The words you are searching are inside this book. To get more targeted content, please make full-text search by clicking here.

Guide De Thérapeutique Perlemuter 2017 - Dermatologie

Discover the best professional documents and content resources in AnyFlip Document Base.
Search
Published by drjaafarabdelhafidh, 2018-09-27 07:31:26

Guide De Thérapeutique Perlemuter 2017 - Dermatologie

Guide De Thérapeutique Perlemuter 2017 - Dermatologie

RÉTINO¨IDE ORAL Dermatologie 339

RÉTINOI¨DE ORAL

Acitrétine 30 gél. 10 mg 24,15 I 65 % 0,80
30 gél. 25 mg 50,21 I 65 % 1,67
SORIATANE

Psoriasis invalidant, 10 mg/j
en augmentant progressivement
jusqu’à la dose maximale tolérée
Troubles de la kératinisation, idem
Psoriasis pustuleux, 1 mg/kg/j

PROPRIÉTÉS veillance régulière des enzymes hépatiques et
Dérivés de synthèse de la vitamine A, l’acitré- des lipides sanguins pendant toute la durée du
tine, inefficace dans l’acné, réduit la proliféra- traitement.
tion cellulaire et la kératinisation de l’épiderme. Recherche d’anomalies osseuses lors des traite-
ments prolongés.
INDICATIONS
Psoriasis sévères : érythrodermique, pustuleux, EFFETS INDÉSIRABLES
rhumatisme psoriasique, kératodermie palmo-
plantaire, psoriasis résistants aux autres traite- Tératogénicité +++.
ments classiques. Cutanéo-muqueux : chéilite, xérose, séche-
Troubles de la kératinisation : ichtyoses hérédi- resse buccale, desquamation palmo-plantaire,
taires, kératodermies palmo-plantaires, mala- érythème facial, chute de cheveux, fragilité des
die de Darier, pityriasis rubra pilaire. ongles.
Dermatoses inflammatoires : lichen plan. Osseux : douleurs osseuses, arthralgies, hyper-
ostoses, soudure prématurée des cartilages de
CONTRE-INDICATIONS conjugaison chez l’enfant.
Femmes en âge de procréer sans contraception Ophtalmologiques : sécheresse oculaire, intolé-
efficace. rance au port des lentilles cornéennes, conjonc-
Dyslipidémie, hypervitaminose A, insuffisance tivite, opacité cornéenne, myopie.
hépatique ou rénale. Divers : myalgies, céphalées par hypertension
Grossesse et allaitement : contre-indication intracrânienne, élévation des phosphatases
absolue. Voir Précautions d’emploi. alcalines et des transaminases, hépatites, élé-
vation du cholestérol total et des triglycérides.
PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Contraception efficace obligatoire chez la INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
femme en période d’activité génitale, débutée Les tétracyclines sont contre-indiquées en
1 mois avant le début du traitement et poursui- association en raison du risque d’hypertension
vie 2 ans après la fin du traitement par aci- intracrânienne, association avec la phénytoïne
trétine. à surveiller. Attention aux contraceptifs proges-
Contrôle avant le début du traitement et sur- tatifs microdosés en raison du risque de leur
inefficacité contraceptive, il faut utiliser un
œstroprogestatif.

340 Dermatologie ANTI-IL-12 ET IL-23

ANTI-IL-12 ET IL-23

Ustékinumab 1 inj. SC 45 mg 2766,92 I 65 % 2766,92
1 inj. SC 90 mg 2766,92 I 65 % 2766,92
STELARA

Seringue préremplie
A. < 100 kg : 45 mg à S1 et S5 puis
45 mg toutes les 12 sem.
A. > 100 kg : 90 mg à S1 et S5 puis
90 mg toutes les 12 sem.

PROPRIÉTÉS PRÉCAUTIONS D’EMPLOI

L’ustékinumab est un anticorps monoclonal Grossesse et allaitement : déconseillé.
100 % humain qui se lie à la sous-unité p40 Les vaccins vivants sont également à éviter
commune aux interleukines IL-12 et IL-23 et pendant le traitement.
inhibe leur action. Il exerce ses effets cliniques
à la fois sur le psoriasis et sur le rhumatisme EFFETS INDÉSIRABLES
psoriasique par l’inhibition des voies cytoki-
niques Th1 et Th17, qui occupent une place Réactivation d’infections latentes (tuberculose
centrale dans la physiopathologie de ces notamment).
maladies. Réactions d’hypersensibilité, pouvant survenir
parfois plusieurs jours après le traitement : ana-
INDICATIONS phylaxie, angiœdèmes.
Troubles de l’état général : fatigue, douleur et
• Psoriasis en plaques. érythème au point d’injection.
• Rhumatisme psoriasique. Troubles nerveux : symptômes dépressifs, ver-
L’ustékinumab est indiqué dans les formes tiges, céphalées.
modérées à sévères chez l’adulte (voire chez Troubles dermatologiques : prurit.
l’adolescent) qui n’a pas répondu, ou qui pré- Troubles du système immunitaire : lors des
sente une contre-indication, ou qui est intolé- études cliniques, 8 % des sujers ont développé
rant aux autres traitements systémiques. des Ac anti-ustékinumab.

CONTRE-INDICATIONS INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Infection évolutive sévère. Pas d’interactions médicamenteuses recensées
Tuberculose active. hormis l’utilisation des vaccins vivants.

342 Dermatologie ROSACÉE

ROSACÉE (1)

La rosacée est une affection chronique de Stade 2 : couperose
la face évoluant en 4 stades qui classique-
ment se succèdent. C’est une dermatose Brimonidine
d’origine vasculaire et un parasite, Demo-
dex folliculorum, joue un rôle dans l’appari- Un nouveau topique a été commercialisé
tion des lésions, en favorisant la dilatation en 2014 : la brimonidine (MIRVASO) : c’est
des vaisseaux du visage. un agoniste des récepteurs alpha-2-adré-
• Stade 1 : flushs ou bouffées vasomo- nergiques qui est vasoconstricteur. Il s’ap-
trices. plique le matin et fait disparaître l’éry-
• Stade 2 : érythème et télangiestasies, thème par une vasoconstriction
c’est la couperose. transitoire. Il est efficace entre 6 à 12 h.
• Stade 3 : papules et pustules sur fond de On ne l’applique qu’une fois/j, en répartis-
couperose (acné rosacée). sant bien le produit sur l’ensemble du
• Stade 4 : éléphantiasis (rhinophyma, blé- visage.
pharophyma).
La rosacée évolue par poussées. Les Électrocoagulation
complications sont ophtalmologiques (blé-
pharites chroniques, chalazions, blépharo- L’électrocoagulation fine à l’aiguille est
phyma, kératites, ulcères de cornée, épis- très efficace chez certains patients, écono-
clérites). mique mais douloureuse. En cas de coupe-
rose étendue, on réalise plusieurs séances.
La rosacée est aggravée par la corticothé- Les résultats peuvent durer 5 ans. Chez
rapie locale, formellement contre-indi- certains patients, elle est inefficace et on
quée, et par les expositions solaires ; elle doit avoir recours au laser.
doit être différenciée de l’acné, de la der-
mite péri-orale et de la dermatite séborr- Laser
héique.
Une photoprotection externe est recom- Les lasers à colorant pulsé, le KTP, ou le
mandée quel que soit le stade de la rosa- Nd-YAG long pulse sont efficaces, surtout
cée (indices 30 à 50+). s’ils « explosent » le vaisseaux, créant ainsi
un purpura (nécessitant 5 jours de maquil-
Stade 1 : flushs lage) plutôt que s’ils le « chauf-
fent » comme dans l’électrocoagulation.
Hygiène alimentaire Les séances sont chères et douloureuses
également.
Éviter l’alcool, les repas très chauds, les
épices et les boissons chaudes. Métronidazole

Médicament Dès ce stade, on peut appliquer tous les
jours, x 1 à 2/j, un gel au métronida-
Clonidine (CATAPRESSAN) : 1/4 à 1/2 cp. à zole (ex : ROSEX émulsion) qui élimine
0,15 mg x 2/j ; ces faibles doses ne don- Demodex folliculorum. Le traitement doit
nent pas d’effet secondaire sur la pression durer plusieurs années.
artérielle ; sécheresse buccale, vertiges et
constipation sont possibles. Efficacité Acide azélaïque
modeste en pratique.
Éventuellement, bêtabloquants (effets Il est efficace sur l’érythème et les flush,
secondaires ++). en diminuant la vasodilatation. Il est non
remboursé. Ex : acide azélaïque, FINA-
CÉA 15 % gel : 1 appl. matin et soir pen-
dant 6 mois, à poursuivre si efficacité.

MÉTRONIDAZOLE LOCAL Dermatologie 343

MÉTRONIDAZOLE LOCAL

Métronidazole 30 g (gel 0,75 %) 5,37 I 30 % 0,18
ROZAGEL
Rosacée : 1 appl. matin et soir pendant 6 30 g (gel 0,75 %) 5,72 I 30 % 0,19
à 8 sem. puis 1 appl. le soir en entretien 30 g (crème 0,75 %) 5,72 I 30 % 0,19
30 g (tube d’émuls. 5,72 I 30 % 0,19
ROZEX
Idem ROZAGEL 0,75 %)

PROPRIÉTÉS Allaitement : passage dans le lait.
Antibiotique et antiparasitaire, le métronida-
zole a une action sur la composante inflamma- EFFETS INDÉSIRABLES
toire de la rosacée. Signes mineurs d’irritation cutanée.

INDICATIONS INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Rosacée au stade papulo-pustuleux. Les possibilités d’interactions médicamen-
teuses sont peu probables compte tenu du
CONTRE-INDICATIONS faible passage systémique du métronidazole
Hypersensibilité au métronidazole. topique ; rappelons la possibilité d’interaction
avec :
PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Éviter le contact avec les yeux. – le disulfirame (ESPÉRAL) ;
Grossesse : pas au 1er trimestre. – l’alcool ;
– la coumarine et la warfarine.

344 Dermatologie ROSACÉE

ROSACÉE (2)

Stade 3 : papulo-pustules Traitement général

C’est à ce stade que les traitements sont Il est actif sur les papules et les pustules et
les plus efficaces ; ils reposent sur le métro- repose sur les cyclines : doxycy-
nidazole local ou l’ivermectine locale et sur cline, TOLEXINE 100 mg le soir pour 3 mois.
les cyclines orales.
Exemple de traitement d’entretien
Traitement local d’une rosacée papulo-pustuleuse
avec flushs
᭤ Métronidazole
Métronidazole local, ROZAGEL gel : 1 appl. • Règles hygiéno-diététiques : éviter l’al-
matin et soir pendant 6 mois ; le traite- cool, les boissons chaudes, les repas
ment sera poursuivi si besoin. épicés.
Le métronidazole peut être mis dans des • Photoprotection externe par écran 50+ à
préparations magistrales plus concentrées renouveler toutes les 2 à 3 h si ensoleille-
que dans les produits du commerce : ment important.
2 appl./j de la préparation suivante à 1 % : • TOLEXINE : 100 mg le soir pendant
– métronidazole, 0,5 mg ; 3 mois.
– NÉRIBASE crème, 50 mg. • ROZAGEL : 1 appl. le soir après la toilette
du visage à l’eau.
᭤ Acide azélaïque • Laser à distance de la poussée papulo-
Cf. ci-dessus. Ex : FINACÉA : 1 appl. matin pustuleuse.
et soir pendant 6 mois.
Le métronidazole peut être prescrit per os ;
᭤ Ivermectine il est moins bien toléré que les cyclines :
Un nouveau topique à base d’ivermectine métronidazole (FLAGYL) cp. 250 mg x 2/j
à 1 %, tube de 15 g, vient d’être commer- pendant 1 mois, puis 250 mg/j pendant
cialisé (septembre 2015) dans la rosacée 1 mois, puis 125 mg/j pendant 2 mois et
papulopustuleuse : SOOLANTRA crème relais en topique.
(non remboursé). L’ivermectine détruit les L’isotrétinoïne orale (ROACCUTANE) peut être
vers parasites Demodex qui interviennent utile à un stade très papulo-pustuleux
dans la genèse des lésions papulopustu- avec œdème.
leuses de la rosacée. Le traitement
consiste en 1 appl./j tous les jours sur les Stade 4 : phyma
lésions, jusqu’à disparition des lésions.
Traitement idéal pour les patients préfé- Le rhinophyma peu évolué peut être traité
rant éviter les antibiotiques per os de façon par l’isotrétinoïne orale (ROACCUTANE).
répétée. A` un stade évolué le traitement est chirur-
gical.

VASOCONSTRICTEUR LOCAL Dermatologie 345

VASOCONSTRICTEUR LOCAL

Brimonidine 1 tube 30 g (3 mg/g) I NR

MIRVASO

A. 1 appl./j (max 1 g/appl.) jusqu’à
régression des symptômes

PROPRIÉTÉS EFFETS INDÉSIRABLES
La brimonidine est un agoniste des récepteurs
α2-adrénergiques hautement sélectif. Son Bouffées de chaleur.
application cutanée sur le visage réduit l’éry- Troubles du système nerveux : céphalées, som-
thème par vasoconstriction cutanée directe. nolence, vertiges, syncope, asthénie.
Troubles sur le site d’application : prurit, éry-
INDICATIONS thème, sensation de brûlure.
Érythème facial associé à la rosacée.
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
CONTRE-INDICATIONS
Lésions cutanées, plaies profondes non cica- Contre-indiqué chez les patients traités par un
trisées. inhibiteur de la monoamine oxydase ou par
Grossesse et allaitement. un antidépresseur tricyclique ou tétracy-
clique affectant la transmission noradréner-
gique.

346 Dermatologie TUMEURS CUTANÉES BÉNIGNES

TUMEURS CUTANÉES BÉNIGNES (1)

Verrues vulgaires expliquant ainsi les guérisons obtenues
avec les traitements les plus divers.
Ce sont des lésions virales dues à HPV
(Papillomavirus, type 1 et 6 le plus sou- ᭤ Traitements kératolytiques
vent), auto- et hétérocontagieuses. On utilise des vernis ou pommades kéra-
tolytiques à base d’acide lactique et
Azote liquide d’acide salicylique.
Le traitement de 1re intention reste classi- Ex : DUOFILM vernis ou KÉRAFILM vernis ou
quement l’azote liquide (cryothérapie) POMMADE M.O. COCHON : 1 appl. le soir sur
appliqué à l’aide d’un Cryac (pulvérisateur la ou les verrue(s) en protégeant la peau
d’azote) ou d’un long coton-tige. On réa- saine autour avec un vernis normal inco-
lise à chaque séance 3 appl. successives lore. A` renouveler tous les soirs jusqu’à
d’azote (3 cycles de congélation/décongé- disparition de la verrue. En cas de déca-
lation). page excessif, espacer les applications. Le
L’azote doit être appliqué après un déca- traitement dure 3 j à 2 mois.
page manuel à l’aide d’une lame de bis- Ou préparation faite en pharmacie : COL-
touri qui enlève les couches superficielles LODION SALICYLÉ : acide lactique 4 g
de la verrue et permet à l’azote de diffuser + acide salicylique 4 g + collodion élas-
très profondément. tique 4 g ; mêmes modalités d’application.
Ce traitement est douloureux et doit être
réalisé sous anesthésie locale par crème ᭤ Traitements chirurgicaux
EMLA chez l’enfant. L’électrocoagulation, le laser CO2, ou la
Les applications doivent souvent être chirurgie d’exérèse doivent être réservés
répétées, idéalement toutes les 4 à 6 sem ; aux verrues très résistantes et symptoma-
au-delà de 5 appl. à 1 mois d’intervalle tiques (douloureuses notamment). A` éviter
sans aucune amélioration, le traitement sur la plante des pieds (pas d’appui pen-
devra être considéré comme un échec et dant une semaine puis béquilles) +++ et
modifié. au pourtour de l’ongle (onychodys-
L’azote liquide est peu efficace sur les ver- trophie).
rues mosaïques et les myrmécies plan-
taires qui nécessitent plus de séances ᭤ Imiquimod
mensuelles (7 à 10 séances). Imiquimod (ALDARA) : topique hors AMM,
utilisé parfois pour les verrues résistantes,
Autres traitements possibles bien décapées. Il est cher et peu efficace
sur les verrues non génitales.
᭤ Abstention thérapeutique
Certaines verrues disparaissent spontané-
ment dans un délai de 6 mois à 2 ans,

KÉRATOLYTIQUES – ACIDE SALICYLIQUE Dermatologie 347

KÉRATOLYTIQUES – ACIDE SALICYLIQUE (1) –
FORMES RÉSERVÉES AUX VERRUES

Acide salicylique 1 fl. 15 mL NR

DUOFILM 1 fl. 14 mL NR
NR
16,7 % d’ac. salicylique + 16,7 % d’ac. 1 fl. 10 mL
lactique + 6 rondelles protect. NR
Verrues vulgaires, cors et durillons : 1 à + appl. NR
2 appl./j (protéger la peau périlésionnelle
avec un vernis incolore VERLIM 3 ou 10 disp. 6 mm 3,62 mg NR
vernis à ongles du commerce), après avoir 8 disp. 12 mm NR
ramolli la lésion au cours d’un bain, 14,54 mg NR
gratter la peau blanchie avec une lime à NR
ongles jetable, sans faire saigner, x 1/sem. 1 fl. 4 g sol. appl. NR
cutanée 12,5 % NR
VERRUFILM NR
Idem DUOFILM 5 emplâtres durillons
9 emplâtres cors
KÉRAFILM 1 fl. 5 mL sol. 10 %

1,5 g d’ac. salicylique + 1,5 g d’ac. appl. loc.
lactique
Idem DUOFILM 10 g (pomm. 50 %)

TRANSVERCID fl. 5 mL sol. 11 %

Dispositif pour appl. cutanée 2 fl. 3 g
Traitement local de verrues vulgaires
A` poser le soir et enlever le lendemain
matin

CORICIDE LE DIABLE

1 application cutanée le matin pendant
1 semaine

FEUILLE DE SAULE

Cors-Durillons
1 emplâtre/j pendant 3 à 5 j
Verrues
3 appl./j de solution pendant 2 sem.

POMMADE M.O. COCHON

1 appl. le soir

SANITOS

1 à 2 appl./j

VERRUPAN

1 à 2 appl./j

348 Dermatologie TUMEURS CUTANÉES BÉNIGNES

TUMEURS CUTANÉES BÉNIGNES (2)

Molluscum contagiosum loureux. Il peut rarement entraîner des
cicatrices hypotrophiques.
Les molluscum contagiosum peuvent dis- En cas de récidive, on traite à nouveau les
paraître de façon spontanée, mais parfois lésions jusqu’à l’apparition d’une
sur 2 ans. immunité.
S’ils se multiplient rapidement et devien-
nent supérieurs à 20-25, un traitement est Verrues séborrhéiques
souhaitable (avant qu’ils ne deviennent
trop nombreux). Abstention ou destruction par application
d’azote liquide au Cryac ou au coton, sui-
Traitement du terrain vie de l’application d’un corps gras. Ex :
CICALFATE x 2/j jusqu’à la cicatrisation ou
Les molluscum contagiosum apparaissent acide fusidique, FUCIDINE pommade.
préférentiellement sur les peaux sèches
ou atopiques : l’application d’un émollient Nævi
(ex : DEXERYL) sur une xérose, et d’une Autosurveillance
préparation au glycérolé d’amidon ou d’un
dermocorticoïde sur des plaques d’ec- Selon l’abécédaire ABCDE :
zéma peut permettre leur disparition.
Abécédaire sur lequel on s’appuie pour la
Hydroxyde de potassium surveillance des nævi ; la présence ou l’ap-
parition de l’un des critères suivants doit
Le traitement médical des molluscum faire consulter le dermatologue pour réali-
contagiosum repose sur un liquide d’hy- ser éventuellement l’exérèse et l’analyse
droxyde de potassium qui détruit les de la lésion.
lésions. Ex : MOLUSDERM 10 % ou MOLU- A : Asymétrie de la lésion.
TREX 5 % : une appl./j sur les lésions jus- B : Bordure irrégulière, en carte de géo-
qu’à apparition d’un érythème (irritation) graphie.
en 2 à 8 j. Arrêter alors les applications et C : Couleur inhomogène, polychromie.
attendre la formation d’une croûte et sa D : Dimension > 6 mm de grand axe.
chute entraînant la guérison. L’hydroxyde E : Évolutivité.
de potassium est très efficace chez cer-
tains patients et inefficace chez d’autres. Il Surveillance médicale
est parfois mal toléré (douleurs, brûlures • Surveillance annuelle par le dermato-
lors de l’application). logue.
• Protection contre le soleil chez tous les
Azote liquide sujets ayant des nævi, d’autant plus qu’ils
sont nombreux et cliniquement atypiques.
Application d’azote liquide au Cryac ou au • Exérèse chirurgicale sous anesthésie
coton, toujours après une anesthésie locale des nævi congénitaux et des nævi
locale par crème EMLA ou ANESDERM atypiques avec examen anatomopatholo-
appliquée 1 à 2 h avant la consultation gique systématique.
sous occulsion par film plastique alimen-
taire ou dans les formes pauci lésionnelles Sujets à risque de mélanome
sous Tegaderm ou Micropore. • Antécédent de mélanome personnel ou
familial.
Curetage • Plus de 50 nævi.
• Nævi très variés (forme, couleur, taille).
Si l’azote est inefficace, on réalise l’abla- • Nombreuses éphélides.
tion des lésions à la curette après une • Phototype clair.
anesthésie locale par crème EMLA ou • Antécédents de brûlures solaires sévères
ANESDERM appliquée 1 à 2 h avant la dans l’enfance ou l’adolescence.
consultation sous occulsion. Si l’anesthé- • Nombreuses séances d’UVA en cabine.
sie est bien faite, le curetage n’est pas dou-

KÉRATOLYTIQUES – ACIDE SALICYLIQUE Dermatologie 349

KÉRATOLYTIQUES – ACIDE SALICYLIQUE (2) –
POMMADE KÉRATOLYTIQUE

Acide salicylique + vaseline 1 tube (prép. magistrale) NR

VASELINE SALICYLÉE

Dermatoses squameuses et
hyperkératosiques (psoriasis,
lichénifications, kératodermies palmo-
plantaires, verrues vulgaires) : % fonction
de l’épaisseur des lésions

PROPRIÉTÉS Acide salicylique : hypersensibilité aux sali-
Kératolytiques. cylés, application sur les muqueuses, dans les
plis et sur les dermatoses suintantes.
INDICATIONS
Verrues vulgaires, cors, durillons. PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Verrues vulgaires plantaires des zones d’appui Arrêt pendant quelques jours si douleurs, sai-
exclusivement pour le verutal. gnement.
Ne pas utiliser des produits trop puissants chez
CONTRE-INDICATIONS le diabétique et l’artéritique.
Grossesse : pas d’acide salicylique au cours du
3e trimestre.

350 Dermatologie TUMEURS CUTANÉES BÉNIGNES

TUMEURS CUTANÉES BÉNIGNES (3)

Kératoses actiniques (carcinomes – 150 μg/g pour le visage et le cuir che-
épidermoïdes in situ) velu, qui s’applique une fois/j, 3 j consécu-
tifs ;
Cryothérapie – et 500 μg/g pour les lésions du corps,
qui s’applique une fois/j, 2 j consécutifs.
La cryothérapie est la méthode la plus Il a été mis sur le marché en juin 2013.
simple et est à utiliser en 1re intention. Elle Chaque tube traite une zone maximum de
est peu indiquée en cas de lésions mul- 25 cm2 (5 x 5 cm), ce qui permet un traite-
tiples car douloureuse. ment localisé du champs de cancérisation.
Il est cher mais remboursé à 30 %.
Topiques Son intérêt réside dans la courte durée
d’application mais son gros effet secon-
Il existe 3 topiques dans le traitement des daire est l’inflammation qui est majeure
kératoses actiniques. Ils sont appliqués ++, qui apparaît le dernier jour de l’appli-
une fois/j à un rythme et pour des durées cation et heureusement disparaît en une
variables et sont tous les 3 responsables quinzaine de jours. On traite l’irritation par
d’une inflammation majeure. Le patient l’application de crèmes cicatrisantes (ex :
doit être bien prévenu que ses lésions CICABIO crème x 2/j) ou d’antibiotiques
vont devenir très irritées, érythémateuses locaux (ex : FLAMMAZINE crème x 2/j) sur
et croûteuses pour qu’il continue son trai- les lésions traitées, pendant 15 j.
tement. Ils sont très utiles en cas de
lésions multiples ou pour traiter le champs ᭤ Photothérapie dynamique
de cancérisation. Elle permet de détruire sélectivement par
la lumière rouge les cellules pathologiques
᭤ 5-fluorouracile des kératoses actiniques qui ont absorbé
Le 5-fluorouracile, EFUDIX crème, est un dérivé des porphyrines, photosensibili-
indiqué à raison de 1 appl./j jusqu’à appa- sant, l’acide 5-aminolévulinique méthylé
riton d’une irritation (15 à 21 j). Il s’ap- (METVIXIA). C’est le meilleur traitement du
plique sur chaque lésion sans déborder. Il champs de cancérisation.
permet au patient de s’auto-traiter et En pratique, la PDT comporte 3 étapes :
d’éviter des séances de cryothérapie. – ablation à la curette des croûtes et des
squames des lésions à traiter ;
᭤ Imiquimod – application en couche fine du gel au 5-
Imiquimod (ALDARA) : 1 appl./j x 3/sem. aminolévulinate de méthyle (METVIXIA) sur
Appliquer le contenu du sachet largement les lésions, en débordant largement
autour des lésions pour traiter le champs autour, et recouvrir par un pansement
de cancérisation. Laisser agir la nuit. Laver opaque à la lumière, pendant 3 h ;
à l’eau et au savon le lendemain matin, – exposition des lésions à la lumière
pendant 1 mois. Vérifier la disparition de rouge (570 à 670 nm) pour une dose
la kératose actinique à la fin du trai- totale de 75 J/cm2. Cette exposition peut
tement. être douloureuse ++.

᭤ Mébutate d’ingénol Les résultats des études sont équivalents
Le mébutate d’ingénol, PICATO gel, existe en entre PDT, cryothérapie et 5-FU.
2 dosages :

KÉRATOLYTIQUES – ACIDE SALICYLIQUE Dermatologie 351

KÉRATOLYTIQUES – ACIDE SALICYLIQUE (3) –
POMMADE KÉRATOLYTIQUE + CORTICOI¨DE

Acide salicylique + diflucortolone 30 g pomm. 3 % 2,63 I 15 % 0,09

NÉRISALIC

Psoriasis et autres dermatoses
hyperkératosiques avec composante
inflammatoire : 1 appl./j puis diminution
progressive

Acide salicylique + bétaméthasone 30 g pomm. 2,82 I 15 % 0,09

DIPROSALIC

Dermatoses corticosensibles à
composante kératosique ou
squameuse : 1 à 2 appl./j pendant 1 à
2 sem. puis diminution progressive

KÉRATOLYTIQUES – ACIDE SALICYLIQUE (4) – LOTIONS
KÉRATOLYTIQUES + CORTICOI¨DES

Acide salicylique + bétaméthasone 30 g (sol. alcool. 2 %) 2,82 I 15 % 0,09

DIPROSALIC

Psoriasis et états psoriasiformes du cuir
chevelu : 1 appl./j en friction puis
dégression progressive

Acide salicylique + triamcinolone 122 mL (sol. alcool. 0,1 %) I NR

LOCALONE
Idem DIPROSALIC

PROPRIÉTÉS CONTRE-INDICATIONS
L’acide salicylique est un kératolytique utilisé Grossesse : pas d’acide salicylique au cours du
pour le décapage des dermatoses hyperkérato- 3e trimestre.
siques telles que le psoriasis, les kératodermies Acide salicylique : hypersensibilité aux sali-
palmo-plantaires, les ichtyoses, les verrues vul- cylés, application sur les muqueuses, dans les
gaires. plis et sur les dermatoses suintantes.
L’association à un dermocorticoïde a un inté-
rêt lorsqu’une composante inflammatoire est PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
associée (psoriasis, eczéma lichénifié). Ne pas appliquer sur des surfaces étendues
chez l’enfant.
INDICATIONS Ne pas utiliser de façon prolongée car risque
d’irritation locale (prendre le relais par une
Cf. Propriétés.
lotion corticoïde type DIPROSONE, lotion pour
le traitement des psoriasis du cuir chevelu).

352 Dermatologie TUMEURS CUTANÉES BÉNIGNES

TUMEURS CUTANÉES BÉNIGNES (4)

Chirurgie moïde invasif et recommander une pro-
Exérèse des lésions résistantes aux traite- tection solaire totale (chapeau, casquette,
ments précédents au bistouri (avec histo- écran solaire indice 50+).
logie) ou par électrocoagulation (sans his-
tologie) sous anesthésie locale. Cornes cutanées

Surveillance Exérèse chirurgicale sous anesthésie
locale et examen anatomopathologique
Dans tous les cas il faut surveiller le de toute la pièce opératoire. Les cornes
patient annuellement au long cours, bio- cutanées correspondent aux étiologies
psier les lésions s’il existe un doute sur suivantes : lésion virale 52 %, kératose
une transformation en carcinome épider- actinique 26 %, kérato-acanthome 4,8 %,
carcinome spinocellulaire 3,2 %.

Technique de l’autosurveillance des nævi
Après s’être totalement déshabillé, examiner successivement et attentivement :
– le visage sans oublier les oreilles ;
– le cuir chevelu en s’aidant d’un sèche-cheveux ;
– la paume et le dos des mains sans oublier les ongles, les avant-bras ;
– les coudes, les bras, les aisselles ;
– le cou, la poitrine (en regardant sous les seins chez les femmes) et le ventre ;
– dans une glace, avec l’aide d’un miroir à main, la nuque, les épaules et le dos ;
– les fesses et la face postérieure des cuisses ;
– en s’asseyant, la face antérieure des cuisses, les jambes, le dos et la plante des pieds sans
oublier les ongles, et la région génitale avec l’aide d’un miroir.
Cet auto-examen ne prend pas plus de 10 minutes et doit être réalisé régulièrement 2 à
3 fois par an.

354 Dermatologie TUMEURS CUTANÉES MALIGNES

TUMEURS CUTANÉES MALIGNES (1)

Maladie de Bowen une marge de 3 à 4 mm pour les carci-
nomes basocellulaires de bon pronostic et
La maladie de Bowen est un carcinome une marge de 5 à 10 mm pour ceux de
épidermoïde intraépidermique (ou carci- mauvais pronostic.
nome spinocellulaire in situ). La chirurgie et suivie d’une surveillance cli-
nique annuelle à vie.
Traitement de 1re intention
• Exérèse chirurgicale avec une marge de Cryothérapie/Cryochirurgie
4 à 6 mm et examen anatomopatholo-
gique de la pièce opératoire. Elles consistent en une destruction tissu-
• Si la chirugie est difficile, on réalise de la laire par application d’un cryogène (azote
cryochirugie (sauf sur les jambes qui cica- liquide ou protoxyde d’azote). La cryochi-
trisent mal) suivie d’une surveillance car rurgie est réalisée à l’aide de cryodes
l’anatomopathologie est impossible. métalliques appliquées sur le carcinome,
dont la taille est adaptée à la lésion.
Traitement de 2e intention Elles doivent être précédées d’une biopsie
car il n’y aura pas d’anatomopathologie.
Si la chirurgie est impossible (lésions éten- Elles sont indiquées chez les patients ino-
dues ou multiples ou zones cicatrisant pérables, en cas de carcinome basocellu-
mal) : laire de bon pronostic.
– chimiothérapie locale par 5-FU
(EFFUDIX) ; Radiothérapie
– ou imiquimod (ALDARA) ;
– ou photothérapie dynamique. Elle est utilisée chez les patients ayant une
Dans les 3 cas à 2 conditions : avoir réa- contre-indication chirurgicale ou refusant
lisé au préalable une biopsie pour confir- la chirurgie. C’est une technique non inva-
mer le diagnostic et surveiller une fois/an sive et indolore très utile dans les carci-
le patient après traitement. nomes basocellulaires de grande taille
et/ou de localisation difficile. Elle est réali-
Maladie de Paget mammaire sée avec une marge de 5 à 10 mm.
Son efficacité et les résultats cosmétolo-
Exérèse chirurgicale de la lésion et du can- giques sont moins bons qu’avec la chi-
cer du sein sous-jacent (cf. Traitement du rurgie.
cancer du sein) avec examen anatomopa- Elle s’accompagne d’effets secondaires à
thologique. long terme (qui contre-indiquent son utili-
sation chez le sujet de moins de 60 ans) :
Carcinomes basocellulaires [1] atrophie cutanée, fibrose sous-cutanée,
troubles pigmentaires, etc.
Ils sont généralement d’évolution lente. Elle est aussi contre-indiquée en cas
La malignité est essentiellement locale et de carcinome basocellulaire sclérodermi-
les métastases ganglionnaires ou viscé- forme et dans certaines zones : main,
rales sont exceptionnelles. On ne réalise pied, oreille, jambe, organes génitaux
donc pas de bilan d’extension. externes.

Traitement chirurgical Curetage – électrocoagulation

Le traitement de 1re intention est la chirur- Cette technique est très opérateur-dépen-
gie d’exérèse avec une marge carcinolo- dante : après avoir cureté la lésion, on pra-
gique. La marge varie en fonction du type tique une électrocoagulation de la base.
histologique, de la taille, de la topographie Elle a les même indications que la cryochi-
et du caractère primitif ou récidivant de la rurgie et doit aussi être précédée d’une
lésion. biopsie car il n’y aura pas d’anatomopa-
L’exérèse chirurgicale est réalisé sous thologie.
anesthésie locale ou générale courte avec

ANTIMITOTIQUES LOCAUX Dermatologie 355

ANTIMITOTIQUES LOCAUX (1)

Fluorouracile 20 g crème 5 % 25,43 I 65 % 1,27

EFUDIX

Kératoses actiniques, maladie de Bowen,
kérato-acanthome, certains basocellulaires
et condylomes génitaux : 1 à 2 appl./j
pendant 4 à 6 sem.

PROPRIÉTÉS PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Antimitotique.
Éviter tout contact avec les yeux et les muqueu-
INDICATIONS ses ; se laver les mains après l’application.
Kératoses actiniques étendues pour lesquelles L’évolution normale des lésions sous traite-
une cryothérapie n’est pas envisageable +++, ment est une nécrose avec possible perte de
maladie de Bowen, kérato-acanthome, certains substance puis réépidermisation, dont il faut
carcinomes basocellulaires et certains condy- bien prévenir le patient.
lomes génitaux.
EFFETS INDÉSIRABLES
CONTRE-INDICATIONS
Grossesse et allaitement. Érythème, érosion, ulcération, nécrose.
Hypersensibilité connue au produit. Risque de majoration des effets du produit en
cas d’exposition solaire.

Podophyllotoxine

CONDYLINE

Condylomes ano-génitaux : 2 appl./j 3 mL (sol. avec 19,54 I 65 % 6,51
pendant 3 j, à répéter si besoin au 6 applicateurs)
maximum pendant 5 sem.

PROPRIÉTÉS CONTRE-INDICATIONS
Grossesse et allaitement.
Antimitotique cytolytique d’origine végétale Utilisation en intravaginal et chez l’enfant.
(extrait de la résine de podophylline).
PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
INDICATIONS Appliquer avec précautions en utilisant l’appli-
cateur sélectivement sur les lésions et laisser
Condylomes ano-génitaux pour lesquels une sécher en évitant tout écoulement du produit.
cryothérapie n’est pas envisageable ; à réserver Se laver les mains après application.
à l’homme car le produit peut facilement couler Rincer à grande eau en cas de contact oculaire.
et entraîner des brûlures chez la femme (préfé-
rer l’utilisation d’une préparation de podophyl- EFFETS INDÉSIRABLES
line 25 % dans la vaseline chez la femme) ; Érythème, douleur, possible ulcération.
surface traitable < 4 cm2. œdème, balanoposthite.

356 Dermatologie TUMEURS CUTANÉES MALIGNES

TUMEURS CUTANÉES MALIGNES (2)

Traitement topique • 3e intention : curetage/électrocoagu-
Imiquimod (ALDARA) à l’AMM pour les carci- lation.
nomes basocellulaires superficiels de
petite taille, après contrôle histolo- ᭤ Carcinome basocellulaire
gique, en dehors des zones à haut risque, de mauvais pronostic
c’est-à-dire sur et autour des régions • 1re intention : chirurgie avec une marge
médiofaciales (nez, bouche). de 5 à 10 mm ± examen extemporané des
Appliquer en couche fine, x 1/, 5 j/sem., marges
en massant bien et en débordant autour • 2e intention : radiothérapie.
de la lésion, pendant 6 sem. Laisser agir
la nuit. Laver le lendemain à l’eau et au Formes localement avancées ou
savon. Vérifier la guérison. métastatiques

Dans tous les cas On propose un inhibiteur de la voie Hed-
gehog, le vismodégib (ERIVEDGE) : 1 gél.
• Surveillance annuelle au long cours. (150 mg)/j.
• Photoprotection solaire totale : vête-
ments, écran solaire, casquette, lunettes, Carcinomes spinocellulaires
etc. (= carcinomes épidermoïdes) [2]

Autres traitements Les carcinomes spinocellulaires se divisent
en 2 groupes selon la taille, la localisation,
᭤ Laser CO2 et photothérapie dynamique l’infiltration, le type histologique, l’enva-
il n’y a pas assez d’études pour juger de hissement périnerveux, le caractère primi-
leur efficacité : non indiqués dans le traite- tif ou récidivant de la lésion, etc.
ment du carcinome basocellulaire. Ils Les carcinomes spinocellulaires du groupe 1
pourraient être utiles dans les formes sont à faible risque et ceux du groupe 2
superficielles. sont à haut risque de métastase et/ou de
récidive.
᭤ 5-FU topique
il n’y a pas assez d’études pour juger de Carcinomes spinocellulaires du groupe 1
son efficacité : non indiqué dans le traite-
ment du carcinome basocellulaire. Le traitement est chirurgical.
L’avis de la RCP n’est pas obligatoire.
Recommandations • L’éxérèse chirurgicale est réalisée sous
anesthésie locale ou générale courte avec
᭤ Carcinome basocellulaire de bon pronostic une marge de 4 ou 6 mm. En profondeur,
• 1re intention : chirurgie avec une marge l’exérèse doit emporter l’hypoderme.
de 3 à 4 mm. • Si l’examen anatomopathologique
• 2e intention : cryochirurgie ou radiothé- montre des marges positives, on réalise
rapie. une reprise chirurgicale avec les même
marges.

ANTIMITOTIQUES LOCAUX Dermatologie 357

ANTIMITOTIQUES LOCAUX (2)

Méthyl aminolévulinate 1 appl. 168 mg/g 204,32 I 65 % 204,32
(crème)
METVIXIA

Kératoses :
A. 1 appl. 3 h avant photothérapie 1 fois
max
Carcinome basocellulaire :
A. 1 appl. 3 h avant photothérapie, 2 fois
max avec délai de 3 mois entre les
2 appl.
Maladie de Bowen :
A. 1 appl. 3 h avant photothérapie, à
renouveler si nécessaire en respectant
3 mois de délai

PROPRIÉTÉS Les lésions doivent être préalablement confir-
mées par biopsie et le contrôle de la guérison
Après application topique de l’aminolévulinate effectué.
de méthyle, les porphyrines s’accumulent au
niveau des lésions cutanées traitées, de façon CONTRE-INDICATIONS
intracellulaire. L’activation par la lumière (pho- Porphyrie.
tothérapie) des porphyrines accumulées Carcinome basocellulaire sclérodermiforme ou
entraîne une réaction photochimique et par nodulaire.
conséquent une phototoxicité pour les cellules Bowen muqueux.
cibles exposées à la lumière.
PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
INDICATIONS Ne doit être administré que par un médecin,
une infirmière ou un autre professionnel de
Kératoses actiniques fines ou non hyperkérato- santé formé à l’utilisation d’un traitement pho-
siques et non pigmentées du visage et du cuir todynamique de ce médicament.
chevelu.
Carcinome basocellulaire superficiel non récidi- EFFETS INDÉSIRABLES
vant du tronc, des membres et du cou. Les Troubles dermatologiques fréquents ou très
lésions doivent être préalablement confirmées fréquents au niveau de la zone d’application :
par biopsie. douleur, inconfort, sensation de chaleur, brû-
Carcinomes intraépidermiques (maladie de lure ou piqûre, érythème, prurit, œdème, des-
Bowen) non pigmentés, lorsque la chirurgie est quamation, cloques, saignement cutané, kéra-
impossible, chez les sujets immunocompétents. tose, ulcération, infection cutanée, érosion.

358 Dermatologie TUMEURS CUTANÉES MALIGNES

TUMEURS CUTANÉES MALIGNES (3)

Carcinomes spinocellulaires du groupe 2 On réalise 10 à 30 séances sur 3 à 6 sem.
᭤ Traitement chirurgical avant tout Les effets secondaires tardifs limitent son
• L’avis de la RCP est obligatoire +++. utilisation.
• L’éxérèse chirurgicale est réalisée sous
anesthésie locale ou générale courte avec Curithérapie interstitielle
Elle consiste à implanter des gaines plas-
une marge de 6 à 10 mm. En profondeur, tiques dans la tumeur pour l’irradier avec
l’exérèse doit emporter l’hypoderme en de l’iridium 192.

respectant l’aponévrose, le périoste ou le Chimiothérapie
périchondre si ces structures ne sont ni au Elle peut être curative (surtout néoadju-
contact de la tumeur ni envahies. vante avant la chirurgie ou combinée à la
• On réalise aussi un curage ganglion- radiothérapie) ou palliative.
naire en cas d’adénopathie satellite pal- On utilise le 5-FU ou le cisplatine.
pable.
• La RCP peut demander une analyse du Anticorps monoclonal
ganglion sentinelle en cas de localisation Les anticorps anti-EGFR, cétuximab (ERBI-
particulière (demi-muqueuses, extrémités, TUX) pourraient représenter une option
oreilles) ou de tumeurs volumineuses de intéressante mais leur place est encore à
mauvais pronostic. préciser.

᭤ Autres traitements ᭤ Dans tous les cas
Les autres méthodes sont réservées aux – examen anatomopathologique de la
patients pour lesquelles la chirurgie est pièce opératoire ;
impossible (contre-indication ou refus). – surveillance au long cours ;
– protection solaire totale (vêtements,
Radiothérapie casquette, chapeau, écran total).
Les marges sont plus larges que dans les
carcinomes basocellulaires : 1 cm à 1,5 cm.

Suivi
• Chez les patients ayant eu un carcinome cutané, baso ou spinocellulaire du groupe 1, le
suivi n’est que clinique. On réalisera un examen clinique une fois/an, pendant 5 ans.
• Chez les patients ayant eu un carcinome spinocellulaire du groupe 2, on réalisera un exa-
men clinique tous les 3 à 6 mois, pendant 5 ans, puis 1 à 2 fois/an selon les carcinomes.
On apprendra au patient l’auto-examen pour qu’il détecte une récidive. Pour les carcinomes
spinocellulaires invasifs, on réalisera une échographie locorégionale tous les 6 mois, pendant
5 ans.

ANTIMITOTIQUES LOCAUX Dermatologie 359

ANTIMITOTIQUES LOCAUX (3)

Ingénol 1 appl. 150 μg/g 77,06 I 30 % 77,06
1 appl. 500 μg/g 77,06 I 30 % 77,06
PICATO

Kératose actinique
A. 70 μg/appl. x 1/j pendant 3 j
consécutifs

PROPRIÉTÉS EFFETS INDÉSIRABLES

Double mécanisme : Céphalées, œdème des paupières ou périorbi-
– induction d’une mort cellulaire localisée au taire.
niveau de la lésion ; Au niveau du site d’application : pustules,
– stimulation d’une réponse inflammatoire infection, douleur, prurit, irritation, érosion,
caractérisée par une production locale de cyto- vésicules, gonflement, exfoliation, croûtes.
kines et chémokines pro-inflammatoires et une Réactions cutanées locales : érythème, écaille-
infiltration de cellules immunocompétentes. ment/desquamation et formation de croûtes
sont habituels après application. Ces réactions
PRÉCAUTIONS D’EMPLOI sont transitoires et apparaissent généralement
durant le 1er j de traitement avec une intensité
Éviter tout contact avec les yeux, nez, oreilles maximale jusqu’à 1 sem. après la fin du traite-
et lèvres et avec une plaie profonde ou non ment. Les réactions cutanées se résorbent en
cicatrisée. 2 sem. après le début du traitement de zones
L’effet du traitement ne peut être correctement situées au niveau du visage et du cuir chevelu
évalué qu’après la disparition des réactions et en 4 sem. après le début du traitement de
cutanées locales. zones sur le tronc et les extrémités.

360 Dermatologie TUMEURS CUTANÉES MALIGNES

TUMEURS CUTANÉES MALIGNES (4)

Mélanome cutané [3] – ou tumeur avec ulcération (tous pT),
métastases microscopiques dans 1, 2 ou 3
Insistons sur la prévention primaire de nœuds lymphatiques régionaux ou métas-
cette redoutable affection, par une éduca- tases « en transit » (N1a, 2a, 2c), M0
tion au soleil dès le plus jeune âge en Stade IIIC :
fonction du phototype, les mesures de – tumeur avec ulcération (tous pT), métas-
photoprotection, le dépistage des sujets à tases macroscopiques dans 1, 2 ou 3
risque (Cf. Nævi), l’enseignement de l’auto- nœuds lymphatiques régionaux (N1b, 2b),
surveillance et la surveillance dermatolo- M0 ;
gique régulière. – ou tumeurs avec ou sans ulcération
Le traitement doit toujours être discuté en (tous pT), métastases dans 4 nœuds lym-
RCP. phatiques régionaux ou plus ou métas-
Les mélanome sont répartis en plusieurs tases en transit avec métastase(s) gan-
stades selon leur épaisseur et la présence glionnaire(s) régionale(s) (N3).
ou non d’un envahissement ganglion- Stade IV : métastases à distance (tous pT,
naire et/ou de métastases. Le traitement, tous N, M1).
le bilan et le suivi dépendent de cette clas-
sification. Chirurgie

Classification du mélanome AJCC * Le traitement du mélanome est dans un
premier temps toujours chirurgical.
Stade IA : tumeur Յ 1 mm d’épaisseur, Il consiste en l’exérèse de toute la lésion
sans ulcération (pT1a), N0, M0. (pas de biopsie ++) avec examen anato-
Stade IB : mopathologique confirmant le diagnostic
– tumeur Յ 1 mm d’épaisseur, avec ulcé- et mesurant notamment l’indice de Bres-
ration (pT1b), N0, M0 ; low (épaisseur de la tumeur), principal fac-
– ou tumeur > 1 mm et Յ 2 mm d’épais- teur pronostique conditionnant les
seur, sans ulcération (pT2a), N0, M0. marges de sécurité à respecter pour la
Stade IIA : tumeur > 1 mm et Յ 4 mm reprise chirurgicale qui s’effectue dans un
d’épaisseur, avec ulcération (pT2b, pT3b), 2e temps, idéalement moins d’un mois
N0, M0. après l’exérèse.
Stade IIB : tumeur > 2 mm d’épaisseur, • In situ : marge de 5 mm.
sans ulcération (pT3a, pT4a), N0, M0. • Dubreuilh : marge de 1 cm.
Stade IIC : tumeur > mm d’épaisseur, avec • Breslow Յ 1 mm : marge de 1 cm.
ulcération (pT4b), N0, M0. • Breslow de 1,01 à 2 mm : marge de 1 à
Stade IIIA : tumeur sans ulcération (tous 2 cm.
pT), métastases microscopiques dans 1, 2 • Breslow de 2,01 à 4 mm : marge de
ou 3 nœuds lymphatiques régionaux 2 cm.
(N1a, N2a), M0. • Breslow > 4 mm : marge de 2 à 3 cm.
Stade IIIB : Exérèse du ganglion sentinelle proposée
– tumeur sans ulcération (tous pT), métas- pour l’évaluation d’un mélanome de Bres-
tases macroscopiques dans 1, 2 ou 3 low > 1 mm ou d’un mélanome ulcéré ou
nœuds lymphatiques régionaux ou métas- dans le cadre d’essais thérapeutiques.
tases « en transit » (N1b, 2b, 2c), M0 ;

* American Joint Committee on Cancer

TUMEURS CUTANÉES MALIGNES Dermatologie 361

TUMEURS CUTANÉES MALIGNES (5)

Bilan d’extension Traitement adjuvant

᭤ Stade I Pour les mélanomes de stade II (Breslow
Examen clinique complet : > 1,5 mm, N0, M0), on peut proposer l’in-
– tout le tégument à la recherche d’un terféron ␣2a (ROFÉRON-A), 3 M UI x 3/sem.
autre mélanome ou de naevus à risque pendant 18 mois en SC, après un bilan d’ex-
(congénital, atypique) ; tension.
– palpation de toutes les aires ganglion- Pour les mélanomes à haut risque de réci-
naires ; dive (N+), on peut proposer l’interféron ␣2b
– palpation hépatique, auscultation pul- (INTRONA), 20 M UI/m2/j IV 5 j/7 pendant
monaire, examen neurologique. 1 mois puis 10 M UI/m2 SC x 3/sem. pendant
48 sem., après un bilan d’extension.
᭤ Stades IIA et IIB (N0 clinique) Dans ces 2 cas, on ne réalise pas de
• Examen clinique complet.
• Échographie locorégionale en option. curage ganglionnaire prophylactique.

᭤ Stades IIC et III Mélanome métastatique
• Examen clinique complet. (métastases viscérales)
• Échographie locorégionale et scanner
thoracoabdominopelvien + cérébral Le traitement du mélanome métastatique
(stade IIC) ou PET-scan (stade III) en option.
a été révolutionné par l’arrivée de nou-
Surveillance
veaux traitements beaucoup plus éfficaces
᭤ Stade I
Surveillance clinique tous les 6 mois pen- que les chimiothérapie classiques.
dant 5 ans puis 1 fois/an à vie et autosur-
veillance. ᭤ Produits disponibles
• Chimiothérapies classiques : dacarbazine
᭤ Stades IIA et IIB (DÉTICÈNE), témozolomide (TEMODAL), foté-
Surveillance clinique tous les 3 mois pen- mustine (MUPHORAN).
dant 5 ans puis 1 fois/an à vie et autosur- • Thérapies ciblées : inhibiteurs de BRAF,
veillance. Option : échographie ganglion-
naire de la zone de drainage tous les 3 à MEK ou KIT.
6 mois pendant 5 ans. • Immunothérapie : ipilimumab (anticorps

᭤ Stades IIC et III dirigé contre la protéine CTLA4), anticorps
Surveillance clinique tous les 3 mois pen-
dant 5 ans puis 1 fois/an à vie et autosur- anti-PD1 et anticorps anti-PDL1 (à l’étude).
veillance. Options : échographie ganglion- Donc tout mélanome métastatique doit
naire de la zone de drainage et/ou bénéficier d’un génotypage avec une
scanner thoracoabdominopelvien et céré-
bral (stade IIC) ou PET-scan (stade III) selon recherche de mutation sur les gènes BRAF,
décision de la RCP.
RAS et KIT.
Les traitements inhibiteurs de RAS, KIT et

les anticorps anti-PD1 et anti-PDL1 sont

encore à l’essai (protocoles) et n’ont pas

d’AMM.
Le traitement doit toujours être discuté en

RCP : il dépend essentiellement de l’exis-

tence ou non d’une mutation V600 du
gène BRAF , et du nombre et de la localisa-

tion des métastases.

362 Dermatologie TUMEURS CUTANÉES MALIGNES

TUMEURS CUTANÉES MALIGNES (6)

᭤ Stratégie thérapeutique • En cas de métastases cutanées : exérèse
selon le statut BRAF
chirurgicale si possible, radiothérapie ou
• En cas de mutation V600 du gène BRAF
(37,6 % des patients), le traitement repose perfusion de membre isolé (en cas d’at-
en 1re intention sur l’administration de
l’inhibiteur de BRAF, le vémurafénib (ZELBO- teinte d’un seul membre).
RAF). En 2e intention, on propose le dacar- • En cas de métastases osseuses : radio-
bazine (DÉTICÈNE), le témozolomide (TEMO- thérapie.
DAL) ou l’ipilimumab (YERVOY), possible en • En cas de métastases cérébrales :
cas de localisations accessibles peu nom- – si unique et < 3 cm : radiochirurgie ou
breuses et isolées. radiothérapie,
– si unique > 3 cm : chirurgie,
• En l’absence de mutation, on propose – si multiples : radiothérapie et/ou foté-
en 1re intention une chimiothérapie : mustine (MUPHORAN) si pas de mutation de
dacarbazine (DÉTICÈNE). En 2e intention, on BRAF ou vémurafénib si mutation du gène
propose le témozolomide (TEMODAL). BRAF.

᭤ Stratégie thérapeutique selon le nombre et Dans tous les cas
la localisation des métastases
• Surveillance régulière à vie.
Ces traitements peuvent remplacer ou • Autosurveillance +++.
s’ajouter aux traitements ci-dessus. • Examen des membres de la famille.
• Protection solaire maximum (pas d’ex-
position aux heures les plus chaudes,
vêtements, écrans solaires).

CONSENSUS
[1] Prise en charge diagnostique et thérapeutique du carcinome basocellulaire de l’adulte,
Anaes, 2004.
[2] Prise en charge diagnostique et thérapeutique du carcinome épidermoïde cutané (spino-
cellulaire) et de ses précurseurs, SFD, 2009.
[3] Prise en charge des patients adultes atteints d’un mélanome cutané MO, SFD et FNCLCC,
2005.

364 Dermatologie ULCÈRES CUTANÉS

ULCÈRES CUTANÉS (1)

Traitements locaux L’antibiothérapie locale n’est pas justifiée,

L’intérêt principal du pansement est de source de résistance et d’eczéma de
maintenir un milieu humide et d’apporter
les molécules nécessaires pour favoriser la contact.
cicatrisation. L’antibiothérapie générale n’est indiquée
La cicatrisation comporte plusieurs qu’en cas d’infection locorégionale (lym-
étapes : la détersion, le bourgeonnement phangite, érysipèle, cellulite) ayant l’ulcère
puis l’épidermisation. Les pansements comme porte d’entrée.
peuvent agir sur une seule ou plusieurs Avant les pansements, laver les ulcères au
étapes de la cicatrisation. sérum physiologique ou à l’eau et au
savon doux.
Réalisation d’un soin d’ulcère de jambe
᭤ Détersion
• Retirer le pansement précédent en • Anesthésie locale par XYLOCAI¨NE pom-
humidifiant +++ avec du sérum physiolo- made 1/2 h avant les soins (sauf si soins
gique (douleur et risque de désépidermisa- indolores) ± antalgique suivant douleur
tion si le pansement colle). (ex : 5 mg de morphine SC si très doulou-
• En cas d’infection locorégionale évi- reux, si douleur modérée : paracétamol,
dente, ayant pour porte d’entrée suppo- DOLIPRANE 500 mg : 1 à 2 cp. 30 min
sée l’ulcère, le prélèvement bactériolo- avant les soins).
gique est réalisé juste après le retrait du • La détersion doit idéalement être méca-
pansement précédent. On ne réalise pas nique en utilisant une curette, ou une
de prélèvement bactériologique systéma- pince et un bistouri.
tique.
᭤ Pansement
᭤ Nettoyage Le choix d’un pansement dépend du stade
Pas d’antiseptiques pour les soins d’ul- de la cicatrisation, des traitements déjà
cères. essayés, des prix, du caractère rembour-
sable ou non et des habitudes des méde-
cins prescripteurs.

BAS ET BANDES DE COMPRESSION VEINEUSE Dermatologie 365

BAS ET BANDES DE COMPRESSION VEINEUSE

Bas et bandes de compression veineuse

Bandes (systématiques si pansement) Bas
Indiquées en cas d’ulcères de jambe. Jarret (+++), mi-cuisse ou collant.
DUPRAFLEX, étalonnées, largeur 10 cm, lon- 1 = insuffisance veineuse fonctionnelle.
gueur 3 m. 2 = existence de varices.
Prescrire 2 paires. 3 = phlébite antérieure ou évolutive.
Grade 1-2 : faible à moyen. 4 = lymphœdème.
Grade 3-4 : moyen à fort.

366 Dermatologie ULCÈRES CUTANÉS

ULCÈRES CUTANÉS (2)

Différents pansements disponibles tiques. Il favorisent aussi le bourgeonne-
ment et l’épithélialisation. On les utilise à
Hydrocolloïdes tous les stades des ulcères fibrineux et
secs.
On peut les utiliser à tous les stades de la Ex : PURILLON gel : à appliquer en couche
cicatrisation des ulcères peu exsudatifs. Ils épaisse dans l’ulcère et recouvrir par un
maintiennent un milieu chaud et humide pansement hydrocolloïde. A` changer tous
favorisant la cicatrisation. les 1 à 3 j.
Ex : COMFEEL, DUODERM. A` appliquer sur
l’ulcère en débordant d’au moins 1 cm Pansements gras
autour, sur la peau périulcéreuse. Changer
le pansement tous les 2 à 5 j, lorsqu’il est On les utilise au stade d’épidermisation.
à saturation (devenu blanc). Ex : JELONET, URGOTUL : à appliquer dans
l’ulcère. On peut les plier et ajouter de la
Hydrocellulaires vaseline puis les recouvrir par un panse-
ment secondaire. A` changer tous les jours.
On peut les utiliser à tous les stades de la
cicatrisation des ulcères très exsudatifs. Ils Pansements à l’argent et au charbon
sont beaucoup plus chers que les hydro-
colloïdes. Ils sont utiles dans les plaies infectées,
Ex : ALLEVYN, MEPILEX. A` coller sur l’ulcère malodorantes, sans signes d’infection
et laisser en place 1 à 3 j, selon la quantité locorégionale, pendant quelques jours
d’exsudat, dès que le pansement est pour obtenir la guérison de l’infection.
saturé. Ex : CARBONET, ACTICOAT : à appliquer
dans la plaie et recouvrir par un panse-
Alginates ment secondaire. A` changer tous les jours.

Ce sont des pansements à base d’algues, Traitements généraux [1]
utiles pour la détersion des ulcères très
exsudatifs. En contact avec l’exsudat, l’al- • Vaccination antitétanique à jour ++++.
ginate se transforme en un gel qui enlève • Anticoagulation préventive si alitement
la fibrine et apporte les nutriments néces- prolongé.
saires à la cicatrisation. On les arrête dès • Biopsie en cas de suspicion de carci-
la disparition de la fibrine. nome spinocellulaire sur un bord.
Ex : ACTISORB ou URGOSORB : à décou- • Douleur : la rechercher, l’évaluer et en
per et appliquer dans l’ulcère, sans débor- rechercher la cause. Antalgiques généraux
der et recouvrir par un pansement secon- et locaux avant et pendant les soins, et
daire. A` changer tous les 1 à 3 j. régulièrement répartis dans la journée.

Hydrogel Greffes

Ce sont des gels hydrocolloïdes qui vont En cas d’inefficacité d’un traitement bien
créer un milieu humide et faciliter la déter- conduit pendant plus de 6 mois ou d’ul-
sion et le ramollissement des tissus nécro- cère de plus de 10 cm2, on pourra réaliser
des greffes en pastilles ou en filet.

ULCÈRES CUTANÉS – PANSEMENTS Dermatologie 367

ULCÈRES CUTANÉS – PANSEMENTS (1)

Pansements absorbants

COMFEEL PLUS et PLUS Hydrocolloïdes LPPR *
TRANSPARENT, Indications : tous les stades de la cicatrisation.
DUODERM PAˆ TE, Laisser au moins 48 h en place. LPPR
DUODERM E et Existent en mince (contrôle visuel), épais (plus
DUODERM EXTRA absorbants) et bordés (utiles dans les zones de LPPR
MINCE, ALGOPLAQUE friction).
LPPR
ALLEVYN non adhésif et Hydrocellulaires et mousses pour les
MEPILEX, TIELLE et Indications : idem hydrocolloïdes, plus absorbants plaques
TIELLE S, COMBIDERM et et mieux tolérés. LPPR
COMBIDERM non adhésif En pratique : escarres +++, macération, ulcères de LPPR
BIATIN et BIATIN non jambe.
adhésif, sacrum, talon Interactions avec H2O2 et DAKIN. Non
LPPR
DUODERM HYDROGEL, Hydrogels LPPR
PURILON, NU-GEL, Indications : détersion et bourgeonnement des
INTRASITE, NORMLGEL, plaies sèches +++.
HYPERGEL
Alginates
URGOSORB (association Indications : détersion, plaie hémorragique, plaie
avec un hydrocolloïde), infectée, suintement +++.
ALGOSTÉRIL, MELGISORB Contiennent tous des CMC, sauf ALGOSTÉRIL.

AQUACEL Hydrofibres
Indications : plaie suintante +++, c’est le plus
CARBONET absorbant des pansements.

DEBRISAN Charbons
POLYACRYLATE, Indications : limite la prolifération bactérienne.
TENDERWET Pansement peu absorbant, mal toléré si mal
humidifié, nécessite un pansement secondaire
CUTINOVA HYDRO (américain, film).

IALUSET : compresses et Polysaccharides
crème Uniquement en détersion sur une courte période.
Indications : détersion et hydratation des plaies
sèches ou fibrineuses. Nécessitent un pansement
secondaire.

Pansements hydrosélectifs
Indications : ulcères, escarres, brûlures peu ou
moyennement exsudatives

Acide hyalorunique
Plutôt en phase de baugeonnement et
d’épidermisation

* Liste des produits et prestations remboursables = tarif de base sécurité sociale remboursé et oppo-
sable pour les pansements

368 Dermatologie ULCÈRES CUTANÉS

ULCÈRES CUTANÉS (3)

Traitement étiologique Doppler des réseaux profonds et superfi-
ciels et des communicantes :
Il faut d’abord diagnostiquer le type d’ul- – traitement chirurgical du réseau superfi-
cère : artériel, veineux ou mixte. ciel (stripping ++) ;
L’examen clinique recherche donc les fac- – bas ou bandes de contention veineuse :
teurs favorisants : à mettre tous les jours du lever au cou-
– de l’ulcère artériel : facteurs de risque cher. Utiliser la contention la plus forte
cardio vasculaires, autres localisations possible tolérée ;
athéromateuses, signes cliniques d’AOMI – prise en charge des comorbidités : dia-
(diminution des pouls) ; bète, insuffisance cardiaque, obésité, HTA,
– de l’ulcère veineux : antécédents person- etc.
nels ou familiaux de varices, de phlébite – évaluation du contexte social ;
profonde ou superficielle, ou d’embolie – dans tous les cas, éviter la station
pulmonaire. Antécédent personnel de trau- debout prolongée, la chaleur, avoir une
matisme ou chirurgie des membres infé- bonne hygiène, favoriser la marche,
rieurs, d’ulcère veineux. Signes cliniques l’exercice physique, réaliser des séances
d’insuffisance veineuse (œdème de la che- de kinésithérapie (drainage lymphatique),
ville, télangiectasies, varices, dermite ocre, prévenir les traumatismes, traitement pré-
lipodermatosclérose, atrophie blanche). coce des plaies, traitement d’un surpoids.
Puis, on réalise un écho-Doppler veineux
et/ou artériel. Ordonnance type pour une infirmière
devant prendre en charge un ulcère
Ulcère artériel cutané
• « Faire pratiquer par une IDE, à domicile,
Le traitement étiologique est primordial et des soins de plaies multiples » à inscrire.
doit comporter : • Sérum physiologique
– un geste de revascularisation chaque • Compresses stériles non tissées 7,5 x 7,5
fois que cela est possible ; ou 10 x 10 : boites de 20 ou 50.
– des mesures hygiéno-diététiques (arrêt • Pansement choisi avec sa taille, noter le
du tabac, correction d’une dyslipidémie, nombre de pansements/sem.
équilibre d’un diabète et de la pression • Bandes Nylex 10 cm, 1 par pansement.
artérielle) ; • Anesthésique local.
– des vasodilatateurs artériels, ex : nafti- • Bandes de compression : 2 paires.
drofuryl (PRAXILÈNE) : 3 cp. à 200 mg/j. Détailler l’intégralité du déroulement du
soin et la fréquence des pansements :
Ulcère veineux noter x 1/j à x 3/sem. selon l’évolution.

C’est le traitement d’une insuffisance vei-
neuse. Le bilan doit comporter un écho-

CONSENSUS
[1] Prise en charge de l’ulcère de jambe à prédominance veineuse, hors pansement, HAS,
2006.

ULCÈRES CUTANÉS – PANSEMENTS Dermatologie 369

ULCÈRES CUTANÉS – PANSEMENTS (2)

JELONET, ADAPTIC, Pansements d’interface (non absorbants) LPPR
PHYSIOTULLE sauf
(+ hydrocolloïde) Gras JELONET

MEPITEL Ne contient pas de baume du Pérou, très LPPR
allergisant.
Indications : tous les stades de la cicatrisation.

Siliconés

Indications : épidermolyses, dermabrasion.

Pansements argentiques

ACTISORB AG+ 10,5 × 10,5 boîtes de 12 Absorption et drainage des
AQUACEL AG 10,5 × 19 germes et des exsudats de la
boîte de 16 plaie
BIATAIN AG 2,5 × 40 boîte de 16 Activité in vitro anti-bactéries
10 × 12 boîte de 16 Gram+ et Gram-
13,5 × 15 boîte de 10 Diminuent les odeurs
15 × 20 boîte de 10 Indications : plaies infectées ou à
16 × 30 boîte de 10 risque d’infection, plaies
boîte de 10 fortement exsudatives
Modèles Précautions : contre-indication en
hospitaliers : boîte de 16 cas de sensibité connue à
4 × 20 boîte de 10 l’argent, en pansement
4 × 30 secondaire sous tulle ADAPTIC
p. ex. pour ACTISORB AG+
10 × 12
15 × 15

370 Dermatologie ULCÈRES CUTANÉS – PANSEMENTS

ULCÈRES CUTANÉS – PANSEMENTS (3)

Exemples de pansements utilisés correspondant à une pratique de soin
quotidienne des plaies de jambes

AQUACEL 10 × 12 boîte de 16

MEPITEL 7,5 × 10 boîte de 10

ADAPTIC 7,6 × 7,6 et 7,6 × 20,3 boîte de 10

COMFEEL PLUS 10 × 10 boîte de 16

COMFEEL PLUS TRANSPARENT 10 × 10 boîte de 16

ALLEVYN non adhésif 10 × 10 boîte de 10

ALGOSTÉRIL 10 × 10 boîte de 10

PHYSIOTULLE 10 × 10 boîte de 10

ACTISORB +25 10,5 × 10,5 et 10,5 × 19 boîte de 12

BIATAIN ARGENT non adhésif 10 × 12 boîte de 16

ULCÈRES CUTANÉS – PANSEMENTS Dermatologie 371

ULCÈRES CUTANÉS – PANSEMENTS (4)

OPSITE POST OP, Films LPPR
OPSITE
FLEXIFLIX et Polyuréthanes NR
OPSITE
FLEXIGRID, Indications : épidermisation, post-chirurgie cutanée, LPPR
TEGADERM brûlures superficielles
PROMOGRAN 65 %
Matrice à effet antiprotéases médicament
INTEGRA d’exception (coût
Indications : toutes plaies chroniques. élevé :
URGOSTART A` renouveler /72 heures 357,83 €)

REGRANEX gel Nouvelles classes
0,01 % (tube
15 g) Pansements biologiques « inertes »

Matrice collagène + silicone
Indications : brûlures graves, du 3e degré, après
excision lorsqu’une autogreffe adéquate ou de taille
suffisante ne peut être effectuée, pertes de
substance cutanée totale, après excision, lorsqu’une
autogreffe adéquate ne peut être effectuée et
quand l’expansion cutanée n’est pas recommandée
ou acceptée par le patient (notamment lors de
séquelles debrûlures ou de rétraction)

Pansements absorbants pour la prise en charge
immédiate des plaies exsudatives
Traitement de l’ulcère de jambe veineux ou mixte à
prédominance veineuse, en phase de
bourgeonnement (traitement séquentiel)

Facteur de croissance

Stimulation de la granulation et de la cicatrisation
des plaies Ն 5 cm2 chez le diabétique avec
neuropathie périphérique

372 Dermatologie URTICAIRE – ŒDÈME DE QUINCKE

URTICAIRE – ŒDÈME DE QUINCKE (1)

Définitions non prurigineuse, donnant une sensation

L’urticaire est une maladie fréquente faite de tension sous-cutanée.
de papules fugaces (< 24 h) et mobiles, Le traitement de l’urticaire repose sur les
érythémateuses, œdémateuses et prurigi- antihistaminiques H1 dont il existe
neuses.
L’œdème de Quincke ou angio-œdème 2 classes :
est une atteinte profonde de l’hypoderme, – les antihistaminiques H1 de 1re généra-
tion ou sédatifs, anticholinergiques ;
– les antihistaminiques H1 de 2e généra-
tion ou non sédatifs, non anticholiner-
giques.

Causes d’urticaire

Dans l’immense majorité des cas, l’urticaire Facteurs physiques
n’a pas de cause retrouvée ou est d’origine Urticaire allergique de contact
physique. Rares, souvent chez un atopique.
Médicaments • Dermographisme.
• Anti-infectieux : bêtalactamines, vancomy- • Urticaire cholinergique.
cine, polymyxine B, pentamidine. • Urticaire retardée à la pression.
• Anti-inflammatoires non stéroïdiens, • Urticaire au froid.
aspirine. • Urticaire à l’eau.
• Opiacés, codéine. • Urticaire au chaud.
• Produits de contraste iodés. • Urticaire solaire.
• Atropine, curares, IEC, etc. Maladies générales
Aliments riches en histamine ou histamino- • Thyroïdite auto-immune ++.
libérateurs • Les autres sont exceptionnellement décou-
• Aliments contenant des moisissures (pain, vertes devant une urticaire chronique : vas-
bière, fromages, choucroute). cularites, lupus érythémateux systémique,
• Conserves. maladie de Still, polyarthrite rhumatoïde,
• Noix. dermatomyosite, périartérite noueuse,
• Blanc d’œuf. hémopathies, dysglobulinémies, etc.
• Crustacés, poissons, fraises, bananes, Urticaires génétiques
tomates, etc. œdème angioneurotique héréditaire par
Infections déficit en inhibiteur de la C1 estérase ; syn-
• Virales : hépatites, mononucléose infec- drome de Muckle Wells.
tieuse, etc. Facteurs psychologiques
• Parasitaires : helminthes, bilharziose, Le stress est un facteur aggravant de l’urti-
toxocarose. caire.
• Bactériennes : foyers ORL et dentaires (en Urticaire idiopathique
fait rarement en cause, Helicobacter pylori). Aucune cause mise en évidence, cas le plus
fréquent dans les urticaires chroniques.

ANTIHISTAMINIQUES H1 Dermatologie 373

ANTIHISTAMINIQUES H1 (1)

Non sédatifs et non anticholinergiques

Loratadine

CLARITYNE

Rhinites, urticaire chronique idiopathique : 15 cp. séc. 10 mg 3,21 II 30 % 0,21
1 cp./j en 1 prise 12 c-mes. 5 mg 1,77 II 30 % 0,15
E. 2-12 ans :
> 30 kg : 2 c-mes. x 1/j (fl. 60 mL) 3,17 II 30 % 0,13
Յ 30 kg : 1 c-mes. x 1/j 24 c-mes. 5 mg

(fl. 120 mL)

Desloratadine 15 cp. 5 mg 3,30 II 30 % 0,22
AERIUS 30 cp. 5 mg 6,56 II 30 % 0,22
1 cp./j en 1 prise 150 fl. 150 mL 3,99 II 30 % 0,03

E. 1-5 ans : 2,5 mL x 1/j (0,5 mg/mL)
E. 6-11 ans : 5 mL x 1/j
A. ou E. > 12 ans : 10 mL x 1/j

Ébastine 30 lyocs 10 mg 6,39 II 30 % 0,21

KESTINLYO 15 cp. 10 mg 3,67 II 30 % 0,24
30 cp. 10 mg 7,32 II 30 % 0,24
Urticaires, rhinites allergiques
1 à 2 lyocs/j

KESTIN

Urticaires, rhinites allergiques
1 à 2 cp./j

Cétirizine 300 fl. 15 mL 2,67 II 30 % 0,01
(gttes 0,5 mg)
ZYRTEC
15 cp. séc. 10 mg 2,98 II 30 % 0,20
Rhinites allergiques, conjonctivites
allergiques, urticaire
A., E. > 12 ans : 20 gttes x 1/j
E. 6-12 ans : 10 gttes x 2/j
E. 2-6 ans : 5 gttes x 2/j

VIRLIX

A., E. > 12 ans : 1 cp. x 1/j
E. 6-12 ans : 1/2 cp. x 2/j

Lévocétirizine 14 cp. 5 mg 2,80 II 30 % 0,20
28 cp. 5 mg 5,51 II 30 % 0,20
XYZALL

A. et E. > 6 ans : 1 cp./j
A` adapter chez l’insuffisant rénal en
fonction de la clairance :
30-50 mL/min : 1 cp./2 j
< 30 mL/min : 1 cp./3 j

374 Dermatologie URTICAIRE – ŒDÈME DE QUINCKE

URTICAIRE – ŒDÈME DE QUINCKE (2)

Traitement de la crise aiguë Présence de signes de gravité

Le choix du traitement repose sur la pré- Ils sont le témoin d’un œdème de Quincke
sence ou non de signes de gravité. avec atteinte muqueuse de la langue, du
pharynx ou du larynx et doivent être
Signes de gravité connus.
• Dysphagie, stagnation de la salive dans
la cavité buccale. ᭤ Urgence thérapeutique
• Grande angoisse. • Asseoir le patient.
• Dyspnée, patient assis cherchant l’air, • Pose d’une voie veineuse.
voire cyanose, sueurs. • Injection de 1 amp. de SOLUMÉDROL
20 mg en IVD, à renouveler.
Absence de signes de gravité • Puis en cas d’amélioration, relais par
prednisone (CORTANCYL) : 0,5 mg/kg/j et
Le traitement repose sur les antihistami- décroissance rapide sur une semaine.
niques H1 non anticholinergiques, • Les antihistaminiques H1 sont un bon
ex : loratadine, CLARITYNE 1 cp./j pendant traitement d’appoint, initialement en IV
2 à 4 sem. (sinon, rechute). puis relayés per os pour 15 j.
En cas de troubles du sommeil ou de prurit • En cas d’échec, ADRÉNALINE IM 0,25 mg
intense, on peut les associer à un antihis- à répéter ; en l’absence d’amélioration
taminique anticholinergique, ex : rapide, transfert en réanimation.
hydroxyzine, ATARAX 25 mg, 1 cp. le soir
au coucher, pendant 2 sem. La survenue d’un choc anaphylactique
En cas de crise invalidante, ne cédant pas impose une réanimation médicale en
sous traitement oral, une hospitalisation extrême urgence ; le traitement repose sur
courte peut être proposée pour réaliser l’administration d’adrénaline en IV à la
des perfusions de dexchlorphénira- seringue électrique en continu sous moni-
mine, POLARAMINE : 2 à 3 amp. de 5 mg/j torage cardiaque.
en perfusion IV (anticholinergique).
Les corticoïdes par voie générale, orale ou ᭤ Traitement étiologique
injectable, sont inutiles. Ils font perdurer Suppression définitive d’un aliment ou
les lésions après l’arrêt. d’un médicament, traitement d’une parasi-
tose intestinale, d’une infection dentaire,
etc.

ANTIHISTAMINIQUES H1 Dermatologie 375

ANTIHISTAMINIQUES H1 (2)

Méquitazine 14 cp. séc. 5 mg 2,92 I 30 % 0,21
PRIMALAN 14 cp. séc. 10 mg 4,62 I 30 % 0,33
Rhinites, urticaire chronique idiopathique : 24 c-mes. 1,25 mg 1,86 I 30 % 0,08
1 cp./j en 1 prise
(fl. 60 mL) 3,32 I 30 % 0,07
> 30 kg : 2 c-mes. x 1/j 50 c. mes. 1,25 mg (fl.
Ն 30 kg : 1 c-mes. x 1/j
125 mL)

Fexofénadine 15 cp. 120 mg 2,51 II 30 % 0,17
15 cp. 180 mg 2,51 II 30 % 0,17
TELFAST

Rhinite allergique saisonnière
> 12 ans : 1 cp. 120 mg/j
Prurit de l’urticaire chronique
Ն 12 ans : 1 cp. 180 mg/j

Sédatifs et anticholinergiques

Bromphéniramine 10 gél. 12 mg 2,63 15 % 0,26

DIMÉGAN

Dermatoses allergiques (urticaires),
dermatoses prurigineuses (eczémas,
prurigos), manifestations ORL et
respiratoires allergiques (rhinites) :
8 à 24 mg/j

Dexchlorphéniramine 30 cp. séc. 2 mg NR
5 amp. 1 mL (= 5 mg) NR
POLARAMINE
Idem DIMÉGAN : 6 à 8 mg/j
POLARAMINE injectable
5 à 10 mg SC, IM ou IV

Hydroxyzine 30 cp. séc. 25 mg 2,17 I 65 % 0,07

ATARAX

Rhinite, conjonctivite, urticaire, anxiété
25 à 100 mg/j le soir au coucher

Sédatifs et anticholinergiques (phénothiazines)

Prométhazine 20 cp. 25 mg 0,85 15 % 0,04
NR
PHÉNERGAN 30 càc 5 mg (fl. 150 mL)

Dermatoses allergiques (urticaires), 5 amp. 2 mL = 50 mg I NR
dermatoses prurigineuses (eczémas,
prurigos), manifestations ORL et
respiratoires allergiques (rhinites) : 1 cp./j
en une prise
10 à 150 mg/j
50 à 100 mg/j en IM ou IV

376 Dermatologie URTICAIRE – ŒDÈME DE QUINCKE

URTICAIRE – ŒDÈME DE QUINCKE (3)

Traitement de l’urticaire chronique [1] Ex : ébastine, KESTIN : 1 cp./j pendant

L’urticaire devient chronique si elle dure 3 mois, puis réévaluer.
plus de 6 sem.
Le traitement de l’urticaire chronique a fait En cas d’échec au bout de 3 à 4 sem., on
l’objet d’une conférence de consensus en changera d’antihistaminique non anticho-
2003. linergique. Ex : fexofénadine, TELFAST 180 :
1 cp. le soir ou lévocétirizine, XYZALL : 1 cp.
Règles diététiques
le soir pendant 3 mois.
Aliments et médicaments riches en his-
tamine ou histamino-libérateurs Si le traitement est efficace, on réalise un arrêt

• Boissons et aliments fermentés. ± progressif arpsè la rémission complète.
• Charcuterie. ᭤ Urticaire cholinergique
• Conserves (produits de la mer, petits En cas d’urticaire cholinergique, les antihista-
pois, etc.). miniques anticholinergiques tels que POLA-
• Poissons et fruits de mer. RAMINE ou ATARAX sont plus efficaces.
• Certains légumes (épinards et tomates).
• Fruits (bananes, ananas, fruits exotiques, Seules l’urticaire retardée à la pression et les
fraises).
• Cacahuètes, noix et noisettes. vascularites urticariennes peuvent relever de
• Chocolat.
• Épices et alcool. la corticothérapie par voie générale.
• Blanc d’œuf.
• Aspirine. L’œdème angioneurotique héréditaire se
• Antibiotiques (néomycine et polymyxine). traite par les androgènes (DANATROL).
• Amines (opiacés, amphétamines,
cocaïne, protamine). ᭤ Échec du traitement antihistaminique
• Macromolécules (DEXTRAN), anesthé- En cas d’échec du traitement antihistami-
siques (curares), antihypertenseurs nique non anticholinergique en monothé-
(dihydralazine et réserpine). rapie après 4 à 8 sem. :
• Autres : quinine, produits de contraste – vérifier l’observance du traitement ;
iodés, pilocarpine. – réaliser un prélèvement sanguin : NFS,

On s’efforcera de prévenir les récidives, sur- VS, CRP, anticorps antithyroperoxydase ;
tout en cas d’urticaire chronique de cause – ajouter un antihistaminique anticholiner-
indéterminée, en remettant au patient une gique, le soir (plus sédatif). Ex : ATARAX 25 mg :
liste des aliments riches en histamine et des
aliments histamino-libérateurs sans méca- 1 cp. le soir au coucher, pendant 3 mois.
nisme allergique. Il faut savoir qu’il existe de En cas d’échec de cette association d’anti-
la pénicilline dans certains aliments, notam- histaminiques, le patient sera adressé en
ment dans le lait, qu’il existe des dérivés de
l’aspirine dans la banane, etc. milieu hospitalier pour discuter l’utilisation
de la doxépine (QUITAXON), des antihistami-
Traitement médicamenteux niques anti-H2, des antileucotriènes ou de
l’omalizumab, nouveau traitement dispo-
᭤ En première intention
On utilsera un antihistaminique non anti- nible dans l’urticaire chronique résistante.
cholinergique, à la posologie de l’AMM, XOLAIR (omalizumab 150 mg) est un anti-
en continu, en réévaluant régulièrement
(tous les 3 mois) l’efficacité du traitement. corps monoclonal qui empêche les masto-

cytes de libérer l’histamine ; il est prescrit

à 300 mg (2 seringues) en SC x 1/mois

(prescription initiale hospitalière).

᭤ Traitements à éviter ciclosporine,
Corticothérapie générale,
rayons ultraviolets.

CONSENSUS
[1] Prise en charge de l’urticaire chronique, SFD et Anaes, 2003.

ANTIHISTAMINIQUES H1 Dermatologie 377

ANTIHISTAMINIQUES H1 (3)

Alimémazine 50 cp. séc. 5 mg 1,23 II 15 % 0,02
THÉRALÈNE 150 mL (sirop 0,05 %) NR 0,00
Idem PHÉNERGAN : 1 à 8 cp./j
A. : 10 à 20 mL x 1 à 4/j + gobelet doseur 2,5, 1,44 II 15 %
E. > 2 ans : 0,25 à 0,5 mL/kg x 1 à 4/j 5 et 10 mL
1200 gttes 1 mL (fl. 30 mL)
A. : 5 à 10 gttes x 1 à 4/j
E. 2-15 ans : 0,1 à 0,2 gttes/kg x 1 à 4/j

PROPRIÉTÉS < 6 ans pour la cétirizine en cp.
< 12 ans pour la fexofénadine, la deslorata-
Les antihistaminiques H1 agissent en bloquant dine, l’ébastine et la loratadine en cp.
les effets de l’histamine sur les vaisseaux, les
bronches et le tube digestif. PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Chez les conducteurs de véhicules, baisse de la
INDICATIONS vigilance avec les produits sédatifs.

Rhinite allergique, asthme allergique, conjonc- EFFETS INDÉSIRABLES
tivite allergique, urticaire et œdème de Rares troubles digestifs et céphalées.
Quincke. Somnolence avec les produits sédatifs.
Prurit non médié par l’histamine, où l’efficacité Effets anticholinergiques à type de sécheresse
est surtout marquée par la sédation provoquée buccale et oculaire, de constipation.
par les antihistaminiques sédatifs. Risque de rétention aiguë d’urines et de glau-
come aigu avec les produits anticholinergiques.
CONTRE-INDICATIONS
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Grossesse : Aucune avec la cétirizine.
– POLARAMINE : à éviter au 3e trimestre, auto- Majoration des effets sédatifs avec l’alcool et
risée aux 1er et 2e trimestres ; d’autres médicaments sédatifs comme par
– ZYRTEC et VIRLIX : contre-indiqués au 1er tri- exemple les benzodiazépines pour les antihis-
mestre, possible en fin de grossesse ; taminiques H1 sédatifs.
– CLARITYNE et KESTINLYO : déconseillés ; Avec les médicaments anticholinergiques tels
– ATARAX : contre-indiqué au 1er trimestre. que les antidépresseurs tricycliques, certains
Allaitement : tous déconseillés.
Pour les produits anticholinergiques : obstacle antiparkinsoniens, l’ATARAX, certains anti-
prostatique, sujets à risque de glaucome aigu spasmodiques et les neuroleptiques pour les
(chambre antérieure étroite, angle irido-cor- antihistaminiques H1 anticholinergiques,
néen étroit, femme de 50 ans hypermétrope, avec les macrolides et les imidazolés pour
sujet âgé avec cataracte) : prendre un avis ébastine.
ophtalmologique.
< 2 ans pour la loratadine sirop et la cétirizine
solution buvable.

378 Dermatologie ANTISEPTIQUES

ANTISEPTIQUES (1)

Récapitulatif et activité préférentielle

Iode Antiseptique à large spectre bactéricide et
BÉTADINE DERMIQUE, SCRUB, TULLE, fongicide
ALCOOL IODÉ

Chlore Antiseptique bactéricide, fongicide après un
AMUKINE, DAKIN COOPER temps de contact prolongé, virucide
notamment sur le VIH

Carbanilides Antiseptiques bactériostatiques sur les
SOLUBACTER, SEPTIVON, CUTISAN Gram+ (bactéricides si utilisés non dilués)

Amidines Antiseptiques actifs sur les bactéries Gram+
HEXOMÉDINE SOLUTION, GEL,
TRANSCUTANÉE

Alcool éthylique Antiseptique bactéricide à 70°, fongicide et
ALCOOL MODIFIÉ GIFRER 70° virulicide

Chlorhexidine Antiseptique bactériostatique (puis
SEPTÉAL, DIASEPTYL, HIBISCRUB, HIBITANE,
DOSISEPTINE, HIBIDIL bactéricide après un temps de contact de
Chlorhexidine + hexamidine + chlorocrésol
CYTÉAL 10 min), essentiellement sur les germes
Chlorhexidine + chlorure de benzalkonium Gram+, fongistatique sur Candida albicans
DERMOBACTER, MERCRYL, MERCRYL spray Très utilisés en pratique dermatologique
Chlorhexidine + chlorure de benzalkonium
+ alcool benzylique
BISEPTINE

Oxydants Antiseptiques bactériostatiques (faibles sauf
EAU OXYGÉNÉE pour le permanganate de potassium)

Colorants Antiseptiques en solution alcoolique,
ÉOSINE AQUEUSE bactériostatiques sur les bactéries Gram+ et
à un moindre degré sur les Gram-
Très asséchants

Ammoniums quaternaires Antiseptiques bactéricides sur les bactéries
STERLANE SOLUTION Gram+, faiblement fongistatiques

Détergents anioniques Antiseptiques faiblement bactériostatiques
DERMACIDE LIQUIDE sur les germes Gram+

Sulfate de cuivre Antiseptique bactéricide sur les germes
CRÈME DE DALIBOUR, DERMOCUIVRE Gram+ et fongistatique sur Candida albicans

Bien toléré chez le nourrisson

ANTISEPTIQUES Dermatologie 379

ANTISEPTIQUES (2)

Iode 125 mL (sol. aqueuse 1,84 30 % 0,01
BÉTADINE DERMIQUE 10 %)
Antisepsie de la peau. Traitement HOP NR
d’appoint des dermatoses infectieuses. 500 mL (sol. alcool. 10 %) HOP NR
Lavage des plaies 50 unidoses de 10 mL NR
(sol. alcool. 10 %) NR
BÉTADINE 10 unidoses 10 % NR
Antisepsie de la peau NR
Traitement d’appoint des dermatoses 30 g (gel 10 %) HOP
infectieuses 100 g (gel 10 %) 30 % 0,01
Antisepsie des plaies et brûlures HOP NR
superficielles 6 compr. imprégnées HOP 30 %
350 mg NR
Antisepsie de la cavité buccale HOP NR
50 compr. imprégnées HOP NR
Antisepsie vaginale 350 mg
Antisepsie vaginale et génitale externe
125 mL (fl.)
Antisepsie cutanée périoculaire et 10 unidoses 10 mL
conjonctivale en chirurgie ophtalmique (sol. 10 %)
BÉTADINE ALCOOLIQUE 8 ovules 250 mg
Réservée à l’antisepsie du champ
opératoire 125 mL (fl.)
500 mL (fl. 5 %)
BÉTADINE SCRUB
Toilette des mains 20 fl. 20 mL sol. irrig.
Lavage des plaies (dilué au 1/3) ocul. 5 %

BÉTADINE TULLE 125 mL (fl. 5 %) HOP
Plaies ou brûlures 500 mL (fl. 5 %) HOP
HOP
ALCOOL IODÉ 40 unidoses 10 mL (5 %)
Antisepsie de la peau
Traitement d’appoint des dermatoses 125 mL (sol. moussante 1,64
infectieuses 4 %) HOP

500 mL (sol. moussante HOP
4 %)

10 doses 10 mL (4 %)
50 doses 10 mL (4 %)

5 pans. méd.
10 x 10 cm (10 %)

10 pans. méd.
10 x 10 cm (10 %)

100 g (sol. officinale
1 ou 2 %)

380 Dermatologie ANTISEPTIQUES

ANTISEPTIQUES (3) – PHARMACOLOGIE

PROPRIÉTÉS étendues (surcharge iodée et hypothyroïdie),
Antiseptique à large spectre bactéricide et fon- notamment chez la femme enceinte et le jeune
gicide. enfant.

CONTRE-INDICATIONS EFFETS INDÉSIRABLES
Antécédent d’allergie à l’iode. Irritation, retard à la cicatrisation, coloration
Association aux dérivés mercuriels (ulcéra- brune des téguments et des textiles, surcharge
tions). iodée et hypothyroïdie.
Nouveau-né < 1 mois.
Pathologie thyroïdienne. INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Provoque des ulcérations quand association
PRÉCAUTIONS D’EMPLOI aux dérivés mercuriels.
Ne pas utiliser de façon prolongée (irritation, Inactivation par le thiosulfate de sodium.
retard à la cicatrisation), ni sur des surfaces

ANTISEPTIQUES Dermatologie 381

ANTISEPTIQUES (4)

Chlore 60 mL 0,06 % NR
200 mL 0,06 % NR
AMUKINE
60 mL (sol. aq. 0,5 %) 2,05 NR 0,01
Antisepsie de la peau et des muqueuses 250 mL (sol. aq. 0,5 %) 30 %
dans une fl. opaque aux UV de sol. 500 mL (sol. aq. 0,5 %) NR
aqueuse
Antisepsie des plaies et brûlures
(Stabilité 36 mois à l’abri de la lumière et
à une température < 30 °C)

DAKIN COOPER STABILISÉ

Antisepsie de la peau et des muqueuses
Antisepsie des plaies et brûlures
(Stabilité 30 mois à l’abri de la lumière et
à une température < 30 °C)

PROPRIÉTÉS EFFETS INDÉSIRABLES
Dermite irritative caustique si utilisation sous
Antiseptique bactéricide, fongicide après un occlusion.
temps de contact prolongé, virucide notam-
ment sur le VIH. INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Éviter l’utilisation d’autres antiseptiques (inacti-
vation par les dérivés mercuriels).

Carbanilides

SOLUBACTER

Antisepsie de la peau et des muqueuses 150 mL (sol. moussante NR
Bains (1 càs dans 10 L d’eau) 1 %) NR
Nettoyage et antisepsie des mains
400 mL (sol. moussante
1 %)

SEPTIVON

Antisepsie de la peau et des muqueuses 250 mL (sol. moussante 2,14 15 % 0,01
Bains (3 bouchons dans 2 L d’eau) 1,5 %) NR
Nettoyage et antisepsie des mains
500 mL (sol. moussante
1,5 %)

CUTISAN

Traitement d’appoint des dermatoses 80 g (pdre 1 %) NR
infectieuses suintantes

PROPRIÉTÉS PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Antiseptiques bactériostatiques sur les bacté- Ne pas chauffer car risque de production de
ries Gram+ (bactéricides si utilisés non dilués). métabolites toxiques pouvant entraîner une
méthémoglobinémie.
CONTRE-INDICATIONS Bien rincer et utiliser très dilué chez l’enfant
Hypersensibilité au triclocarban. (importante résorption percutanée). Ne pas
Nourrisson < 6 mois, pour la crème 2 %. mettre en contact avec l’œil.
Ne pas associer à d’autres antiseptiques.

EFFETS INDÉSIRABLES
Rares réactions allergiques ou par photosensi-
bilisation.

382 Dermatologie ANTISEPTIQUES

ANTISEPTIQUES (5)

Amidines 45 mL (sol. alcool. 1,34 15 % 0,03
HEXOMÉDINE 1/1 000) 2,39 15 % 0,00
Antisepsie de la peau et des muqueuses 2,34 15 % 0,03
Traitement d’appoint des dermatoses 500 mL (sol. alcool. 2,00 15 % 0,07
infectieuses 1/1 000)
2,31 15 % 0,05
Traitement d’appoint des dermatoses 75 mL (fl. pour pulv.
infectieuses non suintantes cutanée) NR

HEXOMÉDINE TRANSCUTANÉE 30 g (gel 1/1 000)
Traitement d’appoint des dermatoses
infectieuses 45 mL (sol. alcool.
Périonyxis bactérien (bains de doigt de 1,5/1 000)
quelques min)
45 mL (sol. alcool. 1 %)
HEXAMIDINE GILBERT
Traitement d’appoint des surinfections de
la peau

PROPRIÉTÉS Ne pas appliquer la solution transcutanée sur
Antiseptiques actifs sur les bactéries Gram+. les plaies ni sur les muqueuses, ni sous panse-
ment (risque de nécrose).
CONTRE-INDICATIONS
Hypersensibilité connue aux diamidines. EFFETS INDÉSIRABLES
Rares phénomènes de sensibilisation cutanée.
PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Ne pas utiliser pour l’antisepsie avant un geste INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
chirurgical car son délai d’action est trop long. Ne pas utiliser d’autres antiseptiques.

Alcool éthylique

ALCOOL MODIFIÉ GIFRER 70 °

Antisepsie de la peau saine 125 mL (fl.) NR
Désinfection du petit matériel chirurgical 250 mL (fl.) NR
après son nettoyage 500 mL (fl.) NR

PROPRIÉTÉS CONTRE-INDICATIONS
Application sur les yeux, les muqueuses et les
Antiseptique bactéricide à 70°, fongicide et plaies.
virucide.
L’alcool à 90° est réputé moins efficace. EFFETS INDÉSIRABLES
Asséchant et irritant.

ANTISEPTIQUES Dermatologie 383

ANTISEPTIQUES (6)

Chlorhexidine 250 mL (sol. alcool. 0,5 %) 2,96 15 % 0,01
SEPTÉAL
Antisepsie des plaies et brûlures 75 mL (sol. 0,5 %) 2,95 NR 0,02
Antisepsie de la peau 125 mL (sol. 0,5 %) 15 %
DIASEPTYL 250 mL (sol. 0,5 %) NR
Antisepsie des plaies et brûlures
Antisepsie de la peau 125 mL (sol. moussante NR
4 %) NR
HIBISCRUB
Antisepsie de la peau 500 mL (sol. moussante
Lavages des mains 4 %)

HIBIDIL 15 mL (25 unidoses de NR
Antisepsie de la peau et des muqueuses sol. aqueuse 0,05 %)
Antisepsie des plaies
HIBITANE 125 mL (sol. alcool. 0,5 %) NR
Antisepsie des plaies et brûlures 500 mL (sol. alcool. 0,5 %) HOP

DOSISEPTINE 10 unidoses 5 mL NR
Antisepsie des plaies superficielles 20 unidoses 5 mL 15 %

1,98 0,10

Chlorhexidine + hexamidine + chlorocresol

CYTÉAL

Antisepsie des plaies et brûlures 250 mL (sol. moussante 3,07 15 % 0,01
Antisepsie de la peau et des muqueuses 0,1 %) NR

500 mL (sol. moussante
0,1 %)

PROPRIÉTÉS PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Conserver à l’abri de la lumière.
Antiseptique bactériostatique (puis bactéricide Rincer après application (pour les solutions
après un temps de contact de 10 min), actif moussantes).
essentiellement sur les germes Gram+ et fon- Ne pas utiliser pour les lavages d’oreille.
gistatique sur Candida albicans.
EFFETS INDÉSIRABLES
CONTRE-INDICATIONS Rares eczémas de contact.
Hypersensibilité connue à la chlorhexidine. Risque d’effets systémiques si application sur
Association avec les dérivés anioniques et les de grandes surfaces ou sous occlusion, notam-
savons (inactivation). ment chez l’enfant.
Ne pas mettre en contact avec le cerveau, les
méninges et l’oreille moyenne. INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Ne pas utiliser d’autres antiseptiques.

384 Dermatologie ANTISEPTIQUES

ANTISEPTIQUES (7)

Chlorhexidine + chlorure de benzalkonium

DERMOBACTER

Antiseptie de la peau (solution pure) et 300 mL (sol.) 3,39 15 % 0,01
des muqueuses (solution diluée) NR
NR
MERCRYL

Antisepsie de la peau (solution pure) et 125 mL (sol. moussante)
des muqueuses (solution diluée)

MERCRYL SPRAY

Antisepsie de la peau 50 mL (sol.)

Chlorhexidine + chlorure de benzalkonium + alcool benzylique

BISEPTINE

Antisepsie des plaies, dermatoses 100 mL (fl. pulv.) 2,63 30 % 0,03
infectieuses sensibles, antisepsie du 250 mL 2,45 30 % 0,01
champ opératoire 500 mL HOP

PROPRIÉTÉS PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Bactéricide, fongicide, actif sur les germes Pas d’emploi successif avec des savons ou
Gram+ et Gram- et sur Candida albicans. d’autres antiseptiques non cationiques.

CONTRE-INDICATIONS EFFETS INDÉSIRABLES
Allergies de contact et anaphylaxie.

Hypersensibilité connue à l’un des constituants. INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Application sur les muqueuses. Savons, antiseptiques anioniques.

Oxydants

EAU OXYGÉNÉE GILBERT

Antisepsie des plaies 120 mL (fl. pulv. de sol. NR
10 vol.)
NR
120 mL (fl. de sol. 10 vol.) NR
250 mL (fl. de sol. 10 vol.) NR

10 unidoses 10 mL HOP
(10 vol.)

60 unidoses 10 mL
(10 vol.)

PROPRIÉTÉS Contact avec les yeux.
Antiseptiques bactériostatiques (faibles sauf
pour le permanganate de potassium). EFFETS INDÉSIRABLES
Assèchement de la peau.
CONTRE-INDICATIONS Le permanganate de potassium est très salis-
Hypersensibilité connue au produit. sant et peut entraîner des brûlures en cas d’er-
Association à l’eau oxygénée et au nitrate d’ar- reur de dilution.
gent pour le permanganate de potassium.
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Association à l’eau oxygénée et au nitrate d’ar-
gent pour le permanganate de potassium.

ANTISEPTIQUES Dermatologie 385

ANTISEPTIQUES (8)

Colorants 10 unidoses 2 mL (2 %) II NR
60 unidoses 2 mL (2 %) HOP
ÉOSINE AQUEUSE GILBERT 60 unidoses 5 mL (2 %) HOP

Traitement d’appoint de l’érythème fessier
du nourrisson

PROPRIÉTÉS PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Contamination très rapide de l’éosine aqueuse.
Antiseptiques bactériostatiques sur les bacté-
ries Gram+ et à un moindre degré sur les EFFETS INDÉSIRABLES
Gram-. Très asséchant. Photosensibilisation avec l’éosine.
Très salissant.

Ammoniums quaternaires

STERLANE

Traitement d’appoint des dermatoses 125 mL (sol. 0,5 %) II NR
infectieuses 350 mL (sol. 0,5 %) II NR
Antisepsie des plaies

PROPRIÉTÉS Contact avec le cerveau, les méninges et
Antiseptiques bactéricides sur les bactéries l’oreille moyenne.
Gram+, faiblement fongistatiques.
EFFETS INDÉSIRABLES
CONTRE-INDICATIONS Dermites irritatives, eczémas de contact.
Hypersensibilité aux produits. Effets systémiques possibles si utilisation sur de
Contact avec les muqueuses génitales et ocu- grandes surfaces, sous occlusion, notamment
laires. chez le nourrisson.
Association avec les antiseptiques anioniques Effets caustiques si utilisation sous occlusion.
et les savons (inactivation).
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Ne pas utiliser d’autres antiseptiques.

386 Dermatologie ANTISEPTIQUES

ANTISEPTIQUES (9)

Détergents anioniques 250 mL (sol. moussante) II NR

DERMACIDE

Nettoyage de la peau et des muqueuses
et rinçage

PROPRIÉTÉS PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Antiseptique faiblement bactériostatique sur les Rincer soigneusement.
germes Gram+.
EFFETS INDÉSIRABLES
CONTRE-INDICATIONS Irritation, eczéma de contact et développement
Hypersensibilité au produit. de levures.
Association aux ammoniums quaternaires et à
la chlorhexidine. INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Ne pas utiliser d’autres antiseptiques.

Sulfate de cuivre

CRÈME DE DALIBOUR (sans camphre)

Dermatoses infectieuses, érythème fessier prép. magistrale NR

DERMOCUIVRE 25 g (pomm.) II NR
Idem CRÈME DE DALIBOUR (sans 100 g (pomm.) NR
camphre)

PROPRIÉTÉS CONTRE-INDICATIONS
Hypersensibilité à l’un des composants.
Antiseptique bactéricide sur les germes Gram+
et fongistatique sur Candida albicans. Bien EFFETS INDÉSIRABLES
toléré chez le nourrisson. Rares eczémas de contact.


Click to View FlipBook Version