de vie écoresponsables et connectés se sont ouverts vers la mer comme le quartier de la Citadelle. Le port s’articule en trois zones  : le port ouest, marchand, le central, sidérurgique avec Arcelor et ses 450 hectares gagnés sur la mer et le port est, la Citadelle. Le regard déroule vers la plage, Malo-les-Bains et, au loin, les dunes blanches ou grises, sauvages. Un p’tit tour en ville avec ses bonnes adresses Il est temps de rejoindre la place Jean-Bart. Vous ne savez pas qui est Jean Bart ? Ne le dîtes surtout pas aux Dunkerquois ! Jean Bart, c’est l’homme le plus connu de Dunkerque, un corsaire inspirant, la fierté locale. Il a libéré le port de Dunkerque et a ainsi sauvé la France de la famine. En remerciement, Louis XIV l’a anobli. On raconte que, lors de la Seconde guerre mondiale, seule sa statue est restée debout sur la place ravagée. Sur cette grande place, une adresse historique, Le grand Morien. Éric, son sympathique propriétaire, rend hommage aux moules de Dunkerque et à tout ce


117 qui fait la région ! Ce lieu de vie et de célébration depuis 1861 est un des QG du carnaval, ça rigole, ça s’embrasse, ça vit ! Juste à côté, chez Vaucamps, vous fait de l’œil ! Dans la vitrine, on peut observer la fabrication des Merveilleux, leur spécialité. Une meringue fondante sur laquelle est montée une crème fouettée très légère, parfumée au spéculos, chocolat, vanille et décorée en fonction de la saveur choisie. Une merveille ! Autre douceur de la ville à ne pas manquer, les doigts de Jean Bart de la pâtisserie Vandewalle, un gâteau aux amandes et café enrobé de chocolat au lait. Pour continuer sur les incontournables, le restaurant l’arrivage de Daisy Tabeling est à figurer dans sa to-do list. C’est le frère de Daisy, Bernard qui a produit les premières moules de Dunkerque en important la technique des cordes adaptée aux marées d’ici. En tant que fille et sœur de marins pêcheurs, Daisy travaille les poissons des pêches du jour dans sa cuisine ouverte. Il est maintenant temps de filer au quartier de la Citadelle pour découvrir le Musée Maritime et Portuaire, ancien entrepôt de tabacs, en briques blondes. Il est né de la volonté des dockers de garder une trace de leur travail. Il invite à un tour complet du riche patrimoine maritime de la ville, de la pêche à Islande au renouveau du troisième port de France. En face, amarrés au bassin, le trois-mâts Duchesse Anne, une péniche et un remorqueur complètent la visite. Sa plage : Malo-les-Bains Le longe-côte a été inventé à Dunkerque (la mer est plus chaude à marée montante, foi de Malouin !) et on veut bien le croire en voyant cette magnifique plage de sable blond et fin bordée de villas Malouines de la fin du XIXe siècle. Ces villas, véritables bijoux architecturaux avec leur bow window et leur pignon à pas de moineaux, sont à découvrir avec un guide. Ici, on a l’habitude de dire « on se fait une digue ? » En effet, la digue longue de 5  kilomètres est le lieu de promenade et de sport des Dunkerquois. Dès mars-avril, les 195 cabines de plage sont dressées. Le cornet d’amour ouvre également ses portes. Combien d’enfants ont mangé leur glace dans une des quatre boutiques de la digue ? L’arrière-grand-père italien de Franck Verschaeve ne s’est pas trompé en choisissant Malo-les Bains. Tous les jours, environ 900 cornets ainsi que les glaces, chichis et gaufres sont fabriqués sur place. Une saveur décuplée quand on s’installe avec son cornet face à la mer ! Au sud de la digue, le Radisson est ‘the place to be’ pour s’endormir bercé par le ressac après avoir apprécié la cuisine de son restaurant, l’Opale et s’être laissé cocooner dans son spa. L’architecture flamande de l’hôtel se fond dans le décor. On peut aussi tout simplement boire un verre en terrasse face au soleil couchant. En ville, la jolie boutique Les saveurs fromagères ravira tous les amoureux de fromages des Hauts-de-France qui composent 80% de l’offre ainsi que ses spécialités locales pour un pique-nique de plage VIP ! Les Merveilleux de Vaucamps Le Radisson Franck Verschaeve, Le Cornet d'Amour Les Saveurs Fromagères


118 On peut grimper les marches du phare pour admirer Gravelines, devenue port de plaisance et sa jumelle séparées par le chenal de l’Aa Grand-Fort-Philippe. La plage familiale se découvre de deux kilomètres à marée basse permettant la pêche aux coques et le ramassage des salicornes. Une colonie de phoques se dorent la pilule au soleil. Avant de passer le chenal en canote électrique pour se rendre à Grand-Fort, on s’arrête à La cave gourmande, cave et épicerie fine, pour faire le plein de bières gravelinoises à base de chicorée et de spéculoos, de terrines à la bière et chicorée et de bonne humeur aussi ! De l’autre côté du chenal, la Saurisserie Jannin est une valeur sûre pour ramener du hareng fumé. Dès l’entrée, on est pris par l’odeur (bonne) et par la phrase « Du hareng dans le pays, le médecin s’ennuie ». Le hareng est travaillé à la main puis fumé à l’ancienne dans des cheminées où brûlent doucement du bois de hêtre. Les murs sont recouverts d’un noir mat, profond, la fumée accumulée depuis plus de 70 ans. Un saut dans le temps ! Le propriétaire, un taiseux, vous donnera une grande leçon de méditation par ses gestes répétitifs et calmes. SI L’ON S’ÉLOIGNE… Au sud de Dunkerque, Gravelines À seulement 20 minutes de Dunkerque, on y vient pour son patrimoine historique et son charme. La ville fortifiée a été fondée par les comtes de Flandre pour y baser un port rattaché à St Omer par le fleuve Aa. Depuis le Moyen-Âge, elle vivait de la pêche aux harengs. Puis, au XIXe siècle, de la pêche à Islande. Celle-ci s’arrête après 1936 quand la sidérurgie et la métallurgie s’installent mais elle reste chevillée à la ville et à ses habitants. Les matelotes, les femmes de matelot, interdites à bord, étaient grenadières (pêcheuses de crevettes), cultivaient la chicorée, fabriquaient des paniers pour la pêche pour nourrir leur famille en attendant l’éventuel retour de leur mari, parti six mois en mer. Au pied du phare, il reste des traces de ce passé avec les maisons des minteux et des minteuses, où les anciens se retrouvent. N’entre pas qui veut, il faut être coopter ! Avec de la chance, on vous confiera peut-être la recette de la cululutte, brioche aux raisins secs que les matelots emportaient avec eux, transmise de mère en fille ! ITINÉRAIRE Thomas Hidden, la Grande Marée La goélette Duchesse Anne La plage de Malo-les-Bains


119 Au nord, Zuydcoote, effet waouh ! Mille hectares de dunes de sable fin boisées, grises ou blanches. Le Grand Site des Dunes de Flandre est en cours de labellisation. Une réserve naturelle, des espaces dunaires où domine la volonté de préserver ce site exceptionnel traversé par la vélomaritime. Autrefois populaire, Zuydcoote s’est muée en station de bord de mer élégante mais pas coincée ! Thomas Hidden l’a bien compris. Cet autodidacte passionné de cuisine y a ouvert deux établissements qui rendent hommage à ce territoire sauvage et accueillant. Le premier, le Kotje, est conçu comme un salon de thé, épicerie, librairie, fleuriste et cave à vins. Marie, en salle et en animatrice du lieu, propose des ateliers tandis que Marie cuisine des plats faits maison. On a envie d’y passer la journée autour d’un café et d’une part de flan. La Grande Marée se trouve sur une dune face à la mer. Un endroit brut, sauvage avec des couchers de soleil éblouissants. L’équation est simple et efficace : béton, bois et brins de fleurs séchées sur les tables. Contemporain et offert au vent du large. Thomas, en cuisine, et son binôme Anne Valérie, en salle, ont imaginé deux façons d’être. L’été se passe autour du partage : moules frites, fish and chips et tapas. L’hiver, bistronomique avec un menu à l’aveugle qui change tous les mois. OFFICE DE TOURISME ET DES CONGRÈS DE DUNKERQUE Le Beffroi, rue de l'Amiral Ronarc'h, 59140 Dunkerque Tél. : 03 28 26 27 28 - www.dunkerque-tourisme.fr Malo-les-Bains Marie et Marie, Le Kotje


120 Il y a la beauté des jardins publics, l’art partout, la joliesse des rues, la poésie des sculptures et une douceur de vivre qui dialoguent ensemble dans un délicat mélange de féminité et de romantisme. Cette ville musée où tout semble avoir été créé autour de l’art, brille par ses prix de Rome et peut s’enorgueillir d’avoir été le berceau de nombreux artistes et de belles histoires. Son riche passé industriel et minier n’a pas terni son âme d’artiste, bien au contraire, les deux étaient liés ! Elle a su prendre le virage du XXIe   siècle en déployant des pôles technologiques d’excellence parmi eux l’école d’animation de jeux vidéo, Rubika. Les transports du futur s’y inventent également. Il est loin le temps où Zola est venu s’inspirer pour écrire Germinal. La profonde mutation du bassin minier et de la ville a laissé place à une créativité intense et l’effet de surprise est bel et bien là. En quelques clés, nous allons vous donner des envies de flâneries valenciennoises sous le signe de la Dolce Vita. VALENCIENNES L’ÉTINCELLE CRÉATIVE ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay - Photos : Anne-Françoise Pelissier ITINÉRAIRE RALENTIR ET REGARDER : UNE GRANDE BOUFFÉE D’ART Un pèlerin’art Valenciennes est une artiste, on pourrait même parler d’elle comme d’un musée en plein air. Le mieux est de la parcourir à pied, suivre les coulées vertes, traverser les parcs musées, les jardins sauvages, héritages des jardins ouvriers, noter la présence des arbres (c’est la cité des arbres). La ville des Prix de Rome rayonne de beauté. La concentration d’artistes est telle qu’on ne peut pas tous les citer. S’il faut en choisir deux, on nommera les têtes d’affiche : le peintre du XVIIIe   siècle Antoine Watteau, connu pour les fêtes galantes, et le sculpteur du XIXe   siècle, Jean-Baptiste Carpeaux, contemporain de Rodin. À la sortie de la gare, Ugolin de Carpeaux vous souhaite la bienvenue. Commencez le périple par le parc des Prix de Rome divisé en époques pour mieux se repérer. Le concours offrit à la ville plus de 40 prix. Qu’est ce qui fait qu’ici on devient artiste ? Certainement la ferveur des Valenciennois fêtant chaque nouveau lauréat des prix de Rome, les industriels devenant des


121 mécènes et ce je-ne-sais-quoi qui flotte dans l’air, une tradition artistique mêlée à la douceur de vivre. Dès le XIXe   siècle, il y a une telle profusion de sculptures qu’elles sont disséminées dans toute la ville. On croise de charmants personnages « Ugolin méditant » de Carpeaux, « la jeune fille à la colombe » de Lucien Brasseur ou « le matin » de Gustave Crauk. Sculptures, peintures mais aussi architecture : l’audacieuse scène nationale, Le Phénix a obtenu le label « Architecture contemporaine remarquable ». Cette scène témoigne de la renaissance de Valenciennes, ville de théâtre et berceau de la célèbre tragédienne du XVIIIe   siècle. La Clairon ! La déambulation se poursuit le long des boulevards aux noms d’artistes. Le boulevard Watteau a renoué avec sa vocation artistique grâce à son allée piétonnière centrale ornée d’œuvres sculptées et son Musée des Beaux-Arts. Il mène jusqu’au parc de la Rhônelle, parc à l’anglaise traversé par la rivière du même nom, parfaite symbiose entre végétation et œuvres d’art. En flânant dans la ville, le rythme se ralentit, on se laisse guider par une sculpture et on prend le temps de vivre cette émotion esthétique. Pour finir, rendez-vous place d’armes devant « La Valenciennes » de JeanBernard Métais, œuvre magistrale de 45 m érigée à l’emplacement de l’ancien beffroi. Une litanie qui s’envole vers le ciel, habillée des mots des valenciennois « Mes racines sont d’ici mais je suis d’ailleurs », « aimer quoi d’autres ? » Dans Le Vieux-Valenciennes Le charme de Valenciennes réside dans ses petits commerces, ses vieilles rues pavées comme la plus ancienne artère de la ville, la rue de Famars devenue la rue des artisans d’art. Il faut aussi chercher les maisons à pan de bois typiques de la vallée de L'Escaut, les maisons scaldiennes. Pour vous aider, elles sont au nombre de trois. Un coup de cœur pour le quartier Saint Nicolas, quartier des écoles académiques, avec ses jolies façades colorées, son esprit bohème et ses terrasses qui débordent l’été de musique et d’allégresse. Très photogénique au début du printemps quand les cerisiers japonais fleurissent. N’oubliez pas de faire un tour à la bibliothèque des Jésuites qui conserve le plus vieux texte de la langue française écrit en rouchi (patois picard). Ville de contrastes, Valenciennes peut se vivre en été sur les terrasses de la place Saint Nicolas et en hiver, au Royal Hainaut, caler dans les canapés de l’Atrium à partager des gaufres ou autres douceurs. Vieille rue pavée de Valenciennes Les façades Valenciennoises Parc des prix de Rome


122 MARCHER : UNE GRANDE BOUFFÉE D’AIR EN TERRE MINIÈRE ! Entre marais, terrils et étangs, sur le site Chabaud-Latour, l’aventure de la compagnie des mines d’Anzin a commencé et a pris fin ici en 1988. En moins de 40 ans, la nature a repris ses droits ce qui donne un paysage incroyable et inhabituel. 350 hectares de néo nature dont deux étangs Chabaud-Latour et la digue noire créés par des affaissements miniers et 490 espèces de faune et de flore vivant sur une terre dite stérile. Il reste le chevalement Ledoux (l’ascenseur pour accéder à la mine) témoin de l’histoire industrielle, posé sur une vaste prairie qui fleurit en été. On peut ascensionner le terril pour surplomber cette nature et apercevoir les clochers en forme de bulbe typiques du comté du Hainaut. On peut aussi grâce à l’application LegendR se plonger dans la réalité virtuelle et voir la mine telle qu’elle était en 1952. Le site, pépite du territoire, se parcourt à pied (environ 2 heures) ou à vélo (une boucle de 29 km, l'Un’Escaut). SE REPOSER : UN TEMPS POUR SOI AU ROYAL HAINAUT ! Le fleuron des hôtels valenciennois est, sans aucun doute, le Royal Hainaut. Cet édifice, construit à la demande de Louis XV, est passé par différentes fonctions avant de connaître une magnifique renaissance en devenant un hôtel 4 étoiles. Oscillant entre tradition et avant-gardisme, le bâtiment initial a conservé sa splendeur mais a été sublimé par une immense verrière. Grandeur, majesté presque intimidant, l’hôtel tient sa promesse de déconnexion totale. L’expérience peut démarrer au spa. La piscine est unique en son genre. Une pure merveille pour se délasser dans un immense bassin (22 x 10 m) sous les voûtes en pierre bleue du Hainaut. On peut ensuite boire un verre dans un des deux bars. Jolis moments en perspective dans celui de l’Atrium où l’on peut se lover dans d’immenses canapés sous la verrière. Pour déjeuner ou dîner, deux restaurants, La Storia, restaurant italien gastronomique ou la Galerie, la brasserie. À la carte, la Lucullus, l’emblème gastronomique de Valenciennes, un plat traditionnel revisité à base de langue de bœuf fumée et de foie gras saupoudré de cacao, diablement gourmand ! Autre spécialité, le Bien-Aimé, un gâteau marbré offert dans les chambres supérieures. Le Royal Hainaut est une expérience à part entière à s’offrir pour un moment, une nuit ou plus ! ITINÉRAIRE Chabaud-Latour Le salon du Royal Hainaut Une des façades du Royal Hainaut


123 SAVOURER : LES BONNES ADRESSES Le marché couvert L’ancien cirque d’hiver transformé en halles est un repère gourmand à l’heure du déjeuner. On peut picorer chez chaque producteur ou s’attabler à la table du marché qui utilise les produits de ses voisins et est réputée pour ses vraies frites au gras de bœuf. On y trouve aussi la fameuse poissonnerie artisanale Cazeel tenue par une famille de pêcheurs de Boulogne-sur-Mer. Au tour du chocolat Sous le kiosque à musique, derrière le musée des Beaux-Arts, Christophe Tahier, chocolatier connu dans le paysage gourmand de Valenciennes, fait déguster sa passion À s’offrir les toffines ou le cœur de Valenciennes. Une bière à l’amer Une ode à la bière pour ce concept de vente à emporter et de bar ouvert de 10h à 22h. Un large choix de plus de 150 bières ! La brasserie d’Amblise à Crespin Reynald Grzelczyk a créé la 1720, une bière qui commémore la découverte de charbon dans les Hauts-de-France. Sa marque de fabrique ? Ses étiquettes représentant des animaux sauvages en écho à la forêt d’Amblise. Gregory Dussenne, apiculteur à Condé-sur-l’Escaut Plus de 300 ruches en transhumance sur le tilleul, en attente de l’IGP, et le châtaignier. Il a obtenu le prix du parc naturel pour ses produits. La Roselière Le bistro de Chabaud-Latour ! L’ancien café des mineurs propose une halte gourmande hors du temps pour prolonger l’expérience du site. OFFICE DE TOURISME ET DES CONGRÈS DE VALENCIENNES MÉTROPOLE Tél. : 03 27 28 89 10 www.tourismevalenciennes.fr La table du marché Christophe Tahier, chocolatier Une bière à l'amer «Pour savourer les bonnes adresses de Valenciennes! » Les miels de Grégory Dussenne Les bières de la brasserie d'Amblise La Roselière «À la rencontre de personnages incarnant ces savoir-faire gourmands, la bière, le chocolat, le miel… Ne sont que des prétextes! »


124 Adossé à la frontière belge, au cœur du département Nord, le Parc régional de l’Avesnois fait partie des joyaux de la nature des Hauts-de-France. Classé « Parc naturel régional » depuis 1998, ce territoire de 125 000 hectares constitué de 40% de bocage et de plus de 27 000 hectares de forêt ravit les amateurs de randonnée et de cyclisme. Les passionnés d’histoire seront comblés, entre le forum antique de Bavay et les sites mémoire de la Première Guerre Mondiale. Dans l’Avesnois, le patrimoine n’est pas fait que de pierre, il est aussi gastronomique ! Ce pays du maroilles et de la bière vous fait voyager de paysage en saveur, et d’arôme en anecdote historique. LE LAC DU VAL-JOLY ET LE CHÂTEAU DE TRÉLON C’est à Val-Joly que démarre notre périple. Cette petite station touristique installée sur les rives du plus grand lac au nord de Paris propose de jolis cottages avec vue sur les flots où passer la nuit. Dès le petit matin, les amateurs de pêche et de sports nautiques pourront se régaler de ce cadre naturel tandis que les adeptes de visites historiques feront un saut de 15 km au sud pour visiter le Château de Trélon. Le trajet peut aussi se faire à vélo. Dans ce cas, longez le lac et empruntez la rue de Champiau pour vous enfoncer dans la forêt de Trélon. Nous vous conseillons de faire un bref détour pour photographier la charmante chapelle Sainte-Hiltrude avant de reprendre la direction du château. Ce monument historique de style Louis XIII entièrement meublé vous plonge dans l’histoire de la maison de Mérode. Découvrez également la vie des domestiques d’un grand domaine au XIXe   siècle avec la visite « Downton Trelon », clin d’œil à la célèbre saga ! AVESNES-SUR-HELPE PUIS LE MUSVERRE Après une pause gourmande et conviviale « Chez le Père Ducoin » à Trélon, mettez le cap sur Avesnes-sur-Helpe. Ce voyage d’une vingtaine de minutes vous permet d’admirer, de part et d’autre, le paysage verdoyant typique du bocage. À destination, admirez cette sublime ville fortifiée par le célèbre bâtisseur Vauban, sur commande de Louis XIV. Longez les murailles par le sentier de randonnée, au bord du cours d’eau de l’Helpe et de la collégiale Saint-Nicolas. Après un petit crochet à Saint-Aubin pour goûter au jus de pomme ou au cidre de Monsieur Druet, l’un des producteurs de ce territoire de vergers, parcourez les quelques kilomètres qui vous séparent de Sars-Poteries. Dans cette petite ville, se trouve l’imposant MusVerre. Ce magnifique bâtiment moderne de 1 000 m2 fait de pierre bleue, matériau emblématique de la région, abrite une collection de plus de 230 superbes créations en verre. Les « bousillés », objets conçus pendant la pause des ouvriers des verreries pour revendiquer leur talent, au XIXe siècle, témoignent du grand savoir-faire local. L’AVESNOIS UN JOYAU DE LA NATURE ITINÉRAIRE Par Julie Dallemagne ITINÉRAIRE Abbaye de Maroilles


125 SITES DE MÉMOIRE ET MAUBEUGE Changement d’ambiance à une trentaine de kilomètres de SarsPoteries où se trouvent plusieurs sites marqués par la Première Guerre mondiale. Découvrez le fort Salamagne, édifié sur la ligne Maginot et plongez littéralement dans le quotidien des soldats, lors d’une visite 30  mètres sous terre. À 14 km de là, le musée de l’imposant Fort Leveau vous offre un regard complémentaire sur le conflit et sur les conditions de vie des Poilus. Envie de vous ressourcer après ces visites passionnantes mais chargées en émotions ? Allez flâner dans les rues de Maubeuge, à 10 minutes en voiture et photographiez-vous devant l’emblème des fortifications de la ville : la Porte Mons. Si vous disposez d’un peu de temps, allez saluer les animaux du zoo de Maubeuge ! Vous pouvez aussi prendre, à vélo, la Voie Verte de l’Avesnois, une ancienne voie ferrée aujourd’hui entièrement goudronnée qui relie Ferrièrela-Grande à Glageon. Chez Bacchus et La Rotonde sont deux bonnes adresses pour clore cette parenthèse maubeugeoise autour de bons petits plats. LE FORUM ANTIQUE DE BAVAY ET LA FORÊT DE MORMAL De belles découvertes vous attendent pour les dernières étapes de votre séjour dans le Pays Avesnois. Après Maubeuge, Bavay, que vous rejoignez en une vingtaine de minutes : préparez-vous à faire un saut en arrière de plus de 2 000 ans ! Ici vous attend un site assez incroyable : le forum antique de Bagacum Nerviorum (aujourd’hui Bavay), fondé à la fin du Ier siècle av. J.-C. pour devenir la capitale du peuple nervien et très vite un carrefour stratégique incontournable du Amélie et Maxime du restaurant La Rotonde Visite de la Ferme du Pont des Loups nord des Gaules. Le site archéologique, aux vestiges romains préservés sur plus de 10 mètres de hauteur, s’étend sur 2,5 hectares. Une véritable pépite des Hauts-de-France. Après la visite, quittez la Gaule pour revenir en France au XXIe siècle et prendre la direction de la forêt de Mormal. Ses 9 000 hectares de futaies de chênes et de hêtres sont l’écosystème choisi, encore aujourd’hui, par de nombreuses espèces animales. Lancez-vous dans son exploration, carte à la main : avec un peu de chance, vous apercevrez le majestueux cerf élaphe, l’un des plus grands mammifères de notre pays ! MAROILLES PUIS LE MUSÉE MATISSE Impossible de repartir du Parc régional de l’Avesnois, sans visiter sa capitale gastronomique : Maroilles, bien sûr ! Découvrez les secrets de fabrication du « plus fin des fromages forts » dans l’une des fermes de production : la Ferme du Château Courbet, par exemple, propose depuis 1976 un maroilles affiné à la bière ou la Ferme du Pont des Loups, une étape incontournable pour découvrir le maroilles et les fromages fermiers locaux. Chez tous les producteurs, vous pourrez goûter par ailleurs à l’immanquable flamiche au maroilles. Filez ensuite visiter la brasserie artisanale Saint-Humbert. Si les excellentes brasseries affluent dans la région, celle-ci a la particularité d’être installée dans les vestiges de l’abbaye de Maroilles. Vous pourrez y déguster les bières blondes, blanches, brunes ou ambrées de la maison dans un cadre historique ! Après une petite balade digestive dans les rues de cette ville charmante où la rivière Helpe mineure se jette dans la Sambre, reprenez la route pour faire une dernière halte, au musée Matisse. Créé par l’artiste lui-même en 1952 dans sa ville de naissance, Le Cateau-Cambrésis, ce bel édifice présente la plus grande collection d’œuvres de ce maître de l’impressionnisme puis du fauvisme. De quoi ajouter de dernières notes de couleur à votre tableau avesnois. TOURISME EN AVESNOIS Tél. : 03 27 59 32 51 - www.tourisme-avesnois.com Le MusVerre © Philippe Robin © Anne-Françoise Pelissier


126 Un itinéraire sur deux villes, fausses jumelles indissociables, lovées au cœur du Parc Naturel Régional Oise-Pays de France. Chantilly et Senlis tiennent la promesse d’une destination week-end, entre nature et histoire pour voyager dans le temps, s’imprégner de leur beauté et goûter à leurs délices. Cantiliens et Senlisiens ont bien de la chance. Douceur de vivre garantie ! JOUR 1 : CHANTILLY, LA CHÂTELAINE Que connait-on de cette ville ? Son château, bien sûr, sa crème, évidemment et ses écuries qui font d’elle la capitale du cheval. Au petit matin, les brumes laissent entrevoir les cavaliers et leurs montures sortant des écuries pour se rendre à l’entraînement. On est au beau milieu d’une certaine France, celle des grands noms : Le Nôtre, le Grand Condé et le Duc D’Aumale qui y ont instauré un art de vivre ! Élégance à la française, baignée dans un écrin de verdure, encerclée de forêts, Chantilly se savoure et la visite du château s’impose comme un incontournable. CHANTILLY-SENLIS LA VOIE ROYALE ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay ITINÉRAIRE UN MATIN AU CHÂTEAU DE CHANTILLY Le château laisse sans voix. En son sein la deuxième plus grande collection de peinture ancienne de France rassemblée par son dernier propriétaire, le Duc d’Aumale, un dandy amoureux d’art. À sa mort, il lègue le château à l’Institut de France avec à la clé un testament qui stipule que les tableaux doivent rester accrochés tel qu’il l’avait décidé. À la fois musée et lieu de réception, l’art et la gastronomie se côtoient. Dans la galerie des Cerfs, il reste les traces de ces fastes, une immense table de 12 mètres dressée avec des assiettes en porcelaine de Sèvres, des nappes tissées à la main. On imagine Émile Zola, Sissi l’impératrice, les grands de ce monde de la fin du XIXe siècle conversant discrètement, la bienséance voulant qu’on ne parle qu’à ses voisins. Sur des menus, perdreaux rôtis, artichauts à la lyonnaise et une madeleine glacée, indiquent les goûts culinaires de l’époque. Nous sommes dans un véritable conservatoire des manières à la française. De ce fait, un musée sera bientôt consacré aux arts de la table. On peut déjeuner dans les anciennes cuisines, témoignage du prestige des Princes de Chantilly, avec des menus inspirés par la région et l’histoire du château. Dans le parc, on respire la forêt à plein poumon en suivant un envol © Jérôme Houyvet


127 d’oies sauvages. Arrosé par la Nonette, le château est posé sur l’eau. La déambulation se fait à pied, à cheval, en petit train, en pédalo, selon ses envies. Trois jardins se succèdent, le français, dessiné par Le Nôtre à la demande du Grand Condé, l’anglais et l’anglo-chinois. On parcourt les larges allées jusqu’au hameau niché dans le jardin anglo-chinois pour y goûter à l’autre star de Chantilly… Sa crème ! L’ICONIQUE CRÈME CHANTILLY La vraie, l’unique, celle qui colle au saladier, gourmande, ferme, battue au fouet, à la force des bras. Laure vous reçoit, sourire aux lèvres au Hameau, ensemble de jolies maisonnettes du XVIIIe   siècle qui a inspiré Marie-Antoinette pour son Petit Trianon. Avec ses sœurs, elle a repris la concession de son père qui lui a aussi transmis tous les secrets de la chantilly. Préparée tous les matins, elle accompagne des fruits, pains d’épices et tartes. Une farandole de délices gourmands servie à partir de midi. Inoubliable chantilly ! Zéro culpabilité, le hameau se mérite et la marche est digestive… En centre-ville, l’Atelier de la Chantilly ouvert en 2020 par Bertrand Alaime, membre de la confrérie des chevaliers fouetteurs de crème, est un salon de thé conçu autour de la chantilly avec un large choix de pâtisseries, des nuages de chantilly avec toppings et des pots de crème à tomber. On peut aussi y faire des ateliers pour apprendre à fouetter et des battles de fouet. UN DÉJEUNER AU VERTUGADIN Idéalement située dans la rue commerçante de Chantilly, enseigne historique, le Vertugadin est une de ces bonnes adresses immanquables. Michaël (prononcé à l’américaine) Ejzenbaum, lunettes orange, bretelles jaunes, bermuda et baskets, la truculence incarnée, se définit comme un néo-aubergiste. Pas de chichis, de bons produits et une carte traditionnelle avec du cochon, du bœuf, de la volaille et du canard. Ce chef généreux est un bon ambassadeur de son territoire qu’il conte à merveille. Il prend souvent plaisir à détourner les codes comme sa chantilly au jus de bœuf ! Il est, bien sûr, membre et secrétaire de la confrérie des chevaliers fouetteurs de crème. La galerie des Cerfs L’atelier de la chantilly Michaël Ejzenbaum, chef du Vertugadin


128 a été divinement peint à la Renaissance par Le Primatice. Nélie Jacquemart y a choisi sa dernière demeure. En sortant de la chapelle, nouveau choc esthétique au sein de la roseraie plantée en 2001. Une bière à la rose a même été co-créée avec la brasserie Félicité. Une délicate touche de rose à boire dans les mêmes conditions qu’un bon verre de rosé. Propice au recueillement et à la poésie, Chaalis affirme son identité : charmante et féminine ! JOUR 2 : SENLIS, AU CŒUR DE L’HISTOIRE 2 000 ANS D’HISTOIRE ! Fondée par la dynastie capétienne, elle fut aussi gallo-romaine. Pour preuve, ses arènes du 1er siècle, propriété de la société d’histoire et d’archéologie de Senlis qui ont mis plus de 30 ans à les restaurer. Elles sont représentées sur la boite en épicea des Cotignacs, une gourmandise en pâte de coings à acheter à la pâtisserie Berthelot. Yvon Berthelot a ressuscité cette recette médiévale et a choisi de planter 19 cognassiers dans l’allée des arènes pour régaler Senlis. En continuant la balade, les rues pavées (la plus instagrammable étant la rue de la tonnellerie) et les maisons typiques en pierre de Saint-Maximin, nous plongent au cœur du Moyen-Âge. Les pavés de Senlis se retrouvent aussi sous la forme de chocolat praliné recouvert d’une coque de meringue à déguster uniquement à la boulangerie Ringeval. Xavier Ringeval, inspiré par Senlis, a aussi concocté d’autres spécialités en chocolat, les capétiens et les gargouilles. Arrivé place de la cathédrale, le musée d’Art et d’Archéologie propose une synthèse ARTISANAT D’ART, VIGNES ET CHAMPIGNONS AUTOUR DE CHANTILLY Insolite c’est le premier mot qui vient quand on découvre une rue incroyable, troglodyte hébergeant des artisans et une sympathique association de vignerons dans la commune de Gouvieux. Anne de la Forge, ancienne architecte d’intérieur, émailleur d’art contemporain y possède son atelier. À l’exposition, bijoux et pièces monumentales et poétiques. Ses voisins sont une bande de joyeux compères, vignerons amateurs, installés en association qui ont relancé depuis 2002 la vigne communale, réhabilitant ainsi une tradition médiévale. 28 rangs de vignes en chardonnay ont été plantés pour une production de 2 000 bouteilles en blanc, rosé, rouge et vin effervescent. Un peu plus loin, à Orry-la-Ville, se trouve un magicien des légumes, Sébastien, maraicher et champignonnier autodidacte. Dans une ancienne carrière de pierres abandonnée depuis 40 ans, les champignons blonds poussent sans traitement, sur du fumier et de la pierre et les légumes croissent magnifiquement au-dessus, à l’air libre. DOMAINE DE CHAALIS, SOUS LE SIGNE DE LA ROSE On dit de lui que c’est le pendant féminin du château de Chantilly. Ancienne Abbaye royale fondée au 12e siècle, léguée à l’Institut de France par sa dernière propriétaire, Nélie Jacquemart, grande collectionneuse. Les 6 000 œuvres ramenées de ses voyages sont à admirer dans l’ancienne abbatiale. Autre trésor de Chaalis, sa chapelle Sainte-Marie, très justement appelée, chapelle Sixtine de l’Oise. Son plafond, une des fresques les mieux conservées de France, ITINÉRAIRE Anne de la Forge L’atelier d’Anne de la Forge Les vignerons de Gouvieux Domaine de Chaalis «Des adresses incontournables à visiter absolument! » Les arènes de Senlis Dans la champignonnière d’Orry-la-ville © Domaine de Chaalis


129 des deux millénaires. Sa star, Séraphine, est contemporaine. Petit bout de femme attachante, elle s’installe à Senlis à 40 ans comme femme de ménage et commence à peindre en autodidacte avec de la peinture ripolin. Elle rencontre Wilhelm Uhde et expose pour la première fois à 60  ans. Son iconographie est composée d’arbres, de fleurs et de fruits et de couleurs vives. Restée dans l’ombre, le biopic, sorti en 2008, la rend célèbre dans le monde entier. Yvon Berthelot, encore lui, a rendu hommage à Séraphine en confectionnant un gâteau, les Séraphines, à base de mandarine et d’orange, clin d’œil au tableau « Orange et trois quartiers d’orange ». Tous les mardis et vendredis matin, la rue commerçante se réveille avec le marché. Sur les étals, l’accent picard donne le sourire. Pour finir cette balade historico-gustative, un arrêt s’impose à la brasserie de Senlis qui brasse selon une recette médiévale au miel. Il y en a pour tous les goûts blonde, blanche, ambrée, brune et une IPA. MONTÉPILLOY AU SUD-EST DE SENLIS Il se passe des choses intéressantes à Montépilloy. Il y a d’abord son Château-fort de la fin du XIIe siècle, doté d’un impressionnant donjon haut de 38 mètres. Il fut le lieu de la dernière bataille de Jeanne d’Arc. Un ensemble de sépultures gauloises a même été trouvé. Visites guidées et conférences sont organisées. À ne pas manquer, la salle d’exposition avec ses panneaux pédagogiques expliquant les fouilles et les différentes époques du château. Anciens propriétaires du château, la famille Roland, agriculteurs et chambres d’hôtes, Les Chambres d’Élisabeth, ont lancé une campagne de crowdfunding pour relancer le vignoble qui existait jusqu’au milieu du XIXe   siècle. L’idée étant de produire un vin blanc sec bio de qualité avec les cépages Floréal et Sauvignac. Les parents et leurs cinq enfants, Prudence, Lucie, Louise, Madeleine et Édouard ont planté les pieds de vigne. Premières vendanges attendues en 2024 ! OFFICE DE TOURISME DE CHANTILLY-SENLIS 73 rue du Connétable, 60500 Chantilly Place du Parvis Notre-Dame, 60300 Senlis Tél. : 03 44 67 37 37 www.chantilly-senlis-tourisme.com La famille Roland Yvon Berthelot et les Cotignacs Henri Delacommune, fondateur de la brasserie de Senlis Les Capétiens de Xavier Ringeval


130 Calais a su surmonter ses crises économiques et sociales et préserver son identité populaire tout en honorant ses atouts, son passé lié à la dentelle et sa longue plage de sable blond. Calais étonne et détonne. On se sent en France mais aussi ailleurs, la présence de l’Angleterre à seulement 30 kilomètres y est sans doute pour beaucoup. D’ailleurs, les côtes anglaises sont un peu le baromètre qui sert à connaître la météo. Par temps clair, on aperçoit l’Angleterre depuis le cap Blanc-Nez. La Côte d’Opale, formidable réserve à oxygène, se déploie à peine sorti de la ville. La Manche verte et grise lèche la côte et ses marées offrent un terrain de jeux pour tous les amoureux de pêche à pied ou de chars à voile. Le Calaisis recèle de moments doux et d’intenses sentiments de liberté. Quant à Calais, un vent d’audace et de modernité souffle sur la cité portuaire. Pour bien la comprendre, un retour sur son passé est nécessaire. Autrefois double, elle s’est unifiée grâce à sa dentelle dont la renommée n’est plus à faire. À la jonction des « 2 Calais », grimper sur le Beffroi de l’hôtel de ville à 75 mètres pour avoir une vue à 360°. Calais est née de deux villes devenues quartiers. Aux abords du port, se trouvent le quartier des commerçants et Saint-Pierre-lès-Calais, la ville des ateliers et ouvriers de la dentelle. Le grand tournant a eu lieu au 19e   siècle quand les anglais ont amené clandestinement des machines Leavers qui ont permis la mécanisation de la dentelle et la conquête du marché de la mode. Il fallait alors exporter les dentelles. Les deux villes se sont unies. Au 20e siècle, l’arrivée du tunnel sous la Manche et les deux autoroutes ont permis à Calais de s’ouvrir au monde ! 21e siècle, Calais ne se cache plus : populaire, charmante et accueillante, elle mérite qu’on s’y arrête ! SEPT BONNES RAISONS D’ALLER À CALAIS La dentelle et sa renommée, une aventure industrielle La dentelle a fondé Calais. Depuis, la ville divulgue toute sa délicatesse dans ces ouvrages de dentelle renommés dans le monde entier. Il ne faut pas manquer la visite de la Cité de la dentelle et de la mode érigée dans une ancienne usine de dentelle. Il fut un temps où Calais comptait jusqu’à 600 fabricants dans ses murs. La dentelle faisait vivre la moitié des Calaisiennes et Calaisiens. Visiter ce musée, c’est non seulement découvrir l’histoire de la dentelle, fleuron de la Haute-Couture française, mais aussi en apprendre un peu plus sur l’histoire sociale, les évolutions techniques de cet art et l’urbanisme de Calais. Une des salles est consacrée aux machines avec des démonstrations quotidiennes assez impressionnantes. Prendre son temps pour détailler les dentelles rares, découvrir CALAIS LA RÉSILIENTE ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay - Photos : Rémy Cortin ITINÉRAIRE © Office de tourisme Calais Côte d’Opale


131 les collections de lingerie et de robes qui traversent les époques. Aujourd’hui, il ne reste que trois entreprises en activité mais la renommée de la dentelle de Calais est toujours inégalable. Des expositions temporaires présentent de grands noms de la couture comme Givenchy, Balenciaga ou en 2023, Yves Saint Laurent, qui a su jouer avec le corps des femmes en dévoilant sans dénuder, un jeu subtil réalisé grâce à cette étoffe d’exception. La cité est aussi un centre de formation de dentelliers-tullistes pour que perdure ce savoir-faire cher au cœur des Calaisiens. La Plage et son gardien, le dragon Une plage certes mais surtout une station balnéaire ! En 2020, Calais a réussi le pari de transformer sa plage reléguée dans un coin de la ville en une plaisante station balnéaire très bien équipée avec des aires de jeux pour les enfants, un skatepark olympique de 400 m2 , le plus grand des Hauts-de-France, une voie « dragonienne » réservée au maître des lieux, des marchands de glace, des transats, des aires de repos, le tout dans un design sympa. Ce nouveau front de mer révèle la magnifique plage de sable blond qui s’étale sur plusieurs kilomètres et semble encore plus immense à marée basse. Calais a enfin une perspective, un lieu qui invite à la déambulation rêveuse, qui ouvre sur des horizons plus ou moins lointains et qui donne une respiration à la ville. Cette aura s’entoure de mystère et de féérie grâce à la présence du gardien de la plage, le dragon de Calais, à ce jour, la plus impressionnante, la plus ingénieuse des créatures inventées par François Delarozière et sa compagnie nantaise La Machine. Évoluant plusieurs fois par jour sur la plage, ses yeux perçants et ses mouvements le rendent si réel qu’il nous embarque dans un monde pas si imaginaire que cela. Effet waouh garanti pour petits et grands ! Calais, phare culturel Calais n’hésite pas à casser les codes d’une ville de province, à dévoiler son esprit avant-garde dans un lieu hybride, le Channel, scène nationale qui brille sur la ville depuis 30 ans. En investissant les anciens abattoirs, le Channel a donné à Calais un formidable laboratoire artistique où spectacles d’art vivant contemporain, ateliers de cirque, espace de co-working, librairie et deux restaurants, l’un gastronomique, l’autre, bistronomique se côtoient et interagissent. Il est intéressant de s’y arrêter pour sentir le pouls artistique calaisien, déjeuner sur le pouce au bistrot, de plats simples, délicieux, préparés avec des produits frais, flâner dans la librairie magnifiquement achalandée ou dîner aux grandes tables après un spectacle d’une programmation éclectique. Cité de la dentelle et de la mode Le Dragon à Calais La Plage Le Channel Scène Nationale © Fred Collier


132 La tablée à Peuplingues Cap sur la bistronomie. À 15 minutes de Calais, la Tablée se démarque par son menu restreint qui change tous les mois et qui s’amuse à surprendre. Pour exemple, un dessert pensé autour du légume. Il y eut la pomme de terre en hiver ou le concombre en été. Car Simon et Coline ont un seul mot d’ordre : une créativité sans limite avec une seule contrainte, l’assiette doit être belle ! Tout est fait maison, des glaces à la viande maturée dans une cave. Bien sûr, le locavore est de règle ! Dès qu’il fait beau, direction le grand jardin avec son saule pleureur et son pommier pour déjeuner ou dîner les pieds dans l’herbe. La maison du fromage Vous ne connaissez pas encore Iris Crespo ? Alors courez à La Maison du Fromage la rencontrer ! Calaisienne d’adoption, elle se fait un plaisir d’être ambassadrice de ce territoire qu’elle ne quitterait pour rien au monde. Chez elle, fromages à la chicorée, bière du dragon, biscuiterie de la Côte d’Opale, terrine de poissons Fournier, Fleur de sel des 2 caps composent le panier idéal pour goûter au terroir du calaisis. Une épicerie d’exception ! Boulangerie Dejonghe de père en fils Pour s’offrir LA spécialité pâtissière de Calais, un biscuit amandesnoisettes avec une crème au beurre café appelé tout simplement le Calais. Samuel Dejonghe, le fils, a gagné deux fois le prix du meilleur calais, une recette héritée de son père qu’ils ont affinée au fil des ans. Le quartier maritime et historique du Minck Quartier maritime historique entièrement détruit pendant la seconde guerre mondiale, il a été reconstruit à l’identique avec ses petites maisons aux briques rouges, ses rues étroites et ses bassins. Une jolie balade à s’octroyer pour toucher du doigt à l’identité de Calais. Bassin du paradis, chaque matin, pêcheurs et poissonniers vendent sur leurs étals poissons, crustacés, moules, soles ou homards. Chez La Paysanne des Mers, Myriam Pont met en avant la pêche durable. Cela fait 40 ans qu’elle pratique la pêche à pied. Elle a des tas d’histoires à raconter et surtout des produits à faire déguster. Bien manger… Entre tradition et jeune garde, Calais ouvre sa scène culinaire et s’adapte à tous les styles. Une petite sélection de valeurs sûres pour s’ouvrir les papilles, du restaurant gastronomique à l’épicerie fine. L’institution Au Côte d’Argent L’institution calaisienne face à la plage tel un paquebot posé sur le sable se drape, le soir, des couleurs du soleil couchant. La décoration garde l’esprit paquebot avec une prédominance de bois blond et de larges baies vitrées ouverte sur le large. À table, le regard se pose sur l’horizon où glissent les ferrys en partance. Inspiré par la Manche, fervent défenseur de sa ville, Bertrand Lefebvre a choisi de s’ancrer ici 33 ans auparavant. Au menu, des spécialités de poissons, soles, cabillaud au beurre d’herbes, des crustacés, des homards, et des viandes d’excellence comme le bœuf angus de la Ferme de Saint-Pô à Wissant. Une bonne table à s’offrir à Calais ! ITINÉRAIRE Le chef Bertrand Lefebvre Myriam Pont Samuel Dejonghe La tablée, à Peuplingues La Maison du fromage Le beffroi de Calais «Rencontres insolites au détour d’une balade gastronomique» © Drone 62


Les alentours pour un grand bol d’air On quitte Calais pour emprunter les plaines agricoles maritimes. Le Calaisis est à la fois tourné vers la mer et la terre, un pays de marins et d’agriculteurs. Pour preuve, les champs de blés et de lin au bord de la falaise ondulent sous le vent. À seulement 20 minutes de voiture, le cap Blanc-Nez, battu par les vents, tient ses promesses d’espace et de liberté. En arpentant cette falaise calcaire, les jeux de lumière entre nuages et fenêtres de ciel bleu invitent à la contemplation tout comme la Manche, changeante, passant du gris à l’opale. Il y a aussi les couchers de soleil, fabuleux. Paradis des randonneurs, des coureurs et des artistes, on peut choisir de parcourir les 12 kilomètres qui séparent le cap Blanc-Nez au cap Gris-Nez. Ou bien être accompagné d’une guide nature comme Caroline Geneau, qui décrypte cet endroit comme nul autre. Ici, on comprend pourquoi la Côte d’Opale est si aimée des Calaisiens ! La gentillesse et l’accueil de ses habitants ! La dernière raison mais pas la moindre… OFFICE DE TOURISME INTERCOMMUNAL CALAIS CÔTE D’OPALE 12 boulevard Clemenceau, 62100 Calais Tél. : 03 21 96 62 40 - www.calais-cotedopale.com Le littoral aux alentours de Calais Cité de la dentelle et de la mode et beffroi de Calais 133© Eric Debove © Drone 62


134 « Vivante » est l’adjectif qui revient le plus dans la bouche des Arrageoises et Arrageois. Une ville à mettre en avant par sa situation géographique centrale dans les Hauts-de-France, à moins d’une heure de Lille, de Paris, de la côte, également pour ses places aux façades flamandes de toute beauté, ses rues pavées et ses bars aux terrasses animées quelle que soit la météo ! UN CŒUR DE VILLE MAGNIFIQUE ! Tout commence sur les places, là où les Arrageois se donnent rendez-vous depuis le XIe siècle et s’attablent à l’heure du café ou de l’apéritif. Un QG ? Le Georget sur la place des Héros. Les boutiques des places recèlent de spécialités gourmandes arrageoises. On peut aussi simplement flâner tête en l’air, l’œil rivé sur les magnifiques façades de style baroque flamand. Entre la Grand’Place et la place des Héros, le cœur des Arrageois balance. La place des Héros est dominée par son beffroi gothique de 75  mètres de hauteur. À son sommet, la vue est époustouflante ! Revenu sur terre, direction une des plus vieilles pâtisseries de la ville, la pâtisserie Thibaut pour déguster deux spécialités, le cœur d’Arras, un pain d’épices à l’ancienne en forme de cœur, et les rats d’Arras. Le rat est l’emblème de la ville, il figure sur ses armoiries, il était même dessiné sur les pavés et ARRAS LA BELLE ET PÉTILLANTE ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay - Photos : Anne-Françoise Pelissier ITINÉRAIRE trois petits rats ornent le faitage de la cathédrale Notre-Dame. On ne peut échapper aux rats d’Arras surtout s’ils sont en chocolat ! Ces petites douceurs ont un corps praliné et feuilleté enrobé d’une coque de chocolat noir. Un côté croustillant et fin en bouche. Sous les arcades, métiers de bouche, restaurants se succèdent pour le plaisir des papilles. Sur la Grand’Place, la Maison Chochois, à peine un an d’existence, surprend avec son concept de bar, restaurant et boucherie artisanale. Clément, boucher et restaurateur, a conçu cet espace avec sa compagne Élise. La boucherie ouverte sur la place sélectionne les meilleures viandes de la région. Avec sa cave de maturation, ils affinent les côtes à l’os, leur plat signature. Au soussol, une magnifique salle voûtée a été transformée en restaurant élégant et intime. À la carte, du traditionnel ris de veau, foie gras maison mais aussi poissons de Boulogne-sur-Mer. Une terrasse permet de boire un verre ou à l’arrivée des frimas, un bar cosy vous attend au sous-sol. Vous l’aurez compris à Arras, on aime les bonnes choses. Les places sont aussi des centres névralgiques pour accueillir les nombreux évènements gastronomiques comme la grande fête annuelle de l’andouillette, qui a lieu fin août. Des tables immenses sont dressées pour déguster les fameuses andouillettes. Pas de panique si vous loupez cet événement, la charcuterie « À l’andouillette d’Arras », maison fondée en 1888, est dirigée par Le beffroi et l’hôtel de ville sur la place des Héros © Hauts-de-France Tourisme / Frédérik Astier


135 Hugues Becquart, membre de la confrérie de l’andouillette. Arras, c’est LE pays de l’andouillette, une recette élaborée au Moyen Âge à base de fraise de veau. Dans la charcuterie d’Hugues Becquart, elle est faite à partir de la fraise de porc et est mijotée pendant cinq heures. Le second rendez-vous culinaire est le championnat du monde de la frite dont la première édition a eu lieu en octobre 2023 sur la Grand’Place parrainé par le journaliste François-Régis Gaudry. À cette occasion, une confrérie de la frite fraîche maison a même été créée à Arras ! Avis aux amateurs et aux professionnels, rendez-vous pour la seconde édition ! UNE AMBIANCE ARCHITECTURALE UNIQUE Les places donnent le ton de cette ville patrimoniale riche. Cette cité a gardé son âme commerçante, ses ruelles sont très agréables à parcourir et de nombreuses boutiques de créateurs et vintage teintent la ville d’une coloration unique ! Coup de cœur pour la place du théâtre et son café solidaire le Rat Perché. À la fois restaurant, bar, lieu associatif et lieu culturel. On y vient pour manger une cuisine de mémé, réparer un objet, voir une exposition, écouter des artistes ou simplement papoter autour d’un café. Il fait face au magnifique théâtre d’Arras, un théâtre à l’italienne du XVIIIe siècle, scène nationale à la belle programmation. Le cœur et le rat d’Arras Le Ratperché Terrasses sur la grand place Elise et Clément de la Maison Chochois © Hauts-de-France Tourisme / Frédérik Astier


136 CARNET D’ADRESSES GOURMAND EN PAYS D’ARTOIS Prenez votre voiture pour un périple gastronomique dans le vaste territoire d’Arras. Brasserie W à Neuvireuil Simon et Claire Wilfert ont installé depuis 6 ans leur micro-brasserie dans la ferme familiale. Une passion commencée 15 ans plus tôt, pour Simon, dans la cuisine de ses parents. Céréaliers, producteurs de pommes de terre et autres légumes, ils utilisent leurs céréales, notamment l’orge pour leur brassin mais aussi le blé qui infuse de la douceur. En 2023, ils ont été sélectionnés pour créer la bière printanière d’Arras Pays d’Artois Tourisme, la 1394, du nom d’une recette datant de 1394 et retrouvée dans les archives de la ville. Dans cette bière rafraîchissante, vendue uniquement à l’office de tourisme, ils ont souhaité apporter du soleil en bouteille avec des notes de basilic et de pomme. Parmi leurs bières permanentes, on recommande la Céréales Killer, une triple aux trois céréales, la Garden Party et la Belle Saison. Pour allier le plaisir des papilles et des yeux, le jeune collectif « à table Arras ! » propose des déjeuners insolites dans des lieux culturels et mythiques de la ville. Ils sont sept, tous acteurs de la scène culinaire arrageoise. Deux restaurateurs Origine et l’Œuf ou la poule, un fromager, la Prairie, une pâtisserie, la Maison Schramm, une boulangerie-glacier, la boulangerie Dupont & Co, un caviste, la Cavavin et un brasseur Origin’Ale. Les menus sont toujours divinement orchestrés autour d’une entrée, plat, fromage, glace et dessert arrosés de vins ou de bières. Une expérience intéressante mêlant gastronomie et patrimoine. Arras c’est aussi des lieux chargés d’histoire comme l’abbaye Saint-Vaast et la cathédrale Notre-Dame, le musée des BeauxArts et la Citadelle, œuvre de Vauban. On peut aussi se promener sur les rives de la Scarpe, profiter des parcs et jardins et sortir de la ville pour s’offrir une balade gourmande en pays d’Artois. ITINÉRAIRE Claire et Simon Wilfert de la brasserie W Les fromages du fromager La Prairie du collectif « à Table Arras » Boulangerie patisserie Dupont du collectif « à Table Arras » Gabriel Asserman du collectif « à Table Arras »


137 L’huilerie d’Artois à Neuville-Saint-Vaast Artisan huilier depuis 2022, Thomas Defive a lancé sa gamme Oléo. Fervent défenseur des huiles moins répandues, il travaille exclusivement le chanvre, la noix, la courge, le lin et la cameline produits et récoltés dans les Hauts-de-France. Pour les noix, il collecte directement auprès des particuliers. À la manière des viticulteurs, chaque graine fait l’objet d’une cuvée et il s’amuse à faire des assemblages. Sa collection d’huiles florales, corsées, intenses et longues en bouche est distribuée en épicerie fine. La ferme aux Chiconnettes à Achiet-le-Petit Chez Véronique et Pascal Duforest, on vient chercher des endives de pleine terre et leurs nombreuses déclinaisons en délicieux confits, soupes, veloutés mais aussi les chiconnettes, petits chocolats en forme d’endives avec un cœur praliné, les crapouillots, billes de nougatine et autres confiseries et biscuits. Tout est fait sur place par Pascal, maître artisan pâtissier chocolatier pour la partie sucrée et Véronique pour la partie salée. Après avoir tenu une pâtisserie à Arras, ils se sont passionnés pour les endives. Leur exploitation agricole est aussi une ferme pédagogique. Ils ont même imaginé, en famille avec leur fille, un étonnant musée « Terre de sucre ». Pascal et Véronique Duforest La Maison du Nombre d’Or à Hénin-sur-Cojeul Myriam Grouselle, ancienne ingénieure agronome, a toujours rêvé d’élever des escargots. Le projet a mûri, elle s’est formée, a monté son élevage et est maintenant membre du Collège Culinaire de France. À la fois naisseur, engraisseur et cuisinière, elle élève environ 150 000 escargots en biodynamie, c’est la seule à le faire en France. Ramassés en automne, elle les cuisine au vin blanc biodynamique et les fume au bois de hêtre. Cuisinés ou en tartinades, tous ses produits sont vendus dans des épiceries fines ou sur des marchés gastronomiques. Les escargots se retrouvent sur les bonnes tables autour d’Arras comme celle du restaurant Origine. OFFICE DE TOURISME ARRAS PAYS D’ARTOIS Hotel de Ville - Place des Héros, 62000 Arras Tél. : 03 21 51 26 95 - www.arraspaysdartois.com La gamme Oléo de Thomas Defive, artisan huilier Myriam Grouselle de La Maison du Nombre d’Or


138 Un musée de renommée internationale, le Bassin minier inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco et l’hospitalité de ses habitants ont permis à Lens de devenir une destination week-end riche de sens. En quelques étapes, entre tradition et avant-garde, vous prendrez le pouls de la cité minière qui transcende la nostalgie en joie de vivre. L’âme de la ville saute à la figure, elle est généreuse, hospitalière et pleine d’allégresse notamment les soirs de foot quand la fièvre lensoise envahit les rues en rouge et or. (À noter : il y a plus de places dans le stade Bollaert que d’habitants à Lens !) Noir et rouge aussi. Noir comme le charbon qui lui colle à la peau, les terrils (ne pas prononcer le L), les murs de l’hôtel Louvre-Lens. Rouge comme les briques de la ville, la fête de la Sainte-Barbe (le 04 décembre) et le cœur des Lensois débordant de gentillesse. Ce territoire, à la fois ancré dans ses racines et tourné vers le futur, se raconte avec ses habitants, sa culture minière, son foot et ses frites. Voici des tranches de vie lensoises en quelques spots incontournables. LENS LA SIMPLICITÉ EN ÉTENDARD ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay - Photos : Anne-Françoise Pelissier ITINÉRAIRE UN PEU D’HISTOIRE À L’OFFICE DE TOURISME Rendez-vous pris devant l’office de tourisme, point de départ de la balade Art déco. Avec sa magnifique façade, il ne passe pas inaperçu. Installé dans l’ancien magasin de vaisselle et de porcelaine, vieille institution lensoise, le lieu est atypique, avec beaucoup de cachet. Il propose de nombreux services inédits comme un espace co-working, une librairie, une ressourcerie et une location de vélo. Un véritable lieu de vie dans le centre-ville. Le circuit Art déco dure 45 minutes et permet de comprendre les deux périodes qui ont marqué la ville, l’exploitation minière au milieu du 19è et la 1ère guerre mondiale avec la destruction de Lens à 99%. On finit en beauté par la gare, unique en son genre. CHEZ LA REINE DE LA FRITE Le concept de food street ? Il a été inventé dans le Nord avec les friteries. À Lens, il y a toujours un bon moment pour aller manger une frite avant un match, après un match, à l’apéro… La Loco, face à la gare, fief des supporters, a été lancée en 1996 par Doris, ancienne


139 ouvrière de la filature et adoubée reine de la frite. Son fils, Fred, l’a rejointe. Il y a aussi Stéphanie qui travaille avec eux depuis 13  ans. Sourire aux lèvres, dynamique, elle revêt le maillot les jours de match et adore l’éclectisme de la clientèle car la Loco est à la fois un bar de quartier, une friterie et un restaurant. Fred le confirme, faire des frites est un métier et un savoir-faire. Le choix des pommes de terre, la température des huiles, tout est orchestré. Doris, elle, écoute leur chant pour savoir quand les sortir et les rendre parfaitement moelleuses à l’intérieur et croustillantes à l’extérieur. Mieux vaut avoir faim, le plus petit cornet fait 250 grammes ! Un large choix de sauces sert d’accompagnement avec une préférence pour celle au maroilles ou la piccalilli avec moutarde et condiments. En une journée, près de 150 kilos de frites sont vendues ! Ouvert du lundi au dimanche de 10 h à minuit, les jours où Lens joue, l’ambiance est garantie ! Pour savoir écouter les frites et les cuire à point, des ateliers animés par Doris sont à réserver auprès de l’office de tourisme. À L’ASSAUT DES PLUS HAUTS TERRILS D’EUROPE Volcans ? Pyramides ? Les terrils jumeaux 74 et 74a sur la base 11/19 à Loos-en-Gohelle nous embarquent dans un monde lointain et imaginaire. Dès qu’on approche de Lens, ils se dressent noirs et majestueux. Ces collines de résidus miniers sont les plus hauts d’Europe et culminent à 186 mètres d’altitude. Il est possible de grimper jusqu’à leur sommet en une heure de temps avec de bonnes chaussures. Une vue panoramique à 360° vous attend avec, en ligne de mire, le stade Bollaert et le musée Louvre-Lens qui se devine. Cette terre noire donne l’impression de marcher sur la lune. À leur base, on touche du doigt le travail de forçat des mineurs qui ont extrait cette terre à la pelle. Ces deux symboles sont très importants pour les Lensois, et leur fierté à leur égard est d’autant plus forte que l’Unesco a reconnu le patrimoine minier en 2012. Jean-François Caron, ancien maire de Loos-en-Gohelle, l’a ainsi souligné « l’idée même que l’histoire des mineurs vaut celle des rois change tout. » On comprend mieux la portée de ces traces de l’histoire devenues, aujourd’hui, des terrains de sport pour y pratiquer du trail ou du VTT, mais aussi des conservatoires de biodiversité. S’y promener est une jolie manière de leur rendre hommage. Les frites de La Loco Les façades de Lens Les terrils jumeaux 74 et 74a Le musée Louvre-Lens


140 UNE PAUSE DÉJEUNER À LA BRASSERIE DE MAI À CARVIN Julie et Olivier ont installé leur brasserie dans un ancien garage connu de tous les Carvinois. On vient ici pour déguster une bonne bière artisanale et goûter aux tartines de Julie réalisées avec les drêches qui se déclinent avec les légumes de saison. Délicieuses ! On peut aussi participer à un atelier de brassage et créer sa propre recette de bière. L’immense hangar est décoré avec de la récup, les tables sont en palettes et fûts de bière, un jukebox trône dans un coin, en fond sonore, du jazz. Le couple est amateur de musique, d’ailleurs elle influence leur brassin : Nuage en référence à Django Reinhardt ou Petite Fleur pour Sydney Bechet. En plus des cinq bières permanentes, une bière éphémère sort tous les deux mois et fait l’objet d’une soirée événement avec food truck, concert et même la création d’une chanson ! Pour pousser plus loin la dégustation et la rencontre des brasseurs locaux, l’Office de Tourisme organise des Beer Tours. UNE PAUSE CAFÉ EXCEPTIONNELLE, LA BRÛLERIE DU CANTIN Le MOF (Meilleur Ouvrier de France) torréfacteur se trouve à Lens. On sait que, dans les Hauts-de-France, le café est un rituel, alors, poussez la porte de la Brûlerie du Cantin dans le centre-ville pour vous initier à l’art de torréfier, sortir de votre zone de confort et découvrir d’autres saveurs. Laurent Baysse a la passion du café qui lui coule dans les veines et il n’a pas hésité une seconde en acquérant cette torréfaction ouverte depuis 1959. Il faut le voir pratiquer la cérémonie du café. La recette est simple, une eau minérale filtrée et… du temps pour laisser les arômes s’installer tranquillement ! Comme le vin, le café a aussi ses cépages et plus de 800 molécules au niveau de l’arôme (le vin en a 500). Les coups de cœur de Laurent sont un éthiopien et un colombien Fabrica bio avec des notes gourmandes, vineuses, peu acides. On retrouve aussi les cafés émergents, les specialty coffee, cette nouvelle gamme encore plus qualitative dont tous les grains sont triés à la main. Si vous avez envie de tenter l’expérience, arrêtez-vous chez Laurent, il se fera un plaisir de trouver votre café ! ITINÉRAIRE Café médaillé de la brûlerie du Cantin Olivier et Julie de la Brasserie de Mai La Brasserie de Mai La brûlerie du Cantin


141 DORMIR DANS D’ANCIENS CORONS, L’HÔTEL LOUVRE-LENS À l’arrivée du musée Louvre-Lens, le quartier a été entièrement métamorphosé. En face de cet incontournable (à visiter absolument !), l’hôtel du même nom a réussi à sublimer un ancien coron en hôtel 4  étoiles. Il offre ainsi une expérience inédite à vivre. On pénètre dans un monde à part. Les vestiges du passé se mêlent harmonieusement à l’avant-garde contemporaine apportant une sensation de chaleur et de convivialité. 26  maisons des mines collées les unes aux autres ont été ouvertes et transformées en 52  chambres, 26 au rez-de-chaussée et 26 à l’étage. Des démarcations jaunes au sol marquent l’emplacement des anciennes maisons. L’artiste de street art, NeSpoon, a laissé son empreinte sur des façades. Certains murs en briques rouges ont été conservés et restaurés, d’autres ont revêtu la couleur noire. Par contraste, les salles de bain sont claires. Des petits salons alternent dans les couloirs pour inviter à la convivialité. Une atmosphère cocooning se dégage de l’ensemble. Le restaurant, le Galibot, donne sur les anciens jardins ouvriers laissés à l’état naturel, la cuisine est ouverte pour échanger avec les clients. À la carte, des plats de saison et le Terril, un dessert hommage permanent fluctuant au gré des humeurs du chef. OFFICE DE TOURISME DE LENS-LIÉVIN 16 place Jean Jaurès, 62300 Lens Tél. : 03 21 67 66 66 - www.tourisme-lenslievin.fr Le Galibot L'hôtel Louvre-Lens Les façades de Lens Le restaurant de l'hôtel Louvre-lens


142 Le Touquet-Paris-Plage peut s’enorgueillir d’être une station des quatre saisons avec une qualité de vie incroyable, entre mer et forêt. Voici notre sélection de bonnes adresses et de spots immanquables découpée en trois chapitres : la gourmandise, l’esprit et le corps. Son premier argument fut et reste la mer ! Fondée au XIXe siècle, on y venait pour prendre l’air et les bains, mais aussi pour son golf et son casino. À seulement deux heures de Paris et proche des côtes anglaises, elle attira d’emblée une clientèle anglaise qui lui reste fidèle. Ian Fleming, dandy et célèbre auteur de James Bond, s’inspira de sa vie mondaine au Touquet pour son personnage. À ses abords, une forêt de pins de 800 hectares lui donne le nom mérité de « lande du Nord ». À peine débarqué, on renoue avec un sentiment de bien-être, une belle respiration qui se confirme tout au long du séjour. Le Touquet-Paris-Plage est une bulle de tranquillité au charme chic. Baskets au pied et pull sur les épaules, partons à la découverte de ce petit paradis du sport et de l’élégance incarnée. LE TOUQUET PARIS-PLAGE SO BRITISH ! ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay - Photos : Anne-Françoise Pelissier ITINÉRAIRE DÉAMBULATIONS GOURMANDES DANS LA RUE DE METZ Dès le matin, il faut flâner dans les deux artères les plus animées que sont la rue Saint-Jean, la plus commerçante, et la rue de Metz qui fait la part belle aux bars et restaurants, terrasses, et commerces de bouche. Un saut au Globe Trotter pour un café matinal décontracté, l’apéritif sur sa terrasse ensoleillée ou le soir pour son ambiance « before et after » matchs. Un pub, un vrai, les anglais ne s’y trompent pas ! Olivier Dehaffreingue le maître des lieux depuis 26  ans revendique l’état d’esprit pop rock du lieu où une clientèle de tous les âges se mélange dans une ambiance bon enfant jusqu’à 2h du matin. Sur le trottoir d’en face, il faut réserver une table chez Pérard, historiquement le premier et le plus réputé des restaurants de plateaux de fruits de mer. Au Touquet, on vient chercher de l’iode ! Le bar à huîtres ouvre dès 9h du matin et jusqu’à 22h. La brasserie d’époque avec ses murs recouverts des dessins humoristiques de Robert Lassus sert des soupes de poissons et d’autres spécialités de la mer. Une étape incontournable de son séjour touquettois. Le jeudi et le samedi matin, si on suit cet axe, on se retrouve au marché. Sous les arcades en forme de demi-lune, les producteurs se donnent La plage du Touquet


à cœur joie et on se délecte de tous les produits qu’offre la région : rattes du Touquet, produits de la mer et fromages. Au centre de cet arc de cercle, les stands de vêtements et autres objets mode et déco ne manquent pas. Retour rue de Metz pour s’accorder une pause douceur avec le chocolat de Beussent, chocolatier et planteur depuis 40 ans. En effet, derrière chaque chocolat se cache une aventure humaine hors norme lancée par le pari audacieux des frères Derick d’acheter une plantation de 300 hectares au Nord-Est de l’Équateur et perpétuée par le nouveau dirigeant Frédéric Aigle-Boucher. Depuis, les fèves Arriba Nacional sont acheminées par bateau jusqu’au Havre deux fois par an, puis torréfiées et transformées à Beussent, à une vingtaine de kilomètres du Touquet. Dans la boutique mère, on peut s’extasier devant un florilège de chocolats exceptionnels comme le chocolat marteau avec ses 70% de cacao agrémenté de pistaches, noisettes du piémont, raisins secs et amandes, la bûche maya au chocolat au lait, maïs grillé et pistaches et la collection de tablettes du monde qui mettent en avant des petits producteurs sourcés avec soin. Encore des envies de sucre ? Suivez l’odeur de vanille et de chocolat qui s’échappe de la Manufacture. Alex Deryck est né dans le chocolat (il est le fils d’un des fondateurs de la chocolaterie de Beussent) mais il choisit les sablés. Dans son atelier construit autour de la boutique, il montre la fabrication de la pâte sablée, l’ordre des ingrédients à respecter, beurre, sucre, œufs et farine et fait goûter Le marché du Touquet Olivier Dehaffreingue, le Globe Trotter Chez Pérard Les chocolats de Beussent Lachelle La manufacture du Touquet 143


144 L’ÉLÉGANCE DU TOUQUET Parler de la ville sans aborder l’emblématique hôtel cinq étoiles, Hôtel Barrière Le Westminster, n’est pas concevable. L’institution touquettoise, symbole des années folles et de l’élégance Art déco, distille de la nostalgie à l’état pur. On s’extasie devant le magnifique ascenseur forgé, les boiseries, et le mobilier so british comme ces fauteuils Chesterfield dans lesquels se lover un verre à la main. On raconte que Sean Connery pour son rôle de James Bond a signé son contrat au bar de l’hôtel. Pour rendre hommage à Ian Fleming, on peut commander le cocktail 007 et dormir dans la suite 007. Sinon on peut aussi réserver une table au Pavillon, une étoile depuis 16  ans ou bruncher l’été à la brasserie. Les 2 restaurants sont pilotés par le chef William Elliott, 33 ans de présence au Westminster. Il a servi les plus grands de ce monde. D’ailleurs, la galerie des portraits témoigne de la présence de toutes ces stars. Le Touquet c’est aussi son golf, inauguré par les anglais en 1904, ses biscuits. Sa philosophie ? « Le sucre, il faut le manger avec amour et tout se passe bien » Oui, tout se passe bien, les sablés sucrés et salés fondent en bouche ! Cette boucle gourmande se termine par la cave touquettoise, tenue par Pascale Guillet et Matthieu Duret. Fins connaisseurs, ils conseillent et savent dénicher les pépites d’ici et d’ailleurs pour accompagner toutes les victuailles achetées au marché et chez les commerçants. À noter, il faut impérativement déguster la bière touquettoise à la recette immuable depuis l’an 2000. Pour conclure ce chapitre dédié à la table, la visite à Q de bouteilles s’impose pour s’ébahir devant l’ingéniosité et la beauté de leurs pièces. L’entreprise touquettoise installée côté forêt dans le quartier Nouveau Siècle y a créé son showroom. Verres, planches à découper, vases, carafes… Tout est fait à partir de bouteilles en verre recyclées. Le concept existait mais Gauthier et Victoire Decarne en ont fait une marque. Simple, beau et efficace ! ITINÉRAIRE Le bar de l’hôtel Le Westminster L’hôtel Barrière Le Westminster La Cave Touquettoise Q de bouteilles


145 composé de trois parcours (2 parcours de 18  trous et 1  parcours de 9), la mer, le manoir, la forêt et un practice. Un club house permet de boire un verre ou de déjeuner un peu hors du temps même quand on ne pratique pas pour s’imprégner de l’ambiance des greens. UNE BULLE DE TRANQUILLITÉ Immense et sportive, la grande plage du Touquet, avec ses cabanes de plage colorées comme une palette de peintres, offre à la belle saison des bars, des clubs de plage pour les enfants, mais aussi, toute l’année, la possibilité de pratiquer le char à voile, le Kitesurf, la balade à cheval, le longe côte sans oublier les grandes balades à pied. La plage fait partie de la culture des Touquettois et Touquettoises. Partout aussi, les pistes cyclables longent la forêt et les bords de mer. À partir de la plage ou du centre-ville, à pied ou à vélo, on peut rejoindre en 20 minutes la splendide baie de la Canche. Au grand air et accompagné par les mouettes, on profite des dunes et des plus beaux points de vue sur la baie. Instants méditatifs précieux, le paysage change selon les marées. À marée basse, les bancs de sable se dévoilent et reçoivent les phoques qui viennent se prélasser. Réserve naturelle, la beauté de l’endroit s’allie à la poésie de l’instant. On peut y rester des heures. Le restaurant, la Base Nord est d’ailleurs là pour accueillir le visiteur l’été sur sa terrasse et l’hiver avec le feu de cheminée en mode cocooning. Retour au Touquet pour suivre des visites guidées en vélo avec l’office de tourisme. On peut en apprendre plus sur l’architecture balnéaire ou les villas de la forêt, par exemple. On peut aussi « goûter l’estuaire » pendant les périodes de cueillette des plantes du pré-salé. Pour le coucher de soleil, un must reste l’ascension du phare de la Canche, site historique de 57,60 mètres de haut, inauguré en 1951. Il faudra donc grimper ses 274 marches pour avoir une vue à 360° sur le Touquet et ses environs. Il se visite ainsi que son musée. Un large choix d’excursions guidées est proposé par l’Office de Tourisme pour prendre le pouls de cette charmante station balnéaire et laisser filer le temps… À l’anglaise ! OFFICE DE TOURISME DU TOUQUET-PARIS-PLAGE Jardin des Arts - Avenue du Verger 62520 Le Touquet-Paris-Plage Tél. : 03 21 06 72 00 - www.letouquet.com Le phare du Touquet Le restaurant La Base du Nord Les cabines de la plage du Touquet


146 Amiens ou la ville à découvrir. Je me suis rendue à Amiens sans la connaître et sans attente. La magie a opéré et le coup de cœur s’est présenté. La météo a fait des siennes traversant les saisons en l’espace d’une journée, le matin orageux et diluvien et la fin d’après-midi douce et ensoleillée. Qu’importe, j’ai aménagé les visites et pris mon temps aux musées pour finir en beauté dans le quartier St Leu et un dîner au bord de la Somme. Ville chérie de Jules Verne, j’ai ressenti son attachement. Attachante, surprenante, jolie, Amiens se vit. Suivez-moi dans les rues amiénoises et sur ses canaux, les fameux hortillonnages. UNE NUIT SOUS LA PROTECTION DE NOTRE-DAME Mon camp de base, l’hôtel Le Prieuré, une bâtisse du XVIIIe  siècle, se situe en centre-ville, un emplacement idéal dans une des rues jouxtant la cathédrale. Ma chambre, en sous-pente, me donne le plaisir de pouvoir admirer cet édifice majestueux depuis mon lit. L’hôtel atypique, mêle les codes avec des touches de décoration contemporaine dans un cadre historique et joue avec les différents espaces créant un ensemble bigarré. Le lieu a gardé son essence, il invite à la contemplation voire au recueillement. Je file découvrir Notre-Dame d’Amiens, véritable prouesse architecturale : dentelle AMIENS LA BELLE SURPRISE ITINÉRAIRE Par Corinne Delaunay - Photos : Rémy Cortin ITINÉRAIRE de pierres, pléthore de statues et rosaces forment un ensemble incroyable. À l’intérieur, l’immensité est encore plus extraordinaire : Notre-Dame d’Amiens est la plus vaste cathédrale française avec un volume intérieur de près de 200 000  m³, le double de celui de Notre-Dame de Paris. À 22 h, le spectacle Chroma sur sa façade occidentale m’immerge dans un voyage expérimental hypnotisant avec ses couleurs, sa musique, la sensation de plonger dans l’âme de la Cathédrale et de découvrir tous ses secrets. Chroma se joue les mois d’été et de décembre. UN MATIN AU MUSÉE L’orage gronde et la pluie s’abat sur Amiens. Le musée de Picardie me sert d’abri, mais quel abri ! Si son nom évoque un musée régional, l’endroit dépasse largement toutes mes attentes. La mise en bouche : son magnifique jardin paysager avec ses bassins, véritable îlot de verdure qui sert de lieu ressource pour les pauses déjeuner. L’intérieur du musée, quant à lui, est magistral, un bijou architectural. Premier bâtiment construit pour occuper la fonction de musée, inauguré en 1867, ses volumes impressionnants ont été pensés pour l’accrochage des œuvres. Musée d’archéologie et de beaux-arts, tout le panorama


147 de l’histoire de l’art se condense dans un seul bâtiment. Ses quatre conservateurs font souvent dialoguer les différentes époques. Le premier trésor du musée est, sans surprise, le bâtiment en luimême. Il sert d’écrin à des stars comme la momie acquise par la Société des Antiquaires de Picardie, la Dame d’Amiens trouvée en 2019 lors de fouilles dans le quartier Renancourt, une Vénus de 27 000 ans avant notre ère, la tête de Kouros, pièce majeure grecque, la triple Hécate romaine prêtée au Louvre pendant des années, les Puys d’Amiens, peintures du XV au XVIIIe siècle représentant des Amiénois, les « photos » de l’époque, et le petit Maurice, en baigneur, tableau plébiscité par les Amiénois, peint par Jules Lefebvre. Au-delà des œuvres, les scénographies sont remarquables, à la fois contemporaines et ludiques. J’ai adoré les lampes pour observer la Momie à la manière des archéologues, les BD explicatives. On retrouve aussi de grandes signatures : El Greco, Picabia, Bacon, André Masson, Picasso… Mes coups de cœur : l’importante collection d’objets romains du quotidien et la représentation du corps féminin dans le département de l’art contemporain. Il faut noter qu’une grande exposition dédiée à la Préhistoire débutera le 17 février. Pour finir en beauté, la galerie de sculptures laisse bouche bée ! GLOIRE À JULES VERNE ! Verniennes, verniens, bienvenue sur la planète Jules Verne ! Jules Verne est venu à Amiens, en 1871, pour sa femme, Honorine et, tombé également amoureux de cette ville, il y est resté jusqu’à la fin de sa vie. Un parcours nommé Aronnax permet de marcher sur ses traces en 17 étapes dans la ville, on y découvre les lieux qu’il a fréquentés et qui l’ont inspiré. Je file à la maison à la tour, musée dédié à l’écrivain. On se projette dans l’univers d’une maison bourgeoise du XIXe   siècle. Dans les étages, une pièce est dédiée aux carnets de voyages, une autre reconstitue le bureau de Pierre Jules Hetzel, l’éditeur de Jules Verne. Immergée dans le temple vernien, la magie opère, j’ai l’impression d’être montée dans la machine à remonter le temps ! La cathédrale d’Amiens Dans la maison de Jules Verne Le musée de Picardie © French Wanderers


148 INSTANTS SUSPENDUS, LES HORTILLONNAGES Au petit matin, glisser le long des canaux sur une barque électrique, d’îlot en îlot, suspend le temps et met le corps et le cœur en paix, un moment parfait ! Il faut voir une vue aérienne pour prendre conscience de cet endroit unique. Un petit bout de paradis qui se métamorphose, de mai à octobre, pour le Festival International de Jardins. Des paysagistes et des plasticiens du monde entier y sèment leurs œuvres paysagères. Beaucoup interrogent sur notre rapport à la terre nourricière. Une escapade poétique et philosophique qui dure 2H30 et qu’on peut faire en totale autonomie. On est au bord du centre-ville mais j’oublie totalement la cité. Cette mosaïque de jardins suspendus produit encore une partie des légumes vendus au marché de St-Leu, le samedi matin, et ce depuis 200 ans. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une dizaine de maraîchers dont Thérèse et son mari René, à l’accent picard prononcé qui aiment leur vie dans les marais. Il faut dire que Thérèse est née ici tout comme « sin tchot mari René » (en picard). Elle m’explique que les légumes possèdent un goût unique grâce à cette terre riche et noire. Investis corps et âme sur ce territoire si singulier, ils ont même créé un musée qu’il faut absolument visiter pour se rendre compte de l’évolution des hortillonnages. DÉAMBULATIONS DANS LE QUARTIER SAINT-LEU Un joli moment de balade, avec Juliette, guide touristique, sur le parcours Art Urbain, IC.ON.IC, dans le quartier St-Leu. J’en profite pour l’interroger sur la waide, l’or bleu d’Amiens qui fit sa fortune au Moyen-Âge. La visite à pied, dans les rues pavées, est très agréable. Il y a des moulins, des canaux et les amiénoises, ces petites maisons colorées tout en longueur qui donnent du peps au quartier. Les habitants se sont appropriés les œuvres de street art et les expliquent pour qui veut savoir. J’ai un gros coup de coeur pour cet endroit et un autre pour la fresque murale de l’épopée de Gilgamesh. Populaire, animé, étudiant, la fin d’après-midi y est intense. Saint-Leu est aussi un passage obligé pour aller au parc St-Pierre, 22 hectares de verdure, ou rejoindre les hortillonnages. ITINÉRAIRE Le quartier Saint-Leu Thérèse, maraîchère dans les hortillonnages Œuvre IC.ON.IC dans le quartier Saint-Leu


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