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Published by jules_vergne, 2023-10-16 06:01:12

Monstrueusement_mignons

Monstrueusement_mignons

50  DODOMEKI,PETIT ŒIL Dressage Les particularités du tempérament et de la personnalité d’un petit œil risquent de constituer un gros problème (certains pourraient dire « une grosse menace ») pour un soigneur potentiel. Le temps passé avec son parent dodomeki est étrangement et exclusivement consacré à la recherche, la théorie et la pratique de la magie. Certains supposent que l’adulte veut égoïstement retourner à ses propres recherches, plus poussées, après des années passées à enseigner les bases de la magie à son petit œil. Quand on souhaite apprivoiser un petit œil sauvage, une sociabilisation précoce est essentielle. Dit brutalement, plus vous l’aurez eu jeune et mieux ce sera. Rappelezvous simplement que lorsque vous l’approcherez pour la première fois, il sera sans doute aussi dégoûté et apeuré par votre apparence « bizarre et effrayante » que vous le serez de la sienne. Assurez-vous donc d’adopter une posture de soumission et évitez des contacts visuels trop fréquents. Les dodomeki ont un génie naturel quand il s’agit de lancer des sorts, et ils ont souvent appris une longue liste de sortilèges mineurs arrivés à l’âge adulte. Comme ils n’ont pas de mains, ils sont incapables de faire les gestes complexes nécessaires à la majorité des incantations. Ils s’en tiennent donc aux sorts dotés d’une composante verbale et ne développeront que plus tard des techniques visant à remplacer la composante somatique. Leur fascination innée pour les sortilèges, les objets magiques et la puissance magique ne fait que croître avec l’âge. Leur offrir des objets magiques intéressants et uniques est une bonne façon de se lier d’amitié, du moins jusqu’à un certain point, et vous permettra d’être reconnu comme une source de cadeaux digne d’intérêt. De plus, donner des leçons théoriques et pratiques de magie, ainsi qu’un accès à des grimoires de sorts de plus en plus complexes, constitue une bonne carotte pour les jeunes dodomeki, et continuera de les stimuler intellectuellement. À l’âge adulte, ils deviennent plus égocentriques, solitaires et secrets, conduisant certains à la paranoïa et à la folie pour certains alors que leur soif d’objets magiques et de sorts intéressants les pousse à s’aventurer de plus en plus loin. Pour toutes ces raisons, je ne saurais trop vous recommander de le laisser libre d’aller et venir, au lieu de restreindre ses mouvements. Ainsi, si vous le revoyez, il se souviendra peutêtre affectueusement de vous et de son enfance. Devon Orat La longévité moyenne d’un dodomeki est d’environ 200- 250 ans. Pourtant, certains individus et des légendes prétendent qu’ils ont dépassé 800 ans. « Dodomeki » est un terme que l’on peut grossièrement traduire par « démons aux mille yeux ». Ce sont des aberrations puissantes, brillantes et d’une cruauté légendaire, qui ont longtemps terrifié et écœuré les bonnes gens. Et fasciné, parfois jusqu’à l’obsession, magiciens et taxonomistes aventureux. Un dodomeki adulte est une sphère de chair d’environ 2,40 m de diamètre, dotée sur une face d’un gros œil central et d’une énorme bouche pleine de longues dents acérées. Au sommet de sa tête, des yeux perchés au bout de tiges épaisses se tortillent et lui confèrent une vision à 360°. Le nombre d’yeux et la longueur des tiges semblent varier d’un individu à l’autre. Hermaphrodite, un dodomeki est capable d’autogamie et ne se reproduit qu’une seule fois dans sa vie, en général entre 40 et 120 ans. Après auto-fertilisation, la gestation dure entre 24 et 26 mois durant lesquels l’un de ses globes oculaires grossit peu à peu, jusqu’à atteindre deux fois la taille d’une tête humaine vers la fin. Dans les tout derniers temps du développement, l’œil se ferme et se détache de la tige. Le petit est né. Soins quotidiens Les gens qui pensent à un dodomeki pensent pour la plupart à la meilleure manière de l’éviter, pas à s’en faire un compagnon. Dresser l’un d’entre eux est un vrai défi que je ne conseille qu’aux plus grands maîtres des arcanes, et, même dans ce cas, ce dressage ne devrait se dérouler qu’avec la plus grande prudence et le plus grand soin. Si vous êtes assez malchanceux, ou assez fou, pour tenter l’expérience, lisez vite ce qui suit. Omnivores, ils peuvent manger n’importe quelle matière organique, ce qui inclut les cadavres d’aventuriers malheureux. Ils aiment la nourriture brillante et colorée, avec des textures visuelles intéressantes, et cette préférence est sans doute liée à leur large palette visuelle. Pour les petits yeux, privilégiez un régime alimentaire à base d’oiseaux et de petits mammifères vivants, ainsi que de diverses plantes et fleurs comestibles. Entre l’adolescence et l’âge adulte, ils développent un certain penchant pour les boissons alcoolisées, en particulier le vin, et il leur en faut une énorme quantité pour se saouler. Il est important de savoir que les dodomeki n’éliminent pas les déchets de nourriture comme la plupart des autres créatures. Ils vomissent une masse de matière grise, incolore et cendreuse quand ils ont fini d’en absorber les nutriments essentiels. Difficulté de dressage ÉPOUVANTABLEMENT DIFFICILE Intelligence SUPÉRIEURE D


52  DRAGONNET Soins aux œufs Si vous trouvez un œuf et que vous tentez de le mener jusqu’à l’éclosion, soyez bien conscient que vous vous embarquez dans une entreprise difficile et chronophage. Première étape : vous devez identifier le type d’œuf de dragon que vous avez récupéré. Une tâche aisée si vous l’avez volé dans le nid d’un dragon connu. Dans le cas contraire, vous pourrez le deviner en fonction de l’endroit où vous l’avez trouvé. Si c’est, par exemple, dans un marécage putride, il y a de fortes chances qu’il appartienne à un de ces toxiques dragons verts. Une fois l’œuf identifié et que vous avez décidé de le faire éclore, vous vous rendrez vite compte qu’il vous manque le souffle élémentaire d’une maman dragon. Et vous devrez trouver comment le reproduire afin d’y baigner votre trouvaille plusieurs fois par jour. C’est facile pour certains, comme un dragon de givre ou d’eau, et plus compliqué pour d’autres. Un œuf éclora toujours sans être exposé à cet élément, mais son souffle ne sera jamais aussi puissant que celui d’un congénère qui l’aura été. Soins quotidiens Vous devez impérativement comprendre que vous ne commandez pas ce dragon. Il ne sera jamais votre toutou et ne se soumettra jamais à votre autorité. Il pourra être votre compagnon, mais seulement s’il pense que vous êtes digne de cette amitié. Le lien entre vous est puissant, et seul celui qui existe entre un magicien et son familier le surpassera. Prendre soin de lui comme s’il s’agissait de votre enfant reste la meilleure façon de créer ce lien. Il n’est pas seulement conscient, il est également intelligent ; il saura toujours quand on le traite comme un animal familier. Un dragon peut s’occuper de lui. Il peut se laver, se nourrir et apprendre à voler tout seul. Vous devez le protéger, le surveiller et vous assurer qu’il ne manque de rien. Si vous risquez votre vie pour lui, il fera la même chose pour vous. Vous pouvez aisément lui faire plaisir en l’aidant à constituer son premier trésor. Vous rentrerez sans doute un jour et le trouverez en train de rassembler différents objets qu’il aura récupérés au cours de ses chasses. Aidez-le à garder son trésor et vous serez inséparables. Cependant, n’y prenez jamais rien sans l’avoir négocié auparavant, ou l’inséparable deviendra consommable. Ryan Schoon J e place tous les types de dragons parmi les créatures les plus dangereuses et les plus difficiles à dresser, à égalité avec le dodomeki et le rakshasa. Mais comme à chaque fois, si vous faites les choses correctement, vos efforts finiront par payer. Les dragons ont d’immenses capacités intellectuelles et une charmante obsession pour les trésors, et c’est un mélange qui les rend difficiles à éduquer et à contrôler. Cependant, une fois qu’un dragon se lie à son maître, il développe une affection qu’il n’est pas aisé de briser. Quand un dragon femelle est gravide, elle creuse une nouvelle section dans son repaire pour y pondre ses œufs. Puis elle se perche au sommet de son antre et rugit pour attirer un mâle. Chaque individu a un rugissement légèrement différent, mais le profane n’y verra que du feu. Une fois les œufs fertilisés, le mâle partira et, de toute façon, la femelle le chassera quand son instinct de protection s’éveillera. Au cours de l’incubation, la mère utilise quotidiennement son souffle sur ses œufs et cela, contrairement à l’explosion dont sont témoins beaucoup d’aventuriers lorsqu’ils vivent leurs derniers instants, pendant près d’une minute. Effort qui la fatigue vite alors qu’elle baigne sa progéniture dans l’essence draconique. Comme leurs prédateurs naturels sont rares, en dehors des autres dragons, et que la mère ne laissera jamais le nid sans surveillance, les vermisseaux sont tranquilles jusqu’à l’éclosion. Une fois nés, elle veillera sur eux et en prendra soin tant qu’ils ne sont pas capables de voler et de se défendre seuls, soit environ trois mois. J’ai parfois vu des couvées se regrouper après avoir été chassées du nid par leur mère et former ce qu’on pourrait appeler une bande, mais il est rare que ces groupes continuent d’exister une fois les vermisseaux adultes. I l s’avère qu’un dragon peut fertiliser les œufs de n’importe quel autre type de dragon, mais sa progéniture n’atteindra jamais la puissance qu’elle aurait eue si ses parents avaient été de la même espèce. La plupart du temps, un dragon d’une couleur différente qui approchera des œufs les mangera ou les détruira. Les écailles d’un dragon forment une armure naturelle et résistent très efficacement contre l’élément sur lequel il est aligné. Quand il atteint le stade de développement suivant (quand le vermisseau devient adolescent à part entière), il perd ses écailles de naissance, un peu comme un enfant humain perdrait ses dents de lait. Elles peuvent être récupérées et utilisées pour fabriquer des armures incroyablement rares et résistantes. Difficulté de dressage ÉPOUVANTABLEMENT DIFFICILE Intelligence SUPÉRIEURE D


54  DRAGONNET,TORTUE Soins quotidiens À leur naissance, les nouveau-nés ont un appétit vorace. Si aucun de leurs parents ne chasse pour les nourrir, leur soigneur devra pendant le premier mois leur donner quotidiennement l’équivalent de leur poids en poisson frais. Après cette période, leur croissance s’accélère et leur développement cérébral ralentit, permettant de passer à une alimentation mixte à base de viande et de végétaux. Les dragons tortues ont dès le début un amour inné de la beauté, et ils ne vivront que dans des lieux qu’ils trouveront plaisants d’un point de vue esthétique. Je vous recommande donc d’avoir plusieurs maisons, situées idéalement dans des endroits et sous des climats très différents, et de déménager après quelques mois. Votre petit n’en sera que plus heureux. Dressage Leur intelligence très vive rend leur dressage à la fois facile et impossible. Leur entraînement se résume à dire ce que vous souhaitez qu’ils fassent, et à attendre qu’ils décident s’ils vont le faire. Les dragons tortues sont pacifiques et évitent activement le conflit, mais face à une situation déplaisante, ils n’hésiteront pas à s’en aller. Tous ceux qui ont tenté de les emprisonner ou de les retenir par la force (y compris ceux qui prétendent avoir relâché leur animal) se sont inexplicablement retrouvés tout seuls. Des histoires circulent aussi sur des propriétaires ayant perdu leur dragon tortue et leur fortune après être devenus arrogants et égoïstes. Dans ces récits, le malheureux perd tout sans pouvoir rien y faire, même si je me demande où s’arrête le mythe et où commence la vérité. Si vous voulez réussir, je vous suggère fortement d’être toujours poli, bien élevé et amical envers votre dragon tortue. Ainsi, et si vous avez beaucoup de chance, vous pourrez profiter d’une amitié longue et fructueuse. Ben Woerner Étrangement, la manière de s’exprimer des propriétaires de dragons tortues se modifie au fil du temps. Plus ou moins subtil ou prononcé, cet « effet secondaire » se manifeste souvent par une confusion des pronoms, comme par exemple une tendance à dire « mon compagnon » en parlant d’euxmêmes et « je » en parlant de leur animal, et non l’inverse. Le dragon tortue est une espèce rare, en voie de disparition, et sans doute la créature ayant la plus grande espérance de vie du monde entier. Les archives mentionnent quelques individus particuliers qui existaient déjà à la naissance de l’écriture. Ils mesurent 50 cm à la naissance, atteignent 4 m à l’âge adulte, et ont l’air de tortues tout à fait banales si l’on excepte leur cou allongé et leur tête de dragon. Les dragons tortues ont des capacités mentales qui semblent être bien supérieures à celles de la plupart des autres créatures, et même dépasser celles d’autres espèces de dragon. Il est cependant difficile de le vérifier, car ils sont incapables de s’exprimer, et quelle que soit la langue. On ne peut même pas affirmer qu’ils communiquent entre eux. Des érudits ont suggéré qu’ils possédaient un talent psychique si rare qu’il ne pouvait être perçu que par d’autres dragons tortues. Ce qui est par contre certain, c’est que les dresseurs ayant eu la chance de travailler avec l’un d’entre eux disent qu’ils comprennent tout ce qu’ils disent, et parfois même avant qu’ils ne le disent. Les dragons tortues partagent avec les autres dragons l’amour des trésors, mais celui-ci prend une forme particulière. Ils se lient souvent à quelqu’un en particulier et vivent avec ou près de cette personne tant qu’elle ne fait rien qui leur déplaît. Le petit veinard deviendra riche après avoir reçu des cadeaux ou des héritages, et réalisé des investissements étonnamment judicieux, et ce tant qu’il restera le compagnon d’un dragon tortue. Ce pouvoir en fait à l’évidence une créature particulièrement recherchée ; seules leur rareté et l’exigence dont ils font preuve empêchent les maîtres des bêtes du monde entier d’en avoir un. Les dragons tortues n’ont que deux petits au cours de leur vie, qui naissent chacun d’un gros œuf à la coquille parcheminée. Un seul parent s’en occupe ; en général, c’est le père qui prend en charge le premier, et la mère qui s’occupe du second. Les couples peuvent parcourir des milliers de kilomètres pour se retrouver. Quant à savoir comment un partenaire sait où se trouve l’autre... le mystère reste entier. Soins aux œufs Si aucun des parents ne peut s’occuper d’un œuf, celui-ci doit être enterré à exactement 90 cm de profondeur, dans un sol humide bénéficiant d’au moins huit heures quotidiennes d’exposition au soleil. La profondeur et la température doivent être parfaites pour que l’éclosion ait lieu. Les climats tropicaux sont les plus adaptés pour la construction d’un nid, mais vous pouvez arriver au même résultat en installant des braseros dans des trous creusés tout autour de lui. Une fois que le petit est prêt à sortir de sa coquille, vous devrez veiller à mettre à sa disposition une étendue d’eau calme, comme un lac abrité. Son instinct le poussera en effet à se diriger vers l’eau. Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence TRÈS INTELLIGENTE D


56  ÉLÉMENTEAU Ces créatures ont tendance à prendre la personnalité et les tics associés à leur élément. Ceux associés au feu sont agressifs et imprévisibles, tandis que ceux de l’eau sont fluides et souples. Pour comprendre le mode de pensée de leurs élémenteaux, les dresseurs doivent comprendre l’élément auquel ils appartiennent, ce qui leur permettra de tisser plus facilement des liens avec eux. Certains sont plus amicaux que d’autres et entretiendront des relations plus étroites avec leur soigneur. Sensibles à la puissance qui les a créés, ils sont en général attirés par les pratiquants des arts magiques. Les magiciens ont également plus de facilité à élever les élémenteaux, car ils peuvent favoriser leur croissance grâce à leurs sorts. Entraînement Selon son élément, le dressage d’une de ces créatures peut s’avérer dangereux. Les élémenteaux de foudre et de feu ont parfois sérieusement blessé ou tué leurs soigneurs, en général par accident – mais parfois pas. Ils sont difficiles à prévoir. D’autres utiliseront les exercices de dressage pour s’échapper, car ils brûlent d’envie d’être libres. Le dressage dépend grandement du type de la créature. Certaines sont plus taillées pour le combat, d’autres pour les épreuves d’agilité ou d’intelligence. On peut leur apprendre à traverser des labyrinthes, à se battre et à résoudre des problèmes complexes. Il leur manque peut-être la parole, mais ils sont presque aussi intelligents que nous. Un élémenteau bien entraîné peut se révéler être un énorme avantage dans certaines situations. Ce sont des créatures difficiles à trouver, qui confèrent une immense puissance, surtout quand ils font équipe avec un magicien de l’école élémentaire idoine. Le jeu en vaut largement la chandelle. Ryan Schoon I l existe, loin de la surface de la terre, des marchés clandestins où se tiennent encore des combats illégaux d’élémenteaux. Ces organisations engagent des dresseurs qui font s’affronter leurs créatures, parfois jusqu’à la mort. Les paris vont bon train et certains des meilleurs dresseurs amassent des centaines de pièces d’or en un seul combat. Ces activités sont considérées à peu près partout comme hautement illicites et dangereuses. Ceux qu’on attrape doivent en général payer des amendes, finissent en prison et voient leur permis de possession de monstre annulé. Comprendre les rituels d’amour des élémentaires est une chose ardue, et personne n’a encore jamais assisté à l’accouplement de ces créatures (ou reconnu y avoir assisté). Deux théories sont les plus communément admises. La première stipule qu’un élémentaire utilise une partie de sa matière pour créer des créatures plus petites, et la seconde que les deux adultes fusionnent en une seule entité, puis se séparent en trois. Ce processus peut facilement nous échapper, puisqu’il est difficile de distinguer deux élémentaires au milieu d’une multitude de matières élémentaires dépourvues de conscience. La présence d’un élémenteau hors de son monde natal est une chose rare. Leur taille les rend difficiles à localiser. On les confond souvent avec des manifestations magiques temporaires ou un sort qui aurait avorté (et cela arrive plus souvent que vous ne le pensez). Un œil averti arrivera pourtant à le repérer. Cette goutte d’eau ne s’évapore peut-être jamais, ou cette braise ne s’éteint pas. Les petits s’installent là où ils peuvent s’immerger dans leur élément et grandir sans être trop dérangés, comme par exemple dans le puits ou la forge du village. Découvrir un moyen de les ramener est par contre une autre paire de manches. Ce sont des créatures très délicates quand elles sont jeunes, vous devez donc faire très attention si vous tentez d’en capturer et d’en conserver une. La méthode de capture la plus efficace à laquelle j’ai assisté consiste à attirer les élémenteaux dans un terrarium fabriqué pour l’occasion, des sortes de poches dimensionnelles ou environnements enchantés imitant les conditions de leur plan d’origine. Soins quotidiens Prendre soin d’un élémenteau revient à produire une quantité supplémentaire de l’élément lui-même. Pour se nourrir, un élémenteau de feu doit avoir une grande quantité d’amadou, un élémenteau d’air a besoin d’un grand espace dans lequel il peut souffler et trouver plus d’air. Ces créatures mangent en permanence et absorbent tout ce qui les entoure, ce qui leur fournit l’énergie nécessaire à leur croissance. Le meilleur élémenteau que j’ai jamais dressé était un petit caillou que j’avais baptisé Éclat. Il restait juché son mon épaule et émettait un bourdonnement grave et léger, comme s’il essayait de se souvenir des paroles d’une chanson. Je l’ai libéré il y a des années de cela, près d’un portail conduisant au Plan élémentaire de la Terre, mais je me surprends encore à fredonner en marchant cet air sans paroles. Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence INSTINCTIVE E


58  ENFIELD,RENARDEAU Soins quotidiens La découverte d’un renardeau d’Enfield est un moment important, car c’est le signe que les serviteurs d’une déesse vous ont choisi. Elle a aussi traditionnellement pour conséquence l’adoption formelle de l’élu au sein du clan Ò Cellaigh. En effet, cette créature luttera bec et ongle pour se libérer si elle est retenue contre son gré, mais celle qui a choisi son soigneur sera amicale et curieuse. Les bêtes d’Enfield ne se reproduisent pas en dehors de leurs îles natales et personne n’a pu en garder une plus de quelques mois en captivité. Dans la nature, les parents creusent leurs tanières dans de hautes falaises ou des endroits difficiles à atteindre, et y élèvent un ou deux jeunes de temps en temps. Ces terriers se situent à quelques centaines de mètres du lieu d’une bataille ou d’un duel au cours duquel un vrai héros est tombé. Le couple y laissera au printemps de petites offrandes naturelles. Au cours de ses deux premiers mois, un petit lié à un gardien prendra du lait de renard, de lévrier, de lion ou de loup, et aucun autre. Une fois sevré, il mangera des baies, des petits mammifères, des fruits, des poissons d’eau douce ou de mer et des crabes, et il boira de l’eau de rivière. Bizarrement, élever un petit en bonne santé requiert des ossements. Une fois en âge de chasser seul, il s’intéressera aux cimetières, aux morgues et aux ossuaires et passera des heures à en flairer soigneusement les alentours. Il finira par déterrer un os unique, en général le fémur ou l’humérus d’une personne ayant fait montre d’une loyauté et d’un altruisme remarquables envers son peuple. Il aura beau le ronger, cet os ne sera jamais abîmé ou cassé, il le gardera dans sa tanière et le mâchonnera pensivement. Les gardiens qui ont découvert à qui appartenait l’os disent que leur bête d’Enfield finit par se comporter comme cette personne. Entraînement C’est un vrai défi, car ce sont des créatures volontaires et déterminées. Considérez plutôt cela comme une amitié grandissante dans laquelle il n’y a pas de maître, et traitezles avec respect et loyauté ; ils feront de même avec vous. Si elles ne semblent pas apprendre des ordres précis, elles font preuve d’une grande empathie et feront souvent ce que vous voulez sans même que vous ayez besoin de le dire. Cela étant, elles seront immédiatement dociles et obéissantes si vous tenez leur os, mais elles se souviennent aussi très bien avoir été contraintes. Ben Woerner & Gareth Hodges Cette créature curieuse et unique n’est présente que dans les forêts des îles d’Ilendeia, et son histoire est intimement liée à celle de la société îlienne. Taoiseach Ò Cellaigh s’interposa sans hésiter pour protéger son roi d’un coup mortel, et son sacrifice permit à son peuple de se libérer du joug de son ancien ennemi, le Fir Bholg. Ò Cellaigh tomba et la déesse aux trois visages de la guerre, de la mort et de la sagesse appela la bête d’Enfield. Cette dernière émergea de l’océan pour veiller sur le cadavre, et devint le symbole éternel de sa faveur. La population actuelle des bêtes d’Enfield est toujours faible et le grand respect que leur montrent les Ilendeiens de toutes origines, incarne la relation qu’ils entretiennent avec leur terre natale. Si un étranger blessait, enfermait ou volait pour quelque raison que ce soit un renardeau d’Enfield, il aurait probablement à faire à une foule en colère, et elle se fera un plaisir de s’occuper de lui. De même, le simple fait de toucher une bête d’Enfield est considéré comme un signe de malchance (à moins qu’elle ne vous ait touché en premier), à moins que vous n’ayez du sang de Ò Cellaigh dans les veines. Dans la nature, ils sont joueurs, insouciants, et ne semblent chasser que quand ils en ont envie, pas par nécessité. On sait qu’il leur arrive de ramener des enfants perdus jusqu’à ce qu’ils soient en sécurité, d’avertir un village quand des ennemis s’en approchent et de conduire les pauvres à un trésor. Si un Ò Cellaigh de bonne réputation courait un danger mortel, la bête d’Enfield la plus proche volerait à son secours et combattrait férocement pour le sauver. Des chefs cruels et des seigneurs égoïstes ont ainsi été pris au piège par l’arrivée d’une bête d’Enfield au cours d’un conflit, qui n’a pas levé le petit doigt pour les aider et les a regardés mourir. Leur étrange relation avec la mort est également intéressante. À l’instar des autres psychopompes, leur apparition peut annoncer un décès. La plupart du temps, ils se contentent de poser leur tête sur les genoux d’un vieillard avant qu’il ne trépasse dans son sommeil. Le glapissement d’un renard ou le cri d’un aigle solitaire est un son aigu très particulier, et indique souvent la mort d’un souverain. Quand une bête d’Enfield est retrouvée morte, ses restes sont respectueusement transportés jusqu’au plus grand tertre funéraire du clan Ò Cellaigh. Une plume de la patte avant droite est cousue sur le manteau royal, et une plume de la patte avant gauche est offerte à celui qui a trouvé le corps. Le fameux rôdeur Cullen Ò Cellaigh est suivi comme son ombre par son compagnon Reynard, une bête d’Enfield. Les bardes ont célébré leur amitié dans des chansons évoquant leur rencontre, leurs exploits face au Fir Bholg à la bataille de la Baie de Klop, ainsi que leurs aventures au plus profond de la forêt d’Ard Mhic Nasca. Certains laissent entendre que Reynard était le plus malin des deux... Difficulté de dressage FACILE Intelligence VIVE E


60  GARGOUILLE,MOULURE Dressage Une gargouille immature est relativement facile à dresser, car elle conserve les souvenirs de sa vie précédente. Il faudra peut-être un peu d’éducation, selon l’âge de l’âme utilisée pour créer le bébé. En dehors de cela, vous lui apprendrez principalement à s’habituer à son nouveau corps. Les bébés sont incroyablement forts et résistants, mais prenez garde. Ils peuvent aisément endommager les choses qui les entourent sans le faire exprès. Je vous conseille de les guider avec gentillesse les premiers mois, au fur et à mesure qu’ils apprennent à interagir sans encombre avec le monde. Les jeunes gargouilles donnent parfois l’impression de ne pas faire attention, mais c’est parce qu’en général, elles se figent après avoir reçu de nouvelles informations. Ce manque de réactivité est parfois frustrant mais en fait, les gargouilles se souviennent mieux des événements et des faits dont elles ont été témoins pendant qu’elles étaient figées. Ne vous découragez pas trop si votre élève semble vous ignorer, car cela signifie au contraire qu’il est très intéressé par ce que vous êtes en train de lui apprendre. Les gargouilles sont trop lourdes pour voler, mais elles peuvent planer sur de longues distances. Soyez donc prêt à les aider et à leur enseigner cette compétence. Avoir de l’équipement ou des capacités magiques permettant de voler se révélera très utile dans cette activité. Commencez par les faire décoller depuis le toit de bâtiments peu élevés, quand leurs chances de se blesser sont faibles. Augmentez graduellement la difficulté jusqu’à ce qu’elles puissent s’envoler du plus haut bâtiment ou de la plus haute montagne de votre région. Rassurez régulièrement votre élève et rappelez-lui que l’endurance de son nouveau corps le protégera s’il tombe. Ce conditionnement psychologique est aussi important que l’apprentissage physique du vol, car le bébé gargouille se figera naturellement s’il est effrayé ; si cela devait lui arriver pendant qu’il plane, ce serait extrêmement dangereux. Ben Woerner Les âmes des gargouilles sont celles de condamnés que l’on a estimés dignes de rédemption. Les gargouilles actuelles utilisent les âmes qui pour elles méritent une seconde chance ; elles choisissent souvent des enfants mourants ou des personnes dont le corps ne peut plus être soigné. Il existe même des histoires sur des gargouilles tombant amoureuses d’autres humanoïdes et qui au crépuscule de leur existence, leur ont offert une seconde vie dans la pierre. Les premières gargouilles ont été créées pour protéger et défendre des lieux saints, et animées par de puissants sortilèges liant les âmes qui ont depuis été frappés d’anathème. Même si leur création a été interdite, les gargouilles elles-mêmes gardent une attache puissante avec les églises et d’autres structures élaborées, et les autorités civiles et religieuses les utilisent encore largement comme gardiens. Le génie de leur forme originale était de se fondre parfaitement dans l’architecture environnante. Combiné à leur talent naturel pour « se figer », c’est-à-dire devenir parfaitement immobiles, il est presque impossible, même pour l’observateur le plus attentif, de dire s’il s’agit d’une gargouille ou d’une statue. Les églises plus pauvres en tirent souvent avantage en exposant des copies. Les gargouilles sont capables de se reproduire, même si cela arrive rarement. Elles utilisent pour ce faire une magie innée liée à l’origine de leur création qui échappe à l’interdiction, les églises étant très soucieuses de conserver leurs protecteurs. Une gargouille qui souhaite avoir un petit doit d’abord lier une autre âme en elle puis, après une gestation de 12 mois, donne naissance à un caillou appelé « géode ». Pendant plusieurs semaines, le parent taille instinctivement la géode pour ôter le matériau excédentaire et dégager le bébé qui se trouve à l’intérieur. Une fois nées, les gargouilles grandissent au même rythme qu’un enfant humain normal et atteignent leurs taille et forme définitives au bout d’une vingtaine d’années. Leur instinct naturel de gardien en fait d’excellents soigneurs et enseignants, tout autant pour leurs congénères que pour les petits d’autres créatures. Une gargouille à qui on a pris son bébé est inconsolable et pourra devenir violente ; je déconseille vivement ce genre de pratique. Les moulures de gargouille n’ont tout simplement pas besoin d’être dressées, à moins que vous n’en trouviez une qui ait perdu son parent ou que vous soyez prêts à faire des choix que la plupart des gens considéreraient comme immoraux. Soins quotidiens Les bébés gargouilles alimentent leur développement en mangeant presque n’importe quoi, sans paraître le moins du monde gênés ou malades. Elles ont cependant une préférence pour l’argile, la roche et les autres minéraux. Une fois adulte, elles sont toujours capables de manger et le feront s’il est poli de partager un repas, mais elles prétendent que la lumière du soleil suffit en général à les sustenter. Manger et leur capacité à se figer semblent accélérer leur régénération naturelle. Alors qu’elle grandit, la peau d’une jeune gargouille a tendance à se craqueler et à s’écailler. C’est tout à fait normal, quoiqu’inconfortable ; vous pouvez utiliser une variante du sort de peau de pierre sur votre compagnon pour l’aider à garder une peau saine et souple. Difficulté de dressage DIFFICILE Intelligence INTELLIGENTE G


62  GNOLL,CHIOT gnolls auront l’air malingre et malade. Les meutes capables de maintenir un bon régime alimentaire auront une fourrure épaisse et somptueuse, et leur taille sera plus imposante que celle de leurs congénères sous-alimentés. Si l’on étudie le comportement des gnolls, les mouvements des oreilles, de la queue et des lèvres révèlent leurs émotions, et ce, même s’ils tentent activement de les cacher. Ils auront la queue basse s’ils éprouvent de la peur ou de l’anxiété, et coucheront les oreilles s’ils éprouvent de la colère, de la haine ou de la rage. Ils ne remuent pas la queue comme les chiens, mais ils la bougeront d’avant en arrière s’ils sont surpris ou quand ils approchent un dominant. On considère que les gnolls sont aussi voraces que cupides tant ils sont obsédés par la nourriture et l’or, mais c’est en fait une tactique de survie. Leur éducation de chasseur leur apprend à être toujours en quête de nourriture, et ne pas savoir quand aura lieu le prochain repas est une source d’anxiété pour eux. Ils sont organisés en meute, avec un mâle alpha supervisant la chasse et la matrone, une guide spirituelle, présidant à toutes les autres décisions de la meute. Après la chasse, les gnolls respectent les démonstrations de domination ou de férocité. Si vous voulez engager des gnolls comme mercenaires ou comme soldats, vous devrez les dominer en permanence si vous ne voulez pas les voir s’en aller ou pire, se retourner contre vous. Dressage Élever un chiot a de nombreux avantages, car l’éducateur pourra lui transmettre des tactiques et une compréhension du monde civilisé. Le gnoll pourra utiliser cette connaissance à son avantage quand il aura plus tard à faire à la société. Quand ils sont sociabilisés, ils font de meilleurs mercenaires, car ils sont plus à même de comprendre leurs employeurs. Les individus loyaux, qui considèrent leur éducateur comme leur chef de meute, lui obéiront, le protégeront de leur mieux et les restes qu’ils recevront seront pour eux une vraie faveur. John D. Kennedy On raconte que plusieurs individus ont élevé des gnolls en captivité pour essayer de les civiliser et de faire progresser l’espèce. Ces tentatives ont toutes lamentablement échoué, étant donné que les traditions civilisées entrent en conflit avec la nature et la culture des gnolls. Les gnolls sont des prédateurs humanoïdes nomades qui hantent les vastes plaines et les forêts à travers le monde. Leurs meutes ont gagné une effrayante réputation de monstres vicieux dévorant les ennemis tombés au combat et attaquant petits villages et avant-postes. Certains les considèrent comme une espèce primitive. Pourtant, leur hiérarchie est d’une grande complexité et chaque membre de la tribu a un rôle précis à remplir pour le bien des autres. Un gnoll meurt en général suite à des blessures infligées au combat, mais dans des circonstances normales, il peut vivre de 30 à 40 ans. Il aura en moyenne un ou deux partenaires au cours de son existence et une femelle donnera naissance à une portée de deux à six petits après cinq mois de gestation. On attend d’une mère qu’elle continue de chasser et de ramener de la nourriture à la tribu pendant les quatre premiers mois de la gestation. Elle pourra se reposer le dernier mois avec les autres mères dans une tanière commune, tandis que les membres de la meute se chargent de leur part de travail. Elles recevront presque toute l’eau, les meilleurs morceaux de gibier et la viande la plus fraîche au cours de leur grossesse. Les chiots perdus Les familles gnolls sont très protectrices envers leurs petits et ne reculent devant rien pour assurer leur nourriture et leur protection. Les chiots perdus ont un taux élevé de mortalité et ceux qui auraient dû survivre périssent souvent quand les adultes ont été tués par des prédateurs ou des aventuriers. Un chiot gnoll s’attachera à des figures parentales fortes et recherchera leur approbation en attrapant de petits animaux, comme des rongeurs ou des serpents, et en les offrant à ses parents adoptifs afin de montrer ses talents de chasseur. Quand ils grandissent, leur agressivité augmente et ils régleront souvent leurs différends en se bagarrant. Les élever parmi les petits d’autres espèces est délicat ; leur nature agressive finira par les opposer aux enfants des races civilisées, dont la peau est bien plus fine et les ongles bien moins acérés. Soins quotidiens Les gnolls sont omnivores, mais ils préfèrent la viande fraîche. Les tribus plus pauvres incapables d’en trouver se rabattront sur les charognes et les viandes conservées de différentes manières. Cependant, ce régime alimentaire leur fera perdre de la fourrure et de la densité musculaire, et les Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence CIVILISÉE G


64  GOBELOURS,PETIT meilleure chose à faire, c’est de rester calme et de vous contrôler en leur présence, et de ne pas les laisser sentir votre peur ou votre désarroi. Les nouveau-nés sont recouverts d’un duvet fin et doux, qui tombera quand ils grandiront. Il est donc important de prêter une attention particulière à leur peau. Donnez-leur de fréquents bains au lait d’avoine pour entretenir leur fourrure et soulager une peau irritée. Comme la plupart des créatures goblinoïdes, ils sont extrêmement sensibles aux lumières vives, et les petits plus encore. Accoutumer les bébés à la lumière du jour prendra plusieurs années et la plupart d’entre eux ne supporteront pas de lueur plus forte, même s’ils y ont été habitués. Dressage Les gobelours ont un talent naturel presque surnaturel pour se cacher dans l’ombre. S’il semble avoir disparu, ne vous inquiétez pas (c’est peut-être bien la réaction qu’ils cherchent à provoquer). Placez simplement un bout de jambon caramélisé au miel ou une friandise sucrée dans un endroit modérément éclairé et attendez qu’ils apparaissent. Vous devez rester calme et apaisant pour votre petit, et ce, quelle que soit l’énergie qu’il déploiera pour vous énerver ou vous terrifier. Il réagira au moment où il ressentira vos émotions négatives et s’il n’a pas été correctement éduqué, vous devrez gérer ses actes violents et sa désobéissance. Certains soigneurs préfèrent punir leur petit quand il fait des farces. Cette tactique fonctionne, mais l’adulte qu’il deviendra sera solennel et très sérieux. Ce manque de sens de l’humour va à l’encontre de la nature d’un gobelours ; refréner sa nature joueuse peut le pousser à faire des choses terribles s’il est en colère. Les dents d’un bébé sont encore plus pointues que celles d’un adulte. Sa morsure brisera facilement du bois ou tranchera un doigt qui traîne. Soyez donc vigilant quand vous l’entraînez. Même s’il préfère effrayer et non blesser, il a besoin d’un peu de temps pour apprendre à faire la différence. Elizabeth Chaipraditkul J ’ai un jour rencontré une célèbre maîtresse des bêtes qui avait entraîné son gobelours à servir de nourrice à ses enfants. Comme tous ses semblables, il pouvait sentir la peur des autres, mais au lieu de l’attiser, il avait appris à la calmer en utilisant le jeu et les câlins, ce qui en faisait une nounou extrêmement populaire auprès des jeunes enfants. On dit que le premier gobelours a été créé par un magicien maudit. Affligé par de nombreuses phobies et désireux de se débarrasser de ses terreurs, il a imaginé une bête qui sentirait sa peur et serait capable d’en détruire la cause. Il baptisa sa créature Bogber, car les noms ont un pouvoir et que cette dernière ne devait pas révéler le sien. Au fil des ans, Bogber chassa les araignées, les grenouilles, les babéliens et tout un tas d’autres menaces. Le magicien et la bête devinrent de grands amis et lorsque le premier n’eut plus rien à faire chasser, il libéra Bogber en remerciement de ses années de service. Avant de partir, la créature lui donna son vrai nom. Ainsi, il pourrait l’appeler si d’aventure il avait encore peur, et elle pourrait à nouveau s’occuper de ses phobies. Aujourd’hui, les gobelours sont principalement élevés par les gobelins, qui les utilisent comme animaux de compagnie et bêtes de guerre. Ils ont une connaissance innée de la chose qui terrifie le plus leurs adversaires, ce qui peut provoquer des ravages. Les gobelins utilisent cette capacité pour faire diversion pendant leurs pillages, ou juste pour amuser leur esprit tordu. Les gobelours ont une intelligence basique et leur langage se limite à des mots et des concepts simples comme « éclater », « colère », « faim », et ainsi de suite. Ils sont pour la plupart élevés pour devenir des créatures effrayantes, et on leur apprend à utiliser leur forme d’empathie hautement spécialisée pour jouer des tours cruels à des victimes qui ne se doutent de rien. Les gobelours adultes mesurent environ 1,20 m et sont aussi corpulents que des nains. Leur peau couverte d’une sorte de fourrure ressemble à celle d’un gobelin. Ils perdent ces poils en vieillissant et quand ils sont adultes, il ne leur reste souvent qu’un petit toupet sur la tête et le dessus des mains. Soins quotidiens Ce ne sont pas des créatures méchantes par nature, mais elles sont enclines à un mauvais comportement. Comme ils sont capables de ressentir les peurs et les émotions plus sombres des autres, les tout-petits gobelours évacuent l’anxiété que ces sensations provoquent en eux en agissant parfois mal. Même s’ils sont trop jeunes pour comprendre ce qu’ils font, ils savent toutefois qu’ils se sentent mieux ensuite. Sans une éducation attentionnée, leurs pulsions naturellement joueuses se transformeront facilement en cruauté. Même s’ils sont élevés pour se montrer gentils, ce sont d’incorrigibles farceurs. Ils se cacheront derrière la porte pour vous faire peur, ou bien dessineront sur votre peinture préférée parce qu’ils savent que vous n’aimez pas ça. La Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence INTELLIGENTE G


66  GRIFFON,POUSSIN Soins quotidiens Ayez de la viande crue réduite en purée pour les poussins nouveau-nés, afin de simuler la nourriture prémâchée que la mère leur donne. Les petits s’imprégneront presque toujours du premier visage qu’ils verront à la sortie de l’œuf, alors tenezvous prêt quand ils commenceront à casser leur coquille. Les poussins engloutissent quotidiennement une quantité phénoménale de viande crue (le double de leur poids) et doivent être nourris au moins cinq fois par jour la première année. Veillez surtout à mélanger des os, de la fourrure et des aliments pré-digérés à la chair que vous leur donnerez, afin de compléter leur régime alimentaire. Les petits préférant dormir dans des espaces clos, tendez une couverture sur une caisse ; cela poussera un jeune griffon à y faire son nid. Nettoyez l’endroit une fois par semaine, quand il sera occupé à chasser ou à jouer. Entraînement Grâce à l’imprégnation, les poussins auront un comportement plus amical envers leur famille d’adoption, mais il ne faut jamais oublier que ce sont toujours des prédateurs. Les jeunes griffons, ou griffonnets, ont besoin de beaucoup de stimulations (des jeux essentiellement) une fois que leurs plumes ont poussé. Ils seront plus enclins à suivre leurs instincts de chasseur à ce stade et peuvent devenir agités. Les fauconniers expérimentés apprécieront sans doute d’utiliser un leurre pour jouer avec leur griffonnet. Ils ne devront cependant jamais l’entraver ou l’encapuchonner, sous peine de le voir paniquer et devenir extrêmement agressif. Vous pourrez attacher des jouets en forme de petites proies à des fils et à des bâtons, ce qui vous permettra de stimuler les comportements naturels de chasse (traque et attaque de saut) du poussin. Développer un lien durable nécessite beaucoup de manipulation. Je recommande au soigneur de cajoler et de caresser le petit aussi souvent que possible, afin d’imiter l’affection protectrice des parents. Quand les serres et le bec auront poussé, portez des gants de fauconnier et un équipement robuste ; les petits ont tendance à griffer et à mordre quand ils jouent. Les jeunes griffons deviennent adolescents à l’âge d’un an et comme tous les adolescents, ils peuvent se montrer rebelles et vouloir aller de plus en plus loin pendant leurs parties de chasse. Je vous conseille de les laisser explorer leur environnement ; ils auront ainsi l’impression d’avoir un territoire aussi vaste que leurs cousins sauvages. Un griffonnet devient adulte dans sa seconde année. Si vous souhaitez garder votre compagnon, laissez-le se trouver un partenaire et offrez au couple une aire où s’installer. Si vous ne le lui permettez pas, il déprimera. Devon Oratz Le griffon (parfois orthographié « griphon », « grifon » ou « gryphon »1 ) est une créature majestueuse arborant la tête, les serres et les ailes d’un aigle géant, et les oreilles et l’arrière-train d’un lion. Il vole et pond des œufs, mais se comporte plus comme un lion quand il s’agit d’élever ses poussins. Les griffons utilisent leurs serres antérieures pour déchirer leurs proies et manipuler les choses. Leurs oreilles touffues, placées de manière asymétrique au sommet de la tête, leur permettent quand ils chassent de localiser plus efficacement une proie qu’ils entendent mais ne voient pas. Leur vision binoculaire est excellente de jour comme de nuit, et leur épaisse fourrure leur permet de vivre sous des climats très froids. Les femelles sont de couleur terne, tandis que les mâles sont d’une stature plus petite et dotés d’un plumage brillant et chatoyant. Les griffons se lancent dans des vols nuptiaux complexes et magnifiques pour séduire un partenaire. Le mâle engage la danse, dans une série de manœuvres acrobatiques aériennes mettant en valeur son plumage. Si elle est intéressée, la femelle se joindra à lui et si les deux s’accordent, leur vol parfaitement synchrone sera d’une beauté à couper le souffle. À la fin de ce spectacle, le nouveau couple se mettra en quête du lieu idéal pour bâtir leur nid et leur famille, et restera ensemble jusqu’à la fin de sa vie. Les griffons creusent leurs aires au sommet de hautes montagnes ou sur des falaises escarpées. Ce sont en général des cavernes naturelles, mais si elles sont bien placées, il leur arrive de jeter leur dévolu sur des ruines ou des tanières abandonnées. Créatures sédentaires, elles garderont le même nid si rien ne les oblige à partir. Une couvée compte en moyenne deux petits qui naissent au milieu de l’hiver, et un couple ne se reproduira que trois ou quatre fois dans sa vie. Soins des œufs Les œufs de griffon sont très résistants, dotés d’une coquille épaisse qui peut supporter des conditions climatiques extrêmes, et ils n’ont besoin que de peu d’attention. Après une incubation de 40 jours naissent des poussins affamés, capables de marcher au bout de quelques minutes. Leur arrière-train est dépourvu de fourrure, contrairement à leurs épaules, leur tête et leurs ailes qui sont recouvertes d’un duvet très doux. Selon certaines rumeurs, les griffons seraient capables de distinguer entre le mensonge et la vérité, et de voir à travers les illusions magiques. Nombreux pensent que porter ou manger une plume ou un croc de cette créature leur conférera le même pouvoir. 1 NDT : Traité de l’orthographe françoise en forme de dictionnaire, par Charles Le Roy (1742). Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence INSTINCTIVE G


68  HARPIE,FILLE fantastiques capables de reproduire le chant humain et les sons de la plupart des instruments. Les individus qui ont été la cible de ce pouvoir parlent d’une étrange sensation de « flotter à l’intérieur de son propre corps » et d’accomplir fréquemment des actions dont ils ne se souviennent pas, comme par exemple ouvrir des fenêtres. Le dresseur prudent sera bien inspiré d’investir dans des bouchons d’oreille. Dressage Les harpies étant modérément intelligentes, l’entraînement se doit d’être prudent. Je déconseillerais aux hommes et aux femmes en couple de se lancer dans cette activité ; les chances pour que la harpie choisisse l’homme en question comme partenaire sont assez élevées. Gardez un œil sur votre petite quand elle est à proximité de serviteurs, d’amis ou de visiteurs masculins, car elle gazouillera pour les spécimens séduisants dès qu’elle en aura l’occasion. Les harpies peuvent apprendre une grande variété d’ordres, et le respect est la clé d’une harpie heureuse et bien éduquée. Avec le bon entraînement, les harpies peuvent se révéler très utiles dans la police, car elles possèdent un talent inné pour identifier les meurtriers et d’autres criminels, en particulier ceux qui ont tué des membres de leur propre famille. Quand un dresseur demande à l’une d’entre elles si un suspect est coupable, elle passera quelques minutes à l’observer en fredonnant doucement. Si elle conclut à la culpabilité, elle fondra sur lui toutes serres en avant et son chant deviendra un cri strident et vicieux. S’il est innocent, elle continuera à roucouler et se désintéressera rapidement de lui. Cette méthode de détection n’a jamais échoué, même si de nombreuses cours de justice ne l’acceptent pas comme preuve. Il faut cependant souligner que l’identification de la harpie ne garantit pas que le sujet soit coupable du crime sur lequel on enquête ; elle garantit simplement qu’il a quelque chose de sérieux à se reprocher. Sarah Richardson Certains négociants au marché noir tentent parfois d’accélérer le processus de reproduction en plaçant de petites orphelines dans le nid d’une harpie. Elle ne lui fera aucun mal et cherchera même souvent à la confier à un couple humain sans enfant. On sait aussi que certaines s’en sont prises à ceux qui avaient tenté l’opération, en particulier quand le bébé avait été enlevé ou obtenu par d’autres moyens douteux. En général, on trouve les harpies dans des régions montagneuses, près de grandes étendues d’eau, là où les vents sont les plus forts. Elles collectent des branches, de la mousse, la mue des bois de cervidés, des rubans colorés et même leur propre duvet pour construire un grand nid tout en haut des falaises. Chaque harpie a besoin d’un grand territoire de chasse, mais si la nourriture est abondante, elles feront leurs nids les unes près des autres. L’espèce n’est constituée que de femelles. La reproduction parachève une longue cour à sens unique avec un humain, qui semble être choisi pour l’épaisseur de sa touffe de cheveux et un torse bien dessiné. La harpie engagera la conversation avec l’heureux élu en volant la nourriture dans laquelle il a mordu et en chantant pour lui pendant son sommeil. Une fois qu’il a fait un enfant humain à sa femme ou à sa maîtresse, la créature l’enlèvera et l’emportera dans son nid. Les hommes choisis par les harpies ont toujours des filles au cours de cette période de temps, peut-être à cause de leur chant. Une fois le père oublié, la harpie couvre son nouvel enfant d’attentions et chante pour elle en permanence. Elle frotte aussi son visage contre les bras et les jambes du bébé, et les couvre d’un fluide produit par des glandes spéciales situées dans ses joues. Son chant active le fluide magique et fait pousser des plumes en quelques jours sur son corps. Les bras de l’enfant se transformeront en ailes et ses pieds en serres ; la nouvelle petite harpie est prête à prendre son premier envol en un an. Les harpies peuvent s’occuper de deux enfants à la fois, et utiliser le même père pour chacune d’entre elles. Soins quotidiens Ces créatures omnivores ont besoin de plusieurs livres de nourriture quotidienne. Elles prennent un soin méticuleux de leur plumage. Elles passeront plusieurs heures à le lisser, et laveront à l’eau claire leur peau et leurs cheveux. Elles se coiffent à l’aide de leurs serres et utiliseront des branches en guise de cure-dents pour nettoyer leurs dents. Elles vivent en solitaire, mais réagissent positivement à la présence d’autres harpies en captivité. La plus âgée autorisera la plus jeune à lisser ses plumes et la remerciera en régurgitant un morceau de nourriture particulièrement goûteux. Elles dorment toujours très près les unes des autres, et murmurent une étrange chanson que l’oreille humaine a en général du mal à percevoir. Le passe-temps préféré des harpies est le chant. Même si elles n’ont pas de langage oral, ce sont des imitatrices Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence INTELLIGENTE H


70  HIPPOCAMPE,FRETIN Soins quotidiens S’agissant d’une créature aquatique, vous devez vous assurer qu’elle dispose d’un espace immergé de bonne taille qu’il pourra explorer, et dans lequel il pourra nager et grandir. Fort heureusement, les hippocampes s’adaptent au milieu dans lequel ils évoluent ; ils profiteront tout autant d’une eau douce que d’une eau salée, ce qui vous permettra de choisir plus aisément l’endroit où ils vivront que pour d’autres créatures aquatiques. En fonction de leur lieu d’élevage et de leur espèce, les petits ont besoin d’une nourriture régulière à base de varech ou d’algues, et de fretin de poisson ou de sardines. S’ils se trouvent à proximité d’une rivière, ils auront du mal à s’empêcher de courir après les poissons ; vous devez donc les surveiller très étroitement pendant cette période. Il est important de noter que le caractère d’un hippocampe est fonction de son espèce. Les individus des îles tropicales méridionales ont en général le sang chaud, sont prompts à la colère ou à l’excitation et prennent vite de mauvaises habitudes, comme mordre ou piétiner. Ceux des fjords septentrionaux sont dociles, mais peuvent sombrer dans la dépression si l’on ne s’occupe pas bien d’eux et s’ils ne prennent pas régulièrement des bains d’eau salée. Entraînement L’éducation d’un hippocampe est très proche de celle d’un cheval ordinaire, à ceci près que tous les exercices se font dans l’eau. Vous devez régulièrement inclure des sprints en ligne droite. Vous devez aussi lui apprendre à plonger et je vous suggère d’utiliser des objets lourds et brillants qu’il pourra aller chercher à différentes profondeurs. Sans cet entraînement, il rechignera à quitter sa zone de confort. Pour l’habituer à porter un cavalier, commencez par lui attacher un sac de pommes de terre, ou un objet de poids équivalent, sur le dos, puis mettez-lui une longe. Recommencez l’opération jusqu’à ce qu’il ne résiste plus, puis augmentez petit à petit la charge. Atteindre le poids d’une personne prend environ trois mois, mais cette phase du dressage ne doit pas commencer avant qu’il ait deux ans. Brie Sheldon Les hippocampes sont attirés par le corail rouge, dont ils aiment croquer et mâchonner de petits morceaux, et ils s’écarteront naturellement de leur route s’ils en repèrent un amas. Ils semblent avoir développé une immunité naturelle à la toxicité de cette plante et s’ils y sont insensibles, ce n’est pas le cas de leurs soigneurs. Ajouter une petite quantité de corail rouge à leur alimentation donne un lustre remarquable, signe de bonne santé, à leurs écailles. Les hippocampes sont une espèce rare de créatures marines mi-cheval, mi-poisson, dotées de deux pattes et de deux nageoires dorsales. Les femelles ont une paire d’ailes, un peu comme celles d’un pégase, mais dont la structure rappelle plus celle des nageoires. Ils naissent vivants dans l’eau, mesurent 1 mètre de long et pèsent près de 14 kilos. Le cycle de reproduction des hippocampes suit celui des saisons. Ils hibernent sous l’eau l’hiver, sont capables de survivre pendant de longues périodes sans oxygène et ne remontent à la surface pour respirer qu’à la fonte des glaces, ou lorsque la température de l’eau atteint celle d’un lac froid de montagne. Ils se lancent dans leurs rituels amoureux au sortir de leur hibernation. La femelle hippocampe, également appelée jument, est la plus flamboyante. Sa danse suivra une chorégraphie sous-marine complexe ponctuée de battements d’ailes. Le mâle, ou étalon, l’observera un moment avant de rejoindre l’objet de ses désirs et d’entrer à son tour dans la danse. Les couples ainsi formés ne s’accouplent qu’à la saison des amours et ne resteront pas ensemble au-delà. Les poulains naissent en été, après une gestation de quatre mois. Ce sont les étalons qui prennent soin des petits. À l’instar des hippocampes ordinaires, ils gardent les œufs à l’abri dans une petite poche ventrale, à l’endroit où commence leur corps de poisson. Ils n’ont cependant en général qu’un seul poulain à la fois, rarement des jumeaux, et ils s’en sortent plutôt bien puisque le taux de survie des pères et des petits est très important. Les dresseurs d’hippocampes les plus doués font partie de la troupe de cirque itinérant, la « Caravane des Étoiles Abyssales », constituée de créatures aquatiques. Le dévouement, l’élevage et l’entraînement permanent leur permettent d’avoir plus d’une douzaine d’hippocampes, tous capables d’accomplir des tours à faire pâlir d’envie n’importe quelle cavalerie terrestre. Ils tirent également avantage de leur environnement aquatique pour travailler des formations et des manœuvres complexes dans toutes les dimensions, et c’est un spectacle à couper le souffle et des plus distrayants, qui vaut largement les quelques pièces qu’on pourrait jeter dans l’eau. Des dresseurs ont souvent rabaissé ce talent au rang d’une simple utilisation d’un sort de Charme de monstre, ou d’objets magiques de possession. Mais quand j’ai plongé les yeux dans ceux de ces animaux, et je peux vous certifier que c’est le résultat d’un excellent dressage et la récompense bien méritée de patients efforts. Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence INSTINCTIVE H


72  HIPPOGRIFFE,POULAIN Pour avoir une bonne volière à hippogriffe, enfermez une grande pâture dans une cage, assez haute pour permettre au petit de jouer dans les airs. Si vous ne pouvez pas vous permettre cette dépense, ou que vous n’avez pas de magicien pour lancer des sorts de murs invisibles, mettezlui une longe, ce qui l’empêchera aussi de s’envoler. Certains dresseurs ont inventé des entraves spéciales ; la créature ne pourra pas voler trop loin, mais ne sera pas gênée dans ses mouvements. D’autres utilisent une corde ou une longe traditionnelle attachée au paturon (juste au-dessus du sabot postérieur) mais c’est un choix controversé. Même si c’est le plus économique, il présente un grand risque de blessure. Même un hippogriffe habitué à la longe depuis son plus jeune âge oubliera sa présence s’il est très effrayé. Ces animaux sauvages se débrouillent très bien pour rester propres et soignés. Ils utilisent leur bec pour lisser leurs plumes et démêler les poils de leur robe et de leur queue, et s’assoient même parfois sur leur arrière-train pour se servir aussi des griffes sur leurs antérieurs. La plupart d’entre eux se fichent bien d’être mouillés et il leur arrivera de profiter d’un petit bain, si vous disposez d’un lac convenable. Entraînement Que ce soit pour en faire votre loyale monture ou tout simplement le vendre au plus offrant, la méthode de dressage d’un hippogriffe est la même. Le poulain doit s’imprégner de votre présence dès la naissance, et se familiariser avec votre voix et votre contact. Le lien ainsi tissé prendra en partie le pas sur son instinct et devrait vous permettre de le dresser à peu près comme un cheval. Les premiers mois de la vie d’un hippogriffe devraient être consacrés à le familiariser avec les images et les sons des environnements urbains ou ruraux. En effet, une bête facilement surprise sera difficile à entraîner. Au fil du temps, vous l’habituerez à porter une bride et une selle, à se relever et à se déplacer sur commande, et enfin à porter un cavalier. Notez que ces créatures ont besoin d’une selle spéciale qui ne gêne pas les mouvements de leurs ailes. Certains dresseurs apprennent à chasser à leur compagnon et à revenir près d’eux, mais je vous le déconseille. Tout d’abord, utiliser ses instincts de chasseur risque de réduire vos efforts de domestication à néant, et il se pourrait bien qu’il retourne à l’état sauvage. Ensuite, et comme la taille préférée de ses proies correspond à celle d’un agneau ou d’un chien, vos voisins risquent d’y trouver à redire. Ryan Schoon De nombreux dresseurs ont maîtrisé l’aigle et le cheval, mais rares sont ceux à s’être frottés à un hippogriffe, qui réunit le meilleur et le pire des deux animaux. Contrairement au cheval, domestiqué depuis des générations, l’hippogriffe est pour l’essentiel toujours sauvage. Les spécimens dressés sont donc précieux et des royaumes paieront de belles sommes pour des montures destinées à leurs seigneurs, leurs héros ou même leurs armées. Les cités les plus riches ont des escouades complètes de cuirassiers volants montés sur des hippogriffes, capables d’exécuter des attaques aériennes à couper le souffle. En général, l’hippogriffe n’acceptera de cavalier que s’il a été entraîné depuis sa naissance. Si des individus sauvages ont été contraints par la force d’accepter un harnachement, c’est une entreprise incroyablement dangereuse dont ne devraient se charger que les dresseurs les plus compétents. Pour les autres, il est bien plus facile de trouver un œuf d’hippogriffe et de l’élever, ce qui n’implique pas forcément de le voler à une mère vivante, ces créatures étant souvent chassées pour leurs plumes et leur viande. Si vous trouvez une femelle morte, vous devez absolument chercher un nid (qui se trouvera probablement dans les environs) ; un œuf ou un poulain seul ne survivra pas. Un dresseur de monstres a le devoir de s’occuper de tels animaux en détresse, et un individu prudent peut s’occuper d’un poulain presque aussi bien que sa mère. Soins aux œufs Il est plus facile de couver un œuf d’hippogriffe dans son nid d’origine où il sera recouvert d’une couche de duvet provenant du cou et du poitrail de sa mère. Avec précaution, il est possible de transporter l’ensemble du nid là où vous le désirez. Autrement, utilisez des couettes de plumes pour garder l’œuf au chaud, mais pas au trop. Soins quotidiens Les hippogriffes ont besoin de beaucoup se dépenser, et il leur faut assez d’espace pour courir et voler. Si vous essayez de garder le vôtre dans un petit enclos, il deviendra vite apathique, cessera de s’alimenter et attrapera des crampes, ce qui peut provoquer sa mort. Donner assez d’espace à votre poulain est la seule chose importante que vous devez faire pour lui. Difficulté de dressage FACILE Intelligence INSTINCTIVE H


74  HOMME-LÉZARD,BÉBÉ semaines dans une eau peu profonde, où il apprend à nager et à retenir sa respiration pendant de longues périodes. Vous devrez au cours de ce laps de temps lui donner de la viande pré-mâchée ou ramollie. Une fois leurs jambes assez solides pour les porter, les petits quitteront leur mare, commenceront à explorer les environs et se montreront intensément curieux de tout. À cette occasion, ils observeront leur tribu et apprendront leurs traditions, et il est donc important de donner un bon exemple du comportement que votre varanide doit suivre. Ils perdront aussi à cette époque leurs dents de lait, remplacées par des crocs dignes de ce nom, et passeront à une alimentation à base de viande cuisinée et de légumes. Les écailles des hommes-lézards restent souples et tombent régulièrement au cours des neuf premiers mois de leur vie. Elles seront peu à peu remplacées par des écailles plus solides qui tomberont moins souvent. S’il ne se trouve pas dans un environnement humide, votre varanide doit passer beaucoup de temps dans l’eau ; ses écailles risquent de dessécher, de devenir cassantes et de démanger. Dressage Les tribus d’hommes-lézards sont célèbres pour leurs prouesses au combat. Les gens qui ont élevé des varanides loin des leurs ont pourtant pu constater qu’ils sont d’un naturel amical et curieux, et pas tellement guerrier. J’ai moi-même élevé un petit que j’avais appelé Yarik et qui s’intéressait beaucoup à mes travaux d’aiguille. Il était même devenu meilleur que moi dans cet art, malgré ses grosses griffes. Nombreux sont ceux à ne considérer les hommes-lézards que comme de la chair à canon. Si vous devez vraiment éduquer votre varanide comme un guerrier, sachez qu’ils préfèrent les styles de combat agressifs et les tactiques de harcèlement. Dans les marais, ils sont capables de se dissimuler dans les mares profondes, de jaillir de l’eau, de frapper vicieusement et de disparaître, laissant leurs adversaires affaiblis avant d’attaquer à nouveau. John D. Kennedy Les tanières d’hommes-lézards sont souvent considérées comme des endroits sinistres et maléfiques étant donné leurs goûts en matière de décoration intérieure, avec une préférence pour les os des ennemis accrochés aux murs et les braseros brûlant en l’honneur de leurs dieux reptiliens. En effet, la décoration est une part importante de leur culture et cette mise en scène intimidante est étudiée pour honorer leurs divinités, montrer leurs talents de guerrier et effrayer les intrus qui n’appartiennent pas à leur peuple. Hélas, cela ne fait que renforcer leur mauvaise image des « lézards sauvages ». Les hommes-lézards sont une espèce semiaquatique qui vit dans les jungles marécageuses et qui prospère dans des environnements chauds et humides. On les considère largement comme des monstres brutaux, stupides, hautement territoriaux et qui prennent facilement la mouche. En réalité, cette contre-vérité flagrante est un symptôme décourageant de la xénophobie des espèces plus « avancées ». Bien que leur civilisation soit d’un niveau technologique moindre, les hommes-lézards (ou varanides, pour utiliser le nom qu’ils se donnent) ont une culture complexe et des croyances spirituelles profondes, et ils ne ménageront pas leurs efforts pour les protéger de toutes tentatives de « civilisation ». Les conflits avec les sociétés non varanides sont fréquents, car leur habitat pour sa richesse en nourriture et en diverses ressources est un objet de convoitise. La façon dont fonctionnait la société varanide avant leur premier contact avec les autres espèces n’est aujourd’hui, hélas, qu’une hypothèse, tout comme le fait que leur culture actuelle est façonnée par leur ardent désir d’indépendance face à des siècles de préjugés, d’asservissement et même de tentatives d’extermination. Ils sont ainsi devenus un peuple très guerrier, méfiant envers les étrangers et prêt à se défendre à la moindre menace, réelle ou imaginaire. Leur comportement de parent ne fait pas exception à la règle. Au cours de leur première année, on apprend aux jeunes à être très indépendants et à s’occuper correctement d’eux. Ils explorent et apprennent de manière empirique à reconnaître les dangers des marécages. Les parents laissent souvent leurs enfants se débrouiller seuls, mais ils ne sont jamais vraiment sans protection ; la tribu garde toujours un œil sur eux. Les varanides d’une autre tribu ramèneront en général un jeune égaré chez les siens s’il s’est fourré dans le pétrin. Comme pour n’importe quelle espèce grégaire intelligente, il est immoral d’enlever des œufs ou des petits à leur tribu. Cependant, étant donné la régularité des conflits avec les autres espèces, il n’est pas impossible de tomber sur un œuf ou un bébé orphelin. Élever un varanide est une expérience enrichissante, mais ne vous étonnez pas d’être tous deux victimes de préjugés. Soins aux œufs Pour assurer une éclosion correcte, il faut garder les œufs au chaud et en sécurité dans une pouponnière humide. Contrairement aux oiseaux, les hommes-lézards ne couvent pas leurs œufs ; ils utilisent un nid bien isolé situé dans un tertre de terre. L’humidité créée artificiellement peut faire pousser de la mousse sur les œufs, qui risque de fragiliser la coquille et de blesser le bébé. Il faut donc les nettoyer de temps en temps avec douceur. Soins quotidiens La première année d’un petit est la plus critique. Il est assez chétif après l’éclosion et doit passer ses premières Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence CIVILISÉE H


76  HYDRE,SERPENTEAU Soins aux œufs L’œuf d’une hydre doit rester chaud et humide et le meilleur moyen pour réunir ces conditions est de le conserver dans un composteur reproduisant le milieu marécageux. Pas besoin de le tourner ou de s’en occuper. Cependant, si la coquille sèche ou si la température descend trop bas, le petit mourra. L’œuf résiste mieux aux hausses de température et de nombreux éleveurs pensent qu’en le maintenant à une chaleur plus importante et en le baignant dans le sang, le spécimen obtenu sera particulièrement puissant. Ce ne sont à mon avis que des sornettes. Soins quotidiens Les hydres préfèrent un environnement humide et tomberont malades si vous ne les hydratez pas correctement. Elles grandissent vite après avoir éclos et ont besoin d’une grosse quantité de nourriture pour se développer. Pour rester en forme et en bonne santé, un individu adulte doit manger chaque semaine une quantité de viande équivalant au poids d’un bœuf. Elles supportent bien toutes les températures et sont plus actives et énergiques quand il fait chaud. La plupart des soigneurs préfèrent les garder dans un environnement tempéré, car elles sont plus faciles à gérer dans ces conditions. Il est essentiel de contenir leur souffle corrosif, car il peut menacer toute forme de vie sur des kilomètres à la ronde. Je vous recommande vivement l’utilisation de masques spéciaux ou de charmes pour vous protéger ; le sort de bouclier aérien fonctionne à merveille. Entraînement Votre jeune hydre réagira très bien si elle est motivée par de la nourriture vivante, mais vous devez avoir l’attention de toutes ses têtes quand vous essayez de l’entraîner. Équipez-vous d’un grand bâton pour taper celles qui ne se conduiraient pas comme vous le voulez, et ce, jusqu’à ce que toutes soient correctement conditionnées. Et n’oubliez pas de vous munir de plusieurs bâtons ; les crocs de votre bébé auront tôt fait de les raccourcir. Richard Bellingham Salut à toi, hydre, reine serpent des marais, aux nombreuses têtes ceintes des lauriers de ton souffle empoisonné, et au sang si toxique que sa simple odeur peut tuer. Malgré ce que disent les légendes, l’hydre n’est pas immortelle, mais vit au moins deux siècles en solitaire au cœur d’un marécage, entourée des miasmes mortels de son souffle. Elle n’a nul besoin de chasser. Il lui suffit de sortir de son antre souterrain quand le soleil est haut dans le ciel et que, sous la chaleur du midi, la brume flotte au-dessus du marais, et de dévorer les créatures tuées par son poison depuis son dernier repas. Certaines gisent encore à demi paralysées, luttant désespérément pour respirer, et ce sont les premières à être mangées ; l’hydre aime sa nourriture vivante et agitée de soubresauts. Elle ne fait qu’une bouchée des petits animaux ; les proies plus grosses sont saisies par plusieurs têtes et partagées à tour de rôle. Voir un être vivant passer de mâchoire en mâchoire, s’agiter, se tordre et tressauter telle une goutte d’eau dans une poêle chaude, est un spectacle proprement effrayant. L’hydre a au moins sept têtes, mais il n’est pas rare qu’elle en ait plus. Si l’une d’entre elles est tranchée, son cou se sépare en deux et de nouvelles têtes apparaissent en quelques secondes. Leur taille détermine leur nombre. Si un individu âgé et de grande taille peut compter plus d’une centaine de têtes, le maximum habituel se situe autour de vingt. Une fois cette limite atteinte, les plus vieilles et celles qui ont été blessées tombent, laissant la place à de nouvelles. Sachant que l’hydre peut ronger ses propres têtes, même un spécimen qui n’a jamais été attaqué peut arborer plus de sept têtes. Tous les individus de l’espèce sont des femelles qui ne se reproduisent que quelques fois au cours de leur longue vie. Pour ce faire, l’hydre quitte son territoire et part enterrer un seul œuf viable dans un tas de compost organique. Elle se mord ensuite, répand abondamment son sang toxique sur le nid afin de le protéger des prédateurs, puis abandonne l’œuf à son sort. On a réussi à capturer des hydres vivantes par le passé, mais je ne peux en toute bonne conscience vous conseiller de tenter l’exploit. La manière la plus commune d’obtenir l’une de ces créatures est de récupérer l’œuf une fois la mère partie. Si vous êtes suffisamment chanceux pour trouver un nid, survivre à l’odeur toxique du sang et éviter de mourir rapidement et dans d’atroces souffrances si une seule goutte de ce liquide venait à toucher votre peau, il vous sera facile de l’embarquer dans son compost et de ramener le tout chez vous. Difficulté de dressage DANGEREUX Intelligence INSTINCTIVE H


78  KIRIN,POULAIN Soins quotidiens Comme je l’ai dit un peu plus tôt, seuls les magiciens les plus talentueux devraient tenter de prendre soin d’un poulain de kirin. Les théurges n’ont guère rencontré de succès dans cette entreprise, probablement à cause de leur compréhension de la nature mystique et sacrée de cette créature. On ne tombe pas par hasard en pleine nature sur un de leurs petits ; leur apparition est un cadeau des dieux, être choisi pour éduquer l’un d’entre eux est donc un immense honneur. Si les adultes n’ont besoin d’aucune nourriture, les poulains eux consommeront parfois de l’énergie magique pure, ainsi que des matériaux naturellement magiques ou transformés en objets. La demeure où il sera gardé est d’une importance capitale. Chacune de ses cellules est un inestimable trésor, convoité par des individus sans scrupule pour ses immenses propriétés magiques. Il faut donc un lieu sécurisé par de nombreuses protections magiques et physiques à même d’assurer sa sécurité. Seuls les églises établies ou les ordres monastiques ont la force morale et les installations nécessaires à l’accomplissement de cette mission. On a mené des guerres pour une unique écaille de kirin. Le secret étant sans doute la meilleure des protections pour le poulain, une écurie qu’on ne peut sonder par magie et dans laquelle on ne peut se téléporter s’impose. Ces créatures ont besoin de courir et de voler ; enchanter une région entière, voire une poche dimensionnelle, contre les perceptions mystiques est une étape obligée quand on se prépare à accomplir un devoir aussi sacré. Dressage Les bases du dressage sont importantes, car elles permettront au kirin de transporter les élus sur leur dos. Porter une personne en vol et se rendre finalement dans différentes dimensions doivent être une priorité absolue. Visiter toutes les dimensions et les domaines des dieux de la magie, de la vie et de la bonté familiarisera le kirin avec sa mission. Il faut qu’il se rende dans les royaumes des morts au moins une fois avant l’âge adulte, en général après 10 mois. La créature ne doit pas être blessée de quelque manière que ce soit au cours de ces voyages, car leur sang magique peut être la source d’événements sérieux, puissants et chaotiques s’il touche quoi que ce soit. Ben Woerner Rares sont ceux à avoir vu un kirin, ou qilin, et vécu assez longtemps pour en témoigner. Non pas parce que ce sont des créatures violentes, mais parce que ce sont les psychopompes des dieux et qu’elles ramènent leurs mortels préférés dans les royaumes divins après leur décès. Les individus assez chanceux pour en avoir vus sans trépasser évoquent une créature à l’immense puissance et aux étranges pouvoirs, dotée d’une tête de dragon, d’une gracieuse crinière de lion, de bois d’élan, d’une armure d’écailles, d’une longue queue et d’un corps de cheval, auréolée de flammes magiques qui ne brûlent que les indignes. Les kirins ne vivent pas sur le plan mortel, mais dans l’Astral ou sur les plans magiques. Si vous vous proposez pour prendre soin d’un poulain de kirin, vous devez avoir d’incroyables talents mystiques, qui ne se limitent pas au voyage entre les plans et les dimensions, une vie de saint et probablement aussi la bénédiction d’au moins un dieu d’alignement Bon. Juste par précaution. Ces créatures naissent comme les chevaux mortels, mais atteignent l’âge adulte, et donc leur taille, leur force et leur puissance maximales, en à peine 12 mois. Elles sont clairement intelligentes et peuvent communiquer par télépathie quand elles en ont besoin, ce qui est rarement le cas. Sinon, elles sont étrangement silencieuses et se déplacent avec une réserve digne et déterminée. Comprendre la mission que remplissent les kirins est essentiel. Ce sont les hérauts, les messagers et les envoyés des dieux du bien, de la magie et de la vie. Plus encore, quand un mortel dont la grâce et la valeur sont d’une importance particulière pour ces dieux est sur le point de mourir, l’un d’entre eux est dépêché pour escorter sans encombre son âme dans le monde des morts et la conduire jusqu’à son nouveau corps. L’existence tout entière d’un poulain de kirin tourne autour de l’apprentissage de ces tâches importantes. Prudence. En leur qualité de messagers des dieux, les kirins ne prennent pas le mal que l’on fait aux innocents à la légère. Ils évitent même de poser un sabot au sol pour ne pas blesser un brin d’herbe. La colère qu’ils abattent sur les méchants est brutale, brûlante et définitive. Plusieurs ouvrages de connaissances magiques racontent l’histoire d’un pays anonyme où un maître enchanteur avait élevé un kirin jusqu’à l’âge adulte, dans le seul but de le tuer et d’utiliser les morceaux de son cadavre. La vengeance que les dieux ont abattue sur le magicien et la région a été si dévastatrice qu’elle a tout effacé de leur existence, en dehors du récit de leur destruction. Il ne subsiste aucun souvenir, ni aucun nom. Difficulté de dressage VARIABLE Intelligence INTELLIGENTE K


80  KITSUNE,CHIOT Éduquer un kitsune revient à éduquer un enfant et un chiot excité en même temps – un enfant et un chiot qui peuvent changer de forme et utiliser la magie ! Il est essentiel de prendre soin de ces petits comme tout parent aimant le ferait, mais il est encore plus important de garder un œil vigilant sur eux. En effet, ils sont enclins à un nombre phénoménal de sottises et leur curiosité les colle régulièrement dans la tourbe. Il vaut mieux vivre dans la campagne ou près d’une forêt, afin que le chiot puisse apprendre à maîtriser ses pouvoirs de métamorphose et à utiliser ses capacités magiques loin des regards inquisiteurs. Dressage Élever un bébé kitsune présente de nombreux avantages et inconvénients, et il est toujours préférable que ce soit un kitsune adulte qui s’en charge, car on ne connaît jamais totalement l’étendue de leurs pouvoirs. Si aucun n’est disponible, une personne dotée de capacités magiques est ce qui se fait de mieux pour s’en occuper. Ils peuvent être éduqués comme n’importe quel enfant humanoïde. Cependant, dès qu’il s’agit de remettre la main sur un chiot turbulent ou contrarié, leurs talents pour se métamorphoser en renard, modifier leur apparence et se téléporter vous compliquent sérieusement la tâche, à moins d’employer des moyens magiques pour retrouver sa trace. Lorsqu’il atteint la puberté, de nombreux changements s’opèrent aussi bien physiquement que sur le plan mystique. Le kitsune est gagné par un profond désir de voyager et ses pouvoirs magiques s’épanouissent. Traditionnellement, les jeunes de cet âge se rendent dans un autre village ou une autre cité de leur région natale afin d’aider les gens et de maîtriser leurs talents. Quand ils y ont passé assez de temps, ils rentrent chez eux et suivent un rituel secret qui fait d’eux des adultes à part entière, puis partent pour un voyage d’un an. Nombre d’entre eux rencontrent une personne dans le besoin au cours de ce périple, et le cycle recommence. Ben Woerner La peau et les neuf queues d’un kitsune sont une prise de choix pour les individus sans scrupules, chasseurs, collectionneurs et pratiquants des arts sombres. Somptueuses et douces au toucher, elles sont également appréciées comme capes. Les magiciens maléfiques croient qu’elles peuvent être utilisées dans un rituel qui transformera celui qui les porte en kitsune. L’existence d’un tel rituel n’est pas confirmée, mais la chasse continue. Les kitsune sont-ils des femmes et des hommes magnifiques parcourant la forêt à la recherche de ceux qui ont besoin d’aide ? Ou des renards blancs panachés de neuf queues protégeant les lieux sacrés et perdus dans les bois ? Difficile de faire rentrer les mystérieux kitsune, ou renards à neuf queues, dans une catégorie. Certains pensent que ce sont des sorcières ou des sorciers puissants détenteurs de sortilèges rares, et d’autres qu’il s’agit d’une espèce de renard altérée par une grande magie. D’autres encore considèrent que ce sont des esprits en lien avec la fertilité, la magie, la prospérité et le mythe de la féminité. Quoi qu’il en soit en vérité, ils vivent en symbiose avec les humanoïdes et disposent d’une puissance phénoménale. J’ai découvert un fil conducteur dans les histoires sur les kitsune. Un homme ou une femme malchanceux et dans le besoin, que ce soit à cause d’une mauvaise récolte, parce qu’il ou elle a des enfants à charge ou combat des ennemis, rencontre une personne belle et mystérieuse du sexe opposé. Que ce soit au cours d’une nuit passée dans un sanctuaire isolé ou d’un bal masqué, les circonstances de cette rencontre sont légion. En général, le malheureux ou ceux qui connaissent les kitsune apercevront un renard peu de temps avant, mais pas toujours. Le couple tombe amoureux et comme si la chance tournait enfin, leur sort, ou bien celui de tout leur village ou de leur clan, s’améliore. Le kitsune a toujours comme but d’avoir et d’élever au moins un enfant, en général une fille, qui est aussi un renard à neuf queues. Si son conjoint est bon, ils resteront ensemble même après que cet enfant soit devenu grand. Mais s’il est cruel ou indifférent, il partira et les choses tourneront très mal. Des couples aimants vieillissent et meurent parfois ensemble, une fois que leurs enfants sont devenus adultes et ont quitté leur foyer pour apporter la chance à d’autres. Soins quotidiens Les kitsune naissent d’une mère humanoïde sous une forme humanoïde et, la plupart du temps, il s’agit d’une fille de la même race que ses parents. Quand ils ont environ trois ans, ils deviennent capables de prendre leur forme de renard. La légende dit que certaines kitsune ne passeront qu’une nuit avec un compagnon ; elles redeviennent ensuite renardes et se retirent au plus profond de la forêt pour donner naissance à des renardeaux, qui se transformeront en humains. Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence CIVILISÉE K


82  KOBOLD,PETIT Soins quotidiens Durant leurs quatre premières années, les kobolds ont un appétit insatiable. Ils grandissent vite et leur métabolisme est l’un des plus rapides du monde humanoïde. Voilà pourquoi il est important d’avoir un gros stock de nourriture sous la main. Les petits mangent heureusement tout et n’importe quoi. Ce sont certes des charognards omnivores, mais ils préfèrent la viande quand il y en a. S’ils ne sont pas encadrés, les enfants kobolds deviennent malveillants et sournois, ce qui rend leur éducation délicate à moins qu’on ne leur ait inculqué très tôt qui était le patron. Je vous déconseille de les punir en cas de mauvais comportement, c’est ce qui les pousse à se rebeller encore plus. Tentez plutôt d’utiliser le renforcement positif au cours des premières années, jusqu’à ce que vous ayez tissé des liens solides et que vous soyez certain qu’ils n’ont pas l’intention de piéger les toilettes de votre maison. Une fois cette relation établie, veillez à vous occuper d’eux et à les soigner, aussi bien physiquement qu’émotionnellement. Les kobolds forment rarement des liens durables, il est donc important de faire en sorte qu’ils n’aient pas envie de partir. Si vous leur offrez de la nourriture et de l’attention, vous gagnerez et entretiendrez leur confiance et leur désir de rester près de vous. Une fois cette condition remplie, ils seront beaucoup plus faciles à éduquer pour leur parent adoptif. Dressage La plupart des soigneurs ne parviennent pas à apprendre des tours à un enfant kobold avant l’âge de deux ans. Au cours des premières années de son existence, il grandit, apprend à marcher et à parler, ainsi qu’à éviter de fourrer son nez partout (ou à éviter de se faire prendre quand il fourre son nez partout). Malgré tout ce qu’on raconte, ce sont des créatures intelligentes tout à fait capables de parler et de converser, tout comme ils sont capables de nager, de grimper, de traîner un peu partout et de faire des pièges (ceci étant un talent naturel des kobolds, que vous ne parviendrez pas à apprendre à la plupart des autres bêtes). Leur nature sournoise et rusée en fait des éclaireurs et des gardiens de donjon parfaits pour la majorité des dresseurs. Si vous pratiquez la magie et que vous avez la patience qui s’impose, vous pourrez lui apprendre quelques sortilèges. Choisissez cependant avec soin ceux que vous lui montrerez – j’ai connu un magicien qui avait appris à son kobold à lancer une boule de feu... et disons simplement qu’il n’a pas vécu assez longtemps pour en apprécier les résultats. J’ai cependant rencontré beaucoup d’autres sorciers qui avaient enseigné avec succès à leurs kobolds des sorts d’invisibilité et d’ouverture de serrure. Jesse Butler Malins et rusés, les kobolds sont des voleurs et des éclaireurs nés. Ils sont intelligents, et doivent donc être éduqués d’une manière différente des autres bêtes, mais cela signifie également qu’ils sont très capables. Ils sont peut-être petits et frêles quand on les compare aux autres humanoïdes, mais ne les sous-estimez surtout pas. Ils pourraient bien vous surprendre, et pas toujours dans le bon sens. Les kobolds adultes ne sont guère plus grands que les hobbits et leurs bébés sont nettement plus petits. Ils grandissent pourtant vite et atteignent l’âge adulte en quelques courtes années. En d’autres termes, un individu mature n’a pas beaucoup plus d’expérience de la vie qu’un enfant humain de cinq ans et pourtant, son ingéniosité le rend bien plus malin et sournois. Les kobolds ont une réputation bien méritée de tricheurs, de scélérats et d’assassins et pourtant, un bébé élevé loin de l’influence de la société kobold peut potentiellement devenir un bon citoyen (quoiqu’immature). Quand deux kobolds forment un couple, c’est en général une union d’intérêt immédiat, et non un engagement pour la vie. Les femelles pondent trois à cinq œufs fertilisés, puis s’en vont et laissent les petits se débrouiller tout seuls. À peine âgées de quelques années, les mères ont rarement assez de maturité pour s’occuper de leurs rejetons. Elles laissent donc la nature s’en charger et si les enfants parviennent à rejoindre la société kobold, alors tant mieux. Beaucoup de petits meurent en général à peine sortis de l’œuf, mais comme les femelles pondent des œufs tous les trois mois, il reste assez de survivants pour assurer la pérennité de l’espèce. Soins aux œufs Bien que les mères tentent sommairement de cacher leurs couvées, il est relativement facile de trouver un nid abandonné si vous vous trouvez près d’un territoire kobold. Comme il y en a des dizaines quelle que soit la période de l’année, vous n’avez qu’à vous promener et ramasser l’œuf qui vous plaît. Ce dernier ne demande que très peu de soins et éclora un mois après avoir été pondu. Tant que vous le protégez des prédateurs et résistez à l’envie de vous faire une omelette (faites-moi confiance, ça n’est pas très bon), vous aurez un bébé kobold tout neuf en un rien de temps. Notez que la coloration de la coquille variera en fonction de la température extérieure ; elle prendra des teintes rouges et orange à la belle saison, et des couleurs bleues et violettes en hiver. Difficulté de dressage COMPLEXE Intelligence INTELLIGENTE K


84  KRAKEN,LARVE Soins quotidiens Une fois qu’il a éclos, gardez votre kraken dans un aquarium rempli d’une eau voisine de celle dans laquelle il est né. Il n’est pas très difficile à satisfaire et mangera tout ce qui peut passer par son bec. Encouragez-le à capturer sa nourriture, mais assurez-vous qu’il évolue dans un environnement propre, afin qu’il ne consomme pas accidentellement de déchets. Et souvenez-vous de ne pas les énerver en chantant ou avec un volume sonore élevé. Les nouveau-nés mesurent moins de 30 cm de long et grandissent lentement au cours des trois premières années. Ils sont pendant cette période très vulnérables aux prédateurs et l’instinct les pousse à rester camouflés en permanence. Des soigneurs inexpérimentés penseront ainsi qu’ils se sont déjà échappés, vider leur aquarium et perdre leurs bébés. Au bout de ces trois ans, le kraken passe par une phase de croissance rapide et atteindra sa taille définitive en à peine quelques mois. Préparez-vous à ce changement brutal ; si vous ne le faites pas, vous risquez de perdre votre aquarium, et peut-être bien aussi votre maison. Les krakens adultes sont bien plus résistants aux modifications de leur milieu. Leur instinct de reproduction finira pourtant par se manifester de manière assez évidente. Votre animal auparavant si indépendant commencera à essayer de s’accrocher à toutes les créatures un peu amicales ou tolérantes, et ce, quelle que soit leur espèce. Ce comportement n’est pas dangereux tant que ses nouveaux camarades de jeu sont assez gros pour éviter de se faire étouffer ou noyer accidentellement, et beaucoup de soigneurs encouragent ces démonstrations d’affection pour le bien de leur kraken. Si vous êtes chanceux, vous pourriez même obtenir d’autres bébés krakens. Entraînement À l’état sauvage, les krakens sont autonomes dès la naissance et considèrent les autres espèces comme des proies ou des prédateurs. Les individus élevés à la main peuvent développer de vraies relations avec leur soigneur. Il faut de la patience et un entraînement attentif pour leur apprendre à être délicats avec les créatures plus petites. Certains ont pu être dressés à capturer sans tuer et même à sauver des gens de la noyade. Curieux et malins, ils ont un don pour les énigmes. Ils peuvent facilement résoudre des puzzles ou défaire des nœuds. Beaucoup de dresseurs encouragent ces jeux pour les occuper et améliorer leur intelligence et leur dextérité. Certains individus peu scrupuleux ont même utilisé de jeunes krakens pour des activités moins honnêtes, comme le crochetage des serrures ou le vol. Brie Sheldon Contrairement à la croyance populaire, les krakens ne sont pas des monstres marins géants. Ils vivent dans des marais, des marécages d’eau douce et d’eau salée, ou dans n’importe quelle zone inondée riche en matière végétale. Étroitement apparentés aux pieuvres et aux calmars, ils atteignent près de 4,5 m de long, mais mangent à peu près n’importe quoi ; un kraken adulte constitue donc un vrai danger pour les petits bateaux et le commerce côtier. Quand il se repose, un kraken déploie son corps et change de couleur pour se fondre dans la végétation aquatique environnante, ce qui en fait un excellent chasseur à l’affût. Les tentacules de certains spécimens sont munis de petits barbillons, qui leur permettent d’injecter des fluides dans leurs victimes. Tous les krakens ont un grand bec au centre de leur couronne de tentacules capable de tout écraser, que ce soit de la coquille, de l’os ou une armure en métal. Ces créatures n’ont pas de genre distinct et elles peuvent tout autant pondre que fertiliser leurs propres œufs, bien qu’elles préfèrent ne pas le faire. En général solitaires, elles quittent instinctivement leurs territoires pendant la saison de reproduction pour gagner des eaux plus profondes et se regrouper ; on peut alors les voir s’étreindre dans ce qui ressemble beaucoup à des marques de véritable affection. Les krakens restent au sein de ces groupes de reproduction pendant parfois un an, puis se séparent et retournent pondre sur leurs territoires respectifs. L’adulte veillera ensuite sur ses sacs d’œufs pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que leur membrane extérieure ait suffisamment durci, puis il partira. Environ 20 jours plus tard, les bébés éclosent, mangent le sac qui les contenait et quittent la pouponnière. Les krakens sont très sensibles au son et n’aiment ni la musique ni les bruits forts. Des sons puissants et continus les mettent mal à l’aise, les irritent et les poussent rapidement à déménager. Cette tactique est très utile si vous voulez accéder à leurs œufs, mais prenez garde. Un kraken assez contrarié pourrait bien décider de s’occuper de la source de son agacement au lieu de fuir. Soins aux sacs d’œufs Les sacs d’œufs n’ont besoin d’aucune attention directe en dehors de maintenir la température et la salinité de l’eau dans laquelle ils baignent. À l’instar des juvéniles, ils ne supportent pas bien les changements brusques, qui peuvent les tuer. Les krakens des marais ont développé une tactique de chasse fascinante. Ils placent un ou deux tentacules au-dessus de la surface de l’eau et les laissent sécher, ce qui les fait plus ou moins passer pour une racine émergée de la mangrove. Les créatures qui ne se rendent compte de rien sont rapidement escamotées sous la surface et mangées. Difficulté de dressage DIFFICILE Intelligence VIVE K


86  LÉVIATHAN,PETIT Même si un léviathan ne nécessite pas de pansage régulier, on m’a dit que ses écailles doivent être inspectées souvent pour ôter les éventuels parasites aquatiques et celles qui se sont naturellement usées. Dans la nature, la créature attire en général très tôt une cohorte de poissons-nettoyeurs pour se charger de la besogne ; le dresseur devra les apporter à un léviathan captif. Nul besoin d’enlever les bernacles de son corps, sauf si elles en recouvrent de grandes zones et le gênent quand il nage. Entraînement Nourrissez votre léviathan avant toute séance de dressage, suffisamment pour qu’il ne vous considère pas comme un en-cas, mais pas assez pour qu’il ignore vos friandises. Commencez par quelques phoques et offrez-lui des tortues géantes en récompense. Le croquant de la carapace contribue à entretenir ses dents. Au fur et à mesure de sa croissance, vous devrez le persuader de revenir vers vous. Familiarisez-le avec une odeur particulière que vous répandrez dans l’eau au moment des repas, ou le son d’une corne sous-marine que vous ferez sonner quand vous le nourrirez. Établir une domination sur une créature aussi énorme peut sembler un vrai défi, mais ils sont impressionnables quand ils sont jeunes, et un usage judicieux de potions et de sortilèges de Croissance géante vous permettra de le convaincre que vous êtes gros et que c’est vous le chef. Respirer sous l’eau et nager vite constitue des éléments essentiels dans le dressage d’un léviathan, car il passera la majeure partie de son existence sous la surface. Avec assez de patience et de récompenses, vous pourrez lui apprendre à reconnaître une grande variété de signaux, des éclairs lumineux jusqu’aux cliquetis, en stimulant les zones sensitives autour de ses yeux, de sa bouche ou derrière ses branchies. Alana Currie On trouve le léviathan essentiellement dans les mers et les océans, mais une sous-espèce rare est parvenue à s’adapter aux lacs et aux lochs d’eau douce. Ces créatures ont un comportement plus placide que leurs cousins marins et leurs petits valent souvent une somme rondelette au marché noir. Ils ont en conséquence pratiquement disparu et on ne les trouve à présent plus que dans les lacs les plus profonds et les plus isolés. Le léviathan est la plus grande créature maritime connue, et il se distingue par son corps serpentin et sa tête de dragon dotée de branchies. Cauchemar et terreur de tous les marins, il peut atteindre 107 mètres de long et est son seul prédateur – s’il existe une créature plus grosse que lui, je préfère ne pas la rencontrer. Comme tous les autres grands prédateurs, il ne tolère aucun congénère sur son territoire en dehors de la saison des amours. Ce comportement agressif s’étend aussi aux gros bateaux navigant à la surface, qu’il peut prendre pour des menaces ou des proies potentielles, ce qui lui vaut une réputation terrible. Pendant la période de reproduction, les léviathans se rassemblent dans des eaux plus chaudes, mais leur taille immense et le risque qu’ils courent à s’échouer font qu’ils ne s’aventureront pas trop près des côtes. Les branchies du mâle prennent des couleurs vives et chatoyantes, qui lui serviront à attirer l’attention d’une éventuelle partenaire. S’il y parvient, il nagera lentement autour d’elle, jouera de ses branchies et s’il l’impressionne, ils s’accoupleront. Ensuite, la femelle s’en ira et le mâle ressortira le grand jeu avec une autre de ses congénères. À la fin d’une gestation de plusieurs mois, la mère met bas cinq à sept jeunes vivants, mais dévore les avortons et les faibles. Les bébés resteront avec elle quelques mois, pendant lesquels ils apprendront à chasser, et, à un an, elle les laissera se débrouiller seuls. C’est en général la période la plus dangereuse de leur vie, car ils doivent éviter les autres léviathans et les créatures plus grosses qu’eux. Soins quotidiens Il est possible d’élever et d’entraîner un léviathan, mais je ne l’ai jamais fait. Le peuple des mers prétend qu’un héros nommé « Mychelleus » a, au cours du dernier âge, capturé un bébé léviathan, et qu’il l’a dressé pour en faire sa monture aquatique. J’ai répété ici tout ce que j’ai récolté à propos de leurs histoires, mais si quelqu’un réussit à accomplir cet exploit, qu’il me le fasse savoir ! L’espace est la principale difficulté lors du dressage d’un léviathan. Si le petit est assez jeune, vous pouvez l’isoler dans une caverne ou une structure immergée, et passer du temps avec lui. À l’état sauvage, ces créatures préfèrent la nourriture grasse, comme les phoques et les baleines, mais je suis à peu près persuadée qu’elles apprécieront le bétail, plus aisément disponible. Difficulté de dressage ÉPOUVANTABLEMENT DIFFICILE Intelligence INSTINCTIVE L


88  LÉZARDEAU DE FOUDRE En dépit de leur toute petite taille, les nouveau-nés ont de fortes personnalités. Ils peuvent devenir de sacrés farceurs, et s’ils s’ennuient ou si vous êtes en train de faire une chose qu’ils n’aiment pas, vous le saurez très vite. Vous ferez partie du cercle très fermé des vrais propriétaires de lézard de foudre quand vous aussi, vous prendrez régulièrement une petite châtaigne dans les orteils ou derrière la jambe. Ce sont des animaux d’une grande intelligence qui doivent avoir au moins trois heures quotidiennes d’activité intense ; en vous assurant de cela, vous vous assurez d’en faire des petites bêtes heureuses et motivées. Ces créatures sont originaires des tropiques et n’ont pas le sang froid, mais elles aiment la chaleur. Comme elles sont petites et proches du sol, elles courent un plus grand risque de geler par temps froid. Gardez-les à l’intérieur en hiver, toute l’année si vous habitez des régions plus froides. Si vous voyagez sous des climats difficiles, emmitouflezles ou gardez-les contre vous pour qu’ils profitent de votre chaleur corporelle (ce qui vous gardera aussi au chaud si vous supportez les petites brûlures). Les lézards de foudre adorent les orages. Leurs propriétaires sont souvent capables de prédire leur arrivée plusieurs jours à l’avance, à cause des gazouillis excités qu’ils émettent. Si la chaleur est suffisante, laissez vos lézards batifoler sous la pluie. Vous profiterez de la danse exubérante à laquelle ils se livrent pour montrer leur excitation. Vous les verrez hocher frénétiquement la tête de gauche à droite, frapper le sol avec leurs pattes et balancer de minuscules décharges électriques. Entraînement Le lien qui unit un lézard de foudre à son propriétaire facilite son dressage. Ils sont aisément motivés par la nourriture, en particulier les récompenses inhabituelles comme le bacon. Ils apprennent tout ce que vous pourriez enseigner à un chien intelligent, mais aussi des ordres plus complexes comme l’utilisation basique d’outils. De nombreux chasseurs utilisent des meutes de lézards de foudre pour attraper de petites créatures comme les lapins, car ils sont rapides et faciles à dresser. La meute précède son maître, et court pour encercler sa proie et la piéger au milieu d’une barrière électrique. Plus les lézards sont proches les uns des autres et plus le courant est fort. Cette forme de chasse est récemment devenue un passe-temps populaire parmi les enfants de la noblesse. Elizabeth Chaipraditkul Le lézard de foudre n’est en fait pas un lézard, mais un dinosaure. Comme son proche cousin le velociraptor, il est rapide, agile et malin. Les adultes mesurent jusqu’à 30 cm de haut, mais sont souvent plus petits. Les bébés, minuscules, font à peine 8 cm quand ils sortent de l’œuf. Ils grimpent sur la tête de leur parent (ou de leur propriétaire) pendant leurs premiers mois pour ne pas se faire écraser. Ces créatures amusantes et amicales font de parfaits animaux de compagnie si vous voulez vous occuper et si vous faire roussir quelques poils de nez ne vous dérange pas. Grégaires par nature, ils vivent et chassent à l’état sauvage au sein de groupes familiaux, les meutes. Ils communiquent entre eux grâce à une grande diversité de gazouillements et de sifflements qui expriment tous leurs sentiments, depuis l’affection et la gaîté, à la faim, la peur et l’agressivité. Les lézards de foudre élevés depuis leur naissance sont des créatures totalement loyales qui vous considéreront comme un membre de leur famille. Ces carnivores croqueront n’importe quoi en un clin d’œil, à partir du moment où c’est plus petit qu’eux. Dans la nature, il n’est pas rare qu’une meute chasse des proies plus grosses si elles ne sont pas un vrai danger. Les individus aiment aussi chasser leurs propres proies ; une poignée de lézards de foudre dans votre maison et vous serez protégé de toute vermine. Soins aux œufs Les œufs oblongs mesurent une trentaine de centimètres et leur coquille est souple et opaque. Pour rester viables, un courant électrique doit les traverser au moins une fois par jour (et de préférence en permanence). Si vous n’avez pas accès à une magie appropriée ou à un parent lézard pour s’en occuper, un aquarium avec des anguilles électriques fera parfaitement l’affaire. L’eau doit être assez chaude pour permettre l’incubation, mais assurez-vous de les en sortir au bout d’une demi-heure. En effet, la coquille est perméable et ils risquent de se remplir d’eau en les immergeant plus longtemps. Soins quotidiens À moins que vous n’ayez l’intention d’emmener votre nouveau copain partout avec vous, il vaut mieux élever ensemble deux ou trois lézards de foudre ; ainsi, ces animaux hautement grégaires ne s’ennuieront pas. Ils montrent leur affection en envoyant des décharges électriques, ne vous étonnez donc pas de voir vos petits lézardeaux rouler en tous sens auréolés de petits éclairs. Difficulté de dressage ÉPINEUX Intelligence VIVE L


90  LICORNE,POULAIN équins, leur robe scintillera après un tel traitement et ne portera nulle trace de poussière. Elles aiment affûter leur corne contre des rochers ou, s’il n’y en a pas, contre leurs propres sabots. Dans la nature, celle-ci leur servira d’arme si leurs illusions ont échoué. Entraînement Les licornes résistent à toute forme d’entraînement, tout comme elles détestent qu’on les chevauche et toléreront à peine la plus petite bride ou le licol le plus léger. Les matériaux ordinaires ne peuvent les retenir. Ceux qui se pensaient les heureux propriétaires d’une licorne ont souvent trouvé un enclos, une grange ou une chaîne vide. Même si la magie peut aider à relever ces défis, le débat fait rage dans le milieu des maîtres des bêtes au sujet de la morale inhérente au domptage d’une licorne, comme on le ferait d’un cheval. Quand on les observe dans leur milieu naturel, certains comportements suggèrent un grand degré de conscience, comme reconnaître son reflet dans une mare d’eau et utiliser des illusions complexes pour enseigner aux poulains les dangers du monde extérieur. Un parent pourchassera son petit dans la forêt et poussera un long cri imitant le son d’une trompette, accompagné par des « chasseurs » illusoires. S’il ne parvient pas à s’échapper, il sera puni ; son géniteur lui mordra durement les oreilles et les flancs, histoire de faire passer le message. Ceux qui n’ont jamais vu de licorne en captivité prétendent souvent que ce sont des sornettes, car un individu « dompté » est très différent. Les licornes domestiquées deviennent maussades et renfermées, et ne montrent que peu d’intérêt dans ce qui les entoure, pas plus qu’elles ne désirent interagir avec d’autres créatures. Beaucoup d’entre elles ne se servent jamais de leurs pouvoirs d’illusion. D’ailleurs, si elle tente d’en utiliser un en public, la corne disparaîtra aux yeux des spectateurs et sa robe blanche brillante s’assombrira, ce qui lui donnera l’aspect d’un cheval normal jusqu’à ce qu’on l’emmène loin des gens. Sam Mellor & Sarah Richardson Les licornes sauvages ont un sens de l’humour malicieux et aiment faire des plaisanteries à ceux avec lesquels elles se sentent à l’aise, abandonnant toute prétendue dignité. Elles emploieront généralement des illusions inoffensives pour dissimuler les endroits où se trouvent de petits objets, feront des blagues et les aideront à voler de la nourriture. Si jamais une de leurs plaisanteries nuisait à quelqu’un, elles montreraient tout de suite une grande détresse. Il vous faudra alors la câliner et lui témoigner son amitié avec effusion. On rencontre en général cette créature rare et solitaire dans les forêts vierges primaires. Elle possède un pouvoir d’illusion limité qu’elle utilise pour protéger son territoire, et égarer, voire dérouter, les étrangers. Plus d’un forestier s’est retrouvé en train de marcher au milieu d’un endroit désert, ou de fuir de vagues silhouettes monstrueuses entraperçues dans l’ombre. Néanmoins, l’une d’entre elles peut devenir plutôt amicale envers une personne ou un groupe d’individus, si on les approche avec délicatesse et respect. Les licornes n’ont pas de sexe et se reproduisent par parthénogenèse. Leur absence d’instinct d’accouplement peut expliquer la légende qui veut qu’elles ne puissent être domptées que par des vierges. En effet, elles sont remarquablement dérangées par l’odeur des gens qui ont eu de récents rapports sexuels. Cependant, une semaine d’abstinence devrait suffire pour les approcher, à l’exception des bêtes les plus sensibles. Quand une licorne décide d’avoir un petit, elle cherche tout d’abord la plus haute montagne de la région. Comme elle a besoin de la foudre pour démarrer le processus, elle attendra là-haut qu’un puissant orage éclate et qu’un éclair frappe directement sa corne. L’animal ne sera pas blessé et retournera à sa forêt. Au cours des mois suivants, il rassemblera de la mousse, de l’herbe et des fougères pour en faire un lit de naissance. Au bout de 10 mois, le parent accouchera d’un unique poulain et le léchera pour le nettoyer avant de se reposer. Le nouveau-né fait maladroitement ses premiers pas peu après sa naissance, et il sera tout à fait mobile après une journée. Pendant les premières semaines, il reste dans les environs immédiats ; il ne broutera que lorsque son parent est dans les parages et dormira si celui-ci s’éloigne en quête de nourriture. Le poulain demeurera avec lui pendant deux ou trois ans avant de se mettre en quête de sa propre forêt. Les licornes vivant extrêmement longtemps, elles se reproduisent rarement. Soins quotidiens À l’instar de la plupart des herbivores, les licornes ont besoin de plusieurs kilos de végétaux par jour et passeront des heures à tout simplement paître. Elles trouveront le composant minéral nécessaire au développement et à l’entretien de leur corne, en particulier pendant leur phase de croissance, en léchant les rochers et les points d’affleurement de sel naturels. Mais pas d’inquiétude, elles apprécient bien entendu les pierres de sel quand on leur en propose. Ce sont des créatures extrêmement maniaques qui préfèrent prendre un bain tous les jours. Si elles n’ont pas d’eau à disposition, un endroit poussiéreux fera tout à fait l’affaire et elles s’y rouleront avec enthousiasme avant de se secouer (un comportement très chevalin, vous en conviendrez). Cependant, contrairement à leurs cousins Difficulté de dressage ÉPOUVANTABLEMENT DIFFICILE Intelligence NON CONFIRMÉE L


92  LIONCEAU DE MER à naître. Préparez-vous à creuser, à briser la coquille si nécessaire et à lui donner son premier repas. Si vous n’avez pas de lion de mer mort, de la chair de lézard ou de tortue fera l’affaire. Soins quotidiens La seule erreur, et la plus grosse, à ne pas commettre quand vous élevez un lion de mer, c’est de le réintroduire dans le milieu marin. Hélas pour lui, un petit qui grandira sans sa mère ne pourra jamais avoir la crinière nécessaire à sa survie dans l’océan. Quand elles s’occupent de leurs lionceaux, les lionnes lèchent régulièrement leur propre crinière et le dos de leurs petits, ce qui permet le transfert des spores et la reproduction de l’algue. Un lion qui atteint l’âge adulte sans sa mère devra rester dans des lacs d’eau douce et sera condamné à une vie en captivité. L’instinct qui le pousse vers l’océan menacerait sa sécurité s’il est relâché. L’immersion en eau salée nettoie en général ses écailles, mais un lion sans crinière doit être vigoureusement et régulièrement gratté. Faites attention à la région de la colonne vertébrale, où les écailles sont plus souples et cassent plus facilement en l’absence de leur algue protectrice. Ces carnivores mangent du poisson et de la viande blanche, mais ils auront besoin de plantes aquatiques comme le varech pour faciliter la digestion. Entraînement Les petits nagent d’instinct, mais c’est leur mère qui leur apprend à chasser. Un lion de mer en captivité peut vivre tout à fait heureux s’il est nourri. Cependant, les dresseurs qui souhaitent que leur compagnon chasse pour se nourrir devront le faire avec lui, car les lionceaux apprennent par l’exemple. Vous pouvez simuler cette chasse en « attrapant » des proies faciles, comme des tortues échouées ou du poisson déjà mort. La bonne nouvelle, c’est que votre petit comprendra très vite le truc et deviendra aussi très vite meilleur que vous. Vous n’aurez donc pas à jouer très longtemps à ce petit jeu. Sam Mellor Les lions de mer adultes sont par nature des solitaires, mais les individus dépourvus de crinière semblent pourtant ne pas achever leur développement. Ils sont donc en mesure de s’attacher pour la vie à leur mère de substitution, devenant ainsi des compagnons loyaux et protecteurs. Je me souviens d’une histoire sinistre dans laquelle une bande de pirates avait tenté de séparer une femme marin et son ami lion de mer. Cela n’a eu qu’une seule conséquence : l’équipage, fort de 30 hommes, a été massacré jusqu’au dernier et la femme s’en est allée. Difficulté de dressage DIFFICILE Intelligence INSTINCTIVE Les lions de mer sont en fait des reptiles marins qui n’ont pas grand-chose à voir avec leurs homonymes mammifères, en dehors d’une vague ressemblance. Leur moitié antérieure est recouverte par une épaisse « crinière », et arbore une tête léonine et deux pattes. Le reste du corps a un aspect de plus en plus reptilien, il est dépourvu de pattes arrière et se termine par une queue épaisse et musclée. On ne trouve ces créatures à sang froid que dans les eaux plus chaudes et les océans tropicaux. Leur crinière n’est pas constituée de poils, mais d’une algue qui pousse entre les plaques d’écailles situées sur le dos des adultes. Les deux espèces profitent de cette symbiose. La plante filtre l’excès de sel contenu dans l’eau que le lion absorbe et qui à la longue l’empoisonnerait. Le lion de mer fournit un moyen de transport jusqu’à des eaux riches en nutriments d’où l’algue tire sa subsistance, ce qui lui confère un avantage sur ses cousins sédentaires. L’accouplement a lieu à la fin de l’automne. Les lionnes en chaleur se regroupent dans des marais côtiers isolés, puis toilettent et décorent leurs crinières pour attirer les mâles. Ces derniers étant rares, la compétition pour en séduire un est féroce. Une fois qu’un couple s’est formé, la lionne quitte les eaux pour pondre ses œufs dans la boue et les enterrer. Elle retourne ensuite à l’océan et laisse le père veiller sur la couvée. Celui-ci ne quittera pas son poste pendant les cinq mois de l’incubation et s’affaiblira peu à peu faute de nourriture. Il est donc plus sûr de récupérer un œuf après quatre mois, quand la coquille est suffisamment dure pour résister au transport et que le père est moins dangereux. Mais attention : même à moitié mort, il peut puiser dans des réserves insoupçonnées s’il voit que le nid court un risque, et il n’hésitera pas un instant à tuer les intrus. Peu de temps avant l’éclosion, la mère revient et déterre ses œufs, et aide même les petits à casser leur coquille. Le père meurt et son cadavre attire une multitude de poissons, avec lesquels la mère et les bébés se nourrissent pendant les mois suivants. Tout ce petit monde restera dans le marais pendant un ou deux ans, le temps que la crinière des petits pousse, puis retournera dans des eaux plus profondes et plus salées. Elle leur apprendra à chasser, souvent en compagnie d’autres mères et de leurs lionceaux. Une fois adultes, les jeunes se disperseront, mais reviendront dans le même marais pour se reproduire. Les lionnes peuvent pondre jusqu’à dix couvées durant leur vie tandis qu’à l’évidence, les mâles ne se reproduisent qu’une seule fois. Soins aux œufs Si vous avez réussi à mettre un œuf en sécurité, enterrezle dans du sable ou de la boue humide et veillez à ce que la matière du nid soit toujours mouillée pour éviter tout dégât. Au printemps, restez près de lui et guettez les petits pépiements que le lionceau émettra quand il sera prêt L


94  MANTICORE,LIONCEAU Soins quotidiens Nombreux sont les dresseurs à avoir tenté de faire naître des manticores en captivité, mais ceux qui y sont parvenus sont très rares. Leurs restes déchiquetés et ensanglantés sont une leçon pour nous autres, dotés d’un peu plus de bon sens. Les matrones sont bien plus létales que les mâles de leur espèce, et même si vous parvenez à en garder une pendant quelque temps en captivité, elle n’aura de cesse – dans le meilleur des cas – de tuer et de dévorer tous les mâles que vous lui présenterez. Je laisse à l’imagination du lecteur le pire des cas. Il est beaucoup plus sûr et plus facile de capturer les très jeunes mâles dans la nature. Ce sont toujours de puissants prédateurs, au moins aussi gros qu’un lion, et bien plus dangereux avec leurs ailes et leur dard. Cependant, leur inexpérience en fait des créatures relativement faciles à attraper avec des filets ou des fosses. Les manticores ont besoin d’une abondante nourriture à base de viande crue pour survivre, et doivent pouvoir chasser des proies vivantes si vous voulez qu’ils s’épanouissent complètement. Elles développent une préférence pour ce qu’elles ont mangé au cours de leurs premières années, comme l’a appris à ses dépens un roi qui nourrissait sa manticore avec des condamnés. Ce sont des créatures férocement territoriales, qui entreront dans une rage violente si quelque chose envahit leur espace ou si on les en chasse. Si l’une d’entre elles a cependant été habituée depuis son plus jeune âge à un petit enclos, elle le considérera avec joie comme son territoire chéri. Bâtir une relation positive avec un lionceau de manticore se résume en grande partie à ne pas se mettre en travers de son chemin et à lui offrir régulièrement de la nourriture. De cette manière, vous vous lierez à lui un peu comme avec un chat domestique. Entraînement Certains prétendent qu’il est impossible de dresser les manticores et j’abonde dans leur sens. Avec une stimulation répétitive, vous pourrez au mieux conditionner le petit à manger de préférence des victimes portant une couleur ou un uniforme en particulier. L’habitude qu’elle a de tuer et de manger tout ce qui franchit les limites de son territoire en fait une excellente gardienne. Cependant, et comme elle ne fait pas de différence entre ses proies, il vaut mieux la placer dans un donjon isolé plutôt qu’entre les murs du palais d’un sultan. Richard Bellingham La manticore est une créature impressionnante, idéalement adaptée à son rôle au sommet de la chaîne alimentaire. C’est un félin musculeux aux allures de lion, doté de crocs et de griffes acérés comme des rasoirs. Ajoutez à cet arsenal déjà formidable une queue de scorpion et d’immenses ailes de cuir et vous aurez une bonne idée du genre de prédateur qu’il est. La manticore a mis au point un certain nombre de stratégies de chasse et s’adapte à ses différentes proies quand cela s’avère nécessaire. Quand elle se frotte pour la première fois à un gibier inconnu, elle fond sur lui depuis le ciel, ses serres et ses crocs la saisissent dans une prise mortelle et son dard le pique jusqu’à ce qu’il cesse de lutter. C’est une méthode brutale mais efficace. Ce sont des solitaires. Le mâle règne sur un large territoire, qu’il défend avec agressivité contre les autres mâles dans des combats parfois mortels si l’intrus ne veut ou ne peut battre en retraite. Les femelles n’ont pas de territoire, mais chassent à leur guise les proies et les partenaires potentiels. Quand l’une d’entre elles entre chez un congénère, celui-ci la défie rituellement et teste son courage avant de se soumettre ou d’essayer de la chasser. Dans le premier cas, elle restera quelques jours ou quelques semaines avec lui, chassera avec lui et le testera dans de brefs combats. Si elle décide qu’il fait un bon partenaire, elle bondira, arrachera son dard et s’accouplera avec lui. Dès qu’ils en auront fini avec la bagatelle, elle utilisera son venin pour le paralyser, puis le dévorera. Elle prend ensuite possession du territoire du mâle et le défendra violemment contre toute intrusion. Au bout de six mois de gestation, elle donnera naissance à une portée de deux à quatre petits, dont la moitié mourra probablement avant l’âge adulte. Une manticore est toujours un adversaire redoutable, mais une femelle avec des petits est véritablement terrifiante. Elle attaquera vicieusement et sans relâche tout ce qu’elle percevra comme une menace, sans faire grand cas de sa propre sauvegarde. Quand ils auront environ un an, la mère laissera les mâles se débrouiller seuls et reprendra ses pérégrinations en compagnie de ses filles. Ces derniers se battront entre eux pour prendre le contrôle du territoire qu’elle aura abandonné, et le vainqueur chassera ou tuera les vaincus. Au bout de quelques mois, la mère quittera ses filles, qui commenceront à leur tour à voyager. Difficulté de dressage COMPLEXE Intelligence INSTINCTIVE M


96  MÉDUSE,FILLE Au cours de leur enfance, les méduses apprennent à utiliser leur pouvoir de pétrification et à améliorer son efficacité en concentrant le regard de leurs yeux principaux. Une fille acquiert sa résistance en étant exposée au regard de ses parents et de ses frères et sœurs. Remèdes Les alchimistes évoquent un remède naturel à la calcification. Le soigneur doit extraire de grandes quantités du venin de la méduse ou les sucs digestifs des créatures pétrivores (qui se nourrissent de pierre), et transformer le liquide en une solution mousseuse. Le corps pétrifié sera immergé avec soin dans cette substance, ce qui rendra son aspect normal à la chair. Il arrive même que la victime survive. Soins quotidiens Une fille de méduse est aussi intelligente et sa personnalité aussi complexe qu’un enfant humain, et elle est même encore plus difficile à élever. Les bébés étant incapables de pétrifier la chair dont ils ont besoin, le meilleur garde-manger que vous pourrez trouver est un « jardin de statues » où seront conservées les victimes pétrifiées d’une méduse adulte. Certains écrits suggèrent qu’il est possible de substituer à cette matière un régime à base d’os pulvérisé, de sang et de calcaire écrasé, hélas sans garantie de succès. Si elle parvient à l’âge adulte, une méduse peut se révéler tout autant un allié puissant qu’un serviteur dangereux. Son regard mortel n’est pas actif en permanence et un soigneur prudent peut tenter de s’en occuper, mais les jeunes sont sujets à des accès de colère envers leurs figures parentales, en particulier à l’approche de l’adolescence. Même la plus gentille des filles peut un jour ou l’autre vous regarder avec irritation. Selon sa maturité et le degré de sa colère, un soigneur malheureux pourrait bien éprouver un bref picotement d’engourdissement, puis une atroce sensation de pétrification brutale, totale et tout à fait inattendue. Il y a pourtant une lueur d’espoir. La peur instinctive, aussi vieille que la répulsion des humains envers les serpents, nourrit la magie du regard de la méduse. Le souffle s’arrête, les muscles se crispent, le cœur manque un battement... et si la victime ne peut résister, sa vitalité s’enfuit, en proie à la terreur. Mais si un soigneur est capable de ne pas céder à cette peur, que ce soit par un conditionnement prudent ou une magie puissante, il pourra résister à la colère de sa fille et vivre assez longtemps pour jouer un jour encore avec elle. Joel Sparks Je remercie l’estimée érudite Athanasia de Lytos pour ses recherches sur la nature des méduses. Difficulté de dressage DIFFICILE Intelligence CIVILISÉE Les légendes racontent que les méduses sont en fait des descendants d’une ancienne faction de naga. Leur haine si profonde des humains les conduisit à mener contre eux une guerre d’extermination. Celle-ci se révéla si désastreuse que les dieux nagas euxmêmes intervinrent, jetant sur les rebelles une terrible malédiction : la partie supérieure de leur corps se transforma et devint totalement humaine, les condamnant à arborer le visage de leurs ennemis tant détestés. De plus, à chaque fois qu’ils regardaient quelqu’un en éprouvant de la colère, celuici était transformé en pierre. Les méduses, ainsi qu’on les appela, furent chassées par tous les peuples et contraintes à un exil éternel, exil pendant lequel elles auraient tout le loisir de ruminer leur haine et leur amertume. La tête humaine d’une méduse est couronnée de huit appendices écailleux qui ressemblent beaucoup à des petites vipères. Leurs têtes triangulaires se terminent par des yeux, une gueule, des crochets venimeux et une protubérance glandulaire capable de frapper une cible et de s’écarter du danger sans même que la méduse n’y pense. Ces « vipères » n’ont pas d’autre organe et ne mangent pas, mais elles jouent un grand rôle dans le processus de digestion, comme je l’expliquerai après. Son venin acide auquel elle est immunisée empoisonne les créatures normales. La partie supérieure du corps de la méduse, où se situent les poumons et un cœur de grosse taille, est dotée de solides vertèbres, ce qui lui permet de rester bien droite au-dessus de son abdomen serpentin. Un individu adulte pèse entre 68 et 136 kg et mesure de 3 à 4,5 m de la tête à la queue. Sa caractéristique la plus étrange est le « regard de la méduse », un effet psychique ou magique assez mal compris. Par un effort de volonté favorisé par la peur qu’elle provoque chez sa victime, elle déclenche dans cette dernière une mutation physiologique brutale et surnaturelle ; son corps se transforme alors en une substance immobile composée principalement de calcium, et c’est de cette chair calcifiée dont la méduse se nourrit. Le processus de digestion est unique. Avant d’être mangée par la tête principale, la proie est mâchée par les vipères qui la couronnent. Ce faisant, elles injectent un venin corrosif qui assouplit la matière pétrifiée afin qu’elle puisse la manger. Les sucs digestifs spéciaux de l’estomac terminent le travail et permettent aux intestins d’en extraire les nutriments. Ces derniers sont en grande partie stockés dans des réserves de graisse, qui serviront à supporter de longues périodes de jeûne. Cependant, quand la méduse est enceinte, elle doit se nourrir fréquemment. Contrairement à la croyance populaire, ces créatures ne sont pas toutes des femelles mais des hermaphrodites, et pourtant, c’est le terme de « fille » qui s’applique à leur progéniture. Après l’accouplement, l’un des partenaires du couple donne naissance à un petit qu’il n’allaitera pas. Il le nourrira avec une pâte obtenue en réduisant ses victimes en poudre et en mélangeant celle-ci à de l’eau. M


98  MIMIQUE,BÉBÉ Soins quotidiens Les nouveau-nés ont besoin de l’eau et des protéines contenues dans les vers, les scarabées et d’autres invertébrés. Dépourvus de bouche, elles les absorbent simplement dans la matière visqueuse qui les constitue. Au cours de cette période, elles ingurgitent quotidiennement un quart de leur poids en nourriture et boivent la moitié de leur poids. À l’âge de 4 semaines, elles ont doublé en taille ; une bouche, un nez et des yeux apparaissent peu à peu. Leurs besoins énergétiques ont également doublé et elles s’essayent aussi à imiter des formes. Au cours de leur troisième phase de croissance, qui dure quatre mois, les bébés mimiques mangent et boivent autant qu’au cours de la seconde phase. Elles sont cependant capables de croquer de petits vertébrés comme les souris, les oiseaux et les serpents, en complément de leur régime d’invertébrés. Leur capacité à se nourrir par absorption décroît et les pousse à utiliser leur toute nouvelle bouche. Au même moment, les yeux commencent à apparaître. Ce n’est qu’à partir de la quatrième phase de croissance, qui dure un an et équivaut à l’adolescence d’un humain, que les mimiques peuvent commencer à manger des animaux plus gros. Les invertébrés qui constituaient la base de leur régime alimentaire ne suffisent plus. Elles ont besoin d’absorber quotidiennement trois quarts de leur poids en nourriture, et leur besoin en eau diminue au même rythme. Avant d’arriver à l’âge adulte, soit environ un an et demi après leur naissance, elles auront appris à maîtriser un certain nombre de techniques de mimétisme. Les bébés mimiques sont d’une nature curieuse et patiente. Si vous leur présentez différentes espèces au cours des trois premières phases de croissance, vous avez de grandes chances de les apprivoiser et de les sociabiliser. Elles sont cependant tout à fait capables de discerner les émotions, comme la plupart des êtres vivants d’ailleurs, et n’apprécient guère d’être maltraités. Entraînement Un bébé mimique essaiera naturellement de copier la forme des choses qui l’entourent. Ses premières tentatives se résument en général à répliquer son parent et si celui-ci est d’une espèce différente, il n’est pas rare qu’il adopte la forme d’une chaussure faite dans une sorte de bois ou d’un bras taillé ressemblant à de la pierre. Si vous permettez à votre bébé mimique d’envelopper un appendice quand il est sous sa forme visqueuse, il apprendra bien plus vite à copier sa forme que s’il se contentait de l’imiter. Cependant, ne le laissez pas en contact avec votre peau plus d’une heure ; ses enzymes corporels peuvent provoquer rougeurs et irritations. Vickey Beaver Les mimiques ressemblent à des tas de matière visqueuse quand elles sont entre deux formes. La plupart du temps, elles adoptent selon leur espèce l’apparence de simples structures de bois, de pierre ou de métal (coffres, portes ordinaires, banc public, repose-pied ou objets de même taille qu’elles). Elles joignent leurs forces en de rares occasions, afin de copier de grandes structures comme des granges, des entrées de caverne ou des portes de forteresse. Leur comportement varie autant d’un individu à l’autre que pour n’importe quelle autre espèce. Certains sont amicaux, d’autres vicieux. L’un peut faire de bonnes blagues ou se transformer en piège. Comme les mimiques n’ont guère besoin d’un langage, celles qui prennent la peine de se doter de cordes vocales et d’un orifice pour parler sont rares, et celles qui apprennent des langues encore plus. Elles existent pourtant et il est possible de les raisonner. Les mimiques peuvent se faire la cour des mois durant, jusqu’à ce que le couple ait décidé que ce partenaire était le bon. Après avoir trouvé un lieu sûr où s’abriter, elles adoptent alors leur état informe et ne font ensuite plus qu’un pendant une semaine. Toute interruption de cette phase critique provoquera une riposte violente envers le coupable, quel qu’il soit. Les mimiques ne vivant pas toujours les unes près des autres, elles possèdent la capacité de se reproduire de manière asexuée, et ont donc à cette occasion des attributs mâles et femelles. Ce procédé requiert le double du temps habituellement nécessaire, mais entraîne la même riposte violente qu’avec deux spécimens en cas d’interruption. Quelle que soit la méthode de reproduction, la mimique (qu’elle soit mâle ou femelle) porte ses petits pendant trois mois et se consacre entièrement à leur protection. Dans le cas d’une reproduction asexuée, elles seront identiques à leur parent. Sinon, elles auront des caractéristiques du père et de la mère. Ces créatures se reproduisent la plupart du temps entre membres d’une même espèce. Des hybrides peuvent cependant exister en cas d’accouplement hétérogène, comme entre individus imitant le bois et la pierre, ou la pierre et le métal, ou bien entre individus eux-mêmes hybrides. Lorsque la mimique arrive au terme de sa gestation, elle cherche un endroit où se cacher, qui la protégera aussi des éléments, du bruit et des éventuels prédateurs. Le travail dure de deux à six heures et il arrive que des congénères habitant aux alentours convergent pour protéger la mère pendant la naissance. Difficulté de dressage COMPLEXE Intelligence VIVE M


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