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Published by , 2018-09-03 16:37:34

TPA

TPA

TPA

A quel point le système carcéral
Suisse est-il efficace pour prévenir
la délinquance juvénile ?Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018

TABLE DES
MATIÈRES

1 Préface 5

2 Introduction 7

Psychologie

3 « Profils » des jeunes délinquants 10
4 Causes 15
5 Médias 23
6 Conséquences 27

Aspects juridiques

TABLE DES MATIÈRES 7 Formes de la délinquance juvénile 30
8 Loi / Peines 33
9 Prisons 37

Ethique

10 Utilité des peines 40
11 Valmont 43
12 Récidives 47 2
13 Solutions 50

14 Conclusion 53

15 Bilan 55

16 Annexes Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018

PRÉFACE J’ai choisi comme problématique les Analyser et comprendre la psychologie du
jeunes délinquants et l’impact que la prison a délinquant juvénile, analyser les méthodes
1 sur eux car c’est un sujet qui m’intéresse tout de correction et les sanctions imposées d’un
particulièrement. point de vue juridique ainsi que leur impact
sur le jeune. Je terminerai avec un examen
J’ai moi-même été une adolescente diffi- des questions éthiques liées à ces sanctions.
cile et j’ai bien connu les allers-retours chez la
police ainsi que l’emprisonnement. Plus jeune A l’aide de toutes ces informations j’aime-
déjà, je m’intéressais beaucoup à la délin- rais tenter de mieux comprendre le système
quance juvénile, ses causes et son impact. judiciaire et juridique pour essayer de percer
Mais à présent, je me questionne sur le profil à jour les failles qui font que beaucoup de
psychologique des jeunes délinquants ainsi délinquants récidivent.
que sur les sanctions que l’état leur impose
et leur utilité. J’ai grandi, mes amis aussi, mais Les questions clefs de ce travail
je me rends compte qu’il n’y a pas eu d’entre sont donc les suivantes :
deux pour nous. Il y a ceux qui ont évolué,
trouvé un travail ou sont étudiants, mais il y a - Quels sont les profils des jeunes délin-
aussi ceux qui n’ont pas changé du tout. quants ?

J’ai toujours cherché à comprendre ce qui - Quelles sont les causes qui les poussent à
fait que certains s’en sortent et d’autres pas, devenir comme cela ?
puis je me suis rendue compte que ce sont
principalement ceux qui ont fait de la prison - Quel impact les médias et les réseaux
qui sont toujours au même stade aujourd’hui. sociaux ont-ils sur les jeunes ?
Tandis que les autres, ceux qui ont fait les
mêmes erreurs, les mêmes soirées et qui - Quelles sont les différentes formes de délin-
n’ont pas été attrapés, s’en sortent mieux quance juvénile ?
aujourd’hui. D’où mon intérêt pour le sujet,
la prison, son impact et son utilité. A l’aide - Est-il juste de mettre en prison les gens
de ce TPA, j’aimerais tenter de comprendre inculpés pour excès de vitesse ou les jeunes
les raisons qui nous incitent à faire le mal et délinquants avec de vrais criminels ?
qu’est-ce qui nous pousse à récidiver plutôt
que de revenir dans le droit chemin. - Quel impact le système judiciaire a-t-il sur
notre société ?
Mes motivations personnelles sont donc
de me comprendre, en premier lieu, et de - Comment les prisons fonctionnent-elles en
comprendre mon entourage afin de pouvoir, Suisse ?
peut-être, par la suite, aider les jeunes que
je rencontrerai et qui auront comme moi, au - La société protectrice des jeunes est-elle
départ, pris un mauvais chemin. Je pense vraiment du côté du jeune ou plutôt de celui
qu’avec les bonnes méthodes on peut aider des parents ?
n’importe qui, et c’est là que j’aimerais intro-
duire mon objectif :

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 5

INTRODUCTION Dans la société actuelle, la prison et la Cette analyse aura donc pour but, dans un
délinquance sont sous le feu des projecteurs, premier temps, de tenter de cerner le profil
2 nous pensons les connaître car nous suivons des jeunes délinquants juvéniles en en étu-
l’actualité. Mais ce sont en réalité des théma- diant les causes. Puis, nous tâcherons d’avoir
tiques mal connues. Cette méconnaissance une vision globale de tout le système carcé-
est en grande partie due au « désintérêt des ral suisse et de son fonctionnement.
médias lorsqu’il s’agit de produire des infor-
mations documentées dans un simple but Ce dossier est divisé en trois grands cha-
informatif comme par exemple expliquer le pitres dans un ordre logique et pensé pour
fonctionnement ordinaire du système carcé- offrir une compréhension optimale du pro-
ral en suisse. » selon Daniel Fink dans La pri- blème en examinant ses acteurs, ses causes,
son en Suisse, un état des lieux. son environnement et ses solutions.

Les médias privilégient et dramatisent
des faits comme les histoires d’évasions, les
récidives ou encore les infractions commises
systématiquement par des jeunes de cer-
taines « communautés », les regroupements
de jeunes, etc. De la sorte, ils instaurent un
climat de méfiance dans la société et l’abus
d’incarcérations en Suisse ainsi que tous les
autres problèmes actuels liés au système
carcéral helvétique n’arrangent rien.

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 7

Les trois principaux thèmes abordés sont :

La psychologie (étude des profils psychologiques des jeunes délinquants, les causes de la
délinquance, les médias et leur impact et finalement les conséquences de tout cela.)

L’aspect juridique (étude des formes de délinquance juvénile, des lois et des peines ainsi que
les prisons et leur fonctionnement. Les conséquences seront aussi exposées.)

L’éthique (étude de l’utilité des peines, de la récidive, conséquences et exposition de solu-
tions en fin de chapitre.)

Dans ce premier chapitre, nous commen- Finalement, je proposerai des solutions
cerons donc par étudier le raisonnement possibles au problème de la délinquance.
des délinquants et les raisons qui pourraient
pousser un enfant à devenir délinquant. Puis, Le lecteur sera lui aussi invité à en imagi-
nous examinerons les médias et leur impact ner et peut-être que grâce à ce travail, lec-
sur le problème de la délinquance juvénile. teurs et auteur pourront apporter un change-
ment positif dans cet aspect de notre société.
Par la suite, dans la deuxième partie de ce
travail, nous étudierons le fonctionnement
de notre système judiciaire avec un aperçu
de l’évolution des lois liées à cet aspect ainsi
que des problèmes actuels concernant les
prisons en Suisse.

Dans la dernière partie, finalement, nous PROFILS
nous intéresserons au problème de récidives
après avoir bien étudié le profil des jeunes 3
délinquants, l’environnement et le système
dans lesquels ils évoluent.

A l’aide d’informations référencées et
datées, nous tâcherons d’avoir une idée
objective concernant la récidive en Suisse,
ses causes et ses enjeux. Afin d’offrir au lec-
teur la meilleure compréhension possible de
ce travail sans qu’il soit nécessaire qu’il pos-
sède des connaissances préalables de la
thématique de la prison, quelques outils ont
été mis en place en fin de document pour
accompagner la lecture: un glossaire, ainsi
que des tableaux de statistiques concernant
le sujet.

8 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018

Il est difficile d’établir réellement le pro- Les facteurs identifiables ainsi C’est un processus normal et connu : les Il y a d’autres facteurs récurrents
fil des délinquants car les individus peuvent que leur évolution sont les sui- enfants se sociabilisent en « groupes d’âge qui poussent les jeunes à la dé-
varier fortement en fonction de l’environne- vants : », car à travers eux ils apprennent à devenir linquance et qui sont identifiables
ment dans lequel ils ont grandi ou des diffé- indépendants, ils ont la possibilité d’explo- assez tôt :
rents problèmes qu’ils ont dû traverser. Même -L’enfant présente des difficultés de com- rer la vie par eux-mêmes et de se faire leur
s’il est impossible d’établir un profil type, cer- munication à l’école propre opinion. Ils commencent à apprendre - Le jeune ne dort pas beaucoup et de façon
tains facteurs sont récurrents dans la vie des et à résoudre les problèmes qu’ils rencontrent irrégulière
jeunes délinquants et nous allons les étudier -Les autres enfants présentent une réti- par eux-mêmes. Ce phénomène leur permet
afin de mieux cerner le profil de ces jeunes. cence et/ou refusent de s’associer à lui de développer des qualités qui sculpteront - Il manque de concentration à l’école
leur personnalité de façon individuelle ou
Il est important de commencer par mettre -L’enfant subit des moqueries à l’école et/ collective. Il faut donc comprendre qu’à ce - Le jeune s’endort à l’école
l’accent sur le rôle des parents dans toute ou s’isole moment-là, le jeune commence à se faire sa
cette problématique. En effet, ce sont eux qui propre idée du monde sous l’influence d’un - Il est en échec scolaire
devraient être capables d’identifier ces fac- -L’isolement se consolide à l’école groupe de personnes. Il peut donc avoir une
teurs afin de pouvoir les traiter directement vision complètement faussée de la société - L’école commence à ennuyer l’enfant
avant que les conditions de vie familiale ne - L’état de vulnérabilité de l’enfant com- ou du monde qui l’entoure. L’effet de groupe
deviennent insupportables. Par ignorance ou mence à s’accentuer et de pensée collective renforce la réaction - Il se fait exclure ou décide lui-même de ne
par négligence, les parents ne voient souvent anarchiste : ils ont raison et c’est la société plus y aller
pas les premiers signes de déviance de leurs - Le sentiment d’infériorité s’établit et com- qui rejette leur vision. C’est pourquoi les
enfants et ne peuvent donc pas intervenir mence à prendre le dessus parents doivent s’assurer dès le début que - Le jeune commence à vagabonder
avant que les choses ne s’enveniment. Il ne leurs enfants fréquentent les bons groupes
s’agit bien-sûr pas forcément d’une passivité - Le soutien familial est inadéquat, voire de jeunes, puisqu’il n’est pas évident pour un - Le jeune s’est mis à voler
volontaire, cela peut être dû par exemple au absent jeune adolescent de s’autoévaluer.
fait que les parents travaillent trop et sont
fatigués, ou à des problèmes personnels qui - L’enfant commence à détester l’école - Le jeune consomme des substances illicites
empiètent sur leur vie de famille. Les situa-
tions sont toutes différentes, aucune situa- - L’enfant commence à s’intéresser aux « - Il devient violent
tion familiale n’est identique et combien de groupes » de jeunes dans un objectif ina-
parents possèdent-ils la capacité de com- voué. Il y a un sentiment d’appartenance, il
prendre qu’ils ont directement ou indirec- cherche le soutien qu’il n’a pas à la maison
tement contribué à la délinquance de leurs
enfants quand ils pensent avoir tout fait juste - Initiation aux pratiques de groupe
?

- L’enfant devient incontrôlable, sa psycho-
logie n’est plus la même, ses objectifs non
plus

img.2

image 1

10 11Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018
Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018

L’identification rapide de ces facteurs peut Les signes observés chez le jeune Il s’agit là des principaux signes que j’ai pu
permettre de les traiter de la bonne manière sont les suivants : relever ; certains sont facilement perceptibles
et d’éviter la suite logique des événements et d’autres nécessitent de creuser plus pro-
qui n’est autre que les centres de détention - Des retards réguliers à l’école fondément. Le but n’est pas d’empêcher l’en-
pour mineurs ou la prison. fant de vivre sa jeunesse en le surveillant en
- Des absences répétitives et/ou inexpli- permanence, cela n’aurait que l’effet inverse.
Pour bien comprendre le profil des jeunes cables à la maison et à l’école Le jeune se sentirait surprotégé et il y aurait
délinquants, il faut avant tout comprendre là un impact négatif sur son développement.
que la période de l’adolescence est une - La présentation / le style vestimentaire
grande épreuve pour tous les enfants qui douteux Mais il est nécessaire de simplement rester
passent désormais à l’âge adulte. C’est une toujours ouvert à la communication avec le
période de fragilité extrême durant laquelle - L’apparition fréquente de blessures et/ jeune, de s’intéresser à lui afin qu’il ne manque
commettre un délit peut prendre plusieurs ou autres traces incompréhensibles sur le pas d’attention, de se tenir au courant de sa
significations : il peut s’agir d’un symbole corps vie, non dans un but de surveillance mais
d’opposition, d’une marque de fragilité aussi simplement par intérêt et pour être au cou-
parfois - d’avoir pu être incité - mais aussi et - Les tenues présentes des taches bizarres, rant de sa vision et de son évolution. Je suis
surtout un moyen d’attirer l’attention sur soi. brûlures et autres persuadée qu’en agissant ainsi, on peut dimi-
En réalité, il arrive souvent que les jeunes ne nuer de moitié les risques de délinquance
puissent pas donner d’explication rationnelle - Les odeurs (tabac/alcool) chez l’enfant car les signes seraient percep-
à leurs actions, lorsqu’il s’agit de délits, car tibles directement, étant donné qu’il n’y aurait
ils n’en ont simplement pas. Par exemple, un - Le manque d’appétit ou au contraire trop pas de lacunes dans le développement de
jeune qui brûle une poubelle pour faire son d’appétit (peut-être dû à un abus de drogue) l’enfant. Les parents seraient présents dans
intéressant devant ses copains n’aura pas tous les moments de sa vie pour l’accompa-
d’explication valable à fournir une fois inter- - Les troubles du sommeil gner dans ses choix, et il y a donc de grandes
rogé sur son acte. chances pour que l’enfant soit heureux !
- Un regard que l’on pourrait qualifier de «
Pour terminer, voici un petit résumé des perdu » ou « vide »
différents signes de délinquance juvénile afin
que nous ayons à présent tous les outils en - Un comportement irrité, agressif et/ou
main pour la détecter avant qu’il ne soit trop offensif
tard.
- Un changement de fréquentations

- L’acquisition de nouveaux vêtement,
objets, etc. de valeur

image 2

12 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 13

Il y a plusieurs causes connues pour la délinquance et je vais encore une fois exposer
celles-ci sous forme de facteurs. Ces facteurs sont les raisons pour lesquelles certains pays,
cantons ou encore quartiers ou familles sont des environnements propices au développe-
ment de la délinquance juvénile. Les causes et conséquences de cette forme de délinquance
se résument en trois principaux facteurs : les facteurs sociaux, environnementaux et finale-
ment génétiques.

Facteurs sociaux Facteurs génétiques

- Les conflits culturels tels que l’impact de - Les liens du sang (la ressemblance phy-
deux cultures différentes sur l’enfant sique et l’attitude qui sont transmissibles des
parents biologiques à leurs enfants)
- Les conflits domestiques (impact des dis-
putes des parents et/ou de la violence sur - Tel père/mère, tel enfant !
les enfants)
- L’impact de certaines études expérimen-
- L’impact sur l’enfant du style de vie des tales sur les jeunes enfants
parents (parents « isolés »)

- La pauvreté (contribue à une perte de
contrôle éducatif, notamment)

- Le travail (impact physique et psycholo-
gique sur l’enfant lorsque les parents sont
exposés à de trop lourdes charges de travail)

CAUSES - L’éducation (les parents qui n’aiment pas
l’école ou qui ne s’y intéressent pas ont
4 un impact négatif sur la scolarité de leurs
enfants)

- L’analphabétisme des parents (impact
négatif sur l’éducation de l’enfant)

- Les influences extérieures : les médias, la
télévision, internet et les réseaux sociaux

- La période d’adolescence de l’enfant (entre
14 et 17 ans)

- Les personnes en charge de tutelle d’en-
fants mal qualifiées (violences domestiques,
abus de tous genres, etc.)

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 15

Facteurs environnementaux

- L’environnement (impact des quar-
tiers pauvres sur les enfants, responsa-
bilité politique et parentale vis-à-vis des
enfants)

- Le lieu d’habitation de l’enfant (impact
de « l’identité » sociale ou collective du
quartier sur l’enfant)

- Le taux élevé de chômage (impact sur
les adolescents qui cherchent à entrer
dans le monde du travail)

- La famille (pauvreté, ignorance, perte
de contrôle des parents sur l’éducation
culturelle et scolaire de leur enfant)

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018

On peut donc constater qu’il y a beaucoup D’après une étude du CPCP de Bruxelles Ainsi, il est intéressant de constater que, Pour appuyer ma thèse, voici un extrait tiré
de facteurs susceptibles de jouer un rôle dans intitulée La délinquance juvénile, quand la souvent, c’est le jeune qui choisit lui-même d’une analyse de la délinquance juvénile du
l’évolution de l’enfant vers la délinquance, famille s’emmêle, de se tourner vers la délinquance, malgré Dr.Bovet :
mais il faut bien-sûr prendre en compte l’absence des facteurs présentés précédem-
qu’une exposition à ces facteurs ne conduit « Les comportements de la famille ment. Dans ces cas-là, pour revenir au pro- «Même si nous reconnaissons que des
pas inéluctablement à la délinquance. Malgré amènent un sentiment de malaise chez le fil des délinquants, il s’agirait certainement facteurs psychologiques peuvent ne point
les nombreux cas de délinquance juvénile jeune qui, lors de son adolescence a besoin de tentatives pour attirer l’attention ou d’un être déterminants pour beaucoup de délits, il
liés à ces conditions, il est important de sou- de nouvelles perspectives et pourrait entre- changement soudain de fréquentations pour n’en demeure pas moins qu’un délit, comme
ligner que certains jeunes sont capables de voir une porte de sortie de ce malaise dans se faire accepter et se sentir protégé. Il arrive n’importe quel autre comportement humain,
les voir comme une force. Ils ont envie de se la délinquance. souvent, par exemple, qu’à l’école les enfants ne saurait être exécuté sans la collaboration
battre pour obtenir une vie meilleure et par- issus de milieu aisés soit bousculés par leurs de notre psychisme.
fois réussissent. Cela dépend bien-sûr de la Néanmoins, ils relèvent que la grande camarades de classe en raison de leur bonne
psychologie de l’individu : certains sont plus majorité des délinquants provient de familles situation et par jalousie. Leur mécanisme En d’autres termes, il faut, pour que des
forts que d’autres et arrivent à surmonter les normalement constituées, il s’agitait alors de défense sera alors d’essayer de se faire facteurs sociologiques deviennent crimino-
problèmes seuls quand d’autres ont besoin d’un choix rationnel du jeune que de s’ouvrir accepter en tentant de rentrer dans des « gènes, qu’ils déclenchent un certain nombre
d’un suivi, d’un soutien et d’une attention par- à une carrière délinquante. » groupes », ceci souvent en commettant de de mécanismes psychologiques.
ticulière afin de pouvoir évoluer correctement. petits délits qui grandiront par la suite.
Donc les causes de la délinquance peuvent Or, il est évident que ces mécanismes se
être multiples et il est difficile de toutes les On peut donc constater que n’importe déclencheront plus ou moins facilement
maîtriser, mais il est possible de détecter les quel enfant est sujet à devenir délinquant, il selon la structure psychique du sujet, selon
différents signes présentés dans le chapitre est donc fondamental de porter beaucoup sa constitution, selon les évènements de
sur le profil des délinquants et d’agir à leur d’attention aux jeunes afin qu’il ne se sentent son passé, selon sa résistance ou sa fragi-
encontre. pas mis de côté et observer tout au long de lité. Comme l’a dit le psychiatre B. Glueck
leur adolescence s’il y a une apparition des (communication personnelle de S. Glueck)
L’acteur majeur ici est donc encore une fois signes d’un possible début de délinquance. dans une formule frappante : Un facteur ne
la famille. En effet, les individus de la cellule saurait agir comme une cause s’il n’est tout
familiale sont les plus proches et les mieux d’abord devenu un motif. «
placés pour agir car, s’ils ont de bonnes rela-
tions et qu’ils l’ont écouté, ils connaissent
bien l’enfant.

image 3

18 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 19

On constate donc que malgré tous les fac- L’étude déplore donc le processus suivant :
teurs possibles, il reste toujours la structure
psychique de l’enfant qui joue le rôle princi- Les jeunes sont sur la voie de la délinquance (ils ont déjà été interpellés par la police et
pal, sa capacité à encaisser les événements sont à présent jugés). Ils se voient imposés des travaux d’intérêt général, des amendes, des
négatifs ou sa faiblesse définissent sa prise excuses à présenter, mais aucun examen psychiatrique. Pourtant, ils en auraient besoin car
de décision. Le Docteur Bovet continue : après être passés devant une cour, le jeune est à présent catalogué comme « délinquant »
et peut subir un choc psychologique qui sera ensuite renforcé par la prise de mesures à son
« Nous avons vu qu’en moyenne, le psy- égard. C’est donc à ce moment-là qu’il serait nécessaire d’instaurer un suivi psychiatrique
chiatre est appelé à examiner environ 10% des obligatoire afin de s’assurer qu’il ne poursuive pas sur la même voie à présent qu’il est étiqueté
mineurs cités devant une cour. Répétons-le, comme « délinquant » et donc éviter qu’il récidive. En revenant sur l’analyse que nous avons
nous estimons ce chiffre très insuffisant. […] proposée jusqu’à présent et en imaginant que les motivations du jeune soient de s’intégrer à
A Lausanne (Suisse), la collaboration entre un groupe sur le chemin de la délinquance, son statut officiel de délinquant serait alors valo-
la Chambre pénale des Mineurs et le Service risé au sein du groupe, lançant ainsi un processus de récidive et d’influence négative sur les
de Psychiatrie infantile est excellente, la autres membres.
moyenne des mineurs délinquants soumis
à un examen médico-pédagogique a été de
12%.»

Activité des cantons dans
le domaine de la santé
mentale

image 4

20 21Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018
Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018

MÉDIAS Intéressons-nous à présent au rôle des Concernant l’influence des lectures, de
médias dans le problème de la délinquance la musique, la radio, le cinéma, la télévision
5 juvénile. Dans l’introduction de ce travail, et d’internet, les opinions divergent et sont
j’ai parlé de la tendance des médias à dra- loin d’être unanimes mais l’avis général est
matiser les événements et à privilégier le que toutes ces sortes d’excitants senso-
choquant à l’utile, les scandales à l’informa- rio-affectivo-intellectuels commercialisés
tion. On pourrait d’ailleurs ajouter la supério- exercent, à différents degrés, une influence
rité médiatique des magazines « people » néfaste sur la moralité générale et plus pré-
superficiels et les ragots les concernant sur cisément sur celle de la jeunesse actuelle et
la sous-exposition médiatique de militants et de l’enfance. De façon objective cependant,
autres personnalités modestes accomplis- après de nombreuses recherches, il semble
sant des actes concrets pour une évolution n’y avoir aucune étude qui prouve les effets
positive de notre société. durables de ces différents stimuli sur le psy-
chisme des délinquants juvéniles, ni d’ail-
Aujourd’hui, les médias n’existent plus leurs sur une baisse générale de la moralité.
dans un but informatif mais plutôt dans un but Ce ne sont donc que des thèses qui ne sont
incitatif, en évoluant dans une politique de pas encore soutenues par des études scien-
marketing intense que nous subissons tous. tifiques. J’entends par là qu’il ne suffit pas
Des enfants jusqu’aux parents nous sommes simplement que l’enfant voie une scène de
tous visés, les publicités sont partout et nous violence ou écoute une émission sur un sujet
n’avons d’autres choix que de « les assimiler immoral pour qu’il développe des tendances
». Alors quel impact ces publicités ont-elles agressives, car il faut déjà qu’il soit intellec-
sur les enfants et les adolescents ? Faudrait-il tuellement apte à comprendre de quoi il
instaurer un tri sélectif du contenu diffusé par s’agit. Une étude expérimentale tirée encore
les médias ? une fois de l’étude du Dr.Bovet montre à quel
point les enfants restent indifférents à des
En effet, le climat de méfiance permanant scènes que les adultes estiment choquantes,
qui perdure dans la société actuelle est direc- simplement parce qu’ils ne possèdent pas la
tement lié à ce contenu et on ne peut pas maturité nécessaire pour les appréhender au
s’en vouloir de faire attention lorsque ce sont même degré qu’un adulte.
les journaux, la télévision ou la radio qui nous
y incitent. Lorsque les médias stigmatisent
les jeunes d’une communauté, la population
y croit, et cela a un impact sur ces jeunes qui
sont tout à coup sous les feu des projecteurs
et qui sont, par exemple, accusés à tort en
permanence. Cela n’aura pour effet que de
les inciter à réellement commettre des délits,
puisque de toute façon ils seront accusés par
la société dans tous les cas.

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Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 23

Pour exposer le point de vue opposé, j’ai Mais grâce à ces dispositifs, les médias image 6
choisi de m’intéresser à certains auteurs de disposent de vidéos, de photographies et
thèses connues sur le sujet qui pensent qu’au d’enregistrements de jeunes commettant
contraire, ces distractions sont parfaitement des délits et s’empressent d’en informer tout
inoffensives et qui sont même allés jusqu’à le monde. Le résultat est que la population
leur trouver un côté positif dans le dévelop- peut avoir tendance à croire que la crimina-
pement de l’enfant. D’après Josette Frank lité est à la hausse ou qu’il s’agit toujours du
(citée par Tappan), spécialiste en psychologie même type de personnes qui commettent
de la radio : des délits. Même si rien n’est en hausse, les
informations que les médias sélectionnent
« Ces sortes d’aventures vicariantes, ces donnent une impression biaisée de la réalité.
évasions, ces excitations, et même ce sang et
ce tonnerre, sont nécessaires et importants Il y a également un problème avec la for-
pour beaucoup d’enfants, comme une sorte mulation que les médias choisissent pour
de soupape à leurs pulsions affectives, et en délivrer les informations : ces dernières sont
particulier à leur sentiment d’agressivité. » souvent déformées, dramatisées afin de
heurter plus largement la sensibilité géné-
Mais cette théorie semble, elle aussi, peu rale. Prenons, par exemple, un homme qui
fondée. Prenons l’exemple d’un jeune qui a ferait exploser une bombe en pleine gare
tendance à jouer à des jeux vidéo violents. à Yverdon-les-Bains. Imaginons que cet
Certains penseront que cela pourrait l’in- homme soit de nationalité arabe et de reli-
citer à la violence dans la vie réelle, mais à gion musulmane. Les médias s’empresse-
l’inverse, il se peut aussi que le fait de jouer raient d’informer la population d’un acte dit
à ces jeux lui permette de se défouler et de « terroriste ». Mais si, à présent, nous ima-
ne pas reproduire d’actes violents dans la vie ginons que cet homme soit un Suisse, de
réelle. type européen et qu’il soit Protestant. Cette
fois-ci, les médias ne qualifieraient pas l’acte
Il semblerait que ces dernières années, de terroriste, ils ne mettraient pas l’accent
avec l’aide des médias et leur perpétuelle sur l’origine de la personne mais sur l’acte
mise en garde face aux étrangers, aux jeunes, en lui-même. Dans ce cas de figure, l’article
aux terroristes, aux clowns qui attaquent les parlerait d’un homme ayant fait exploser une
gens, etc., le temps de la réflexion et de la bombe en pleine gare d’Yverdon-les-Bains
compréhension soit révolu et ait laissé place un après-midi, sans préciser son origine ou
à une sorte d’obsession pour l’action sécu- sa religion.
ritaire qui renforce encore le climat actuel
de méfiance et de jugement. Des sommes
considérables sont investies chaque année
en Suisse pour installer des caméras, des dis-
positifs de surveillance, etc., sans preuve de
leur efficacité jusqu’à ce jour.

24 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 25

Les conséquences d’un parcours de délin- Voici d’ailleurs quelques
quant juvénile sont multiples et peuvent le exemples des conséquences pos-
suivre tout au long de sa vie sous des formes sibles de la délinquance juvénile
psychiques ou physiques. Le problème de sur la vie du jeune individu :
l’étiquette de délinquant est tout particuliè-
rement non négligeable : bien que le casier - L’étiquette du délinquant
judiciaire des jeunes soit effacé à la majorité,
il est tout de même archivé chez la Police qui - Des trous ou irrégularités dans le CV diffi-
peut ressortir toutes les informations pour les ciles à justifier
besoins d’une enquête, par exemple. Difficile
donc d’avancer dans la vie avec un passé de - Le chômage (pour les raisons qui précèdent,
délinquant. il est à difficile à l’ancien délinquant de trou-
ver du travail)

- Le désespoir

- L’abus de substances dangereuses et
illicites

- Les vols, agressions, violence et autres pour
survivre

CONSÉQUENCES - Une exposition aux maladies sexuellement
transmissibles
6
- Une exposition aux maladies dites psycho-
somatiques tels que le stress, la dépression,
la schizophrénie, etc.

- Les centres de redressement, de détention
pour mineurs et/ou les foyers

- La prison

- L’isolement ou l’auto-exclusion sociale

- Le suicide dans les cas les plus graves

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La délinquance est un chemin dont il est difficile de se sortir, il s’agit d’une sorte de spirale
infernale qui engloutit l’individu et contre laquelle il faut se battre pour s’en extirper. D’après
moi, une des plus larges conséquences de cette délinquance est inévitablement de gaspiller
les années les plus importantes de la vie. Je pense que dans un grand nombre de cas, les
adultes ayant été de jeunes délinquants regrettent les occasions manquées, telles que les
repas de famille avec leurs parents qu’ils n’ont aujourd’hui plus l’occasion d’apprécier, ou les
opportunités professionnelles desquelles ils n’ont pas voulu profiter mais qui leur auraient
ouvert des portes pour un emploi de rêve. Le problème étant évidemment qu’il s’agit là de
réalisations qui viennent bien trop tard et de préoccupations qui n’intéressent pas l’adolescent
au moment crucial.

image 7 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 FORMES

28 7

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018

« La délinquance juvénile est ce que la loi dit qu’elle est. » . Les lois qui régissent la délin- Crimes
quance juvénile changent selon les États. Par exemple, en Europe un mineur sera considéré
comme un délinquant uniquement s’il ne respecte pas l’une des dispositions du Code pénal - Le faux monnayage : est la contrefaçon de
; mais dans les autres États, comme par exemple, Les États Unis, les possibilités de condam- monnaie, et, sur le plan légal et judiciaire, le
nations pour un mineur sont différentes car la majorité légale n’est pas la même. crime consistant à fabriquer, à détenir ou à
utiliser de la fausse monnaie.
En Suisse, la délinquance chez les jeunes est traduite par différents types de délits et - Trafic de drogue : Le trafic de stupéfiant ou
crimes qui sont généralement moins graves que ceux commis par les adultes et ne sont pas « narcotrafic » désigne les échanges com-
punis de la même manière. Selon les informations que j’ai pu trouver sur le site www.admin. merciaux illégaux de substances illicites
ch, voici les différents types de délits et crimes ainsi que leur définition : qui sont interdites dans notre pays.
- Viol : Acte de pouvoir qui soumet une per-
Délits - Agression sexuelle : Ce sont des gestes sonne à la volonté d’une autre par le biais
déplacés envers une personne non consen- d’une activité sexuelle, plus spécifiquement
- Le vol : Le vol est le fait de s’emparer de la tante. (≠ viol) par la relation sexuelle avec pénétration.
propriété d’autrui sans son consentement. - Meurtre : Action de tuer volontairement un
- Rébellion : c’est une révolte, un soulève- être humain.
- Le racket : Le racket est ce que le Code ment, une résistance ouverte aux ordres de
pénal nomme « extorsion, ou vol avec vio- l’autorité légitime. image 8
lence ». Le racketteur exige de sa victime
de l’argent, des objets ou des vêtements en - Port d’arme : c’est le fait de porter une Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018
le menaçant. arme sans le permis qui convient.

- Violences volontaires : violences plus ou Toutes ces infractions sont punies par le
moins graves sur une personne que la loi Code pénal (voir III. A)
qualifie de ≪ coups et blessures volontaires .≫

- Alcool au volant : la conduite en état
d’ébriété est punie par la loi au-dessus
de 0,5 gramme d’alcool par litre de sang.
Infraction punie par un retrait de point, une
amende, voire de la prison ou le retrait du
permis.

- Consommation de drogue : La consom-
mation de stupéfiants dans notre pays est
interdite.

- Tapage : C’est le bruit que l’on fait chez soi
et qui nuit au voisinage.

- Vandalisme : Le vandalisme désigne tout
acte de destruction ou de mutilation s’at-
taquant à des biens publics ou privés. Le
vandalisme vise le plus souvent des biens
immeubles ou mobiliers, des sites naturels,
des documents ou œuvres artistiques.

30 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 31

Nous allons à présent aborder la ques- On se demande donc si cela ne va pas
tion des lois et des peines à l’encontre des même à l’encontre des objectifs fixés par le
mineurs. Il est important de faire le point canton, on est donc en droit de se demander
là-dessus après avoir résumé les différentes si les objectifs fixés par le canton ne vont pas
formes de délinquance car c’est grâce à ces à l’encontre de la nécessité absolue de suivre
outils que nous pourrons nous faire une idée les délinquants sur le plan psychiatrique sou-
objective du système judiciaire suisse régis- levée par l’étude du Dr Bovet.
sant les délits et crimes commis par des
mineurs. A présent, intéressons-nous aux types de
peines prévues par le Droit des mineurs en
Premièrement nous allons examiner les Suisse en cas de délinquance juvénile :
objectifs de la justice des mineurs en Suisse :
-Réprimande
« Ils sont d’ordre éducatif (prise de
conscience de l’acte et de ses conséquences), -Prestation personnelle (travail d’intérêt
curatif (soins au niveau de la santé physique, général ou séance de sensibilisation)
psychique et sociale) et préventif (empêcher
la récidive). » -Amende

LOIS / PEINES Ces objectifs sont tirés d’une brochure -Privation de liberté
obtenue sur le site www.vd.ch et réalisée par
8 l’ordre judiciaire vaudois, le Ministère public « L’autorité de jugement suspend par-
et la Police cantonale vaudoise. tiellement ou totalement l’exécution d’une
peine, pour une période de six mois à deux
Malheureusement, il semble y avoir un petit ans, lorsqu’une peine ferme ne parait pas
problème avec ces objectifs. En effet, dans le nécessaire pour empêcher le mineur de com-
chapitre des causes de la délinquance, nous mettre d’autres infractions. »
avons soulevé le problème du manque de
suivi psychiatrique des jeunes délinquants Toujours d’après la brochure du site www.
en Suisse et ce, malgré les moyens que nous admin.ch
possédons. Les passages en question cités
de l’étude du Dr Bovet sont rappelés ici par
souci de clarté :

«Nous avons vu qu’en moyenne, le psy-
chiatre est appelé à examiner environ 10% des
mineurs cités devant une cour. Répétons-le,
nous estimons ce chiffre très insuffisant.

A Lausanne (Suisse), la collaboration
entre la Chambre pénale des Mineurs et le
Service de Psychiatrie infantile est excel-
lente, la moyenne des mineurs délinquants
soumis à un examen médico-pédagogique a
été de 12%.»

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 33

Quant aux mesures de protection Nous connaissons à présent les formes de Les parents, quant à eux, sont entendus au Dans un document du DEI (Défense des
prévues par la justice des mi- délinquance, ses causes, les objectifs de la tribunal au moment du jugement, voire même enfants international, ONG fondée en 1979
neurs, on peut noter les suivantes justice des mineurs, les types de sanctions au moment de l’instruction. Ils ne peuvent dans le but de promouvoir et encourager l’ap-
mais qu’en est-il donc de l’application de ces pas être condamnés pour les infractions plication des droits de l’enfant) sur la détention
- Surveillance (droit de regard et d’informa- dernières ? Avant de répondre à cette ques- commises par leurs enfants, mais ils peuvent, pénale des mineurs en Suisse, l’ONG appelle
tion sur la prise en charge éducative ou thé- tion, nous allons tenter d’abord de la clarifier sur le plan civil, être tenus pour responsables au respect de l’art 37 de la Convention rela-
rapeutique du mineur pas ses parents). avec quelques informations, encore une fois des dommages que leurs enfants auront tive aux droits de l’enfant. Plusieurs problé-
fournies par la Police cantonale vaudoise : commis, dans le cas où ils ne les auraient pas matiques y sont relevées notamment celle
surveillés correctement. Les parents peuvent qui nous intéresse le plus : la question de la
- Assistance personnelle (désignation d’une Concernant les jeunes délinquants, la Police par ailleurs porter plainte contre leurs propres prise en charge du suivi psychologique des
personne pour seconder les parents et assis- cantonale vaudoise décrit les principes sui- enfants, aucun lien de parenté n’empêchant jeunes délinquants.
ter le mineur). vants : de déposer une plainte.
«Les statistiques montrent que le
- Traitement ambulatoire (en cas de troubles «La responsabilité pénale (majorité) Concernant les autorités compétentes nombre d’établissements pour mineurs est
psychiques du développement de la per- représente l’âge à partir duquel il est pos- pour les cas impliquant des mineurs, c’est aujourd’hui suffisant en Suisse, mais que
sonnalité, de toxicodépendance ou d’autre sible d’être puni pour un acte commis qui l’instance du Tribunal des mineurs qui s’oc- beaucoup d’entre eux ne sont pas propres à
addiction). d’après la loi devrait être sanctionné d’une cupe des infractions au Code pénal et aux offrir une prise en charge satisfaisante des
peine. lois fédérales et cantonales. Son rôle est de mineurs. Les nouveaux projets d’établisse-
- Placement (si l’éducation et le traitement sanctionner toute personne âgée entre 10 ments adaptés sont donc nécessaires. Mais
de l’état du mineur ne peuvent être assurés En Suisse, cette majorité est fixée à 10 et 18 ans ayant commis un acte punissable pour éviter un recours encore plus fréquent
autrement). ans révolus, les enfants de moins de 10 ans par la loi. « Une attention particulière est à la détention des mineurs, il faudra, une
n’encourent donc pas de peines pénales. vouée aux conditions de vie et à l’environne- fois les nouveaux établissements construits,
- Retrait de l’autorité parental C’est dans ce cas aux parents de décider de ment familial du mineur, ainsi qu’au dévelop- abandonner les structures existantes
la punition qu’ils imposeront à leur enfant, pement de sa personnalité. » Il me semble inadaptées.»
Ces informations ont toutes été tirées de la mais, d’autre part, il est important de relever crucial de relever ici à nouveau l’importance
brochure sur la justice des mineurs dispo- que l’autorité de protection de l’enfant a tou- du mal-être des jeunes délinquants comme Les statistiques étudiées dans ce docu-
nible sur www.vd.ch. jours la possibilité d’ordonner une mesure de cause principale des récidives. Il semble- ment datent de 2009 mais qu’en est-il de
protection.» rait que le système en ait conscience mais la situation actuelle ? Nous allons tenter de
aucune solution sur le long terme n’est appli- répondre à cette question dans les prochains
Par ailleurs, un mineur peut aller en prison quée. Les spécialistes cités plus haut pro- chapitres.
à condition qu’il ait été âgé de minimum 15 posent de privilégier le suivi psychologique
ans au moment des faits et il encoure alors des jeunes exposés à la délinquance et ce,
une privation de liberté maximale d’un an. dès la première infraction, ou même, dès les
Par contre, si l’individu était âgé de 16 à 18 premiers signes de délinquance. Cependant,
ans au moment des faits, il peut dans ce rappelons-le, ce sont les parents qui sont les
cas être sanctionné d’une peine privative mieux placés pour repérer et agir face à ces
de liberté maximale de quatre ans pour cer- signes avant-coureurs.
taines infractions.

Nous connaissons à présent les formes de Le tribunal des mineurs est aussi enclin à
ordonner des mesures de protection s’il en
image 9 conclut la nécessité éducative ou thérapeu-
tique. L’instance est donc responsable de la
34 poursuite ainsi que du jugement des infrac-
tions, mais aussi de l’exécution des sanctions
et des mesures de protection. Cela fait beau-
coup pour un seul et unique organisme, il y
a là de quoi comprendre que les jugements
soient axés plutôt vers la punition que vers le
développement.

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 35

Dans ce chapitre nous allons étudier plus Premièrement, quelques faits im-
en détail le système carcéral suisse. En effet, portants de ces dernières années:
pour pouvoir obtenir une vision globale de
la délinquance, ses causes et ses consé- Le Code de procédure pénale suisse régit
quences, il est impératif de comprendre le depuis 2011 l’application de la détention (cf.
fonctionnement des prisons. Pour m’aider à glossaire en fin de document) avant juge-
la rédaction de ce chapitre j’ai utilisé le livre ment, et le Code pénal suisse a lui pour mis-
de Daniel Fink intitulé La prison en Suisse, un sion de déterminer la place de la peine pri-
état des lieux paru en 2017. vative de liberté et des mesures, comme par
exemple l’internement.
La prison est bien un sujet d’actualité mais
pourtant, peu peuvent prétendre vraiment le Il y a aussi eu des révisions de la loi ces
maîtriser. A moins d’y avoir séjourné ou tra- dernières années qui ont eu un gros impact
vaillé, il est difficile de se faire une véritable sur le nombre de personnes incarcérées,
idée sur le sujet. Et pour cause, lorsqu’on notamment pour des raisons administratives
entend parler de prison dans les médias, il est ou pour purger de nouvelles lois établies
en général question d’évasions, d’émeutes récemment, telles que « la loi fédérale régis-
ou d’autres déviances. En effet, après avoir sant la condition pénale des mineurs ou la
fait de nombreuses recherches, je n’ai pu loi sur la circulation routière ». Dans les para-
trouver aucun média ayant consacré d’émis- graphes suivants, je vais tâcher de clarifier
sion ou d’article décrivant le fonctionnement ces processus compliqués.
des prisons en Suisse. En même temps, ce
n’est pas une question populaire : à moins d’y Le système pénitentiaire suisse se diffé-
avoir affaire directement, la prison n’est pas rencie des autres pays d’abord par sa petite
un sujet qui intéresse les gens dans la société taille. Il y a un grand nombre d’unités, certes,
de tous les jours. mais elles sont toutes de petite taille. Une
autre de ses caractéristiques distinctives est
PRISON sa « multifonctionnalité ». En effet, en Suisse,
il est typique, dans le milieu carcéral, de
9 concentrer plusieurs établissements en un
seul lieu et avec une seule direction pour leur
gestion administrative.

image 10

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Ce processus s’observe dans les cantons Les communes et les cantons, à l’excep-
de Vaud, Genève et du Tessin, ainsi qu’en tion de la prison de police de Zürich, n’uti-
Suisse allemande. Une autre caractéristique lisent que très rarement les postes de police
du système carcéral suisse, nous l’avons comme lieux de détention pour une garde à
dit, est sa taille plutôt modérée : entre 2011 vue de plus de 24 heures. Cependant, depuis
et 2015, on compte 7000 places de mise en environ cinq ans, le canton de Genève et
détention, c’est-à-dire moins de 90 places surtout le canton de Vaud ont eu recours de
pour 100 000 habitants. La taille moyenne façon excessive à ces locaux.
d’un établissement pénitentiaire en Suisse
est de moins de 70 places, cependant, leur Pour terminer, je pense que le système
superficie est six à huit fois plus grande que carcéral Suisse devrait être mieux connu de
celle des prisons de France, d’Allemagne ou la population. Et pour ce faire, il est néces-
d’Italie. En comparaison, la plus grande pri- saire que les médias suisses consacrent des
son de France, Fleury-Merogis, qui compte articles et des émissions à son fonction-
près de 3000 détenus, dispose seulement de nement, plutôt qu’à des problèmes isolés
la moitié des places de tout le système car- d’évasions ou d’émeutes.
céral en Suisse.

La prison Justizvollzugsanstalt Pöschwies, UTILITÉ DES
établie à Regensdorf dans le canton de Zürich, PEINES
ne dispose que de 460 places. La raison prin-
cipale en est le caractère multifonctionnel de 10
nos prisons, découlant lui-même du fédéra-
lisme. Aucun établissement n’est le même et Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018
l’architecture varie selon les cantons, même
si certaines constructions se ressemblent
un peu. Il n’existe aucun programme de
construction de prisons en Suisse, à la diffé-
rence des autres pays comme, notamment,
la France.

image 11 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018

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Il est temps de parler de l’utilité des peines Alors oui, la police doit rester dans son D’après une étude de 2018 menée par le Pour revenir à la question des prisons, nous
pour mineurs. Le droit pénal est fondé sur « propre domaine, mais un organisme plus Centre suisse de formation pour le person- avons pu constater un réel manque de place
le principe de la primauté de l’éducation sur qualifié sur le plan de la psychologie devrait nel pénitentiaire (CSFPP), intitulée Utilité de dans celles-ci ; pourtant, nous continuons
la peine » ; cela implique donc la volonté du obligatoirement accompagner le policier, car la privation de liberté: d’enfermer des personnes actives dans la vie
législateur de prioriser des mesures théra- celui-ci n’a pas de formation adéquate pour professionnelle, peut-être même sans anté-
peutiques pour les mineurs (comme nous conduire un jugement qui irait dans le sens «En premier lieu, les peines privatives cédents, pour de simples retards de paie-
avons pu le voir dans les objectifs concer- des objectifs et des valeurs véhiculées par le de liberté devraient être appliquées seule- ments ou des infractions au code de la route
nant la justice des mineurs). Pourtant les sta- DEI. ment lorsqu’il n’existe aucune autre sanction régies par la loi VIA SECURA. Est-ce vraiment
tistiques relevées sur le site www.prison.ch adaptée. nécessaire ? Et qu’en est-il des délinquants
relèvent que 93% des sanctions prononcées La prestation personnelle, que l’on a défi- mineurs ? Après avoir bien étudié la question,
contre des mineurs sont des peines ! nie plus haut, est la sanction la plus pronon- En deuxième lieu, une fois la sanction il m’apparaît clairement qu’il faudrait, pour les
cée en Suisse. C’est « une mesure éducative ordonnée par le juge, la peine devrait per- jeunes délinquants, privilégier les peines de
Nous pouvons trouver une explication » qui contribue d’une part à la réparation des mettre à la personne condamnée de « pou- travaux d’intérêt général, avec des suivis psy-
dans le fait que l’exécution des mesures dommages, et d’autre part, à une prise de voir mesurer clairement la portée de son chologiques systématiques chez des profes-
de protection que prévoit le droit pénal des conscience. Les procureurs pour mineurs et délit ». sionnels de la santé, au lieu de les condam-
mineurs n’est applicable que dans certains les juges y sont donc très favorables. ner à des peines de privation de liberté.
cas, tels que les troubles du développement C’est-à-dire que, dans l’idéal, l’exécu-
psychique, les addictions ou autres problé- Selon une étude menée par Christoph tion de cette peine devrait avoir lieu dans le Le problème relevé dans Le petit manuel de
matiques. Mais nous revenons encore une Urwyler et Jachen C. Nett de 2012 intitulée délai le plus bref et devrait également être garde à vue et de mise en examen par Laurent
fois au même problème soulevé tout au long Évaluation de l’efficacité du nouveau droit cohérente et appliquée dans le respect des Schwartz est que nous pensons tous que «
de cette étude : les mesures de suivi psycho- pénal des mineurs, rapport final, synthèse,. contraintes légales. Le doute profite à l’accusé » mais en réalité
logique sont-elles à la hauteur des besoins Haute école spécialisée bernoise, travail « l’innocence judiciaire n’existe pas ». C’est
? Les jeunes bénéficient-ils tous d’une vraie social mandatée et financée par l’Office fédé- En troisième lieu, le temps que l’accusé en réalité au présumé innocent de prouver
analyse psychologique préalablement au ral de la justice, la détention provisoire n’au- passe en privation de liberté devrait être mis son innocence, il est donc considéré comme
jugement ? Comment le savoir ? Les témoi- rait pas de rôle éducatif, mais constituerait à profit afin de se préparer à l’autonomie et à coupable jusqu’à preuve du contraire. Pour
gnages accumulés jusqu’ici semblent claire- une mesure de contrainte de dernier recours la responsabilité qui seront attendues de lui un jeune qui se présente pour la première
ment indiquer le contraire alors peut-on réel- destinée à garantir un bon déroulement de lors de sa remise en liberté. fois pour donner suite à un mandat de com-
lement dire que la justice est équitable et que l’instruction pénale et dont l’accusé serait parution face à un juge dans un tribunal, il est
les condamnations sont fondées ? Bien-sûr, lié à des contraintes strictes définies par le Il serait donc impératif de combattre les difficile de se comporter sereinement et de
la réponse est oui, les condamnations sont législateur. Il est relevé également que les effets nocifs de la privation de liberté ! Avant prouver son innocence. La peur et le stress
fondées, elles condamnent en effet l’accusé jeunes étrangers et les plus de 15 ans seraient la libération, il faut planifier en collaboration activent des réflexes primitifs de défense,
pour les délits commis. Cependant, d’après envoyés en détention provisoire plus souvent avec des services comme l’assistance de on ne paraît pas authentique, on peut avoir
les objectifs du droit pénal des mineurs cela que les jeunes Suisses et les moins de 15 ans. probation, le passage de la prison à la « vie le regard fuyant, il peut arriver qu’on ne par-
ne semble pas être suffisant. normale ». vienne pas à s’exprimer, qu’on tremble, et tous
ces signes seront perçus comme des preuves
Lors de l’interpellation d’un mineur au Tout cela paraît très bien organisé, mais de la culpabilité de l’accusé. Pourtant, il est
poste de police, c’est un policier qui prend en ne semble pas coïncider avec les statis- stipulé dans la « Déclaration des droits de
charge son interrogatoire, sans la présence tiques et les études que nous avons pu ana- l’homme et du citoyen de 1789 », article 9 «
d’un pédagogue ou d’un psychologue enclin lyser jusque-là. Pour revenir au premier point Tout homme étant présumé innocent jusqu’à
à définir le profil psychologique du jeune. Or, il concernant l’application d’une peine de pri- ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé
n’est pas du ressort de la police de s’intéresser vation de liberté, n’y a-t-il vraiment « aucune indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui
à la situation du jeune, à son passé ou à ses autre sanction adaptée » pour un homme ne sera pas nécessaire pour s’assurer de sa
difficultés pour établir son constat. OU ALORS ayant fait un excès de vitesse sur le chemin personne doit être sévèrement réprimée par
Or, la police n’est pas spécifiquement formée du travail (Voir les lois VIA SECURA) ? Il y a la loi. » Je pense donc que les peines pour
pour prendre en compte la situation du jeune, clairement un problème au niveau de la jus- les délits mineurs et les peines pour mineurs
son passé ou ses difficultés pour établir un tesse des peines en Suisse. On peut bien-sûr devraient privilégier les autres moyens à dis-
constat relatif à l’infraction commise. voir que ce fonctionnement découle certai- position plutôt que de placer ces personnes
nement à l’origine d’un sentiment de bonne en prison avec de vrais criminels, réduisant
volonté, mais il est temps de reconsidérer encore davantage le petit nombre de places
l’utilité de certaines lois et les peines parfois disponibles.
démesurées qui s’y rattachent.

40 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 41

Aussi connu sous le nom de CPA, Valmont Le centre peut accueillir au maximum 24
est un « centre éducatif fermé », spécialisé jeunes, ce qui est relativement peu pour l’en-
dans la prise en charge des adolescents en semble des cantons romands. C’est pourquoi
difficulté. Il accueille des jeunes âgés de 14 il a été décidé de construire une nouvelle
à 18 ans, dont le développement est mis prison pour mineurs, malgré le désaccord du
en danger par la situation personnelle dans directeur de Valmont, Monsieur Daniel Javet,
laquelle ils se trouvent et/ou leur comporte- qui pense que quelques structures en plus
ment. Les jeunes y sont placés par les autori- telles que des chambres supplémentaires
tés pénales et civiles de l’ensemble des can- pour les cas vraiment difficiles auraient pu
tons romands à titre protectionnel. suffire. Au risque de passer pour un éducateur
social « à la cool, un peu trop naif » comme
Les séjours des délinquants sont de cité dans un article du Migros Magazine, il
durées variées « du court terme au moyen pense que l’enfermement devrait être utilisé
terme » et « visent à la réaffiliation du jeune comme moyen d’exception.
dans son environnement socio-familial et
à lui permettre de faire face aux enjeux de
l’élaboration de son projet de vie ». Toutes
ses informations sont tirées du site www.lau-
sanne.ch dans la section administration sous
enfance-jeunes et institution spécialisée. Les
jeunes sont donc accueillis dans trois princi-
paux secteurs/régimes :

- Placement protectionnel

- Mesure d’observation diagnostique

- Mesure post-observation

VALMONT

11 image 12
Porte des cellules

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 43

Une nouvelle prison pour mineurs a donc D’après l’article de AUTEUR dans son
ouvert le 19 mai 2012 à Palézieux (VD), l’éta- article du Migros Magazine sur les mineurs
blissement de détention pour mineurs et condamnés :
jeunes adultes « Aux Léchaires ». Il accueille
des jeunes de 10 à 22 ans qui sont condam- «Le centre de Valmont, lui, conserve des
nés par une décision relative au droit pénal mesures d’observation et des placements
des mineurs ou également relative au Code provisionnels en milieu fermé, confirme Alain
pénal. Il s’agit d’une vraie prison, même si Meister, premier président du Tribunal des
les éducateurs constituent environ les trois mineurs vaudois. Avec également des jeunes
quarts du personnel. On y retrouve quand issus du Service de protection de la jeunesse,
même des gardiens en uniformes, des camé- cette institution garde plus que jamais son
ras et les jeunes sont enfermés. Elle est utilité.»
définie comme « prison éducative » par son
directeur Mr. Philip Curty. Désormais, c’est
le nouvel établissement « Aux Léchaires »
qui s’occupera d’accueillir tous les jeunes
qui devront exécuter une peine privative de
liberté ou des préventives.

Valmont image 14

Prison de Palezieux image 13 Intérieur d’une cellule à Valmont image 15

44 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 45

RÉCIDIVE Ce dernier chapitre aborde la récidive, un Selon une émission de la RTS sur la délin-
sujet difficile à traiter puisqu’il n’existe pas quance juvénile datant du 29 mai 2017, ces
12 vraiment de solutions miracles connues à jeunes délinquants enfreignent la loi en
ce jour, sans quoi aucun délinquant ne réci- tant que mineurs, à la période où la justice
diverait ! La vérité sur la récidive est qu’« un est encore clémente - on peut donc penser
quart des délinquants juvéniles est à nou- qu’ils profitent tant qu’ils peuvent. Mais alors
veau condamné à l’âge adulte », selon une pourquoi récidiver à l’âge adulte ? Il a aussi
étude menée par l’Office fédéral de la statis- été constaté que plus la première infraction
tique (OFS). est grave, plus il y a de risque de récidive
par la suite. C’est notamment le cas pour les
Pour mener à bien cette étude, l’OFS a infractions routières ou les infractions à la loi
suivi de près un groupe de 6642 mineurs sur les stupéfiants.
suisses, nés dans le pays en 1992, et ayant
commis une infraction au code pénal ou à Cependant, le principal constat exposé
la loi étant mineurs. Il y a un total de 1664 dans cette émission est que
jeunes, soit 25% d’entre eux qui ont été
condamnés à nouveaux entre 18 et 23 ans. « plus le jeune a été condamné avant ses
Il a aussi été relevé que le taux de récidive 18 ans, plus il risque d’enfreindre la loi une
serait plus important pour les jeunes qui ont fois majeur ! »
été condamnés la première fois entre 15 et
17 ans. Toujours selon cette même étude, il a Pour exposer les faits, 20% des jeunes
été relevé que ce sont les hommes qui sont récidivent après avoir été jugés une fois, 34%
les plus enclins à récidiver. Le taux de réci- après deux jugements, 49% après trois juge-
dive des hommes à l’âge adulte fut en effet ments et finalement 64% des jeunes ayant
quatre fois plus haut avec 31% contre 8% pour été jugés quatre fois récidivent ! Un chiffre
les femmes. Mais il est important de souli- alarmant quand on pense que le but des
gner que 73% des mineurs condamnés dans jugements et des peines est justement d’évi-
cette étude étaient des jeunes hommes. Il y a ter la récidive ! On constate bien ici pourtant
encore un autre facteur à prendre en compte que plus le jeune passe de fois devant le tri-
en mesurant le taux de récidive : il s’agit du bunal, plus il récidivera.
nombre de jugements rendus par les tribu-
naux des mineurs. Plus ce taux est élevé et
plus la rechute sera probable.

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 image 16 47

Toujours dans la même émission, d’après Il en est de même pour le problème de SOLUTIONS
le témoignage de Claudia Cadoux, psycho- récidive ; à force de finir tous les weekends
logue responsable de l’unité d’assistance au poste de police, le jeune commence à 13
personnelle qui suit des délinquants mineurs, s’habituer, à être insolent, il nargue même
il apparaîtrait que lorsqu’un jeune commet la police. Les mesures de condamnation
plusieurs délits et qu’il se voit attribué une perdent aussi de leur efficacité à force : la
étiquette, par exemple, de « délinquant du première fois chez le juge ne laisse personne
quartier » (que ce soit par les autorités ou par indifférent, mais lorsque c’est la sixième fois,
la famille), il y a en effet un gros risque que on peut comprendre que l’expérience n’ait
le jeune s’installe dans cette pratique délin- pas le même impact sur l’individu qui s’est
quante, tout simplement pour maintenir son désormais habitué.
image auprès des autres et finalement pour
exister au sein de son groupe. Il semblerait Pour clore ce dernier chapitre, quelques
que les condamnations répétées perdent dernières statistiques utiles relevées par
de leur pouvoir dissuasif au fil du temps. Elle l’OFS concernant la récidive : les jeunes ayant
pense aussi que l’enfermement ne serait pas commis des petites contraventions récidivent
forcément la solution la plus adaptée pour moins que ceux qui ont commis des crimes
tous les jeunes, mais qu’une sanction est bien ou des délits avec 19% contre 29%.
évidemment nécessaire.

D’après mon expérience personnelle, il
semble que les condamnations répétées
conduisent à une certaine habitude des pro-
cessus. On s’habitue donc aux interpellations,
aux fouilles, aux passages au poste de police
et une fois habitué, l’effet dissuasif voulu
de ces sanctions n’est plus aussi important.
Prenons un enfant turbulent à l’école. Lorsque
le professeur lui prend son agenda au début
de l’année pour lui mettre une remarque, l’en-
fant est triste, contrarié, et les parents aussi.
Dans la plupart des cas la sanction aura été
efficace, mais si, en revanche, l’enfant récidive
et rentre chaque semaine à la maison avec
son agenda rempli de remarques, la tristesse
et la contrariété vont peu à peu s’estomper
par force d’habitude. Même les parents se
seront résignés et ne prendront même plus la
peine de lire les remarques, tant elles seront
récurrentes. Dans ce cas le jeune n’aura pas
compris la leçon et continuera.

48 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018

Pour ce dernier chapitre nous allons Grâce à cela, il y aurait premièrement des D’autres font preuve d’un peu plus d’imagi- Il s’agit là des deux meilleures solutions
essayer de trouver des solutions aux pro- sanctions bien plus justes, l’adolescent serait nation dans l’exercice de la justice, et Michael auxquelles je suis parvenue, mais il y en a
blèmes exposés concernant la délinquance jugé avec la connaissance de son parcours Cicconetti, un juge américain, en est le plus bien-sûr d’autres et j’invite les lecteurs de
juvénile. Le problème le plus récurrent au fil et de ses difficultés, ce qui permettrait aussi bel exemple, lui qui offre des punitions hors ce travail à y réfléchir. Peut-être seront-elles
des chapitres est celui du suivi psychologique de voir la situation différemment - les juges de l’ordinaire, faites sur mesure selon le crime similaires, plus radicales ou plus souples,
des délinquants. Mais comment trouver une pourraient avoir plus de compassion. Par ail- commis. mais dans tous les cas, il est nécessaire que
solution à un problème si vaste et général ? leurs, cela permettrait aussi d’aider les jeunes la population s’investisse dans ce question-
tombés en dépression ou renfermés sur Par exemple pour un homme ayant pris un nement afin de pouvoir trouver des solutions
C’est en effet une tâche très compliquée eux-mêmes et dont le mal-être n’aurait pas taxi sans payer pour une course de 50 km, le à ces problèmes qui concernent la société
pour laquelle j’ai dû faire appel à « l’esprit encore été détecté par manque d’attention. juge Michael Cicconetti a décidé de l’obliger dans son ensemble. Donc la solution réside
délinquant » de mes connaissances et amis, à marcher 50km, à pied, dans un champ et non seulement dans les propositions de ce
car qui de mieux pour trouver des solutions à Dans tous les cas, mettre en place ce pendant deux jours. Il lui a par ailleurs assigné travail, mais surtout dans un investissement
un problème que les personnes directement système demanderait beaucoup de temps, un commandement de payer cent dollars à la collectif pour répondre à ces questions.
concernées par celui-ci ? Nous nous sommes cela rallongerait les périodes de décision, compagnie de taxi en question durant quatre
donc tous retrouvés au fil des semaines prolongerait le traitement des dossiers, etc. mois. Nous tous, en tant qu’êtres humains,
pour en discuter et j’ai pu avoir tout un flo- Mais c’est un petit prix à payer pour tenter de devons nous soutenir et parvenir à changer
rilège d’avis différents. Nous avons réfléchi sauver les jeunes qui en ont besoin. Si, lors Mais le juge propose quand même une les choses !
ensemble à ce qui aurait pu changer la donne du rendez-vous, le psychologue établit qu’il autre alternative : trente jours de prison ! Dans
dès le départ, ce qui nous aurait empêchés de y a un problème, le jeune aura donc un suivi un autre cas, un homme ayant fréquenté
tomber dans la délinquance juvénile, ou nous durant un certain temps, il devra se rendre à une prostituée a été condamné à porter un
en aurait faits sortir. Nous avons aussi beau- des rendez-vous réguliers et parler ouverte- costume de poulet avec une affiche humi-
coup discuté des organismes protecteurs ment. Pourquoi ne pas privilégier ce système liante en ville. En janvier 2013, ce même juge
des « jeunes en difficultés » comme ils les aux peines de privation de liberté ? condamne un jeune conducteur accusé de
appellent, et deux d’entre eux ont accepté de conduite en état d’ivresse à aller regarder le
répondre à une interview concernant le SPJ. cadavre de deux autres conducteurs morts
dans un accident causé par l’alcool au volant.
Toutes les solutions exposées ci-dessous
ne sont que fiction, nous les avons pensées La seconde solution consisterait Des sanctions originales telles que ces
ensemble mais elles ne sont pas mises en à responsabiliser les gens. dernières permettent selon moi de mieux
place par le système. retenir la leçon puisqu’elles responsabilisent
J’entends par là qu’il faudrait tenter de le condamné! Une peine personnalisée ne
La première solution imaginée trouver des meilleurs moyens de répriman- peut avoir que plus d’impact car elle touche
consisterait à privilégier le sou- der les individus que de tous les envoyer en personnellement l’individu et le confronte
tien psychologique à l’emprison- prison, celles-ci étant d’ailleurs déjà pleines, directement aux conséquences de ses actes.
nement. comme nous l’avons-vu. Encore une fois, le C’est parfois humiliant - il n’y a vraiment
projet demanderait un investissement consi- aucune gloire à finir en costume de poulet au
Lorsqu’un mineur commet un acte répré- dérable de temps et de moyens financiers, bord de la route – mais l’individu est direc-
hensible et est amené à comparaître devant mais adapter les peines aux actes pour- tement confronté aux conséquences de ses
un juge ou au poste de police, il faudrait rait être, selon moi, un moyen plus efficace actes.
orienter le jeune vers un « contrôle psycho- puisque cela permettrait d’interrompre la «
logique » ou vers un psychologue spécialisé routine » du système carcéral. A contrario, une peine de prison n’aura pas
pour la jeunesse qui pourrait établir un bilan le même impact puisqu’elle créera, comme
de la situation du délinquant. Comme le souligne un article republié par nous l’avons relevé plus haut, un sentiment
le site sympatico concernant un juge aux sen- d’appartenance à un groupe délinquant et
tances «sympathiques». Certains croient que incitera donc l’individu à continuer sur cette
les juges doivent condamner les malfaiteurs voie. L’alternative de la prison est toujours
à des peines d’emprisonnement sévères proposée, mais généralement les condam-
pour empêcher qu’ils ne récidivent. nés préfèrent l’éviter.

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CONCLUSION Pour conclure cette recherche, je souhaite résumer les différents points abordés par ce
travail.
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Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 D’abord nous avons analysé le profil des délinquants mineurs afin de comprendre leur rai-
sonnement. Ce chapitre est relativement long car il s’agit selon moi d’un point essentiel pour
être capable d’adopter un point de vue objectif sur la question, tout au long du dossier. Ensuite
nous nous sommes lancés dans l’étude et la définition des causes de cette délinquance. Ce
chapitre est tout aussi important que le précédent car nous y analysons « le pourquoi » des
actes de délinquance juvénile. Dans le chapitre suivant, nous nous sommes intéressés aux
médias et à leur impact sur la jeunesse. Ce chapitre a permis de confronter des avis diver-
gents entre plusieurs experts du domaine.

Après nous être attaqués à l’aspect psychologique du problème de la délinquance juvé-
nile, nous en avons ensuite analysé les aspects juridiques, en commençant par « les formes
de délinquance juvénile ». Ce chapitre sert surtout à résumer ce qui est reconnu par la loi
comme une forme de délinquance et fait office de petit rappel avant le chapitre sur les lois
et les peines. Celui-ci traite le coté juridique en présentant les lois et des explications sur les
sanctions applicables à un mineur en Suisse.

Puis, toujours dans une suite logique, nous nous sommes intéressés aux prisons en Suisse.
Dans ce chapitre, les spécificités de notre système carcéral ainsi que quelques chiffres ont été
exposés afin de permettre au lecteur de se faire une idée des raisons aux problèmes évoqués
dans ce travail, tels que le manque de place dans les prisons en Suisse malgré leur grande
superficie, notamment.

Finalement, après avoir étudié les aspects psychologiques et juridiques du problème de la
délinquance juvénile, nous avions les outils nécessaires pour nous lancer dans un question-
nement éthique. Dans cette dernière partie, nous avons commencé par un chapitre concer-
nant « l’utilité des peines ». Cette partie était fondamentale, puisque le but de ce travail était
de provoquer une réflexion. Valmont est décrit dans le chapitre suivant ainsi que la nouvelle
prison pour mineurs de Palézieux. Nous avons d’ailleurs pris soin de noter les différences
entre ces deux établissements. Enfin, nous avons pu nous lancer dans l’analyse du problème
de « la récidive », avec, encore une fois, des chiffres actuels permettant d’illustrer notre pro-
pos ! Nous avons découvert qu’en réalité, plus un jeune est condamné, plus il récidivera. Ce
chapitre fait donc écho à ceux concernant « le profil des délinquants » et « les causes ».

Finalement, nous terminons par un chapitre intitulé « les solutions », comme bonus de ce
travail ! Nous avons imaginé et décrit deux solutions pour lutter contre la délinquance juvénile
mais ce chapitre est aussi une invitation à la réflexion sur cette problématique très peu com-
prise. En résumé, la solution que nous proposons serait que le système change sa vision des
jeunes délinquants ainsi que sa façon d’agir sur certains points !

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 53

BILAN Le but de mon TPA était premièrement de me comprendre moi, mes choix, mon parcours.
Mais aussi de comprendre l’ensemble du système judiciaire, du profil psychologique des
15 délinquants jusqu’au actes et aux conséquences. Le sujet étant assez compliqué j’ai dû pas-
ser beaucoup de temps à lire de la documentation sur les divers sujet, interrogé des per-
sonnes comme un juriste qui travaille avec mon père chez Unia afin d’être sûr que ce que
j’avançais tout au long de ce dossier n’était pas des informations faussées et si l’ensemble
se tenait. Une grosse charge de travail et de stresse mais qui en vaut largement la peine ! J’ai
pu répondre à mes questions mais mieux encore, j’ai pu soulever d’autres interrogations que
je n’avais pas jusqu’ici. Surtout, à présent, je peux m’exprimer et débattre sur le sujet car je le
comprends vraiment bien dans son ensemble et surtout j’ai pu peser les pours et les contres.
J’ai tellement apprécié étudier le sujet que je souhaiterais prendre du temps pour continuer
cette étude lorsque je finirais le CPNV cette année. Je souhaiterais creuser encore plus loin et
surtout plus en détails !

Un autre point personnel est que j’ai pu prendre le recule nécessaire pour être objective
tout au long du travail, en m’appuyant sur des sources sures et en regardant les choses d’un
autre œil. Grace à cela, mes relations pourrait bien changer ou du moins mes agissements
envers certains de mes proches. Je pourrais dire que c’était difficile de cerner mon profil dans
tous ceux établis dans le chapitre les résumant, mais cela serait mentir car je me suis toujours
« auto-analysée » au cours de ma vie.

J’ai cherché à comprendre pourquoi j’avais mal agi dans certaines situations ou pourquoi
j’avais dit cette phrase stupide que ne me ressemble pas du tout, j’ai souvent cherché à com-
prendre mes actes et ça m’a beaucoup aidé pour la rédaction de ce document. Je pense
que grâce à cette étude j’ai découvert une part de moi-même que je connaissais mais que
je ne comprenais pas et dans la vie peu importe les erreurs commises il est important de se
comprendre vraiment soi-même sans pour autant plonger dans l’autodérision mais se rendre
compte de ses fautes, les étudier afin de ne pas recommencer.

Si je devais recommencer, je m’y prendrais plus en avance pour la recherche d’images et
de documentation car j’ai du tout au long de mon TPA chercher de nouvelles sources et infor-
mations. Grace à ce document, j’espère allez plus loin et pouvoir aider les ados perdus que
je rencontre au fil de ma vie à se comprendre, à s’accepter et prendre conscience de leurs
valeurs ! J’ai appris à synthétiser les informations tirées de plusieurs sources différentes afin
de résumer clairement une idée, mais aussi à travailler sur quelque chose de personnelle qui
compte certainement beaucoup pour tous le monde car c’est un examen, mais pour moi ce
travail à été plus qu’un examen j’y ai mis du cœur et j’espère que vous aurez apprécier m’a
façon d’analyser la thématique !

Pour résumer ce projet je dirais : du stress, de l’émotion, de la réflexion, de la surprise par-
fois et finalement une grande satisfaction !

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 55

REMERCIEMENTS Je tenais à remercier toutes les personnes qui m’ont soutenue lors de ce projet ainsi que
ma professeur Mme Hirshy pour son ouverture d’esprit et sa gentillesse !

Beaucoup de personnes ont collaboré avec moi pour la bonne réalisation de ce TPA.

J’aimerais notamment remercier :

- Mr Tatti pour m’avoir arrangé un appel avec la directrice du SPJ

- Mr Tschopp, juriste chez Unia qui a relu mon chapitre sur les lois et peines et m’a donner de
très bon conseilles !

Mais aussi mes amis, qui ont tous pris du temps pour répondre à mes questions et m’aider à
voir plus loin !

Un très grand merci également à Cebos Nalcakan Alias Cebos PicksAndLove, un ami pari-
sien qui est un vrai artiste et vous fais voyager à travers ses photographies brutales qui illustre
son quotidien dans la banlieue parisienne. J’ai utilisé ses photos tout au long du document
pour les titres ainsi que sur la couverture, toutes ses photos dégagent de vrais sentiments,
c’est la vraie rue et son quotidien à travers des enfants et des adultes emprisonnés dans cette
délinquance quotidienne.

Et finalement, je remercie mes parents pour avoir relu mon travail et avoir joué le jeu.

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 57

Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018 “ ”Les délinquants font moins de mal qu’un mauvais juge.

La Politique de Dieu et le gouvernement du Christ (1626), I, 9 de Francisco
Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018Gómez de Quevedo y Villegas

Mandy Defferrard Mandy Defferrard — SMC4 a — Mai 2018
Mai 2018

Photographies par Cebos Nalcakan


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