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Published by trolle.marius, 2022-01-05 08:58:52

SHCC HISTOIRE

SHCC HISTOIRE

Histoire du Hockey-sur-Gazon à Calais

André BIA raconte :

À Amiens, au cours de ce week-end, les hockeyeurs calaisiens tentent de devenir
Champions de France de 2ème Division. S’ils y parviennent, ce serait parfait. Mais - il
faut être objectif - ce sera dur, les participants au tournoi final étant tous leaders
de leur groupe régional. Quoi qu’il en soit, les joueurs du S.H.C.C. auront rempli leur
contrat de la saison : accéder à la (nouvelle) première division B. Ne convenait-il pas,
alors que ce but est atteint, de se pencher sur l’histoire du Hockey à Calais ? Nous
l’avons fait avec M. André BIA, Président du S.H.C.C. ; et ce fut l’unique objet de cette
“rencontre” qui sera donc différente de celles des autres semaines.

Au lendemain de la guerre de 14-18 André BIA, Président du S.H.C.C.
avec des officiers anglais :
À cette époque, il y avait deux équipes masculines,
Le point de départ de l’histoire que nous proposons de l’une évoluant en Championnat du Nord, avec Ghislain
conter, se situe au lendemain du premier conflit mon- BERQUEZ pour Capitaine, l’autre, dans le “Championnat
dial. M. Maurice BIA était Président du “Club Sportif de des Réserves”.
Calais”, société de football qui disposait d’un terrain
au bout de la rue Mollien. Par ailleurs, des officiers Il y avait aussi une équipe féminine ; et déjà une ca-
britanniques se trouvant à Calais, la guerre terminée, laisienne retenue à l’échelon national : Mlle Suzanne
voulaient jouer au Hockey. Un terrain d’une part ; des PEUMERY, gardienne de buts. Cette formation fut
anglais désireux de meubler “sportivement” leurs loi- Championne de France. Les “masculins” ne demeu-
sirs, de l’autre... Il était logique que se créent des liens raient pas en retrait. C’est ainsi qu’en 1937-1938, ayant
entre ces éléments. battu l’excellent onze de Bordeaux “Primerose”, nos
hockeyeurs disputèrent la demi-finale de la Coupe de
C’est ainsi que M. Maurice BIA les ayant autorisés à France et furent éliminés par l’A.S. Bourse.
utiliser le terrain de la Porte de Gravelines, les offi-
ciers anglais y pratiquèrent le hockey. Par la suite, leur Vint la guerre... et l’éclatement du club pendant cinq
équipe se renforça... d’Anglais calaisiens ; et, petit à ans. Mais les mordus du hockey tinrent à reprendre le
petit, des Français y entrèrent. Cela se passait vers flambeau, dès que les circonstances le permirent. En
1923-1924. 1944, un nouveau Comité réunissait MM. Jean BOUDRY,
Roger BRUNET, DUQUENOY, LEULIETTE et André BIA.
Vint l’époque ou les derniers soldats anglais quittèrent
Calais et où les adeptes du hockey dans cette ville
n’étaient plus que des Français. Ils formèrent alors
une section autonome du Racing.

1932 : création du S.H.C.C.

Cette situation dura quelques années ; et, le 7 Sep-
tembre 1932, réunis en Assemblée Générale, les hoc-
keyeurs calaisiens décidèrent de créer une nouvelle
société qui prit le nom de Sporting-Hockey-Club. M.
Léon VINCENT, Maire de la ville, en fut le premier Pré-
sident d’Honneur. M. WATNEY, Président, était secondé
par M. Maurice BIA, comme Vice-Président, tandis que
M. André BIA dirigeait le secrétariat, et que M. BERQUEZ
se voyait confier les responsabilités de la trésorerie.

Équipe première - Saison 1931-1932

Debout : Jean RENAUX - Willy STUBBS - Jean RÉBIER - Roger BRUNET - Maurice MASSET - Hans APPENESS - SHARP YOUNG (Arbitre)
Accroupis : Jean BOUDRY - Édouard MASSET - Pierre THÉVENOT - Marino HEYMANN - Roland BIA

1944 : 700 mines sous le gazon 1966 : en “Fédérale”
1ère Division Nationale
La tâche la plus urgente était de “retrouver” le terrain.
Or, celui-ci cachait sept cents mines sous son épais Champion de France de cette division à l’issue de la sai-
gazon. Il en fut libéré par les servcies spécialisés, et son 1965-1966, le S.H.C.C. accéda à la “Fédérale” (c’est
l’on put recommencer à jouer. à dire parmi l’élite), réunissant les dix meilleurs clubs
français. Il n’y demeura hélas qu’une saison. Depuis, il
Si les dirigeant du S.H.C.C. ne manquaient pas de tenta de reprendre place chez les “grands”. En 1971, il
joueurs, divers ennuis les guettaient toutefois. était dans une division “Fédérale” correspondant à la
2ème Division Nationale actuelle, car il y avait à cette
D’abord, parce que nos alliés anglais avaient pris la époque une série “Nationale”, puis descendit en “Ex-
mauvaise habitude de jouer au football sur le terrain cellence” à la fin de la saison 1972-1973 et fut (en 1974)
de hockey... en compagnie de prisonniers allemands ! Champion de France de cette catégorie, accédant à
la nouvelle 2ème Division Nationale où il est demeuré
Et puis, un beau jour, nos hockeyeurs trouvèrent leur depuis, et qu’il va donc quitter pour la 1ère B.
terrain labouré par le propriétaire. La rage au cœur,
ils n’avaient plus qu’à décamper ! Ils trouvèrent refuge Nombres d’internationaux
au Virval puis à Coulogne, et au terrain de la S.N.C.F.
(Rampe des Fontinettes) avant de pouvoir (en 1948) Jusqu’à ces dernières années, le S.H.C.C. eut une sec-
disposer de celui du Beau-Marais. Partis véritablement tion féminine. En “Masculins” (outre la formation pre-
“à zéro”, ils en ont fait l’un des plus beaux de France. mière) sont engagés deux équipes séniors (en 1ère et
Plus tard, la Ville de Calais, reprenant les terrains du 3ème division des Flancres) une de Cadets et une de
Beau-Marais pour la création d’une zone industrielle, Benjamins (Champion des Flandres 1980) avec les-
accepta d’en aménager un dans les fossés de la ci- quels évoluaient les petits-fils du Président André
tadelle. Les années difficiles se terminant, le hockey BIA. Ajoutons qu’au S.H.C.C., on pratique également le
calaisien allait connaître des heures plus fastes. hockey-en-salle en 2ème Division Nationale, dont le club
calaisien organisa le championnat les 27 et 28 Janvier
L’équipe première gravit alors tous les échelons de la 1979. Il s’agit d’une discipline quelque peu différente,
hiérarchie française. Ayant débuté dans le champion- qui sort du cadre de cet article plutôt axé sur le gazon.
nat national “Honneur” en 1963, elle se trouva en “Ex-
cellence” dès la saison suivante.

Équipe première - Saison 1979-1980

Debout : Gérard BOUDRY - Christian WIART - Paul GUINAMARD - Jean-Marc BOUDRY - Philippe DESCAMPS
Accroupis : Jean-Marc PETITPREZ - Didioer DECROIX - Stéphane LEROY - Jean-Paul GHESQUIERS - André HECQUET - Éric ROGLIANO

Arrivons-en aux sélections dont furent l’objet des
hockeyeurs calaisens. On ne compe plus celles aux
niveaux départemental et régional, car il est déjà diffi-
cile de citer avec exactitude (et sans crainte d’en ou-
blier) les noms de ceux qui (depuis Jean de LOPPINOT
entre les deux guerres) portèrent le maillot de l’équipe
de France (A, B, Militaire, Universitaire ou Juniors).
Yvan BIA et Maurice DOBIGNY participèrent aux Jeux
Olympiques de Rome en 1960, en même temps qu’un
troisième Calaisien, le Champion du Monde à l’épée
Gérard LEFRANC.

On se gardera d’oublier que deux joueurs de classe
internationale formés au S.H.C.C. sont actuellement
licenciés au Lille-Hockey-Club : Maurice DOBIGNY et
Olivier CONQUES.

Il faut savoir, aussi, que le Calaisien Olivier de BUREN,
qui se dévoue pour le club local de hockey, est Pré-
sident de la Commission Régionale des Arbitres.

Ce sont là des références que bon nombre de nos
concitoyens ne soupçonnaient sans doute pas, ou
qu’ils avaient oubliées. Il n’était peut être pas inutile
de les rappeler...

Fernand LEROY

La Voix du Nord
Dimanche 13 et Lundi 14 Avril 1980

CASINO “Le Touquet's” - Samedi 3 Novembre 1984 :

UNE SOIRÉE DE PRESTIGE
DÉDIÉE AUX GLORIEUX ANCIENS
D'UN CLUB CINQUANTENAIRE !

Roger BRUNET - Jacques DEWEVRE - Gérard BOUDRY - Jean de LOPPINO - André BIA - Jean BOUDRY - Bob EDWARDS

La rumeur s’est répandue dans tout Calais Les comédiens d'un soir : Didier DECROIX, André L’actuel Président, M. Gérard Boudry, a pré-
(Nord, tout au moins) comme une traînée de HECQUET, Jacques CHRISTIAENS, Anne-Sophie senté de glorieux anciens : M. André Bia, Pré-
poudre : une soirée peut-être unique en son GUINAMARD, Paul GUINAMARD et Pierre CARÈJE sident d’Honneur ; Jacques DEWÈVRE, à la tête
genre, est en train de se dérouler au “Tou- de l’équipe fanion pendant quinze saisons ; M.
quet’s”. L'équipe féminine en pleine représentation... Jean BOUDRY, le père de Gérard ; l’anglais Bob
EDWARDS ; M. de LOPPINO ancien joueur du
Les premiers témoins du rassemblement qui Le spectacle se termina par la mythique Sporting qui évolua en Équipe de France.
s’opère, sur le coup de neuf heures, assu- et endiablée “Salsa du Démon” .
rèrent à leurs amis du prestige de ce repas ESPÉRANCE
dansant. Les participants furent unanimes :
une splendide soirée !!! Chacun d’eux eut un mot pour évoquer les
Plus de quatre cents convives prirent place à cinquante deux ans d’un club où les liens
table pour commémorer les retrouvailles de unissent ceux qui en font partie dépassant le
ceux qui, de près ou de loin, ont eu quelque cadre strictement sportif. À preuve, l’édition
chose à voir avec le Sporting Hockey Club Ca- depuis plus d’un an et demi d’un journal bap-
laisien. Car le but de cette manifestation était tisé “Info’Key” où l’humour et le sérieux font
d’affirmer un soutien vibrant à un club discret bon ménage.
pour ses résultats et bruyant quant à ses dé-
monstrations publiques, méconnu et pourtant Pour la soirée du “Touquet’s”, priorité fut ac-
seul de la ville au top niveau d’une discipline cordée à l’humour dans ce qu’il a de plus frais
sportive. et séduisant.

À l’image d’une équipe première confortable- Le metteur en scène de la revue, sobrement
ment installée en milieu de tableau, la soirée appelée “La revue du Hockey”, M. Olivier de Bu-
afficha un bon esprit, peu souvent de mise ren fit souvent venir des larmes... de rire aux
dans les milieux sportifs. spectateurs attentifs.

GLORIEUX ANCIENS La fête se termina aux petites heures de
l’aube. Les demoiselles du Sporting métitaient
Tous ceux qui, depuis cinq ans, évoluent dans bien du repos après avoir assuré l’intendance,
le groupe B de l’élite nationale, plus leurs ré- ceintes d’un seyant ensemble vert.
servistes, les jeunes des équipes cadettes,
minimes et pupilles avaient mis du leur pour Vert, couleur d’une espérance bien ancrée au
que les aînés aient un souvenir mémorable cœur des hockeyeurs de la Cité des Six-Bour-
d’une soirée pas comme les autres. geois.

Ils étaient venus, ils étaient tous là, même Claude MARNEFFE
ceux de l’autre côté de la mare aux harengs et NORD-LITTORAL
puis celui qui a préféré le goût de la paêlla au Mardi 6 Novembre 1984
sobre steak frites.

RETRONEWS de dames, de paume, de quilles, du palet, de billes, et
celui de la soule ou du schoul que les Anglais nous ont
Le hockey emprunté sous le nom de «hockey».
sur gazon :
made Le Temps, le 2 Juin 1890, reprend le chemin de crosse,
in Gaule ? pour que l’on rende aux Gaulois ce que les Gaulois ont
inventé. En effet, pour le journal, «le gouret ou balle
Par Gilles Dhers - 12 Janvier 2019 à 18:57 à la crisse est un vieux jeu français, le plus vieux de
tous et le plus français, car les Gaulois le pratiquaient
Chaque samedi avec RetroNews, le site au temps de la conquête romaine et croissaient avec
de presse de la BNF, retour sur un épi- délices une balle qu’ils appelaient le romain. […] En
sode de l’histoire du sport tel que l’a ra- Grande-Bretagne, où il est passé vers le quinzième
conté la presse française. Aujourd’hui, siècle comme presque tous nos exercices de plein air,
quand les journaux revendiquaient on l’appelle tantôt hockey, tantôt bandy, tantôt hurling,
l’origine française du hockey sur gazon. selon les districts. Il n’y a aucun motif appréciable de
ne pas lui laisser chez nous son nom historique, aussi
Et si la bonne performance de l’équipe de France de vénérable qu’un dolmen ou tout autre souvenir de la
hockey sur gazon à la récente Coupe du monde – quart vieille Gaule».
de finaliste pour sa première participation à une phase
finale – puisait ses racines au plus profond de notre Suite de l’histoire. N’en déplaise aux journaux de JANVIER 2019 - CARÈJE IMPRIMEURS/CALAIS 06 75 25 41 04
histoire? Car si le sport a été codifié et réglementé par l’époque, c’est sous le nom de hockey que la disci-
les Anglais entre le milieu et la fin du XIXe siècle, il se- pline est devenue olympique, en 1908. Et les résultats,
rait né en France. C’est la thèse que défend en 1888, la depuis, inclinent plutôt à donner tort à ceux qui re-
Justice, dénonçant le snobisme des anglicismes déjà vendiquent ses racines gauloises. Les Britanniques et
en vogue: «C’est qu’on commet un véritable anachro- leurs anciennes colonies l’Inde (8 titres) et le Pakistan
nisme en revêtant d’appellations anglo-saxonnes des ont squatté les podiums des JO, remportant toutes les
jeux qui étaient populaires en France au Moyen-Âge et médailles d’or sauf une jusqu’en 1988.
que nos voisins nous ont empruntés en les baptisant
d’un nom anglais. […] Le golf et le hockey s’appelaient Depuis, le hockey s’est internationalisé, avec les suc-
chez nous la crosse, et la crosse est encore connue cès de l’Allemagne ou des Pays-Bas. 1-Argentine, 2-Bel-
sous cette dénomination française au Canada. […] La gique, 3-Allemagne : en 2016 à Rio, pour la première
vérité est que si nous avons si bien perdu l’habitude fois depuis 1908, le podium olympique n’accueillait au-
d’un certain nombre de ces jeux qui font le corps so- cun pays du Commonwealth. Quant à nos amis belges,
lide et l’esprit joyeux, que lorsque nous les «décou- ils ont pu se remettre de leur douloureuse élimina-
vrons» en Angleterre, nous les prenons pour une nou- tion en demi-finale du Mondial de Foot par la France
veauté…». en remportant en décembre pour la première fois la
Pourquoi ce pan du patrimoine historico-sportif Coupe du Monde de hockey sur gazon, qui se déroulait
français a-t-il disparu? On trouve la réponse dans le en Inde, battant en finale un autre de leurs voisins, les
journal des débats politiques et littéraires du 29 Sep- Pays-Bas.
tembre 1889 : «Le 3 Avril 1369, une ordonnance du roi Gilles Dhers
Charles V interdit en France les jeux populaires de dés,
Sources :
Le Journal des Débats Politiques et Littéraires - Dim. 29 Sept. 1889
Le Temps - 2 Juin 1890 - Page 4


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