MÉMOIRE DES PROJETS DE RESTAURATION ET D’AMÉNAGEMENT DES
SITES ET MONUMENTS HISTORIQUES DE LA PROVINCE D’AL HOCEIMA
RÉALISÉS DANS LE CADRE DE LA CONVETION DE FINANCEMENT ET DE RÉALISATION DU PROGRAMME DE
DÉVELOPPEMENT SPATIAL DE LA PROVINCE D’AL HOCEIMA
AL HOCEIMA MANARAT AL MOTAWASSIT
Élaboré par: Larbi El Mesbahi, Conservateur régional du patrimoine Tanger-Tétouan- Al Hoceima
Octobre 2020
CES PROJETS ONT ÉTÉ FINANCÉS CONJOINTEMENT ET EN MINISTÈRE DE LA CULTURE, DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR
DÉPARTEMENT DE LA CULTURE WILAYA DE LA RÉGION TANGER TÉTOUAN AL HOCEIMA
PARTENARAIT ENTRE
DIRECTION DU PATRIMOINE CULTUREL PROVINCE D’AL HOCEIMA
SA MAJESTÉ LE ROI MOHAMMED VI QUE DIEU L’ASSISTE
LA COMPOSANTE CULTURELLE DANS LE PROGRAMME torat espagnol, devenu avec le temps, un élément du patri-
« AL HOCEIMA MANARAT AL MOTAWASSIT » moine architectural phare et un symbole de mémoire collecti-
ve.
Développé et mise en œuvre suite aux hautes instruc- De portée budgétaire très symbolique, ces projets ont
tions de sa majesté le roi Mohammed VI que dieu l’assiste, le été financés conjointement par le Ministère de la Culture et le
programme de développement spatial de la province d’Al Ho- Ministère de l’Intérieur alors que la maitrise d’ouvrage a été
ceima dit Al Hoceima Manarat Al Motawassit, était conçu et confiée, pour raison de compétence professionnelle, au Minis-
réfléchi avec beaucoup de rigueur et d’attention pour que ses tère de la culture représenté par la conservation régionale du
résultats touchent un plus grand nombre de bénéficiaires en patrimoine à Tanger qui en a assurés la gestion financière et
milieu urbain comme en milieu rural. technique en coordination avec la maitrise d’œuvre architectu-
rale et technique de ces projets et les différents intervenants.
Articulé au tour de cinq axes principaux et 1000 projets
qui couvrent différents secteurs de développement, le pro- S’agissant de sites archéologiques et de monuments
gramme d’Al Hoceima Manarat Al Motawassit dont les résul- historiques de nature et de typologie différente et dont la
tats, grâce aux instruments de gouvernance mis en place, ont connaissance, la réhabilitation et mise en valeur nécessite-
dépassé les prévisions de départ et à l’instar des autres pro- raient des investigations archéologiques et des travaux qui
grammes de développement initiés dans le cadre des conven- peuvent s’échelonner sur plusieurs années, les actions me-
tions royales, a réservé une place significative aux projets de nées dans le cadre de ce programme ont concernés essentiel-
développement culturel et de la préservation du patrimoine lement les aspects suivants:
historique.
1. L’identification et la délimitation foncière et physi-
Outre la mise à niveau territorial, la promotion de l’envi- que et de ces sites et monuments
ronnement social, la création des infrastructures et la protec-
tion de l’environnement et la gestion des risques, le program- 2. La protection administrative, juridique et physique
me d’Al Hoceima Manarat AL Motawassit, a réservé une place de ces sites et monuments
importante aux projets d’infrastructures culturelles et de pré-
servation du patrimoine. Résultant d’un diagnostique territo- 3. La sauvegarde et la préservation de ces sites à tra-
rial participatif et concertant, le programme a identifié 5 pro- vers des travaux de restauration, de restitution, de
jets de restauration et de réhabilitation des sites et monuments renforcement et d’aménagement dont ils ont bénéfi-
historique de la province d’Al Hoceima très riche par son pa- ciés
trimoine archéologique et architectural ancestral.
Reste à indiquer que la préservation durable, la mise en
Ces projets ont portés sur des sites et monuments phares valeur et l’intégration de ces sites dans les circuits touristiques
pas seulement de la province d’Al Hoceima mais de toute la nécessiteraient entre autre la mise en place d’un organe de
zone du Rif central et occidental; deux sites archéologiques gestion et d’une stratégie de communication et de promotion
représentant deux villes historiques d’une grande importance touristique valorisante.
à savoir, la ville médiévale Al Mazamma et celle Baddis;
deux forteresses historiques à savoir la Kalaa de Torres et la 1
Ksaba de Snada et un bâtiment représentatif d’un style archi-
tectural moderne et typiquement rifain de l’époque du protec-
CARTE ARCHEOLOGIQUE DU RIF
La carte archéologique du Rif à l’époque médiévale dénote d’une dense occupation urbaine du Rif côtier. Plusieurs villes urbai-
nes, des villages de pécheurs et des installations militaires et agricoles de différente typologie jalonnaient la côte méditerranéenne
entre la ville de Sebta à l’Ouest et la ville Melila à l’Est.
Cette occupation urbaine du Rif côtier fut bouleversée et interrompue à partir de la fin du XVème siècle.
Après la chute définitive de l’Andalousie musulmane (1492), les côtes marocaines, en particulier les côtes méditerranéennes,
étaient devenues cible d’un double enjeu: le développement de la piraterie et de la course animées par le climat d’insécurité qui flâ-
nait sur la méditerranée et d’autre part le développement des croisades et des reconquêtes chrétiennes ce qui a entrainé d’une part
l’abandon et la démolition de
plusieurs villes et villages de la
méditerranée et d’autre part
l’occupation par les forces ibé-
riques portugaises et ou espa-
gnoles de la majorité des villes
et ports de la côte méditerra-
néenne marocaine.
2
Carte du Maroc de 1655 dont on peut apprécier la densité urbaine de la côte méditerranéenne marocaine 3
FICHE SYNTHÉTIQUE DES PROJETS
SECTEUR CULTURE
AXE
RESTAURATION,REHABILITATION DES SITES ET MONUMENTS
CADRE DE PROGRAMMATION
CONVENTION ROYALE RELATIVE AU PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT SPATIAL DE
CADRE D’EXECUTION ET DE FINANCEMENT LA PROVINCE D’AL HOCEIMA
DU PROGRAMME
CONVENTION SPECIFIQUE(JANVIER 2017) ENTRE :
N° PROJET PAR RAPPORT A LA CONVEN- MINISTRE DE L’INTERIEUR
TION SPECIFIQUE MINISTRE DE LA CULTURE
MINISTRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
MONTANT PRÉVISIONNEL DES PROJETS LE GOUVERNEUR DE LA PROVINCE D’AL HOCEIMA
MONTANT RÉELLEMENT ENGAGÉ LE DIRECTEUR DE L’AGENCE DE DEVELOPPEMENT DES PREFECTURES ET PROVINCES
( HORS MONTANTS ENGAGÉS PAR AU- DU NORD
TRES SOUS ORDONNATEURS) PROJET 4: REHABILIATION DES SITES DU PATRIMOINE HISTORIQUES:
SOURCE DE FINANCEMENT 1. MEZAMMA
2. BADIS
3. KASBAT SNADA
4. QALAAT TORRES
5. KALAA AL HAMRA ( RAJOUTE EN 2018)
32 MDH
34,2 MDH
MINISTERE DE L’INTERIEUR:……………………………………….. 16 MDH
MINISTERE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION: ………... 18,2 MDH
MAITRISE D’OUVRAGE MINSTERE DE LA CULTURE ( ARTICLE 4 DE LA CONVENTION)
CONSERVATION REGIONALE DU PATRIMOINE A TANGER
4
SITES CIBLES DU PROGRAMME
5
PROJET 1
AMENAGEMENT EXTERIEUR DE LA QALAAT TORESSE
6
PRÉSENTATION DU SITE La Forteresse Embouchure Oued Beni Boufrah
Le site de la Qalaat Torres occupe le sommet Le village médiéval
et les flancs d’une colline sur la rive gauche
d’Oued beni Boufrah à 37 km à l’Ouest d’Al Ho-
ceima et à peu près 3 km de la ville médiévale de
Badis.
Le site renferme deux entités urbaines: un vil-
lage médiéval dont les traces sont à peine repéra-
bles sur les flancs sud-est et sud-ouest de la colline
et la forteresse dite Kalaat Torres qui constitue le
monument phare du site et qui occupe le sommet
de la colline qui semble surgir de la mer à une al-
titude de 90 m jouissant ainsi d’un positionnement
stratégique observant une large bande des côtes
méditerranéennes.
Mentionné par Al Badissi dans son œuvre sur
les Soulahae du Rif sous le nom de Qalaat Sanha-
ja (13ème siècle) ou Marfae Sanhaja, les auteurs
restent divergeant quant à l’origine de la Fortres-
se. En effet certains y voient une construction maro-
caine d’époque médiévale probablement d’origi-
ne almohades dont la construction était liée à la
défense de la ville de Badis , d’autres y voient une
forteresse ibérique d’origine portugaise ou espa-
gnole.
Dans tous les cas, le site de la Kalaa de Tor-
resse mieux connu sous la dénomination de Torres
de Al Kalaa, reste un site archéologique d’une
grande importance historique, son implantation au
sein du parc national d’Al Hoceima lui confère une
importance touristique indéniable d’où la perti-
nence du projet de restauration et d’aménagement
dont a bénéficié ce monument emblématique du
Rif central côtier.
7
DESCRIPTION DU MONUMENT
La forteresse de la Qalla Torres prend la forme d’un
quadrilatère irrégulier d’une superficie au sol de 670m². Elle
se compose d’un espace intérieur comprenant une cours centra-
le à ciel ouvert et les traces de quelques locaux qui devaient
servir pour le logement de la garnison et le stockage des minu-
tions.
Le tout est entouré d’une enceinte massive dont l’épais-
seur atteint 1,60m et la hauteur varie entre 5 et 7 mètres cons-
truite en pisé sur un sous bassement en moellon. Cette enceinte
était fortifiée de 6 tours dont 4 occupent les angles, la 5ème
encadre la porte d’entrée , la 6ème a été aménagée au milieu
de la courtine Est , elle devait abriter des canons qui défen-
daient l’entrée d’oued Beni Boufrah.
Cette forteresse défensive présente aujourd’hui un grand
intérêt patrimonial et touristique qui se reflète à travers l’en-
semble de ses fonctions et valeurs notamment:
1.Sa valeur stratégique qui se reflète par son positionne-
ment perché au sommet d’une colline permettant le
contrôle et la défense des côtes et ports des villes et vil-
lages du Rif côtier
2.Sa valeur historique qui témoigne de l’intérêt urbain,
commercial et militaire du Rif central et occidental depuis
l’introduction de l’Islam jusqu’au XVème siècle
3.Sa valeur archéologique qui nous renseigne sur le mode
d’occupation du territoire et les techniques défensives mi-
se en œuvre pour défendre les côtes méditerranéennes
durant la période médiévale
4.Sa valeur architecturale qui se rattache aux style, for-
mes, matériaux et techniques de mise en œuvre de l’en-
semble
5.Sa valeur pittoresque qui se traduit par sa position pa-
noramique et son implantation au sein du parc national
d’Al Hoceima
8
ÉTAT DU SITE AVANT DÉMARRAGE DU PROJET Photo Google Earth 2016
Photo du site en 2017 avant démarrage du projet
La forteresse dite Torres de Al Kalaa ou Kalaat
Torrès avait bénéficié, dans le cadre d’un projet de
partenariat avec l’union européenne, d’un projet d’é-
tude archéologique et de restauration qui a été réali-
sé par l’Agence de promotion et de développement
des provinces et préfecture du Nord.
Ce projet a porté sur l’identification et l’étude
stratigraphique du site et la restauration ou la restitu-
tion de la forteresse médiévale qui constitue le monu-
ment phare de ce site pour y aménager un centre
d’observation et d’étude ornithologique.
Ce projet dont les travaux ont été achevés en
2017 n’avait pas intégré l’aménagement de l’environ-
nement immédiat du monument ni l’aménagement de
l’accès au site qui constituait un véritable problème ni
encore l’éclairage et la mise en sécurité de ce passa-
ge escarpent qui menait au monument.
L’état d’une tours en 2017
9
FICHE TECHNIQUE DU PROJET
Intitulé TRAVAUX D’AMÉNAGEMENT EXTÉRIEUR DE LA QALAA DE TORRES
Localisation
Cadre de programmation COMMUNE BENI BOUFRAH, PROVINCE D’AL HOCEIMA
N° marché
Date commencement des travaux CONVENTION ROYALE « AL HOCEIMA MANARAT AL MOTAWASSITE »
Consistance des travaux
3/2018
Montant du marché ( hors études)
Montant engagé 2/7/2018
Délai d’exécution
Maitre d’ouvrage AMÉNAGEMENT D’UN ESCALIER D’ACCÈS À LA FORTERESSE
Maitrise d’œuvre technique AMÉNAGEMENT D’UNE RAMPE POUR PMR
Entreprise titulaire du Marché MISE EN PLACE D’UN ÉCLAIRAGE D’AMBIANCE
État d’avancement du projet MISE EN PLACE D’UN GARDE CORPS EN BOIS SUR UNE LONGUEUR DE
CONSTRUCTION D’UN MUR BAS DE PART ET D’AUTRE DU PASSAGE D’ACCÈS
MISE EN PLACE D’UN PORTAIL POUR LE SITE
RESTAURATION D’OUVRAGES ARCHÉOLOGIQUES
CRÉATION DE PETITS ESPACES VERTS
BRANCHEMENT ÉLECTRIQUE DU SITE
1784400,00
1820088,00
8 MOIS
CONSERVATION RÉGIONALE DU PATRIMOINE TANGER TÉTOUAN AL HOCEIMA
BUREAU D’ÉTUDE (BETA INGÉNIERIE ) AL HOCEIMA
JAMAL TATNOUT ( ENTREPRENEUR PHYSIQUE)
ACHEVÉ ET RÉCEPTIONNÉ DEPUIS 28/2/2019
10
Plan de masse
11
DEROULEMENT DES TRAVAUX
12
ETAT DU SITE APRES ACHEVEMENT DES TRAVAUX
13
14
PROJET 2
RESTAURATION DU SITE ARCHEOLOGIQUE DE BADIS
15
PRÉSENTATION DU SITE
La ville médiévale de Badis se situe à l’em-
bouchure de l’Oued Kerker et le Hajar Badis (Peñón
de Vélez de la Gomera), les vestiges archéologi-
ques de la ville sont parsemés sur les deux rives de
l’oued et sur le piton rocheux où on y voit encore les
vestiges du rempart médiéval.
Le mystère de l’origine de la ville de Badis
n’est encore résolu, quelques chercheurs y voient une
des villes antiques qui a figuré sur l’Itinéraire d’Anto-
nin. Quant à la ville médiévale, sa fondation pour-
rait être reculée jusqu’au le VIIIèmesiècle.Des sources
historiques attribuent sa fondation aux Zénètes, tri-
bus amazighs. Cette petite agglomération a fait
partie probablement de l’émirat de Nakour.
Au XIIème siècle, avec les Almohades, la ville
pris son essor, et elle est qualifiée en tant que ville
proprement dite aux sources médiévales, elle pos-
sédait une mosquée, une Kasbah, des Souks, des
quartiers, des ouvrages hydrauliques sur l’Oued
(norias), un arsenal de construction de navires, et le
plus important ;le rempart de la ville en pisé érigé
par Al Nassir en 1204 de notre ère.
Au XIVème siècle, et pendant les siècles d’a-
près, la ville jouissait d’une importance commerciale
au niveau de la mer Méditerranéenne, elle marchan-
dait avec les navires du sud de la France et d’Italie,
jusqu’à sa chute aux mains des Espagnoles en 1564.
16
Badis dans la carte
Fessae et Marocchi regna / [Jodocus Hondius]
( 17ème siècle)
source: gallica.bnf.fr
17
DESCRIPTION DU SITE
Les vestiges archéologiques de la ville de Badis sont apparents
surtout sur la rive orientale d’Oued Laanasar qui avant de se déverser
dans la Méditerranée forme un large bassin versant de plus de 400 m
de largeur sur 400 m de longueur.
Même si des restes archéologiques sont visibles sur la rive occiden-
tale de l’Oued et à en juger à travers les documents cartographiques et
iconographiques anciens, il semblerait que la ville médiévale de Badis
aurait occupé les terrasses et pentes douces de la montagne qui délimi-
tait la vallée du coté est, elle s’identifierait probablement au village ac-
tuel qui semble avoir été construit sur les vestiges de la ville comme en
témoignent les encore apparents dans différents endroits dans le village.
D’après les sources historiques, la ville possédait des souks, une
grande mosquée, des quartiers, un rempart, une kasbah ou ribat qui se
situait au dessus de la crête montagneuse (plus de 300 mètre d’altitude)
qui domine la vallée du côté est.
Le site archéologique de la ville de Badis présente aujourd’hui un
grand intérêt patrimonial et touristique qui se reflète à travers l’ensem-
ble de ses fonctions et valeurs notamment:
1.Sa valeur stratégique comme port historique d’échange commer-
cial important entre le Maroc et le Nord de la Méditerranée no-
tamment avec l’Andalousie musulmane
2.Sa valeur historique qui témoigne de l’intérêt urbain, commercial
et militaire du Rif central et occidental depuis l’introduction de l’I-
slam jusqu’au XVème siècle
3.Sa valeur archéologique qui nous renseigne sur le mode d’occu-
pation du territoire et les
techniques défensives mise en
œuvre pour défendre les cô-
tes méditerranéennes durant
la période médiévale
4.Sa valeur architecturale qui
se rattache aux style, formes,
matériaux et techniques de
mise en œuvre de l’ensemble
5.Sa valeur pittoresque qui
se traduit par sa position cô-
tière et son implantation au
sein du parc national d’Al
Hoceima
18
ETAT DU SITE AVANT DEMMARAGE DU PROJET
Le levé topographique du site de Badis réalisé en 2017 avait
permis l’identification et la localisation de trois blocs d’intérêt archéo-
logique: un tronçon de l’enceinte qui se développe sur les pentes
abruptes de la falaise qui délimite le village actuel du côté nord-est,
les restes d’un Kasba qui se situe au sommet de la falaise faisant face
au village actuel du côté ouest et les vestiges d’une éventuelle mos-
quée qui se situe dans un verger à droite de la piste menant au centre
du village et la porte historique de la ville dont l’existence et la locali-
sation étaient soupçonnées à travers des documents graphiques anciens
seulement.
Le repérage physique des vestiges à restaurer effectué pendant
l’ouverture du chantier a permis de dresser les constations suivantes:
1. La restitution de la porte historique de la ville, dont l’existence
et la localisation n’étaient soupçonnées qu’ à travers des docu-
ments iconographiques anciens et quelques faibles traces sur le
sol, exigeait la réalisation d’un grand sondage archéologique et un travail de nettoiement et de terrassement qui a demandé
un temps et des moyens considérables.
2. Le tronçon de l’enceinte qui délimitait la ville du côté sud-est n’était reconnaissable qu’à partir des traces au rat de sol et
dont la reconstruction demandait un travail fastidieux de renforcement et de comblement des cavités rocheuses qui consti-
tuaient le soubassement supportant la courtine de l’enceinte
3. Le tronçon de l’enceinte qui délimitait la ville du côte nord-est était dans un état de dégradation très avancée d’autant plus
qu’il était d’accès très difficile
Emplacement de la porte occidenta-
19
FICHE TECHNIQUE DU PROJET
Intitulé Travaux de restauration du site archéologique de Badès
Localisation
Cadre de programmation Commune de Rouadi , Province d’Al Hoceima
N° Marché
Date commencement des travaux Convention royale « Al Hoceima Manarat Al Motawassite »
Consistance des travaux
4/2018 / CRPRTTH ( N°5 SUR GID)
Montant du Marché
Montant engagé 27/06/2018
Délai d’exécution
Maitre d’ouvrage Travaux de désherbage et nettoyage des ouvrages à restaurer
Maitrise d’œuvre architecturale Travaux de dégagement et d’évacuation des décombres pour l’identification des structures ar-
chéologiques à restaurer
Sondages archéologiques et travaux de terrassement pour dégagement des structures archéo-
logiques à restaurer
Travaux de renforcement des fondations et soubassements des ouvrages archéologiques
Travaux de restauration et de remise en état et de restitutions des ouvrages archéologiques
identifiés
Mise en place de plaques signalétique de reconnaissance des structures archéologiques
2.610.660,00 DHS
2.662.873,20 DHS
12 Mois
Conservation régionale du patrimoine –Tanger
Mohammed Gazoulit, Rabat
Maitrise d’œuvre technique Beta Ingénierie AL Hoceima
Entreprise
Statut du projet ARTIUM sarl au
Achevé
Définitivement réceptionné
20
DEROULEMENT DES TRAVAUX
21
22
23
PROJET 3
RESTAURATION ET AMENAGEMENT DE LA KASBA HISTORI-
QUE DE SNADA
24
PRESENTATION DU SITE Kasba de Snada
La Kasba historique de Snada se situe dans la localité
25
et la commune qui porte le même nom dans un emplacement
qui est connu sous l’appellation de Tala n’Baddis qui veut di-
re les sources de Badis à partir desquelles se faisait, parait-
il, l’alimentation en eau potable de cette ville historique dé-
chue.
La Kasba se situe au Sud de la route nationale n°16
qui relie Jabha à Al Hoceima à 4 Km des limites du parc na-
tional d’Al Hoceima et à12 km peu près de la ville histori-
que de Badis.
D’origines historiques incertaines, certains auteurs
contemporains attribuent la construction de cette vaste Kas-
ba aux rois Saadiens sans, toutefois, en déterminer la date
exacte de cette construction.
Selon certains textes, le roi Saadien déchu Mohammed
Al Motawakil, pour se protéger des armées de son oncle
Abdel Malik, serait réfugié dans cette Kasba le 20 Novem-
bre 1577. Ceci indique que la Kasba a été construite à une
date antérieur à 1577, sa construction aurait été entreprise
dans le cadre de la stratégie du pouvoir central saadien
pour faire face aux incursions Ibériques dans les côtes rifai-
nes marocaines, notamment des villes côtières de Badis, Ma-
zamma et autres, dont l’occupation a été opérée depuis la
fin du XVème siècle.
Jouant un rôle primordial dans le contrôle de ce vaste
territoire rifain, la Kasab de Snada aurait été réaménagée
et remise en état par Moulay Ismail qui en a fait un poste
d’avant-garde et un lieu de rassemblement de ses troupes
chargées de rétablir l’ordre et la paix dans ces contrées et
de contrôler les cotes méditerranéennes du Maroc.
Lieu de défense et de refuge, cette Kasba a été , sem-
ble-il, réutilisée par les combattants nationalistes marocains,
notamment par Abdelkrim Al Khattabi, comme centre de ras-
semblement et de commandement des résistants dans leur
lutte contre les forces espagnoles du protectorat. Après l’in-
dépendance, la Kasba a repli plusieurs fonctions entre autre
siège du Souq hebdomadaire de Sanda, terrain de foot
pour les jeunes de cette localité sans toutefois prêter atten-
tion à son état de conservation qui menaçait ruines.
DESCRIPTION DU MONUMENT
D’une superficie intramuros qui fait à peu près15000 m², la Kasba de Sna-
da prend la forme d’un carré presque parfait dont chaque côté mesure à peu près
126 m de longueur.
Le monument est constituée d’une enceinte fortifiée que flanquent 7 tours
barlongues et une porte qui permettait de communiquer de et vers l’intérieur de la
Kasba; cette enceinte délimite un espace intérieur qui comprend une vaste cours
centrale à ciel ouvert qui servait pour le rassemblement et le campement des sol-
dats, et quelques constructions modestes qui à priori étaient affectés à des fonc-
tions administratives et de stockage des munitions et du matériel de guerre ainsi
que des étables pour les montures de guerre et de transport.
Sauf les restes encore debout d’une construction de l’époque du protectorat
espagnol, les constructions historiques des époques antérieures ont été complète-
ment détruites et seul reste quelques traces dont l’interprétation demanderait des
investigations archéologiques.
Le mur d’enceinte qui entoure la Kasba est constituée de 4 courtines de hau-
teur qui varie entre 5 et 7 m depuis le sol jusqu’au sommet des merlons. Ce mur
d’enceinte est jalonné de 7 tours barlongues se développant sur 2 niveaux et dont
la hauteur depuis le sol jusqu’au sommet des merlons varie entre 7,50 et 8 m.
Quatre de ces tours occupent les angles de rattache des courtines alors que
les trois restantes occupent le centre des courtines sud-ouest, nord-est, et nord-
ouest alors que la courtine sud –est se trouve percée d’une porte d’entrée aux ori-
gines à accès coudé et semble avoir été transformée postérieurement à la phase
de construction pour permettre l’entrée des engins roulants.
L’ensemble des ouvrages qui constituent la Kasba a été construit en béton
traditionnel très solide suivant le procédé de construction historique en pisé consti-
tué d’une terre caillouteuse et de la chaux traditionnelle.
Par sa dimension imposante le rôle qu’elle a du joué à travers les temps, la
kasba de Snada constitue un élément de mémoire territorial, un patrimoine archi-
tectural militaire qui se réfère à un mode de gestion de territoire, un patrimoine
matériel qui pourrait bien être inséré dans le processus de développement local à
travers sa mise en valeur et son affectation un projet socioculturel porteur de va-
leur pour la population locale.
Timbre représentant le Kasba de Snada, publié par:
José María Hernández Ramos in El Correo del Estrecho n°6 1228
26
ÉTAT DU MONUMENT AVANT DEMMARAGE DU PROJET
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FICHE TECHNIQUE DU PROJET
INTITULÉ TRAVAUX DE RESTAURATION ET D’AMÉNAGEMENT DE LA KASBA HISTORIQUE DE SNADA
LOCALISATION COMMUNE RURALE DE SNADA, PROVINCE D’AL HOCEIMA
CADRE DE PROGRAMMATION
N° MARCHÉ CONVENTION ROYALE « AL HOCEIMA MANARAT AL MOTAWASSITE »
DATE COMMENCEMENT DES TRAVAUX
CONSISTANCE DES TRAVAUX 5/2018 / CRPRTTH ( N°6SUR GID)
MONTANT DU MARCHÉ 27/06/2018
MONTANT ENGAGÉ
DÉLAI D’EXÉCUTION TRAVAUX DE DÉSHERBAGE ET NETTOYAGE DES OUVRAGES À RESTAURER
MAITRE D’OUVRAGE TRAVAUX DE DÉGAGEMENT ET D’ÉVACUATION DES DÉCOMBRES
MAITRISE D’ŒUVRE ARCHITECTURALE TRAVAUX DE RENFORCEMENT DES FONDATIONS ET SOUBASSEMENTS DES OUVRAGES
TRAVAUX DE RESTAURATION ET DE REMISE EN ÉTAT ET DE RESTITUTIONS DES TRONÇONS D’ENCEINTE ET DES
TOURS
TRAVAUX D’INSTALLATION ET DE MISE EN ÉCLAIRAGE DU MONUMENT
4 534 176,00 DHS
4 624 859,52 DHS
12 MOIS
CONSERVATION RÉGIONALE DU PATRIMOINE –TANGER
ALI AJRO—NADOR
MAITRISE D’ŒUVRE TECHNIQUE BETA INGÉNIERIE AL HOCEIMA
ENTREPRISE SOBINMA SARL AU
STATUT DU PROJET ACHEVÉ
DÉFINITIVEMENT RÉCEPTIONNÉ
28
DEROULEMENT DES TRAVAUX
29
DEROULEMENT DES TRAVAUX
30
ÉTAT DU SITE APRÈS ACHÈVEMENT DES TRAVAUX
31
PROJET 4
RESTAURATION ET AMENAGEMENT DU SITE ARCHEOLOGI-
QUE D’AL MAZAMMA
32
PRESTATION DU SITE Plan de masse
Le site archéologique de la ville d’Al Mazamma se trouve dans la
33
commune rurale d’Ait Youssef Ouali en aval des collines qui bordent la
ville d’Ajdir du côté nord à 11 km à peu près au Sud-est de la ville d’Al
Hoceima en face du rocher de Nekour occupé par les Espagnoles depuis
le 16ème siècle.
Le site archéologique s’étend sur une superficie totale de 9 hecta-
res qui s’identifie au titre foncier n° T 14443/24(P1) qui a été extrait
d’un titre mère au nom de la CGI, le site comprend les restes archéologi-
ques de la petite ville médiévale d’Al Mazamma et un terrain plan té
qui l’entoure des côtés Ouest, Nord et Est.
La ville médiévale d’Al Mazamma , dont la superficie intramuros
ne dépassait guère 3 hectares, occupe un emplacement stratégique sur
la Méditerranée et le Golf d’Al Hoceima ( la baie d’Al Mazamma des
cartes historiques) qui a constitué à travers toutes les époques un port
naturel pour l’accostage des bateaux qui sillonnaient la Méditerranée.
Grâce à ses valeurs archéologiques, patrimoniales, culturelles et
touristiques éventuelles, le site archéologique d’Al Mazamma a été ins-
crit patrimoine national par l’arrêté ministériel n° 676-17 du 5 juin
2017.
D’un aspect fragmentaire et lacunaire, les sources historiques et les re-
cherches archéologiques, nous ne permettent pas de bien connaitre l’his-
toire de la fondation de la ville d’Al Mazamma et son développement
urbain. Certains chercheurs contemporains placent la fondation de la
ville au 9ème siècle, elle aurait coexistée avec la ville de Nekour pour
laquelle elle a joué le rôle de port maritime sur la Méditerranée.
Plan de situation du site archéologique d’Al Mazamma
Étant devenue l’un des ports les plus actifs su la côte rifaine, la ville Extrait de la carte Etats et royaumes de fez et
semble avoir connu son apogée de développement urbain et politique Maroc, Dahra et Segelmesse de N.Sanson
sous le règne des Almohades et Des Mérinides. En 1205, le Khalife 1655 ( gallica.bnf.fr)
almohade, Muhammad an-Nasir dota la ville d’Al Mazamma d’une
enceinte fortifiée et probablement de quelques édifices d’ordre dé- Carte archéologique du
fensifs dont un bastion. La fortification de la ville semble s’inscrire Rif au moyen âge
dans un programme global de fortification et de renforcement des
capacités défensives des villes et ports situés sur la cote rifaine no- Le rocher de Nekour
tamment Badis Torres de Al Kalaa et autres; ce programme a été dic- ( Occupation espagnole)
té, semble t-il , d’une part, par les menaces dont ont été cibles ces
villes et ports et d’autre part, par les préparatifs militaires qui ont La ville d’Al Mazamma
précédés la bataille de las Navas de Tolosa (16 Juillet 1212) qui 34
s’est soldée par une
défaite écrasante des Almohades.
La chute du dernier royaume musulman en Andalousie en 1492 qui a
été suivi d’un mouvement expansionniste chrétien, a été d’une consé-
quence cruciale pour l’ensembles des villes et ports de la côte médi-
terranéenne du Maroc dont la majorité étaient tombées aux mais des
espagnols et des portugais.
Suite à ces circonstances et aux attaques espagnoles des îles et
villes limitrophes, la ville d’Al Mazamma, dont l’existence et le déve-
loppement a été surtout animée par les échanges commerciales avec
l’Andalousie, avait perdu de son importance urbaine, commerciale et
politique, elle est surtout devenue source d’insécurité pour les popula-
tions avoisinantes.
Afin d’éviter qu’elle soit investie par les forces espagnoles ou les
pirates, la ville , après qu’elle a été abandonnée, fut définitivement
détruite par ordre du sultan alaouite Moulay Rachid en 1666.
Ayant été mentionnée et représentée sur différentes cartes euro-
péennes depuis le 16ème jusqu’au 19ème siècle sous différents noms
( Mezamma, Buzemma, Al Mazamma …), cette petite ville médiévale
s’est éteinte et entrée en oublie, ses vestiges ont été ensevelis sous les
dunes de sables et de terres jusqu'au 2010 où une partie de l’encein-
te de la ville fut mise au jour par une équipe d’archéologues maro-
cains dans le cadre d’un partenariat avec la CGI.
Plan de la rade de Buzema ( Rocher de Nekour) et celle de la ville
historique d’Al Mazamm 16/17ème siècle . Gallica.bnf.fr
DESCRIPTION DU SITE Plan des vestiges Porte Nord-est
Le Bastion
La préservation du site archéologique d’Al Mazamma, dont le fon-
cier allait faire partie du projet touristique de Sauani initié par la CGI, a Porte sud
été décidée suite aux appels lancés par les associations civiles locales
en 2009. 35
L’identification et la reconnaissance archéologique des limites phy-
sique de la ville médiévale a été faite par l’association des lauréats de
l’INSAP en partenarial avec l’INSAP et la CGI qui a fiancé la compagne
de fouilles de sauvetage réalisées en 2010 par une équipe d’archéolo-
gues marocains.
Cette reconnaissance a permis de se faire une aidée sur la physio-
nomie urbaine de le ville médiévale, elle a surtout permis d’identifier
certains tronçons du mur d’enceinte, les deux portes donnant accès à la
ville et deux tours, elle a aussi permis l’identification des matériaux et
des techniques de construction du bastion principal et des ouvrages ar-
chéologiques mis au jours.
Dans l’état actuel de nos connaissances et d’investigations, les vesti-
ges archéologiques ayant fait objet des travaux de dégagement et
restauration et de reconstruction se résument dans les éléments suivants:
1. Trois tronçons du mur d’enceinte dont la longueur cumulative atteint
400 ml. Ce mur d’enceinte est construit en pisé sur fondations et
soubassements en moellons naturels, la hauteur de ce mur varie
entre 5 et 7 mètre selon la déclinaison du terrain alors que son
épaisseur varie entre 1m et 1,30, il a été surmonté d’un parapet,
probablement avec merlons, qui protégeait un chemin de ronde
dont les traces étaient à peines visibles dans le tronçon nord de
l’enceinte.
2. Deux portes qui donnaient accès à la ville, l’une perce le coté sud
de l’enceinte et dont les traces sont à peine visibles, l’autre perce
l’angle nord-est de l’enceinte et se présente sous forte monumenta-
le fortifiée par deus tours et dont l’accès était aménagé en chica-
ne selon la tradition des portes almohades.
3. Deux tours barlongues dont l’une occupe l’angle Nord-ouest et
l’autre flanque le tronçon sud de l’enceinte à un endroit qui mar-
que le changement du tracé de cette dernière.
4. Le bastion principal qui occupe une imminence dans le centre de
la ville et dont la construction était faite sur plusieurs étapes.
Le site archéologique d’Al Mazamma présente un intérêt majeur
pour la connaissance de l’histoire urbaine du Rif, de ses relations histori-
ques politiques et commerciales avec le Nord de la Méditerranée notam-
ment avec l’Andalousie, il présente un intérêt pour la recherche archéolo-
gique liée à la naissance des villes médiévale, d’autre part il présente un
intérêt pittoresque et patrimonial indéniable pour le développement du
tourisme culturel et environnemental qui justifient sa conservation et sa
mise en valeur.
ETAT DU SITE ET DES VESTIGES AVANT DEMMARAGE DES TRAVAUX
Image google Earth 28/01/2018 L’état physique en environnemental
du site archéologique d’Al Mazam-
ma, avant le démarrage du projet
en Septembre 2018, était marqué
par deux phénomènes essentiels:
un ensablement et une prolifération
de la couverture végétale qui cou-
vrait la quasi-totalité du site. Cet
état a conduit à une forte érosion,
destruction et enfouissement des
niveaux et vestiges archéologiques
qui ont été mis au jour pendant la
compagne de fouilles de 2010
dont les traces étaient complète-
ment effacées sauf exception du
Bastion et d’un petit tronçon du mur
d’enceinte.
Le repérage et l’évaluation
des ouvrages à restaurer ou à re-
construire ne pourraient s’effectuer
sans un long et pénible travail de
nettoyage, de terrassement et de
dégagement de milliers de mètres
cubes de terre et de sable dont le
CPS des travaux ne prévoyait pas.
Vestiges de la porte Nord-est au 05/09/2018 État mur et Borj enceinte Nord-ouest septembre 2018
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ETAT DU SITE ET DES VESTIGES AVANT DEMMARAGE DES TRAVAUX
État du bastion Saadien septembre 2018
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Intitulé FICHE TECHNIQUE DU PROJET
Localisation
Cadre de programmation Travaux de restauration et d’aménagement du site archéologique d’Al Mazamma
N° Marché Commune Ait Youssef Ouali, Province d’Al Hoceima
Date commencement des travaux
Consistance des travaux Convention royale « Al Hoceima Manarat Al Motawassite »
Montant du Marché 7/2018 / CRPRTTH ( N°6SUR GID)
Montant engagé
Délai d’exécution 05/09/2018
Maitre d’ouvrage
Maitrise d’œuvre architecturale Travaux de construction d’une centre muséal et de gestion du site ( Non exécutés)
Maitrise d’œuvre technique Travaux de désherbage et nettoyage des ouvrages à restaurer
Entreprise Travaux de dégagement et d’évacuation des décombres
Statut du projet Travaux de renforcement des fondations et soubassements des ouvrages
Travaux de restauration, de restitution des tronçons d’enceinte et des tours
Travaux de restauration et de remise en état du bastion Saadien
Aménagement des entiers de visite et des espaces verts
Mise en place d’une clôture et d’un portail d’entrée pour la protection du site
Travaux d’installation d’électricité et de l’eau ...
11.056.056,00 DHS
11.277.177,12 DHS
15 Mois
Conservation régionale du patrimoine –Tanger
Ali Ajro—Nador
EGC Rabat
FOUDET sarl Tanger
Sous lot restauration et aménagement (60% du marché): Achevé et réceptionné provisoirement
Sous lot de construction du centre ( 40% du marché): Non réalisé
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TRAVAUX DE TERRASSEMENT DE DEBLAIEMENT ET DE NETTOYAGE ARCH2OLOGIQUE
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TRAVAUX DE RETAURATION ET DE RESTITUTION DES VESTIGES ARCHEOLOGIQUES
40
TRAVAUX D’AMENAGEMENT DU SITE
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ETAT DU SITE APRES ACHEVEMENT DES TRAVAUX
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43
État du site avant démarrage du projet
État du site après exécution du projet
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PROJET 5
RESTAURATION, REHABILITATION ET AMENAGEMENT DE LA
KALAA AL HAMRA
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PRESENTATION DU SITE Plan de situation
La Kalaa Al Hamar se situe dans la commune rurale d’Arbiae Plan d’Implantation
Taourirt qui relève de la province d’Al Hoceima, elle prend forme sur 46
la rive occidentale d’Oued et Nekour et de la route nationale n°2 qui
relie Al Hoceima à Taza.
L’édifice culmine au sommet d’une colline solitaire à 400 m d’al-
titude qui surplombe, d’une part, le village d’Arbiae Taourirt
et ,d’autre part, la vallée d’Oud Nekour à la limite entre la région de
Tanger et l’oriental.
Ce monument exceptionnel par sa forme architecturale et sa
couleur occupe un emplacement perchant qui offre une vue panorami-
que imprenable sur un large territoire désertique constitué d’une multi-
tude crêtes de montagnes qui composent la chaine du Rif, d’innombra-
bles villages rifains et de quelques vergers parsemés tout au long des
berges de l’Oued..
La kalaa fut construite en 1941 sous le régime du protectorat
espagnol, juste 5 années après l’instauration du régime franquiste et
pendant la seconde guerre mondiale, sa construction s’inscrivit dans le
cadre d’une réforme de l’administration coloniale espagnole chargée
des affaires indigènes et du contrôle des activités des tribus berbères
du Rfi et dont la responsabilité a été confiée à des hauts fonctionnai-
res militaires capables de tisser de bonnes relations avec les dignitai-
res locaux dans le but de renforcer et de pérenniser la présence es-
pagnole déjà menacée grâce aux opérations de la résistance natio-
nale menée par les combattants de ces tribus berbères.
Création architecturale d’un contrôleur militaire espagnol , le
colonel Emilio Blanco Izaga, la Kalaa fut construite pour abriter les
services administratifs, judiciaires, résidentiels et sanitaires de l’admi-
nistration coloniale chargée des affaires indigènes du Rif notamment
de la tribu de Beni Ouryaghel, ce bâtiment est devenue, durant le res-
te de la période coloniale, un centre d’intérêt d’une grande importan-
ce politique et administrative pour l’administration coloniale comme
pour le Makhzen marocain et les habitants de ces tribus pour résoudre
leurs problèmes d’ordre administratif et judicaire. Depuis l’indépen-
dance jusqu’à présent, cette Kalaa singulière est devenue symbole
d’une identité culturelle, un élément du patrimoine architectural du Rif
et un repère de mémoire collective.
DESCRIPTION DU MONUMENT
Plantée dans un rocher au sommet d’une éminence à flancs
abruptes et d’accès difficile, la Kalaa Al Hamra se distingue par
sa silhouette architecturale et sa couleur rougeâtre qui contrastent
avec l’architecture traditionnelle locale dans ce contexte rifain
montagnard et au fort risque sismique.
Érigée pour abriter les locaux administratifs, résidentiels et
sanitaires du bureau régional d’intervention militaire espagnole
dans le Rif, la Kalaa fut construite suivant une conception architec-
turale et une vision esthétique particulière, elle incarne la vision de
son créateur, Emilio Blanco Izaga, un militaire espagnol sans aucune
formation architecturale mais qui a eu l’audace de déroger au sty-
le architectural officiel de l’administration coloniale espagnole en
projetant la création d’une nouvelle identité architecturale et esthé-
tique pour le Rif, une architecture composite, décrite par l’historien
de l’art, Bravo Nieto, de style art déco et d’inspirations indigènes.
Faisant partie d’une série de bâtiments du même style com-
prenant à la fois une mosquée, un château d’eau et d’autres édifi-
ces d’ordre administratif, la Kalaa Al Hamra a marqué l’aboutisse-
ment de cette recherche qui puise dans l’architecture berbère du
Sud du Maroc. Par ses tours pyramidales, ses ouvertures triangulai-
res, ses arcs élancés et ses motifs architecturaux inspirés du réper-
toire esthétique des tribus berbères, la Kalaa Al Hamra qui a susci-
té un intérêt particulier de la part des historiens de l’art espagnols,
marque aujourd’hui un repère spatial et mémorial important pour
l’histoire moderne, le patrimoine architectural et la mémoire collec-
tive de tous les rifains, en particulier le Rif central.
La Kalaa s’étend sur une superficie de 900m² et se compose
de 3 blocs principaux: 2 blocs qui se développent au tours d’une
cour centrale rectangulaire à ciel ouvert, le troisième bloc de forme
carrée occupe le fond à un niveau plus élevé qui les premiers et
marque le bâtiment principal et privilégié de l’ensemble.
La Kalaa se distingue également par sa tour principale qui
se développe sur 5 niveau offrant ainsi une vue panoramique sur
ce paysage quasi chaotique où la verdure fait presque défaut sauf
sur les berges d’Oued Nekour.
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ÉTAT DE L’ÉDIFICE AVANT DÉMARRAGE DES TRAVAUX
Ayant été sévèrement touché par les séismes qui ont frappé la région d’Al Hoceima notamment celui de 2004 et par cause d’a-
voir été délaissée et complètement abandonnée, la Kalaa a subit des dégradations très importantes qui ont touchés sa structure por-
teuse que ses parois et ses éléments architectoniques notamment les éléments de menuiserie qui ont été arrachés et saccagés de telle
sorte que le bâtiment menaçait ruine.
Le rapport d’expertise réalisé par le laboratoire Georet a confirmé l’état vétuste et instable de ce bâtiment dont la restauration et le
confortement a été réalisé de façon à permettre la stabilisation du bâtiment tout en conservant son aspect architectural et ornemental.
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