The words you are searching are inside this book. To get more targeted content, please make full-text search by clicking here.
Discover the best professional documents and content resources in AnyFlip Document Base.
Search
Published by Union Presse, 2023-07-25 11:57:21

UP 488

daté août 2023

Lire et agir ! 8 L’invité Sébastien Dallain explique la stratégie de Panini France 12 L’événement L’étude de l’Arcep sur les attentes les lecteurs de presse décryptée 24 Reportage À Créteil, un ambitieux projet tourné vers la culture et l’écrit nº 488 | Août 2023 DES ATTENTES MULTIPLES LECTEURS DE PRESSE :


Malakoff Humanis est là pour vous ! Notre objectif ? Protéger et améliorer la qualité de vie de chacun avec : • des dispositifs sur-mesure pour vivre le handicap autrement, • des solutions concrètes pour ceux qui prennent soin d’un proche au quotidien, • un accompagnement personnalisé pour faciliter le retour à l’emploi des personnes atteintes d’un cancer ou d’une maladie grave, • des réponses aux questions et des solutions pour aborder sa retraite en douceur, • des services qui protègent les salariés et leur famille dans tous les moments de la vie même les plus difficiles. Héros du quotidien, les aidants ont besoin de soutien. Saviez-vous qu’en France aujourd’hui, presque 1 salarié sur 5 est un aidant (2) ? C’est à dire une personne qui vient en aide à un de ses proches en situation de handicap, de dépendance ou de maladie, tout en poursuivant son activité professionnelle. Par manque de temps, stress, difficultés d’organisation… les impacts sur la vie professionnelle sont nombreux (absentéisme, concentration, fatigue...). Malakoff Humanis, leur donne un coup de pouce avec des services concrets et des aides financières pour rester auprès d’un enfant gravement malade ou en cas d’hospitalisation, profiter d’un répit, accompagner un proche en fin de vie, se renseigner sur les démarches (Ligne Info Aidant) ou en savoir plus avec un site internet d’informations, d’orientation et de services pour les aidants et les aidés (essentielautonomie.com). Acteur majeur de la protection sociale, Malakoff Humanis place l’humain au cœur de ses solutions d’accompagnement et de ses innovations pour offrir à ses clients la meilleure qualité de services. Engagé pour une société plus inclusive, Malakoff Humanis est convaincu que les entreprises ont un rôle à jouer au sein de la société et qu’elles doivent contribuer à la rendre plus juste et plus inclusive. Vous souhaitez découvrir et/ou souscrire à nos offres, rendez-vous sur notre site internet : malakoffhumanis.com (1) Nos aides sont attribuées sous condition de ressources et en complément des dispositifs publics. (2) Source : Baromètre et santé et qualité de vie au travail, réalisé auprès de 3 500 salariés du secteur privé, Malakoff Humanis 2018. Malakoff Humanis Prévoyance - Institution de prévoyance régie par le livre IX du Code de la Sécurité sociale - Immatriculée au répertoire SIRENE sous le numéro 775 691 181 - Siège : 21 rue Laffitte, 75009 Paris - Mutuelle Malakoff Humanis - Mutuelle soumise aux dispositions du livre II du code de la mutualité - Immatriculée au répertoire SIRENE sous le numéro 784 718 256 - Siège : 21 rue Laffitte, 75009 Paris - Mutuelle membre du groupe Malakoff Humanis - Institution Nationale de Prévoyance des Représentants (INPR) - Institution de prévoyance régie par les dispositions du Titre III du Livre IX du Code de la Sécurité sociale - Immatriculée au répertoire SIRENE sous le numéro 352 983 118 - Siège social : 21 rue Laffitte 75009 Paris Retrouvez-nous sur malakoffhumanis.com MH-13363_2007 Chômage, divorce, handicap, dépendance, maladie... les sources de fragilité sont nombreuses. Chaque jour, nous accompagnons nos assurés et leur famille avec des solutions concrètes, un accompagnement personnalisé et des aides financières (1) autour de 5 thématiques : handicap, aidants, cancer, bien-vieillir et fragilités sociales. MH-13363_2007.indd 1 27/07/2020 11:22


Édito UNION PRESSE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE | 3 C hère consœur, cher confrère, Une très intéressante enquête vient d’être réalisée par notre régulateur, l'Arcep, sur les usages et les attentes des Français dans les points de vente de presse. Quels enseignements retenir ? D’abord que nos commerces de proximité n’usurpent pas leur nom puisque 62 % des Français s’y sont rendus au cours des douze derniers mois. Et plus de 40 % y ont acheté au moins un titre de presse. Notre réseau indépendant est largement en tête des lieux d’achat par rapport aux autres points de vente (GMS, Relay, enseignes culturelles, kiosques). Il apparaît que les acheteurs sont d’abord motivés par la proposition éditoriale (50 %), puis par le plaisir de se rendre dans le magasin ou de parler avec le marchand (42 %). Quelle satisfaction de voir que nos commerces incarnent à la fois la recherche de sens et la convivialité ! Aucun réseau social, ni aucun service de vente en ligne ne peuvent rivaliser avec la proximité et la proposition culturelle que nous incarnons ! Enfin, 87 % des clients sont satisfaits de l’offre proposée : et sans surprise, les trois produits presse les plus achetés sont les magazines de jeux, le quotidien régional et les magazines TV. Au fil des pages, vous retrouverez tous les détails et nuances de cette étude sur les motivations des clients-lecteurs de nos magasins. Bonne lecture ! Édito LES ACHETEURS DE PRESSE MOTIVÉS PAR LA PROPOSITION ÉDITORIALE ET LE PLAISIRâ ̆˷̈ DANIEL PANETTO, PRÉSIDENT DE CULTURE PRESSE Union Presse 16, place de la République ɰ3DULV 9RVVXJJHVWLRQVj UHGDFWLRQ#XQLRQSUHVVHIU unionpresse.fr DLUHFWHXU GHOD SXEOLFDWLRQȷffl 'DQLHO3DQHWWR DLUHFWHXUpGLWHXUȷffl3KLOLSSH'L0DU]LR RpGDFWULFHHQ FKHIȷffl6DUDK%HQOROR VDUDKEHQOROR#FEQHZVIU OLJQHGLUHFWHȷfflȷȷflȷȷ OQWFROODERUpjFH QXPpURȷffl 1ROODQ%HUF\&OpPHQFH'XUDQWRQ 7KRPDV)DLGKHUEH'DYLG0HGLRQL &KULVWLQH0RQIRUW*XLOODXPH3DMRW Secrétaire de rédaction- )aEricationȷffl&KULVWLQH0DUTXDLUH DirecteXr de SXEOicitéȷffl $UQDXG%HXYLQ DEHXYLQ#XQLRQSUHVVHIU OLJQHGLUHFWHȷfflȷȷȷȷ VenteV et aEonnePentVȷffl GLɽXVLRQ#XQLRQSUHVVHIU Direction artiVtiTXeȷffl $LGDGH0LJXHO&%0ÉDIA MaTXetteȷffl0DUMRULH/RLUH&%0ÉDIA IPSriPeXrȷffl'DQHHOV0HGLD*URXS 'HQQHQODDQ%HHUVH%HOJLTXH /HVPDQXVFULWVHWGRFXPHQWV pGLWHXUVHW IDEULFDQWV QRQLQVpUpVQHVRQWSDVUHQGXV CoS\riJKtȷffl8QLRQ3UHVVH 0HQVXHOpGLWpSDUOD6$5/8QLRQ3UHVVH SiqJe VociaOȷffl SODFHGHOD5pSXEOLTXHɰ3DULV 7pOflfl)D[ȷȷȷȷfl 'pS{WOpJDOjSDUXWLRQ ISSNȷfflffiflffi CoPPiVVion Saritaireȷffl7flfl Lire et agir ! 8 L’invité Sébastien Dallain explique la stratégie de Panini France 12 L’événement L’étude de l’Arcep sur les attentes les lecteurs de presse décryptée 24 Reportage À Créteil, un ambitieux projet tourné vers la culture et l’écrit nº 488 | Août 2023 DES ATTENTES MULTIPLES LECTEURS DE PRESSE : /2XUV PHOTO : ©RAPHAËL BOUCHEROY.


UNION PRESSE Dans ce numéro… 4 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 Sommaire C CONNAÎTRE P.06 En Bref Lancements, nouvelles formules, chiffres : l’essentiel de l’actualité du secteur en un coup d’œil. A AGENCER P.24 Reportage À Créteil, Sylvie et Olivier Place tiennent la Librairie du Village, un point de vente qui a su se renouveler, en plaçant la culture et l’écrit au cœur de sa proposition. P.13 Le point de vue de… Alexandra Hassler, directrice de l’unité distribution de la presse de l’Arcep P.14 L’Arcep s’attaque à la rémunération des marchands de presse P.16 Décryptage les grands enseignements de l’étude de l’Arcep en un clin d’œil 20 P.12 L’ÉVÉNEMENT L’Arcep a commandé une vaste étude pour mieux comprendre les attentes et motivations des lecteurs de presse. Parmi ses enseignements : l’estime des Français pour leurs marchands de presse. P.12 Attentes des lecteurs de presse : les marchands appréciés P.29 Carte d'identité. Le point de vente illustré ! 13 P.08 L’invité Sébastien Dallain est directeur général de Panini France. Le succès du groupe, connu aussi bien pour ses vignettes et albums que ses publications, ne se dément pas.


Dans ce numéro… UNION PRESSE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE | 5 É ÉVOLUER P.40 Livres Une sélection des livres sur le rugby indispensables à avoir en rayons, succès annoncés et poche du mois, ouvrage lauréat du Prix Maison de la Presse… nos conseils pour bien choisir. P.32 FOCUS Presse Dans un contexte marqué par l’inflation et les inquiétudes autour de la baisse du pouvoir d’achat, la presse consumériste continue à attirer les lecteurs. P.34 Le Brief Un titre en détail. Ce mois-ci, la nouvelle formule de VSD. P.36 Passage en revue Un segment en renouvellement : analyse de la stratégie des titres de presse senior. P.38 FOCUS Diversification Avec un nombre d’envois toujours plus élevé, le colis est une valeur sûre pour générer des revenus et créer du trafic en magasin. P.48 Flashback Le Pèlerin, qui fête cet été ses 150 ans, est le doyen des hebdomadaires d'actualité français. P. 50 Là pour vous Les élus de Culture Presse s’impliquent au quotidien. Ce mois-ci, Dimitri Demas, président de la délégation de Clermont-Ferrand. 38 50 PHOTOS : ©DOMINIQUE MAITRE, ALEXANDRA HASSLER, PANINI, RAPHAËL BOUCHEROY, DR. V VENDRE


CONNAÎTRE À savoir 6 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 En Bref LANCEMENTS, NOUVELLES FORMULES, CHIFFRESȷffl L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITÉ DU SECTEUR EN UN COUP D’°IL. PHOTOS : DR. R̋˸̈˿̇̋˻˷̄˿̧̃˻̆˷̈ SARAH BENLOLO, THOMAS FAIDHERBE ET NOLLAN BERCY B urda Bleu fourmille de projets. Après le lancement en 2021 de L’Envers des affaires et d’un hors-série estival du Nouveau Détective, le groupe dépoussière l’émission de radio L’heure du crime. Le programme radiophonique, diffusé chaque jour à 14 h 30 sur RTL, se décline dans un magazine 100 % faits divers, vendu 5,95 euros sous la codification 17484. Ce dernier comprend des histoires racontées sur RTL mais aussi d’autres rapportées par la rédaction du Nouveau Détective. Le conteur hors pair de RTL Jean-Alphonse Richard est aux commandes de ce projet qui donne « toujours la parole aux victimes et à leurs familles » tout en ayant « aucune empathie ni fascination pour les criminels », précise le journaliste. LES CLÉS DE MON ÉNERGIE, NOUVEAU TITRE BIEN-ÊTRE DE PRISMA MEDIA Un vent de fraîcheur parcourt les linéaires. Le groupe Prisma Media a décidé de s’associer avec l’écrivaine et journaliste Natacha Calestrémé autour de la conception d’un nouveau magazine. Il s’agit des Clés de mon énergie, un titre bien-être tourné vers le développement personnel qui vient compléter le portefeuille du groupe, déjà éditeur de Flow. Le bimestriel, tiré à 80 000 exemplaires pour son premier numéro, est vendu 6,90 euros sous la codifi cation 13167. L’autrice, qui réunit un million de lecteurs, pourra compter sur sa solide communauté pour soutenir le titre. L'HEURE DU CRIME SONNE CHEZ BURDA BLEU À un an du coup d’envoi des Jeux de Paris 2024, La Française des Jeux lance un nouveau jeu éphémère baptisé Mon Ticket pour Paris 2024. Ce ticket, commercialisé au prix de 3 euros, s’appuie sur un dispositif inédit pour le groupe FDJ qui introduit un gain « expérientiel ». Le partenaire officiel des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 permet ainsi aux joueurs de remporter jusqu’à 50 000 euros mais également de gagner des billets pour une des épreuves d’athlétisme des Jeux Olympiques de Paris 2024. Les frais d’hébergement, de restauration et de transfert seront pris en charge par La Française des Jeux. La Française des Jeux gratte un ticket pour les Jeux de Paris 2024 À l’ordre du jour, du changement du côté de Reworld Media. Le Journal de la Maison (codification 18831 ; 4,90 euros) commence sa mue d’été avec une nouvelle formule. Le magazine a ainsi adopté un nouveau logo, une nouvelle maquette plus aérée et épurée, et de nouvelles rubriques pour mieux coller aux attentes des lecteurs. « Entre aménagement et inspiration, rêve et réalisation, nos pages s’ouvrent sur un monde intérieur riche et esthétique. Les clés du confort et du style sont plus que jamais entre les mains de nos lectrices passionnées », assure Aude Bunetel, directrice de la rédaction. Le Journal de la Maison se modernise


À savoir CONNAÎTRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE | 7 Les Editions de la Vie du rail s’éloignent des voies de chemin de fer pour lancer le projet éditorial Gargantua (codification 17021). L’éditeur fait revivre le héros des Grandes et Inestimables Cronicques du grant et énorme géant Gargantua de François Rabelais sous la forme d’un magazine-livre. Ce projet propose une manière nouvelle de raconter à ses lecteurs « la vie et la mort des civilisations, des cultures, des sociétés, des empires par le lien qu’elles et ils entretenaient avec l’acte de manger et de boire, pour survivre, se rassembler, adhérer à un projet commun », indique l’éditeur. Le premier numéro, vendu 18 euros, revisite les premières assemblées de l’Histoire, en donnant la parole à des témoins, écrivains, journalistes, archéologues, ethnologues, historiens. LE GÉANT GARGANTUA NE MANQUE PAS D’IDÉES Harcourt Magazine brille sous les feux des projecteurs Àl’heure du tout numérique, le Studio Harcourt prend le contrepied des tendances et relève le défi en lançant Harcourt Magazine (14,90 euros sous la codification 12582). Dans la continuité de sa tradition photographique, le magazine respecte les codes du Studio Harcourt. Chacun des numéros sera conçu comme une pièce unique, offrant aux lecteurs et lectrices une expérience de lecture immersive. Le semestriel, imprimé en France et labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant, se veut « résolument contemporain » et en « pleine cohérence avec notre époque ». Ainsi, dans le premier numéro, baptisé Studio Harcourt fait son cinéma, Harcourt Magazine clame son amour pour le septième art au travers de portraits de personnalités des milieux du cinéma et de la culture. Le plafonnement de la revalorisation annuelle des indices locatifs est prolongé Le Parlement a prolongé le dispositif de plafonnement de revalorisation de la variation annuelle des indices locatifs à +3,5 % pour les TPE du commerce. Ce plafonnement devait initialement s’appliquer jusqu’au premier trimestre 2023, et est désormais prolongé au premier trimestre 2024. Hors plafonnement, l’Indice des loyers commerciaux (ILC) s’établit à 128,68 pour le premier trimestre 2023, en hausse de 6,69 % sur un an. La Confédération des Commerçants de France (CDF) et Culture Presse soutenaient la proposition de loi « maintenant provisoirement un dispositif de plafonnement de revalorisation de la variation annuelle des indices locatifs », déposée par plusieurs députés de la majorité et appuyée par le gouvernement. L e palmarès du Prix Relay & Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM) des magazines de l’année est connu ! Le 1 a trusté le prix du « magazine de l’année », en apportant au lecteur, selon le jury, « une expérience de décryptage de l’information instructive, unique et très aboutie ». Le « coup de cœur du jury » est allé à Légende, tandis que Métal Hurlant a reçu le prix du lancement. Dans la catégorie « meilleure couverture », c’est la revue Rolling Stone France qui s’est illustrée avec sa Une parue en février 2022, mettant en scène l’Amérique. Le prix pour l’enquête est revenu au magazine La Croix L’Hebdo pour son immersion pendant un an dans un commissariat de police, et Charlie Hebdo a reçu le « prix de l’engagement éditorial » pour son interview intitulée « Mollahs, retournez d’où vous venez ». Pour le prix du hors-série, c’est le magazine GEO Histoire et son hors-série « Samouraï, guerriers du Japon et icônes de la pop culture » qui a raflé la mise. Enfin, Réponses Photo a reçu le prix du « Magazine Passion », Science & Vie Junior a remporté le prix du magazine jeunesse et le podcast Sexy Veggie, porté par Cuisine Actuelle, a été désigné « meilleur format digital ». Le Syndicat des éditeurs de la presse magazine et Relay couronnent les magazines de l’année


CONNAÎTRE L'invité 8 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 Sébastien Dallain : ȷ$XGHOjGXVSRUW O·pODUJLVVHPHQWGH QRVJDPPHVYHUVOHV DQLPpVRXOHVMHX[YLGpR SHUPHWDXVVLG·DWWLUHU XQSXEOLFSOXVODUJH DYHFGHVDGROHVFHQWV HWMHXQHVDGXOWHV


L'invité CONNAÎTRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |9 SÉBASTIEN DALLAIN EST DIRECTEUR GÉNÉRAL DE PANINI FRANCE. LE SUCCÈS DU GROUPE, CONNU AUSSI BIEN POUR SES VIGNETTES ET ALBUMS QUE SES PUBLICATIONS, NE SE DÉMENT PAS. UNION PRESSE : Comment se porte Panini France ? SÉBASTIEN DALLAIN : Le groupe Panini se porte très bien, tout comme sa filiale française. Panini France, qui emploie 42 salariés, enregistre un chiffre d’affaires moyen de 85 millions d’euros. L’année 2022 a été historique sur toutes nos activités : les collectibles (collections de vignettes et cartes), le publishing (magazines Univers Pokémon et Dimension Pokémon notamment, comics et mangas). Notre activité a été portée en particulier par la Coupe du monde de football et les mangas, dont notre best-seller Demon Slayer. U.P. : Vous avez pris la direction du groupe l’année dernière. Quelles sont vos ambitions à la tête de l’entreprise ? SÉBASTIEN DALLAIN : Le poste de présidentdirecteur général a en fait été scindé : Alain Guérini reste le président de Panini France, mais il m’a délégué la direction générale et la partie plus opérationnelle de la gestion de l’entreprise et de son développement. Il s’agit d’une évolution dans la continuité : j’étais depuis 2004 directeur de la division publishing de Panini France, et responsable éditorial des produits presse et librairie avant cela. C’est donc une maison que je connais bien ! Notre plan de développement prévoit que nous continuions à renforcer nos activités collectibles et publishing par l’acquisition de nouvelles licences et nouveaux titres. Mais aussi que nous renforcions nos collections avec le lancement de nouvelles gammes un peu plus premium, à destination des collectionneurs. Il s’agit d’un marché très fort aux États-Unis, et nous sommes convaincus que nous pouvons avoir les mêmes opportunités de développement sur le marché français. U.P. : Que « pèsent » vos différentes activités dans le détail ? SÉBASTIEN DALLAIN : Le chiffre d’affaires se répartit à 40 % pour les collectibles, P̈̅̆̅̉ ̈˻˹̋˻˿̂̂˿̉ ̆˷̈ SARAH BENLOLO PANINI " UN ATTACHEMENT HISTORIQUE AU RÉSEAU "


CONNAÎTRE L'invité 10 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 40 % pour le publishing, et 20 % pour le e-commerce. L’activité historique est bien sûr celle des collections, puisque Panini s’est implanté en 1974 en France avec une première collection sur la Coupe du monde de football qui se déroulait en Allemagne. La division publishing a, elle, été créée en 1997 : Panini appartenait alors à Marvel Comics, qui souhaitait ainsi implanter ses publications et collections de cartes en Europe, et a créé une maison d’édition dédiée. C’est d’ailleurs le moment où j’ai rejoint le groupe. Nous avons commencé à publier des comics dans le réseau presse, qui est resté un de nos marchés principaux, par ses atouts et sa capillarité, mais aussi en termes d’attachement historique. U.P. : Combien de produits écoulez-vous chaque année ? SÉBASTIEN DALLAIN : Côté collectibles, nous publions une quarantaine de collections par an. Nous sommes l’acteur historique et leader de ce marché, mais faisons face à la concurrence féroce d’acteurs implantés dans d’autres territoires, et qui souhaiteraient faire de même sur le marché français en raison de son dynamisme. Dans ce marché de licences, les prix d’entrée sont élevés, mais plusieurs acteurs ont la capacité d’entrer en concurrence avec nous. La lutte est acharnée, les prix s’envolent, parfois de façon déraisonnable… Côté publishing, nous éditons au total quelque 550 parutions par an, dont 80 environ dans le réseau presse, principalement dans les univers jeunesse et comics, et le reste en librairies. Nous sommes leaders du marché des comics en France depuis notre création, et pouvons compter sur un catalogue très large, porté notamment par les contenus de Marvel, pour asseoir notre position. U.P. : Vous ciblez aussi bien les enfants que les adultes ? SÉBASTIEN DALLAIN : Historiquement, nos produits s’adressent effectivement aux enfants. Mais, au fil du temps, les premiers clients de Panini sont devenus grands ! Quelqu’un qui a été collectionneur enfant voudra souvent partager cette madeleine de Proust avec ses propres enfants. L’élargissement de nos gammes vers les animés ou les jeux vidéo permet aussi d’attirer un public plus large, avec des adolescents et jeunes adultes. Et puis, certaines collections sont très largement achetées par des adultes. En football par exemple, certains collectionnent de façon historique depuis les années 80, et continuent aujourd’hui. Et des collections comme celles autour de Stranger Things, ou celle que nous lancerons en fin d’année autour de la série Wednesday, ciblent spécifiquement un public plus âgé. U.P. : Le groupe est-il très impacté par la flambée des prix du papier ? SÉBASTIEN DALLAIN : L’impact est clair, mais nous essayons de le compenser en renforçant notre politique de réglages et notre stratégie commerciale. Depuis toujours, Panini fait la chasse aux retours et aux invendus. Nous avons toujours porté une attention particulière à la mise en place, et avons une personne dédiée au réseau presse qui gère notamment le réassort. Nous n’envoyons pas de marchandise là où il n’y a pas de réel potentiel, car cela serait source d’insatisfaction aussi bien pour le marchand que pour nous. U.P. : Quelle est l’importance du réseau des marchands de presse pour Panini France ? SÉBASTIEN DALLAIN : Il s’agit de notre réseau historique. Panini France propose U.P. : Comment le groupe a-t-il traversé les dernières années très particulières ? SÉBASTIEN DALLAIN : Face au Covid, nous sommes passés comme tout le monde par une phase d’effarement. Mais nous avons eu la chance que les commerces de presse restent ouverts, et avons ainsi pu sortir notre épingle du jeu. Notre collection football a été impactée par l’arrêt du championnat, mais nous avons sorti d’autres collections qui ont rencontré un vif succès, sur les animaux par exemple. Les Français, qui étaient confinés avec leurs enfants, ont dû trouver un moyen de s’occuper. Nos ventes ont augmenté de façon significative, et nous avons notamment retrouvé des collectionneurs et des lecteurs qui s’étaient un peu éloignés de nous. U.P. : Quelles sont vos références les plus emblématiques et les plus vendeuses ? SÉBASTIEN DALLAIN : Le football occupe bien sûr une place de choix dans notre catalogue avec, outre l’album Coupe du monde, notre collection consacrée au championnat de France de football Ligue 1 UberEats, ainsi que d’autres collections plus internationales. Nous avons aussi lancé la gamme premium Score, des cartes de type américain, avec des raretés ou des éditions limitées, ainsi que la collection Top Class qui regroupe les équipes de différents pays et clubs. À chaque fois, les résultats sont bons, ce qui démontre que l’espace existe pour avoir plusieurs collections sur une même thématique. Plus globalement en sport, la collection Tour de France fait de très beaux scores. Mais nous avons aussi su nous diversifier autour de ce que nous appelons l’entertainment, avec notamment le manga et les animés (Naruto, One Piece), les jeux vidéo (Super Mario est notre best-seller depuis 2022), les films comme Jurassic World dont la collection fait un carton. U.P. : Quel est l’impact pour votre groupe d’un événement comme la Coupe du monde de football ? SÉBASTIEN DALLAIN : La Coupe du monde de football fédère tout un peuple ; l’engouement autour de la compétition va au-delà des résultats sportifs. Cette collection est tout à fait particulière, ne serait-ce que parce qu’elle est planétaire, et bien sûr par les proportions de ses ventes. Une partie de nos clients ne vient à nous qu’au moment de cet événement mondial. “ Nous n’envoyons pas de marchandise là où il n’y a pas de réel potentiel.” “ Le réseau presse est resté un de nos marchés principaux, par ses atouts et sa capillarité.”


L'invité CONNAÎTRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |11 ses produits dans environ 16 000 points de vente, nous pouvons donc compter sur sa capillarité, sa puissance, mais aussi sa capacité à distribuer nos références très rapidement. On ne peut pas enlever son efficacité de distribution au réseau presse ! Elle nous permet parfois de tester la puissance de certaines collections, pour adapter ensuite notre diffusion. Toutefois, en termes de volumes, il est vrai que la majorité de nos ventes en collectibles s’appuie sur la force de frappe des GMS, et sur le réseau des librairies pour le publishing, avec un essor spectaculaire du manga. Il existe une pléthore de parutions, mais quelques-unes sortent du lot en termes de volume, comme Naruto, One Piece, ou encore notre série Demon Slayer dont le premier tome s’est déjà écoulé à 600 000 exemplaires. J’invite d’ailleurs tous les marchands de journaux qui disposent d’un rayon librairie à proposer ces références. Cela permet de rajeunir la clientèle, et puis les passerelles dans les usages de lectures sont nombreuses : un lecteur de nos magazines Pokémon n'aura qu’un pas à faire pour se tourner ensuite vers les mangas. U.P. : L’érosion du réseau presse vous inquiète-t-elle ? SÉBASTIEN DALLAIN : Tout point de vente perdu fait mal, et c’est évidemment un sujet de vigilance car cela fragilise tout le réseau. Notre politique commerciale nous permet de faire face, avec des outils d’analyse pour apprécier les ventes point de vente par point de vente et bien calibrer les mises en place. U.P. : Comment soutenir l’activité du réseau et faciliter le quotidien des marchands ? SÉBASTIEN DALLAIN : Panini France a toujours été un éditeur attentif plutôt qu’un éditeur « arroseur ». Tout marchand a bien sûr la possibilité de commander du réassort ou demander à être servi, que ce soit pour nos collections ou nos magazines. Lors de mes nombreuses visites en points de vente, je suis toujours effaré de voir les quantités d’une même parution que peuvent recevoir certains marchands. Cette stratégie de quelques-uns est néfaste pour tout le monde : le point de vente dont les rayons sont monopolisés par des produits qui n’ont pas forcément de potentiel, et d’autres titres qui eux sont bêtement cachés. Au-delà de notre politique commerciale, nous soutenons le réseau par le marketing, avec de l’affichage, des campagnes de promotion notamment en télévision avec un renvoi systématique vers les points de vente. Nous organisons aussi parfois des opérations de distribution gratuite d’albums, dans certains magasins de presse, ce qui n’est pas anodin en termes de coût mais est un outil de recrutement important. Nous avons constaté que, dans les points de vente concernés par ces dispositifs, les ventes de nos produits ont progressé. U.P. : La mise en place de l’assortiment vous inquiète-t-elle ? SÉBASTIEN DALLAIN : Je fais évidemment confiance aux marchands. Même s’ils n’ont pas de numéro de CPPAP, les ventes de nos magazines Univers Pokémon et Dimension Pokémon sont exceptionnelles, avec des taux d’invendus inférieurs à 20 %. Je ne vois pas pourquoi les points de vente se priveraient d’un titre rémunérateur. L’assortiment a du bon, il permettra de réguler le secteur et obligera les éditeurs qui utilisent les mises en place massives comme stratégie marketing à réviser leurs pratiques. Les marchands sont sollicités à outrance, j’admire leur travail et ne suis pas sûr qu’on se rend bien compte de tous les efforts que cela représente. Cependant, je crains que, par exaspération face aux pratiques d’éditeurs moins vertueux, certains marchands décident d’arrêter une gamme au détriment de titres qui ont un potentiel avéré. Je ne voudrais pas que Panini France soit le dommage collatéral d’une réaction des marchands face à la stratégie anormale de quelquesuns. Mais nous faisons partie d’un réseau, nous en accepterons les règles qui sont destinées à le porter et assurer sa pérennité face aux crises qui le secouent. U.P. : À quel point le numérique impacte-t-il votre activité ? SÉBASTIEN DALLAIN : Contrairement à certains éditeurs qui développent le numérique de manière très importante au détriment du réseau, les produits physiques restent notre cœur de métier. Nous utilisons le numérique, notamment les réseaux sociaux, pour faire la promotion de nos parutions jeunesse et de nos collections dont le succès s’explique en partie parce qu’elles favorisent l’échange, la convivialité et le partage. Bref, pour nous, le digital se met au service des ventes du physique, et non le contraire. U.P. : Quelles grandes collections ou publications prévoyez-vous de lancer dans les semaines à venir ? SÉBASTIEN DALLAIN : Pour accompagner la Coupe du monde de rugby qui se déroulera en France en septembre, nous lançons une collection consacrée aux équipes de France de rugby, aussi bien le XV de France que l’équipe féminine et celle de rugby à 7. Nous venons également de publier deux collections consacrées à la Coupe du monde de football féminine (une de stickers et une de cartes), qui je l’espère verra notre équipe nationale briller. Nous venons aussi de nouer un accord avec le Vendée Globe pour le lancement d’une collection très innovante en 2024, pour laquelle nous sommes très enthousiastes. Et, toujours en sport, nous allons relancer fin août notre collection de cartes Adrenalyn XL autour du championnat de France de football. Nous développons aussi des nouveautés autour des films de l’été comme Barbie, Miraculous, et poursuivons le développement de nos gammes autour de Naruto, One Piece, Super Mario et Harry Potter. Et côté magazines, nous sommes très heureux de lancer cet été Encanto, un bimestriel consacré au dessin animé Disney du même nom. Nous sommes aussi très satisfaits des premiers retours sur les ventes de notre nouvelle gamme éveil Mon premier Panini, qui même activités et autocollants pour les enfants à partir de trois ans. Nous en lancerons le deuxième numéro en fin d’année, autour de l’héroïne Peppa Pig. Enfin, nous travaillons à d’autres projets en lien avec l’actualité 2024 dont il est malheureusement trop tôt pour parler… “ Nous faisons partie d’un réseau, nous en accepterons les règles.”


CONNAÎTRE L’événement 12 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 RÉGULATEUR DU SECTEUR, L’ARCEP A COMMANDÉ UNE VASTE ÉTUDE POUR MIEUX COMPRENDRE LES ATTENTES ET MOTIVATIONS DES LECTEURS DE PRESSE. PARMI LES ENSEIGNEMENTS DE CETTE DERNIÈREâffl L’ESTIME DES FRANÇAIS POUR LEURS MARCHANDS DE PRESSE. D epuis trois ans et demi et la promulgation de la loi de modernisation de la distribution de la presse, l’Autorité de régulation d e s c o m m u n i c a t i o n s électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) est en charge de la régulation de ce secteur, dont elle appréhende les enjeux progressivement. Si ses relations avec les Sociétés agréées de distribution de la presse (SADP), les éditeurs, les dépositaires et les marchands via leurs organisations représentatives sont fréquentes et bien encadrées, les préoccupations des lecteurs avaient, elles, plus de mal à remonter vers le régulateur. Et ce, alors que ces derniers sont un maillon essentiel de l’esprit de la nouvelle loi Bichet. « De manière générale, l’Arcep s’attache à placer l’intérêt des utilisateurs finaux au cœur de son action, et donc dans le cas de la presse, les lecteurs et les marchands », indiquait ainsi la présidente de l’Arcep Laure de la Raudière dans nos colonnes (voir numéro 485 d’Union Presse, daté mai 2023). Pour approfondir sa connaissance et guider ses réflexions, l’Autorité a commandé à l’institut CSA une vaste étude sur les attentes et motivations des lecteurs de presse, dont les résultats viennent d’être publiés. Une habitude bien ancrée Alors, que retenir des (nombreux) enseignements de cette étude ? Déjà, que les commerces de presse sont bien ancrés dans le quotidien des Français. Ils sont ainsi 62 % à déclarer s’être rendus dans des points de vente de presse au cours des 12 derniers mois. Et, dans le détail, 42 % des sondés ont déclaré avoir acheté au moins un titre de presse, et 10 % disent même acheter de la presse au moins une fois par semaine. Côté motivations, c’est logiquement la proposition éditoriale qui amène les lecteurs vers les points de vente. En d’autres termes, la richesse de l’offre, citée par 50 % des sondés. Dans le détail, ils plébiscitent les magazines ludiques, suivis par les quotidiens régionaux et les magazines TV. Mais un autre critère dans les motivations des acheteurs de presse, et non le moindre, est très largement cité : le « plaisir de se rendre dans un point de vente ou de parler avec le marchand ». ȳ6$5$+%(1/2/2 ATTENTES DES LECTEURS DE PRESSEâffl LES MARCHANDS APPRÉCIÉS ET SOUTENUS De quoi conforter ces derniers dans leur rôle d’expertise, de conseil, ou plus largement de défenseurs du lien social. Les spécialistes plébiscités Autre enseignement : la spécificité des spécialistes indépendants est bien identifiée par le public, et appréciée. Globalement, 87 % des visiteurs se déclarent ainsi satisfaits de l’offre des points de vente de presse, en assurant trouver « toujours » ou « souvent » un titre qui correspond à leurs goûts. De manière générale, 70 % des sondés attribuent une note de satisfaction comprise entre 8 et 10 sur leur expérience en point de vente. Parmi eux, un profil se détache : des lecteurs plus âgés (67 % ont plus de 50 ans), acheteurs de presse importants avec des goûts éclectiques (6,4 types de titres achetés en moyenne), habitant à proximité d’un point de vente (60 % mettent moins de 10 minutes pour rejoindre leur magasin). À noter également : la satisfaction des clients semble aller de pair avec la spécialisation des marchands. Ainsi, les spécialistes indépendants récoltent la note moyenne de 7,8 et les enseignes de presse franchisées celle de 7,6, contre 7,3 pour les rayons presse des Grandes et moyennes surfaces (GMS). Quant aux points d’amélioration ? Près de la moitié (48 %) des clients cherchant des titres précis disent avoir déjà rencontré des ruptures ou indisponibilités. Et ils sont 31 % à se déclarer intéressés par le réassort et la possibilité de commander le titre convoité. Une demande qui rejoint en fait les revendications maintes fois exprimées des marchands, qui trouvent en leurs clients des alliés de poids pour appuyer leurs demandes !


L’événement CONNAÎTRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |13 UNION PRESSE : Pourquoi avoir décidé de lancer une étude sur les attentes des lecteurs de presse ? ALEXANDRA HASSLER : De manière générale, l’Arcep oriente son action en matière de régulation de la distribution de la presse vers l’intérêt de l’utilisateur final, c’est-à-dire le lecteur. Pourtant, la parole de ce dernier est assez rare, et ne nous parvient pas de manière fluide. Notre postulat de départ était donc simple : nous voulions nous adresser directement aux lecteurs et connaître leurs attentes ou les éventuels problèmes auxquels ils faisaient face. L’enquête de l’institut CSA a été menée sur un panel de 4 000 personnes, dont 200 personnes plus âgées, éloignées du numérique et interrogées par téléphone. Le fait de disposer d’un échantillon représentatif était important pour nous dans l’optique de disposer d’une information fiable et de qualité. U.P. : Quelles conclusions vous semblent particulièrement importantes ? ALEXANDRA HASSLER : L’étude nous fournit des éléments très instructifs en termes de mesure et de qualification des usages. Je pense par exemple aux données sur les moteurs d’achat de la presse au numéro : la moitié des répondants cite la richesse de l’offre éditoriale, ce qui était plutôt attendu, mais ils sont aussi 42 % à évoquer le plaisir de se rendre dans leur point et vente et échanger avec leur marchand ; je trouve cela très intéressant. La définition de quatre profils de clients en fonction de leur fréquence d'achat est également riche d’enseignements, puisque l’étude illustre la corrélation forte entre la satisfaction et la fréquence d’achat. Les acheteurs de presse les plus importants, qui vont au moins trois fois par semaine dans leur point de vente, sont aussi ceux qui profitent de l’offre de presse la plus large et sont le plus sensibles quant à la qualité de leur expérience en magasin. U.P. : Avez-vous eu des surprises quant à certains résultats ? ALEXANDRA HASSLER : Les conclusions de l’étude sont conformes à ce que nous constatons depuis que l’Arcep s’est vue confier la régulation de ce secteur. Mais certaines sont venues renforcer certaines de nos observations, comme l’intérêt, pour un tiers des lecteurs, pour le réassort et la possibilité de commander des exemplaires lorsqu’ils font face à PHOTO : ©ALEXANDRA HASSLER. la rupture d’un titre dans leur point de " DE BONS NIVEAUX DE SATISFACTION QUANT AUX LIEUX DE VENTE DE LA PRESSE " ALEXANDRA HASSLER DIRIGE L’UNITÉ DISTRIBUTION DE LA PRESSE DE L'ARCEP. ALEXANDRA HASSLER P̈̅̆̅̉ ̈˻˹̋˻˿̂̂˿̉ ̆˷̈ 6$5$+%(1/2/2 vente. Nous avons aussi été agréablement surpris de lire que la moitié des personnes interrogées ont déclaré se trouver à moins de dix minutes de leur point de vente. Et également, de constater que les achats de presse étaient en fait souvent très prémédités, même s’il y a bien sûr de la place pour des achats d’impulsion. U.P. : Que peuvent retenir les marchands de presse ? ALEXANDRA HASSLER : Il me semble qu’on peut se satisfaire que deux tiers des Français se soient rendus dans un point de vente de presse sur l’année écoulée, que 42 % aient acheté de la presse et que 87 % se soient déclarés satisfaits de l’offre proposée. On peut se réjouir des taux de satisfaction affichés envers les lieux de vente de la presse, même si des pistes d’amélioration sont évoquées. Les clients aiment se rendre dans les points de vente, ils y sont fidèles, aiment échanger… cela traduit quelque chose de très positif envers les marchands. U.P. : Quelle va maintenant être votre utilisation de cette étude ? ALEXANDRA HASSLER : Nous avons eu des retours très positifs depuis sa sortie, et sommes très satisfaits de l’accueil qui a été réservé à cette publication. La connaissance de l'Arcep va maintenant s’enrichir des échanges que nous pourrons avoir avec l’ensemble de la filière, éditeurs, distributeurs, marchands. Elle est régulièrement présentée et l'a d'ailleurs été lors de la dernière réunion du Comité de concertation de la distribution de la presse (Cocodip). Je crois que le fait de disposer d’une information fiable, objective, collectée en toute transparence, nous permettra de progresser collectivement et tous avancer dans une meilleure connaissance des lecteurs de presse.


CONNAÎTRE L’événement 14 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 D eux tendances de fond ont amené l’Arcep à mettre la rémunération des marchands à son agenda 2023 : l’érosion du nombre de magasins de presse – 26 % des points de vente ont disparu entre 2012 et 2022 – et la baisse du volume d’affaires de la vente au numéro, qui s’est réduit quant à lui de 32 % entre 2014 et 2021. « Les points de vente doivent trouver un modèle économique qui permet de garder la continuité territoriale de la distribution de la presse. Pour que le métier reste attractif, il fallait donner plus de pouvoir au marchand dans l’offre qu’il propose, un chantier qui est entré dans sa phase opérationnelle, et un niveau de rémunération qui contribue à cette attractivité », indique Laure de la Raudière, présidente de l’Arcep. Afin de s’attaquer aux conditions de cette rémunération, qui résultent actuellement de décisions du Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP) de 2011 et 2014, l’Arcep a lancé le 23 juin deux consultations publiques. Ajuster les seuils applicables aux majorations L’une de ces consultations, dont les avis ont été recueillis jusqu’au 12 juillet, invitait la filière à se prononcer sur une décision par laquelle l’autorité de régulation prévoit d’ajuster à court terme les seuils applicables à la détermination des taux de majoration de la rémunération des marchands en fonction du chiffre d’affaires. Lors de son dernier congrès, Culture Presse avait alerté la présidente de l’Arcep sur la diminution du taux de rémunération des marchands résultant de la baisse globale du marché de la vente au numéro. Pour neutraliser l’impact de la baisse des ventes en montants forts (VMF) constatée ȳ&+5,67,1(021)257 L’ARCEP OUVRE LE CHANTIER DE LA RÉMUNÉRATION DES MARCHANDS L’AUTORITÉ DE RÉGULATION DES COMMUNICATIONS ÉLECTRONIQUES, DES POSTES ET DE LA DISTRIBUTION DE LA PRESSE (ARCEP) A LANCÉ FIN JUIN DEUX CONSULTATIONS SUR LA RÉMUNÉRATION DES MARCHANDS DE PRESSE. L’UNE AUTOUR D’UNE MESURE CIBLÉE DE COURT TERME ET L’AUTRE POUR RECUEILLIR LA VISION DE LA FILIÈRE SUR UNE ÉVOLUTION À MOYEN TERME DES CONDITIONS CETTE RÉMUNÉRATION. PHOTO : DR. entre 2017 et 2021, l’Arcep propose de réduire de 6 % le niveau des seuils applicables à la détermination du taux de majoration, qui peuvent atteindre jusqu’à 5 %. Une première mesure applicable à court terme donc. Lancer une réflexion de fond L’autre consultation, ouverte jusqu’au 16 octobre à 19 heures, concerne l’évolution des conditions de rémunération des marchands, le système existant étant « très compliqué », note l’Arcep. La consultation vise à la fois à connaître l’appréciation des acteurs du secteur sur les conditions actuelles de la rémunération des marchands et leur vision sur les évolutions à apporter à moyen terme. Les réponses permettront à l’Arcep d’élaborer le cadre dans lequel les acteurs pourront ensuite déterminer après concertation les rémunérations des marchands. € €


L’événement CONNAÎTRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |15 “ Cette remise à plat doit être l’occasion de simpliÀer le système.” APRÈS LA MESURE D’URGENCE PROPOSÉE PAR L’ARCEP SUR LA RÉMUNÉRATION DES MARCHANDS, LE PRÉSIDENT DE CULTURE PRESSE APPELLE À INVENTER UN MODÈLE SUFFISAMMENT ATTRACTIF POUR INCITER À ARBITRER EN FAVEUR DE LA PRESSE. PHOTO : ©DAVID MARMIER UNION PRESSE: L’Arcep a lancé deux consultations sur la rémunération avec une mesure d’urgence et une réflexion à plus long terme. Une vision qui avait justement été portée par Culture Presse… DANIEL PANETTO : Je me réjouis que l’Arcep ait répondu à toutes les demandes de Culture Presse en s’engageant dès cette année dans une stratégie à deux étages. La série de crises que nous avons traversées ces dernières années et les nouvelles habitudes prises par les lecteurs sur le numérique ont impacté les chiffres d’affaires de la vente au numéro, tout le monde en est conscient. Comme il n’y avait pas d’index sur les éléments du plan 2014-2017 du Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP), les marchands ont subi la baisse des volumes et perdu des demi-points ou des points de majoration sur un chiffre d’affaires qui baissait, parfois jusqu’à perdre leur statut de marchand spécialiste. L’Arcep nous a entendus en proposant une mesure transitoire avec un démarrage de l’abaissement des seuils au 1er juillet. Je tenais à une mesure qui s’applique dès cette année et que l’on se donne ensuite du temps pour remettre à plat les conditions de la rémunération des marchands de presse. U.P. : Quelles sont vos attentes sur ce dossier à plus long terme ? DANIEL PANETTO : Revoir la rémunération ne sera pas simple mais il y a divers moyens d'améliorer celle-ci. Le taux de base qui figure sur les bordereaux est de 13 % alors que les taux peuvent monter jusqu’à 28,5 %. Cette remise à plat doit être l’occasion de simplifier le système et de donner une vision plus directe de notre rémunération. Les modèles actuels et l’effort très significatif des éditeurs n’ont pas desservi mais ils ont fait leur temps. Un modèle radicalement différent pourrait rendre le métier plus attirant et inciter les marchands à arbitrer moins facilement en faveur d’autres marchés jugés plus dynamiques. U.P. : Comment Culture Presse va-t-elle réfléchir à ce nouveau modèle ? DANIEL PANETTO : Nous sollicitons nos élus et nos adhérents pour qu’ils contribuent en interne à une réflexion qui aille le plus loin possible et ne s’interdise rien. L’amélioration attendue doit être suffisamment significative pour que les spécialistes d’aujourd’hui puissent le rester, que les commerçants déjà en place poursuivent leur activité presse et qu'enfin cela attire de nouveaux entrepreneurs. C’est la clé pour casser la spirale négative d’abandon du métier. U.P. : Les éditeurs qui seront sollicités risquent d’avancer leurs propres difficultés et un contexte peu opportun... DANIEL PANETTO : Il faut qu’ils le voient comme un investissement à même de renverser la tendance, qui aura un retour sur leurs ventes et leurs revenus. On en revient irrémédiablement à l’attractivité du métier. Mes confrères sont des chefs d’entreprise qui pratiquent diverses activités depuis toujours. Si on veut garder des spécialistes de la presse et en attirer d'autres, il faut les rémunérer en tant que tels. Le numérique a demandé des dépenses considérables aux éditeurs. Est-ce qu’ils en sont payés en retour et sur quelle rentabilité ? Les marchands et les éditeurs ont le même objectif : vendre plus. Il faut s’en donner les moyens. " L’ARCEP NOUS A ENTENDUS EN PROPOSANT UNE MESURE TRANSITOIRE " P̈̅̆̅̉ ̈˻˹̋˻˿̂̂˿̉ ̆˷̈ &+5,67,1(021)257 DANIEL PANETTO


CONNAÎTRE Décryptage 16 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 2 % 3 % QU’ATTENDENT LES LECTEURS '(35(66(ȷ" L’ÉTUDE MENÉE PAR L’INSTITUT CSA POUR L’ARCEP LIVRE DE (TRÈS) NOMBREUX ENSEIGNEMENTS SUR LES MOTIVATIONS ET ATTENTES DES ACHETEURS DE PRESSE, EN PARTICULIER VIS-À-VIS DU RÉSEAU. LE POINT SUR CES CONCLUSIONS EN UN CLIN D’ŒIL. SARAH BENLOLO Près des deux tiers des Français se sont déjà rendus dans un point de vente de presse, et 42 % ont acheté au moins un titre de presse dans ces points de vente au cours des 12 derniers mois. Les magasins indépendants étant les plus visités et occasionnant le plus d’achats. Les rayons d’enseignes culturelles sont les points de vente convertissant le moins à l’achat : moins d’un sur deux, contre environ deux visiteurs sur trois pour les autres. 3 % DES VISITEURS RÉGULIERS 62 % VISITES & ACHATS PAR POINT DE VENTE Base ensemble des Français âgés de 18 ans et + (n=1005) Un magasin indépendant (tabacs / presse, librairies papeteries) Un rayon presse d’un hyper ou un super marché Un rayon presse d’une enseigne culturelle Enseigne de presse franchisée (Maisons de la presse, Mag Presse, Relay) Un kiosque à journaux 43 % 31 % 26 % 23 % 16 % 66 % 59 % 48 % 62 % 60 % Acheteurs Visiteurs Taux d’acheteurs parmi les visiteurs Les acheteurs quotidiens de presse en points de vente représentent 2 % de la population française soit 3 % des personnes se rendant en point de vente. 25 % des Français interrogés déclarent acheter au moins une fois tous les deux mois de la presse en point de vente. Les acheteurs quasi-quotidiens Les acheteurs hebdomadaires Les acheteurs occasionnels (ont acheté un titre entre 1 fois WRXVOHVâPRLVHWâIRLVSDUPRLV Les acheteurs ponctuels (ont acheté moins GHâIRLVSDUDQ N’ont pas acheté de titres de presse 53 % Plus de la moitié des visiteurs se situe à moins de 10 minutes d’un point de vente presse. En dehors des acheteurs quasi quotidiens qui sont plus nombreux que la moyenne à être très proches d’un point de vente, on ne note pas de corrélation nette entre la fréquence d’achat et la proximité d’un point de vente. À moins de 10 mn ++ Ville de plus ȷâKDEiWDQWs 59 % 53 % 88 % Moins de 20 min DISTANCE DU POINT DE VENTE Base visiteurs de points de vente presse (n=4024) FRÉQUENCE D’ACHAT sur la base des personnes s’étant rendues dans un des points de vente de presse au cours des 12 derniers mois. 28 % 18 % 12 % 14 % 9 % 3 % 12 % 26 % 26 % 33 % 35 % 7 % De 10 à 20 mn ++ Villes de PRiQs ȷ KDEiWDQWs 37 % De 20 à 30 mn Plus de 30 mn Ne sait pas


Décryptage CONNAÎTRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE | 17 Les acheteurs de presse sont souvent fidèles. Ils sont ainsi 58 % à déclarer aller le plus souvent dans le même point de vente de presse. Et une fréquence d’achat élevée va souvent de pair avec un point de vente qu’on a l’habitude de fréquenter. 58 % 73 % Un magazine de jeux 0RWVFURLVpV0RWVÁpFKpV6XGRNXV« Un quotidien régional (2uesW)UDQFe, 6ud 2uesW, /D VRi[ du 1RUd« Un magazine TV (7plp 7 -RuUs 7plp 6WDU 7plp=« Un autre type de magazine FRPPHODSUHVVHVFLHQWLÀTXHFXOLQDLUHPDLVRQ MDUGLQDJHVDQWpSHRSOH« Un magazine de presse féminine ((lle 0DUie &lDiUe VRJue 0D[i« Un quotidien national (/e 0RQde/e )iJDUR/iEpUDWiRQ l(Tuipe /eâ3DUisieQ$uMRuUdKui eQ)UDQFe« Un magazine d'information (3DUis 0DWFK/2Es/e 3RiQW &RuUUieU ,QWeUQDWiRQDl« Un magazine de presse sportive ou automobile ()UDQFe )RRWEDll $uWR 3lus $uWR 0RWR ...) Un hebdomadaire régional Un magazine économique (&DpiWDl &KDlleQJes $lWeUQDWiYes (FRQRPiTues« De la presse jeunesse ($sWUDpi -DiPe /iUe 6FieQFe Yie -uQiRU« 28 % 26 % 26 % 24 % 20 % 18 % 15 % 12 % 10 % 8 % 7 % TYPES DE TITRES ACHETÉS EN POINTS DE VENTE %DVHDFKHWHXUVGHSUHVVHGDQVGHVSRLQWVGHYHQWH'0 Q  HABITUDES DANS LE POINT DE VENTE Base visiteurs de points de vente presse (n=4024) SELON LA FRÉQUENCE D’ACHAT Vous allez le plus souvent dans le même point de vente de presse Vous n’avez pas de point de vente habituel, vous changez selon les situations, les opportunités Visiteurs non-acheteurs (n=818) Acheteurs ponctuels 26 % Acheteurs occasionnels 26 % Acheteurs hebdomadaires 12 % 39 % 53 % 70 % 82 % 88 % 61 % 47 % 30 % 18 % 12 % Près de trois quarts des clients des points de vente de magazines journaux presse achètent un magazine, et 40 % des journaux. Les magazines de jeux, les quotidiens régionaux et les magazines TV sont les types de titres achetés au numéro par le plus de personnes. Vous n’avez pas de point de vente habituel, vous changez selon les situations, les opportunités ++ &63+ ffl 7% ++ ,') ffl 5 % Vous allez le plus souvent dans le même point de vente de presse ++ 5 DQs eW plus ffl  % 42 % 58 % Acheteurs quasi-quotidiens 3 %


CONNAÎTRE Décryptage 18 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 L’achat de titres de presse est le plus souvent un achat prémédité : près de la moitié des répondants savent « souvent » précisément quel titre ils souhaitent acheter avant d’entrer dans un magasin. Mais ils peuvent succomber à un achat d'impulsion de manière occasionnelle. UN ACHAT PRÉMÉDITÉ… ET DE L’IMPULSION 46 % COMPORTEMENT DANS UN POINT DE VENTE %DVHDFKHWHXUVGHSUHVVHGDQVGHVSRLQWVGHYHQWH'0 Q  Savoir précisément quel(s) titre(s) je vais acheter en entrant dans le point de vente Savoir quelle catégorie de titre je cherche VDQVVDYRLUSUpFLVpPHQWTXHOWLWUH )HXLOOHWHUGLɽpUHQWVWLWUHVGDQVOHSRLQW de vente avant de me décider Entrer dans le magasin sans savoir ce que je vais acheter, en voulant regarder si TXHOTXHFKRVHPHWHQWH Acheter un titre que je n'avais pas prévu d'acheter Entrer dans un point de vente sans avoir l'intention d'acheter de la presse et ÀQDOHPHQWDFKHWHUXQWLWUH 46 % 33 % 16 % 95 % Achat prémédité Achat d’impulsion 79 % souvent ou de temps en temps 64 % 56 % 56 % 55 % 49 % Souvent De temps en temps Rarement ++ ­ uQ pRiQW de YeQWe KDEiWuel 5 %  1·D pDs de pRiQW de YeQWe KDEiWuel 3fl % ++ ­ uQ pRiQW de YeQWe KDEiWuel  %  1·D pDs de pRiQW de YeQWe KDEiWuel 9 % Pour la majorité, l’achat en point de vente répond avant tout à une offre éditoriale qui attire. Le plaisir de se rendre dans un magasin, de feuilleter des titres et d’avoir un contact avec un marchand est également une source de motivation importante (42 % des sondés). L’opportunité dessinée par un contexte inhabituellement favorable est également un moteur de visite important. 50 % LES MOTEURS DE L’ACHAT EN POINT DE VENTE %DVHDFKHWHXUVGHSUHVVHGDQVGHVSRLQWVGHYHQWH'0 Q  Le numéro traite d'un sujet qui vous intéresse Contrairement à d'habitude, l'envie et le contexte s'y prêtent YDFDQFHVYR\DJHVWUDQVSRUWV« Pour le plaisir de se rendre dans un point de vente pour UHJDUGHUIHXLOOHWHUGLɽpUHQWVPDJD]LQHV Pour avoir un contact humain avec un marchand de presse Pour essayer, découvrir un titre TXHYRXVQDYH]SDV l'habitude de lire 3RXURɽULURFFDVLRQQHOOHPHQWXQWLWUH à un proche (enfant, etc...) Pour tester un magazine ou un journal avant de s'abonner Parce que vous avez vu ou entendu une publicité sur ce titre UDGLRWYDɾFKDJHUpVHDX[VRFLDX[« Pour partager le numéro avec d'autres personnes, lors d'un voyage ou d'une rencontre avec des amis 50 % ++ 60 ans et plus 58 % 31 % 'HjDQV 29 % 'HjDQV 23 % DQVHWSOXV 18 % 0RLQVGHDQV 17 % 'HjDQV 14 % ++ 60 ans et plus 16 % 14 % 0RLQVGHDQV 13 % 0RLQVGHDQV % Total qui le font 30 % 34 % 21 % 86 % 18 % 38 % 25 % 81 % 15 % 41 % 25 % 81 % 11 % 44 % 32 % 87 % 11 % 38 % 30 % 79 %


Décryptage CONNAÎTRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |19 Interrogés sur leur dernière visite à un point de vente, un tiers des visiteurs avaient prévu d’acheter de la presse et la grande majorité a finalement effectivement acheté un titre. 34 % DÉROULEMENT DE LA DERNIÈRE VISITE Base visiteurs de points de vente presse (n=4024) Ce que les visiteurs avaient prévu d’acheter en rentrant dans ce point de vente. % de visiteurs ayant finalement acheté de la pres se selon leur intention. 54 % des visiteurs ont acheté un titre de pres se lors de leur der nière visite. Les chif fres en ver t foncé indiquent comment ces 54 % se décomposent. % de visiteurs qui ont finalement acheté autre chose que de la presse. % de visiteurs qui n'ont finalement rien acheté. â de la presse (journal ou magazine) de la presse autre chose rien Finalement, ils ont acheté… 1,5 titre acheté en moyenne 14 % 8 % 12 % de la presse 2 titres achetés en moyenne autre chose rien /HVUDLVRQVGHQ·DYRLUSDVDFKHWpȷffl 29 % Le point de vente ne proposait pas le numéro recherché 43 % N’ont pas trouvé de titre qui les intéressaient 16 % Le point de vente était mal organisé, ne donnait pas envie 7 % 19 % 5 % Finalement, ils ont acheté… â n’avaient pas prévu d’acheter quelque chose â autre chose que de la presse le titre prévu un titre de presse un titre de presse 1,4 titre acheté en moyenne 1,7 titre acheté en moyenne 1,6 titre acheté en moyenne Finalement, ils ont acheté… 24 % 2 % un autre titre 6 % Savaient précisément quel titre ils voulaient acheter Savaient précisément le type de le presse mais pas le titre Ne savaient pas précisément ce qu’ils voulaient 26 % 7 % 1 % 1 % RQWÀQDOHPHQWDFKHWp autre chose que de la presse ou rien (alors qu’ils avaient prévu d'en acheter) 2 % Lors de leur dernière visite dans un point de vente de presse, les visiteurs avaient l’intention d’acheter…


CONNAÎTRE Décryptage 20 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 SATISFACTION GLOBALE À PROPOS DE L'EXPÉRIENCE DES POINTS DE VENTE sur une échelle de 0 à 10 %DVHDFKHWHXUVGHSUHVVHGDQVGHVSRLQWVGHYHQWH'0 Q  13 % 18 % 32 % 19 % 8 % 9 % Un rayon presse d’une enseigne culturelle (n=1289) Un magasin indépendant (n=2280) Enseigne de presse franchisée Q  Un kiosque à journaux Q  7,8 7,6 7,5 7,5 11 % 19 % 30 % 19 % 10 % 11 % 14 % 16 % 27 % 19 % 10 % 13 % 14 % 16 % 27 % 19 % 10 % 13 % Un rayon presse d’une GSA Q fl 7,3 12 % 17 % 27 % 18 % 12 % 13 % Avec une note moyenne de 7,3, les points de vente de presse sont bien appréciés des visiteurs de points de vente, encore davantage des acheteurs (note de 7,6) puisque seuls deux sur dix en sont mécontents (note inférieure à 7). La satisfaction est en revanche très corrélée à la fréquence d’achat : plus les acheteurs sont réguliers, plus ils sont satisfaits de leur expérience en point de vente. Chez les acheteurs quotidiens, la moitié a attribué une note entre 9 et 10. DES COMMERCES APPRÉCIÉS 7,6 Les magasins indépendants (note de 7,8) et les enseignes d e p r e s s e s p é c i a l i s é e s (note de 7,6) recueillent les meilleures appréciations. Les rayons presse des super ou hypermarchés sont tendanciellement les moins appréciés des lecteurs. 7,8 SATISFACTION GLOBALE POUR CHAQUE TYPE DE POINT DE VENTE FRÉQUENTÉ sur une échelle de 0 à 10 %DVHDFKHWHXUVGHSUHVVHGDQVGHVSRLQWVGHYHQWH'0 Q  Les acheteurs hebdomadaires 8 /10 18 % 21 % 29 % 14 % 8 % 8 % 12 % Les acheteurs ponctuels 7,4 /10 24 % 9 % 11 % 31 % 25 % 10 % 24 % 20 % 9-10 51 % 8-10 Les acheteurs occasionnels 7,6 /10 11 % 15 % 34 % 22 % 10 % 8 % 60 % 8-10 26 % Les acheteurs quasi-quotidiens 8,5 /10 28 % 24 % 26 % 14 % 52 % 9-10 78 % 8-10 3 % 3 % 4 % 10 9 8 7 6 0-5


Décryptage CONNAÎTRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |21 De manière générale, les a c h e t e u r s s o n t p l u t ô t satisfaits sur l’ensemble des items de la satisfaction détaillée. La sélection de titres est la dimension la plus clivante entre les personnes satisfaites est insatisfaites, illustrant le sentiment d’une partie de la clientèle de ne pas se retrouver dans l’offre proposée. Ils sont 89 % à être satisfaits de la diversité des titres proposés, ou de la quantité d’exemplaires disponibles par titre. 89 % Pas du tout satisfait Plutôt pas Plutôt Très satisfait La proximité du point de vente de presse par rapport au domicile / travail La diversité de choix des titres proposés La facilité pour se repérer dans le rayon La présentation des couvertures, leur visibilité La quantité d'exemplaires disponibles par titre La quantité de nouveautés L'intérêt des titres proposés La proposition d'une sélection de titres qui correspond à vos goûts 3 % 1 % 2 % 2 % 1 % 2 % 1 % 1 % 13 % 10 % 12 % 10 % 9 % 11 % 9 % 11 % 52 % 58 % 56 % 59 % 61 % 60 % 63 % 61 % 32 % 31 % 30 % 29 % 28 % 27 % 26 % 26 % 84 % 89 % 86 % 88 % 89 % 87 % 89 % 87 % ST Satisfait SATISFACTION DÉTAILLÉE DE L’ENSEMBLE DES POINTS DE VENTE %DVHDFKHWHXUVGHSUHVVHGDQVGHVSRLQWVGHYHQWH'0 Q  Selon la typologie de magasins, les attentes des clients évoluent. Globalement, lorsque le problème du nombre de titre est pointé du doigt, c’est souvent pour regretter qu’il n’y en ait pas plus. Notamment dans les kiosques à journaux et les magasins indépendants (où 63 % des acheteurs regrettent de ne pas trouver plus de titres). 63 % SATISFACTION DE LA QUANTITÉ DE TITRES PAR POINT DE VENTE %DVHLQVDWLVIDLWVGHODTXDQWLWpGHWLWUHVHQSRLQWGHYHQWH Un rayon presse d’une enseigne culturelle Q  Un magasin indépendant (n=592) Enseigne de presse franchisée (n=592) Un kiosque à journaux Q  37 % 35 % 29 % 19 % Un rayon presse d’un hyper ou un super marché (n=651) 35 % 46 % 39 % 45 % 37 % 45 % 54 % 61 % 55 % 63 % 55 % Il n'y a pas suffisamment de titres Il y a trop de titres Taux de personnes étant insatisfaits de la quantité de titres disponibles en rayon dans ces enseignes


CONNAÎTRE Décryptage 22 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 ÉVALUATION DE L’OFFRE DE TITRES DE PRESSE PROPOSÉE Base visiteurs de points de vente presse (n=4024) La quasi-totalité des visiteurs de points de vente se disent satisfaits de l’offre de titres proposée dans les points de vente, dont plus d’un quart très satisfaits. L’ENJEU DU RÉASSORT 87 % 48 % Lorsque les visiteurs de point presse recherchent un titre précis, près de la moitié peut rencontrer des indisponibilités. Cela est particulièrement vrai pour les acheteurs de presse scientifique, culinaire, m a i s o n e t d é c o r a t i o n , jardinage, santé, et people. Dans ce contexte, près d’un tiers des visiteurs est potentiellement intéressé par la possibilité de commander un titre. Mais, parmi ceux ayant tenté l’expérience, deux répondants sur cinq n’ont pas réussi à obtenir ce qu’ils souhaitaient. 31 % SUCCÈS À TROUVER UN TITRE PRÉCIS Base « recherchent des titres précis » (n=2598) Oui et j'ai pu obtenir mon titre après la commande de mon marchand Oui mais cela n'a pas fonctionné malgré la commande de mon marchand Oui j'ai demandé au marchand mais il m'a répondu que ce n'était pas possible Non car je ne savais pas que cela était possible Non car je ne veux pas attendre et/ou repasser un autre jour 48 % rencontrent parfois des indisponibilités ++ Acheteurs d’autres types de magazines comme la presse scientiÀTue culinaire maison Mardinage santp People… 58 % 52 % 45 % 3 % En cas d’indisponibilité du titre recherché, avez-vous déjà demandé à votre marchand de presse de YRXVOHFRPPDQGHUȷ" 31 % seraient potentiellement intéressés par le réassort 2EWLHQQHQWÀQDOHPHQW ce qu’ils veulent 12 % 7 % 5 % 7 % 17 % 39 % 61 % Dans ce cas… Très satisfaisant, je trouve toujours un titre TXLFRUUHVSRQGjPHV goûts Assez satisfaisant, je WURXYHVRXYHQWXQWLWUHTXL correspond à mes goûts Peu satisfaisant, je trouve rarement un titre TXLFRUUHVSRQGjJR€WV Insatisfaisant, je ne WURXYHMDPDLVXQWLWUHTXL correspond à mes goûts 2 % 27 % 60 % 11 % Je rencontre souvent des indisponibilités (ou ruptures) sur le titre recherché Je rencontre quelquefois des indisponibilités (ou ruptures) sur le titre recherché Je trouve toujours le titre que je suis venu chercher Les acheteurs hebdomadaires 62 % Les acheteurs ponctuels 50 % Les acheteurs occasionnels 51 % Les acheteurs quasi-quotidiens 72 % N’obtiennent pas ce qu’ils veulent


Décryptage CONNAÎTRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |23 0e7+2'2/2*,(ȷffl Étude réalisée en deux temps, d’abord en phase de cadrage SDULQWHUURJDWLRQSDUWpOpSKRQHGHȷLQGLYLGXVUHSUpVHQWDWLIVGHODSRSXODWLRQ IUDQoDLVHSXLVSDULQWHUURJDWLRQGHȷYLVLWHXUVGHSRLQWVGHYHQWHSUHVVH UHSUpVHQWDWLIVGHFHWWHFLEOHVHORQGHVFULWqUHVLGHQWLÀpVGDQVODSKDVHGHFDGUDJH Le rayon/présentoir 39 % Un meilleur repérage au sein du rayon YisiEiliWpFlDUWp pUpseQWDWiRQ 32 % Plus de mise en avant QRuYeDuWpsDFWuDliWpsDuWeuU FRup de F±uU 7 % RECOMMANDATIONS EN SPONTANÉE Base visiteurs ayant fait une recommandation Q fl VRLWG·HQWUHHX[ RAISONS DE NE PAS ACHETER EN POINT DE VENTE PRESSE %DVHȷffl9LVLWHXUVGHSRLQWGHYHQWHTXLQ·RQWSDVDFKHWp Q flfl ²GHVYLVLWHXUVGHSRLQWVGHYHQWHSUHVVH Plusieurs raisons de ne pas acheter pouvaient être sélectionnées. Les visiteurs de points de vente qui n’ont pas acheté de presse l’expliquent par un coût à l’unité trop élevé (31 % des sondés) et à des habitudes d’accès à la presse qui s’éloignent de ce type de pratique (numérique, abonnement). En revanche, la qualité de l’offre en point de vente ou la distance des points de vente sont rarement évoquées pour justifier de ne pas acheter de titre à l’unité. (7&(8;48,1·$&+Ë7(173$6ȷ" 31 % Le coût à l'unité est trop élevé Je n'ai pas envie de m'encombrer avec du papier Je préfère lire en format numérique J'essaie de limiter ma consommation de papier Je lis uniquement de la presse gratuite Je n'ai pas envie de me déplacer pour avoir accès à un titre Je m'abonne uniquement aux titres qui m'intéressent C'est trop loin de mon domicile / de mon travail Les points de vente ne sont pas bien organisés pour y découvrir des titres /RɽUHGHWLWUHVHVWLQVXɾVDQWHSRXUPLQWpUHVVHU Il n'y a pas les titres susceptibles de m'intéresser Autres ÉLÉMENTS INCITATIFS A L’ACHAT DE TITRES DE PRESSE Base visiteurs de points de vente presse (n=4024) Au premier rang des améliorations suggérées par les visiteurs pour les inciter à l’achat de presse, le fait de rendre les points de vente plus accueillants (63 % des sondés). Viennent ensuite l’organisation plus lisible (62 %) et la possibilité de commander un titre (nouveau ou ancien). DES PERSPECTIVES D’AMÉLIORATION 63 % Des points de vente plus accueillants où l'on se sent libre de feuilleter les titres Une organisation plus lisible du rayon Pouvoir commander un titre et le recevoir rapidement Pouvoir commander un ancien numéro Un point de vente plus proche de votre domicile et/ou travail Plus de nouveautés Un plus large choix de titres de presse La possibilité d'acheter d'autres produits (alimentaires, tabac…) De meilleurs conseils de la part du marchand 0RLQVGHWLWUHVSRXUXQHRɽUHSOXVFODLUH 26 % 25 % 24 % 23 % 21 % 19 % 18 % 17 % 16 % 14 % 37 % 37 % 38 % 39 % 32 % 38 % 36 % 32 % 32 % 29 % 63 % 62 % 62 % 62 % 53 % 58 % 54 % 49 % 48 % 43 % Oui, beaucoup Oui, un peu Oui 39 % Spontanément, beaucoup de demandes d’amélioration concernent l’organisation des rayons et des présentoirs. La structuration de l’offre f a i t é g a l e m e n t d é b a t : certains visiteurs désirant un enrichissement de celle-ci. 31 % 29 % 27 % 23 % 23 % 15 % 13 % 10 % 4 % 3 % 3 % 9 % /RɽUHSURGXLW 27 % Le choix FKRi[ diYeUsiWp sWRFNs 19 % Sélection proposée TuDliWp des PDJD]iQes 9 % Autres types de produits presse demandés 2 % Autres types de produits hors presse 2 % L'expérience en point de vente 22 % L'ambiance 8 % Le personnel $WWiWudeFRQseils 7 % La proximité, accessibilité 5 % La caisse PRiQs d·DWWeQWes PR\eQs de pDiePeQW 2 % Le prix 17 % pUi[ PRiQs pleYps pURPRWiRQsQuPpURs JUDWuiWsFDdeDu[RɽUes dpFRuYeUWe Des services additionnels 7 % diYeUsiÀFDWiRQ des RɽUes eW pURduiWs QuPpUiTues


AGENCER Reportage 24 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 AGENCER Après un premier commerce acheté il y a sept ans, Olivier et Sylvie Place ont relancé en juin dernier la Librairie du Village. Après une longue attente, mais avec une forte envie.


Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |25 Un commerce Reportage AGENCER voir plus de 530 clients débarquer le jour de l’ouverture et faire une belle fête pour l’inauguration officielle en juin avec quelque 250 personnes devant le magasin donne une force extraordinaire ». Un métier « magique » Sylvie et Olivier Place portent ce projet avec leur fils qu’ils viennent d’embaucher, un salarié qui vient le lundi et un alternant dédié à la librairie. Au global, ils ont consenti à un investissement de 500 000 euros, le finançant grâce à un apport personnel, un emprunt bancaire, une subvention de la région Île-de-France à hauteur de 40 000 euros et 15 000 de prêt d’honneur. Ce n’est pas leur premier magasin. Il y a sept ans, Sylvie Place, qui était secrétaire médicale à l’hôpital intercommunal dans un service d’oncologie, avait envie de changer de vie. En apprenant que le Magpresse local de 45 m2 était en vente, elle a fait part à son mari de son envie de se lancer. Lui venait de quitter la société Flammarion après y avoir été directeur de librairie à Beaubourg et à la Hune la librairie historique de Saint-Germain-des-Prés. Ils se lancent et font du magasin un lieu de vie. Très rapidement, ils ont cependant eu envie de plus grand afin de « pouvoir retrouver le plaisir de faire ce métier magique de libraire. Un métier de passeur », confie Olivier Place. L’aventure de la Librairie du Village se présente à eux alors que la librairie historique de Créteil fermait et que le magasin de confection Victoria était à vendre. DAVID MEDIONI DOMINIQUE MAITRE P énétrer dans la Librairie du village dans une petite rue piétonne et commerçante de Créteil, préfecture du Valde-Marne où se côtoient des logements cossus et des tours, donne le sentiment d’investir un lieu dans lequel l’écrit sous toutes ses formes est à sa place et est célébré. La boutique est neuve. Olivier et Sylvie Place l’ont ouverte en mai 2022 après une longue attente, quelques travaux, et une très forte envie. « Nous devions laisser notre bail du magasin précédent et aligner les planètes. Les choses ont pris plus de temps que prévu, et par moments le découragement nous a gagnés », raconte Olivier Place. Et d’ajouter : « nous avons persévéré, et À SA PLACE EN PLEIN CENTRE DE CRÉTEIL, OLIVIER ET SYLVIE PLACE ONT DÉCIDÉ DE RELANCER UNE LIBRAIRIE-PRESSE DE QUARTIER AVEC CONVICTION, ENTHOUSIASME ET PROFESSIONNALISME.


AGENCER Reportage 26 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023


Reportage AGENCER Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |27 La librairie en majesté « Nous avons désormais 120 m2 et souhaitons passer à moyen terme de 2 500 à 10 000 références de livres. Avec un rayon littérature digne de ce nom, une grande table des nouveautés, des mangas, des livres jeunesse, de sciences humaines, loisirs, pratique, sans oublier la bande dessinée », détaille le libraire, qui participera à l’édition 2024 du Prix des lecteurs Culture Presse / Le Livre de Poche. Une surface plus spacieuse également, propice aux rencontres. « Nous avons insonorisé l’espace pour pouvoir accueillir des auteurs dans les meilleures conditions », explique Olivier Place. Et de confier : « auparavant nous faisions cela de façon artisanale avec de la bonne humeur… nous allons garder la bonne humeur mais tout gérer de manière plus optimale ». L’homme fourmille d’idées et a le sens de la formule. « Notre magasin est un lieu où l’écrit est roi et où il est choyé », souligne ainsi celui qui est également adjoint au maire de Créteil, Laurent Cathala, en charge de la démocratie locale et des anciens combattants. « Cela fait partie de ma vie. Je suis né et je vis à Créteil. Mon rôle de libraire est aussi un engagement pour donner accès à tous à la culture et à la beauté de la littérature », assure-t-il en racontant la façon dont les classes de tous les quartiers de la ville sont reçues à la Librairie du village. La presse conservée L’écrit de la librairie, et de la littérature donc, mais aussi l’écrit de la presse. « C’est un marché très compliqué qui baisse d’environ 10 % par an, mais je crois qu’il est nécessaire de conserver un véritable rayon presse. Cela pour rendre “ Je crois qu'il est nécessaire de conserver un véritable rayon presse. ” Olivier Place 'DQVVRQORFDOÁDPEDQWQHXIOHPDJDVLQVRXKDLWHSDVVHUjPR\HQWHUPHGHȷjȷUpIpUHQFHVGHOLYUHVVXUVHVPæ


AGENCER Reportage 28 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 et la papeterie », analyse Olivier Place. Pour cela le couple se dote aussi des moyens les plus modernes, puisqu’il vient de confier à un prestataire la gestion du référencement Google, de l’animation des réseaux sociaux et du marketing digital avec notamment la création de formats vidéo. « Comme cela, j’ai le temps de lire et de conseiller de bons livres à mes clients », sourit le marchand que l’on peine à quitter tellement le bon accueil et la sensation de bien-être sont caractéristiques du lieu. Prendre place, donc dans la Librairie du village. vie grâce, par exemple, à la mise en place d’un club de lecture et de rencontres régulières avec des auteurs. Des plus connus comme François Hollande, Christophe André, aux plus prometteurs comme Yoann Iacono, « auteur d’un premier roman magistral qui viendra ici pour son deuxième livre », détaille encore Olivier Place. Qui dit plus de place dit aussi une ambition affichée de faire croître l’activité. « L’objectif est de doubler voire tripler le chiffre d’affaires global du magasin avec une forte traction sur la librairie, les cadeaux service aux clients, mais aussi parce que la presse est une part de notre vie démocratique », confie encore Olivier Place. Tout en s’interrogeant sur le renouvellement nécessaire de l’offre des titres, de son public, et l’avenir du média. La défense de l’écrit se fait aussi via la mise en avant d’un rayon papeterie bien achalandé, dans lequel se mêlent les articles traditionnels et les objets qui donnent envie de faire des cadeaux aux aficionados des beaux objets d’écriture. Dans ce nouvel espace où la circulation est aisée et où les livres comme la presse sont bien mis en valeur, Olivier et Sylvie Place ont pour ambition de créer de la $XGHOjGHODVHXOHOLEUDLULHOHSRLQWGHYHQWHSURSRVHGHOD presse, de la papeterie, de la carterie, des objets et cadeaux.


Reportage AGENCER Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |29 SITUATI N La Librairie du Village 35, rue du Général Leclerc 94000 Créteil Fiche d’identité SURFACE DE L’ESPACE DE VENTE 123 m2 ACTIVITÉS HORS-PRESSE librairie, carterie, papeterie, photocopie, cadeaux, FDJ, services. CONTACT 6\OYLHHW2OLYLHU3ODFH²fl NB DE TITRES  e48,3(ȷffl5 &$,66(6ȷffl(LIBRISOFT) COMMISSIONS PRESSE ½ CA LIBRAIRIE ½ PANIER MOYEN 9 € MÈTRES LINÉAIRES DÉVELOPPÉS :160 HORAIRES De flK à ffiK du mardi au samedi, le lundi de flK à K puis K à ffiK, le dimanche deflK à K. NB DE CLIENTS  /jour environ DATE DE REPRISE  FDJ ½ environ CA PAPETERIE ffi½ NB DE RÉFÉRENCES LIBRAIRIE 


La Française des Jeux - 315 065 292 RCS Nanterre – 2023 - © Gettyimages. FDJ_2304_UNIONPRESSE_210x280.indd 1 09/03/2023 16:15


Demander. Vérifier. Protéger. En refusant de servir des mineurs, mêmes accompagnés, vous les préservez d’une potentielle addiction au jeu. Continuons d’agir ensemble. Découvrez conseils, outils et formations mis en place par FDJ pour vous aider sur professionjeux.com. FDJ_2304_UNIONPRESSE_210x280.indd 2 09/03/2023 16:15


VENDRE FOCUS Presse 32 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 UN POUR TOUS, TOUS POUR LES CONSOMMATEURS PLUSIEURS TITRES DE PRESSE S’EMPLOIENT DEPUIS DE NOMBREUSES ANNÉES À ÊTRE AU SERVICE DES CONSOMMATEURS. DANS UN CONTEXTE D’INFLATION GALOPANTE, CES DERNIERS GARDENT UNE PLACE DE CHOIX DANS LES POINTS DE VENTE. THOMAS FAIDHERBE E lle est la grande préoccupation de nos concitoyens : la baisse du pouvoir d’achat est citée comme une source d’inquiétude par 44 % des Français (source Aéma Groupe / IFOP). Dans ce contexte difficile, de nombreux lecteurs recherchent des solutions pour sortir la tête de l’eau. Des revues spécialisées, accompagnées d’économistes, d’ingénieurs, de juristes et de documentalistes essaient à leur échelle de proposer une information libre, sans publicité, au sein du segment de la presse consumériste. Indépendance et expertise Créé en 1961, au sein de l’association des consommateurs à but non lucratif UFC-Que Choisir, le magazine Que Choisir se positionne comme l’acteur dominant de cette famille de presse. Le titre généraliste « est au service des consommateurs pour les alerter et les informer », souligne Laurence Rossilhol, directrice du marketing et de la diversification d’UFC-Que Choisir. Côté ligne éditoriale, l’indépendance et l’expertise sont de mise, et tous les essais comparatifs de produits sont organisés par une cellule interne constituée d’ingénieurs. Le titre sans publicité, qui n’est pas certifié par l’ACPM-OJD, revendique 420 000 lecteurs. Le tout, en ayant fait le choix de ne pas être diffusé sur les kiosques numériques. Face à lui, 60 millions de consommateurs, édité par l’Institut national de la consommation (INC), fait figure de figure fraternelle. Fondé en 1970, le titre dont l’objectif premier est « d’informer, éduquer, défendre et protéger les consommateurs » selon son éditeur, enregistre une diffusion de quelque 180 000 exemplaires, dont 90 000 mis en place dans le réseau presse. Lui aussi sans publicité, le magazine mène ses tests de façon anonyme. Un difficile partage de gâteau L e s t h é m a t i q u e s a u to u r d e l a consommation sont présentes dans bon nombre de magazines, mais l’entrée de nouveaux titres sur le segment de la presse consumériste est ardue. En mars 2021, les Éditions Larivière lançaient ainsi Kali, finalement arrêté après cinq numéros. Malgré l’explosion des coûts de production et fabrication, notamment les prix du papier, 60 millions de consommateurs et Que Choisir peuvent se targuer de ne pas avoir augmenté leur prix de vente, fixé à 4,80 euros… et de garder une solide base de lecteurs. Face aux difficultés de la presse écrite, les deux titres ajustent logiquement leur stratégie. « Nous avons vu nos coûts exploser et nos recettes diminuer. On réfléchit à différentes solutions pour stabiliser l’ensemble de notre équilibre économique », explique Laurence Rossilhol, tout en assurant que les ventes dans le réseau presse ne sont pas remises en question, même si les services ont été « rationalisés ». Le constat est similaire à l’INC. « Naturellement, nous avons adapté notre politique de réglage et servons désormais moins d’exemplaires », indique Sylvie Metzelard, rédactrice en chef de 60 millions de consommateurs. Des scoops percutants Côté éditorial, la confrontation entre ces deux acteurs du segment amène les deux titres à publier des scoops de plus en plus percutants. « On se bat pour le consommateur. Tant qu’on pourra faire bouger les choses, nous continuerons à le faire », assure Sylvie Metzelard. Ces dernières années, 60 millions de consommateurs a par exemple révélé la présence de résidus toxiques dans les protections périodiques, tandis que les “ On se bat pour le consommateur. Tant qu'on pourra faire bouger les choses, nous continuerons à le faire.” Sylvie Metzelard


FOCUS Presse VENDRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE | 33 L’éditeur a par exemple publié en juin dernier, pour la première fois, un cahier de vacances sur la consommation. Exit le format qui rappelle les pires heures de notre enfance, et place à un produit donnant l’occasion d’apprendre à consommer mieux tout en s'amusant. Le magazine publie aussi deux « mooks » par an. Un renouvellement essentiel À l’image de son hors-série estival, 60 millions de consommateurs n’entend pas se reposer sur ses lauriers. « Après 50 ans d’existence, le renouvellement est important. Notre volonté est à la fois de créer des produits nouveaux, mais aussi d’incarner une nouvelle image pour notre titre », explique la rédactrice en chef. Le magazine, qui n’a de cesse de proposer de nouvelles thématiques et de mettre au goût du jour ses titres, s’emploie à transformer sa gamme « sérieuse mais un peu stricte ». En 2023, l’INC va ainsi éditer pas moins de neuf hors-séries, PHOTOS : DR. dont cinq sur des thématiques inédites. À plus de 50 ans, 60 millions de consommateurs se décline ainsi via un guide fiscal annuel (vendu 6,90 euros sous la codification 14874), un mensuel (codification 13980, à 4,80 euros), des packs associant le mensuel et ses horsséries (9,90 euros sous la codification 15655). D’ici la fin de l’année, l’éditeur prévoit de surprendre son lectorat avec la sortie d’un rendez-vous trimestriel à destination des enfants âgés de 8 à 12 ans. Décidément bien installés, les titres de presse consumériste sont loin d’avoir dit leur dernier mot. constructeurs automobiles ont été épinglés par Que Choisir sur la réelle autonomie des batteries des véhicules électriques. Si le modèle économique de Que Choisir repose majoritairement sur l’abonnement, le titre ne délaisse pas les linéaires. Deux nouvelles déclinaisons ont ainsi été lancées : Que Choisir Argent (codification 12336, à 4,95 euros) autour des questions patrimoniales et budgétaires, et Que Choisir Pratique (codification 13463, à 6,95 euros) sur des sujets de vie quotidienne. Le titre compte aussi orienter sa ligne éditoriale autour des nouvelles tendances de consommation. « Pour nous, la vente au numéro permet d’avoir de la visibilité et d’attirer de nouveaux publics », résume Laurence Rossilhol. De son côté, 60 millions de consommateurs renforce sa présence dans le réseau. « La vente au numéro est capitale pour nous. Nous avons décidé de ne pas nous laisser abattre et d’être toujours plus présents chez les marchands de presse. L’idée, c’est de se dire qu’il faut capter de nouveaux publics », plaide Sylvie Metzelard.


VENDRE Le Brief 34 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 3 La date de relance 30 juin 2023 La périodicité Mensuel Le format 148 pages 210 x 270 mm Dos carré 4 La messagerie MLP La codifi cation 13404 2 L'éditeur VSD Publishing - Heroes Media Le tirage ȷH[HPSODLUHV L’assiette de distribution 16 800 points de vente LE BRIEF CHAQUE JOUR, VOUS RECEVEZ DES DIZAINES DE TITRES À DISPOSER DANS VOS LINÉAIRES. COMMENT Y VOIR PLUS CLAIRȷ" LE BRIEF VOUS PRÉSENTE CHAQUE MOIS UN TITRE EN DÉTAIL, POUR QUE VOUS PUISSIEZ LE CONSEILLER À VOS CLIENTS. CE MOIS-CI, LA NOUVELLE FORMULE DE VSD. 1 Le titre VSD Le slogan « Voir. Savoir. Découvrir » ̆˷̈ SARAH BENLOLO LA CIBLE Hommes et femmes, avec un cœur de cible de lecteurs de plus de 45 ans. LE CONCEPT Repris par Heroes Media, le mensuel VSD se dévoile dans une nouvelle formule. Une transformation « sans révolution » pour les « trois plus célèbres lettres de la presse française ». LE DÉTAIL EN PLUS Au programme de cette nouvelle formule côté forme, un nouveau logo, une nouvelle charte graphique, une nouvelle maquette sur 148 pages, et un nouveau papier. Côté contenu, de nouvelles signatures éditoriales et de nouvelles rubriques plus connectées, plus « concernantes », plus pratiques. Et un nouveau souffle incarné par une ligne éditoriale événementielle, réactive, informative, fédératrice. L’ENGAGEMENT L’éditeur mise sur le réseau pour réussir cette relance ambitieuse. Le premier numéro de cette nouvelle formule a été tiré à 150 000 exemplaires, mis en place chez 16 800 marchands. À positionner dans le linéaire des magazines d’actualité et « picture magazines ». 5,90 €


VENDRE Passage en revue 36 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 LA PRESSE SENIOR R̋˸̈˿̇̋˻ ˷̄˿̧̃˻ ̆˷̈ CHRISTINE MONFORT Notre Temps Santé & Bien-être Directrice des rédactions au groupe Bayard « Notre Temps Santé & Bien-être, lancé à la rentrée 2021, s’est imposé au-delà de nos espérances auprès d’un lectorat plus jeune et plus féminin que Notre Temps. Positionné autour de la santé, ce trimestriel (4,95 euros) a développé une sensibilité particulière autour du fait de prendre soin de soi. Un cahier central détachable développe le concept “One Earth, One Health”, selon lequel notre santé est liée à celle de notre planète, avec des astuces et un côté très hédoniste, qui incite à l’émerveillement et au calme. Trois nouvelles rubriques seront proposées dans le numéro de la rentrée : Bain de nature dans le cahier environnement, Coaching qui invitera à prendre de nouvelles habitudes (méditation…), et Droit de la santé, qui est une thématique importante mais jusqu’ici peu traitée par ailleurs. » 29 734*ex. De nouvelles rubriques à la rentrée Marie Auffret Notre Temps Directrice des rédactions au groupe Bayard « Notre Temps s’adresse à des seniors actifs, qui se projettent dans leur retraite ou s’y préparent mais ne sont pas en retrait de la société et que nous voulons inspirants. Les lecteurs sont à la recherche d’informations fiables sur le droit (succession, donations…), la santé et les loisirs. Les propositions sur la culture se sont renforcées. Ces derniers mois, du fait de l’actualité, la retraite est devenue plus présente. Nous avons publié un deuxième guide annuel sur le sujet en développant la partie “fin de carrière” et épanouissement personnel. Davantage de culture, à côté du droit et de la santé Marie Auffret un esprit résolument positif (*) Ventes individuelles. Source ACPM, PV 2022. La marque édite 45 publications par an entre les mensuels Notre Temps (4,30 euros) et Notre Temps Jeux, Santé & Bien-être et les hors-séries. En 2022, le chiffre d’affaires sur le réseau a augmenté de 10 %. Nous inaugurons fin août un hors-série champignons. » 77 488* ex.


Passage en revue VENDRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE | 37 Des solutions et des rendez-vous positifs Aline Perraudin Pleine Vie Directrice de la rédaction à Reworld Media « Pleine Vie s’adresse à des seniors actifs et connectés, retraités ou préretraités, soucieux de leur bien-être, de leur santé, de leurs droits et de leur pouvoir d’achat. C’est aussi un mensuel dans l’air du temps, qui a lancé en 2022 une rubrique dédiée aux aidants pour les jeunes seniors qui s’occupent de leurs parents. Il a aussi accueilli l’influenceuse beauté senior Nicole Tonnelle qui prodigue des conseils aux femmes de son âge. Depuis début 2023, de nouvelles thématiques vélo, respiration, yoga… ont été testées en couverture, avec de très bonnes ventes sur ces numéros. Le magazine (4,30 euros) publie aussi six hors-séries par an et des mooks. L’informatique facile pour senior fonctionne très bien sur ces formats car nos lecteurs ont besoin de pédagogie sur ces sujets. » 38 649*ex. De nouvelles thématiques dans l’air du temps Stéphanie Pic Plus de Pep’s Directrice de la rédaction à Uni-médias « Plus de Pep’s propose aux jeunes seniors et à un public plutôt féminin des solutions, des rendez-vous positifs pour s’évader, des pistes pour se faire plaisir et un art de vivre pour mettre de côté les tracas. Face à l’inflation, il donne des conseils de pouvoir d’achat. Depuis un an, le bimestriel (3,80 euros) a réintégré des sujets psycho sur la santé mentale et le relationnel. Nous maintenons le cahier jeux qui plaît et propose de bonnes activités pour faire travailler le cerveau et la mémoire et le grand dossier sur les droits au quotidien. Après une pause d’un an, un hors-série (4,90 euros) est sorti fin juin autour une thématique porteuse, le ventre. L’été est une période forte sur les ventes. Une belle offre avec un sac de plage (7,75 euros) sera proposée sur le numéro d’août. » 45 640*ex. Nouvelle ère Rédacteur en chef et directeur de la GLYHUVLÀFDWLRQpGLWRULDOHjNice-Matin « Nouvelle ère, lancé en octobre 2022, s’adresse et met en avant les plus de 50 ans CSP+ de la Côte d’Azur, encore actifs et dynamiques, qui veulent profiter de la vie sur un territoire où il se passe toujours quelque chose. Ce trimestriel premium de 100 pages, proposé en gratuitement comme supplément de Nice-Matin, a progressivement musclé son offre éditoriale. Chaque numéro comprend l’interview d’une personnalité – Christian Vadim pour le spécial Saint-Tropez paru en juillet autour de Bardot vue pas ses pairs –, des rubriques sur les artistes de cette tranche d’âge, les personnalités connues ou non qui ont un look particulier… Il propose aussi des idées de balades, des bonnes adresses. Le numéro d’octobre accueillera une rubrique liée au voyage. » n.c. Mettre en avant les plus 50 ans de la Côte d’Azur Christian Huault


VENDRE FOCUS Diversification 38 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 AVEC UN NOMBRE D’ENVOIS TOUJOURS PLUS ÉLEVÉ, LE COLIS EST UNE VALEUR SÛRE POUR GÉNÉRER DES REVENUS ET CRÉER DU TRAFIC EN MAGASIN. LES POINTS DE RETRAIT SOUFFRENT TOUTEFOIS DE L’ARRIVÉE D’UN NOUVEAU CONCURRENT, LE LOCKER… VRAIMENT SI REDOUTABLE ? TOUR D’HORIZON. C ’est un des rares secteurs qui ne cesse de grimper. En 2021, le nombre de colis distribués e n Fr a n c e a t t e i g n a i t 1,7 milliard en volume, soit près de 15 % de plus qu’en 2020. Une explosion due à l’avènement du e-commerce. La France est en effet le deuxième pays européen du e-commerce, derrière le Royaume-Uni et devant l’Allemagne, avec 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur ce segment. Si la livraison à domicile a le vent en poupe (78 % des e-consommateurs l’ont déjà utilisée), elle est talonnée par le retrait en point relais, déjà testé et approuvé par 71 % des e-acheteurs selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Un essor sur lequel le réseau des marchands de presse peut capitaliser. Il est en effet particulièrement plébiscité pour sa capillarité, son accessibilité, et sa grande amplitude horaire. Les commerces de presse sont également des lieux d’achat d’impulsion, qui se couplent bien avec l’activité de point colis. Les opérateurs ne manquent pas : Mondial Relay, Pickup, Relais Colis, et Colis Privé Store (ex-HoppStore), partenaire national de Culture Presse. Des volumes importants Jean-François Pinier, marchand de presse à Albi (Tarn), travaille par exemple avec Mondial Relay. « C’est un partenaire intéressant, qui a mis des choses en place pour simplifier les démarches, notamment via des QR codes ou son application. Tout est fait pour éviter les erreurs, réduire l’attente. Ainsi le client est plus satisfait et ça rejaillit sur nous », explique le commerçant. Son activité colis, il l’a démarrée en 2012 et a eu deux autres partenaires avant de travailler avec Mondial Relay… et de voir les volumes croître très sensiblement. « Environ 300 à 400 colis transitent dans mon magasin chaque jour, la moitié est de la réception, l’autre de l’envoi », expliquet-il ainsi. Corinne Zamora, marchande de presse à Urrugne (Pyrénées-Atlantiques), a elle aussi commencé son activité colis tôt, en 2011. Sur le seul mois de mai, elle a traité quelque 1 200 colis en dépôt, et 2 000 en réception. Les volumes peuvent donc être rapidement très conséquents. Une activité génératrice de flux Les acteurs du secteur rémunèrent les marchands aux colis traités, pour une somme comprise entre 15 et 40 centimes CLÉMENCE DURANTON l’unité. Un montant qui peut dépasser 1 euro dans le cas de colis lourds ou volumineux. Dans le cadre de son partenariat avec Culture Presse, Colis Privé Store assure une rémunération à 60 centimes par colis standard, sans conditions. « Nous percevons en moyenne entre 1 000 et 1 500 euros par mois pour cette seule activité. Mais, au-delà de cette seule rémunération, c’est surtout une activité génératrice de flux et de trafic dans le magasin », observe Jean-François Pinier. Le marchand d’Albi a d’ailleurs constaté que certains de ses habitués étaient entrés pour la première fois dans sa boutique suite à un dépôt de colis. « C’est un facteur de communication et de promotion des autres produits du magasin, pour peu qu’on travaille le parcours client », ajoute-t-il. « Clairement, l’activité fait entrer du LE COLIS FAIT UN CARTON


FOCUS Diversification VENDRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |39 monde dans le magasin. Sur dix personnes venues pour des colis, une ou deux font un achat, abonde Corinne Zamora. Mais toutes voient ce que nous proposons, et peuvent revenir pour nos produits plus tard ». L’espace, une question de taille L’activité est donc intéressante, mais elle implique des contraintes. À commencer par le temps et le personnel qu’il faut mobiliser. « L’activité nous demande une heure et demie à deux heures par jour pour la réception et le classement des colis dans notre réserve. Je ne peux pas me permettre de prendre quelqu’un à temps plein pour ça. On a un système de roulement dans l’équipe et j’ai un référent qui est au courant de l’historique s’il y a une réclamation, par exemple », détaille Jean-François Pinier. Autre souci, l’espace. « Il faut avoir de la place en réserve, au moins 5 à 10 m2 », prévient ainsi le marchand albigeois. Corinne Zamora, dont le stock atteint 300 colis, y dédie la quasi-totalité de sa réserve de 25 m2 … sans parler des périodes PHOTOS : DR. de fortes affluences, au moment des fêtes et des soldes. « À ces périodes, la réserve arrive vite à saturation, constate-t-elle. Nous avons dû être fermes sur la jauge que nous ne pouvions pas dépasser, sous peine de n’avoir même plus le temps de nous occuper de nos clients ». Et de prévenir : « être le dernier maillon face au client, c’est à double tranchant : s’il est satisfait, ça rejaillit sur le point de vente. Mais s’il y a un accroc, nous devons faire face aux mécontentements même quand nous ne sommes pas responsables du problème ». Les casiers, des concurrents encore imparfaits Si l’activité rayonne, elle a subi récemment l’arrivée d’un nouveau concurrent : le locker. Ces casiers tout droit venus des États-Unis, importés par Amazon, permettent aux clients de venir récupérer leur commande à toute heure du jour ou de la nuit. Amazon en a installé dans plus de 230 villes en France dans des zones de passages comme les gares ou les stationsservice. Et le lancement de Vinted Go, le locker de la plateforme Vinted, un des plus gros acteurs en termes de flux de colis, ne va pas ralentir la tendance. Avec ce système, Vinted permet à ses « Vintie » de déposer et de récupérer leurs colis tout en facilité… pour des frais d’expédition divisés par trois. « Ces casiers sont clairement un facteur de crispation », admet Jean-François Pinier en regrettant une « concurrence déloyale ». « Malgré les grandes amplitudes horaires de nos magasins, il faut bien qu’on dorme ! Il y a trois ans, nous multipliions par quatre notre commission sur l’activité colis au mois de décembre. Depuis, quatre ou cinq casiers ont été implantés sur la commune, et nous ne faisons plus que doubler notre commission en fin d’année. Cela a un peu cassé le rythme », analyse le commerçant d’Albi. Mais, pour l’instant, l’offre n’est en réalité pas totalement au point. Déjà, pour des raisons de sécurité et de législation, les casiers se retrouvent de plus en plus dans des commerces, avec eux aussi des horaires d’ouverture. Ensuite, le casier ne fait pas le poids face aux volumes à traiter : une fois sur deux, le vendeur se retrouve face à un locker plein et repart avec son carton sous le bras. Les Vinted Go n’étant pas encore très nombreux, il n’a pas de solution de repli à moins de parcourir plusieurs kilomètres. « Ils ne sont pas non plus adaptés aux grands formats, précise Corinne Zamora. Et puis tout est automatique, sans contact humain. Quand les clients viennent chez nous ils sont plus en confiance, ils ont un interlocuteur vers qui se tourner en cas de problème ou de réclamation, il y a au moins un échange ou un conseil ». La livraison en consigne représente pour l’instant 9 % du marché. Les marchands ont encore toutes leurs cartes à jouer. “ Au-delà de la seule rémunération, c’est surtout une activité génératrice de Áux et de traÀc dans le magasin.” Jean-François Pinier


VENDRE Livres à l'honneur 40 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 figure d’indispensable, regroupant toutes les informations utiles, les équipes, les joueurs, les statistiques… Il est accompagné d’une foule de livres pour parfaire sa connaissance du rugby : Le rugby pour les nuls (First), Rugby. Joueurs et clubs de légende (Sud Ouest), Les légendes du rugby (Larousse), Dictionnaire amoureux de l’Ovalie (Plon), Anthologie des Bleus (Solar), Au cœur de l’ovalie (Le Robert)… La bande dessinée, l’un des segments les plus dynamiques en librairie, s’intéresse aussi au ballon ovale. Trois titres sortent du lot. D’abord, Je serai rugbyman (Marabulles) d’Antoine Dupont, une autobiographie inspirante, dans laquelle le capitaine du XV de France se livre pour la première fois. Ensuite, un nouveau LA COUPE DU MONDE DE RUGBY EN FRANCE APPROCHE. EN LIBRAIRIE, LE MATCH A DÉJÀ COMMENCÉȷ FOCUS — LES SUCCÈS ANNONCÉS — LE POCHE DU MOIS tome des Rugbymen (Bamboo), une série drôle et déjà bien installée. Enfin, une réédition d’Astérix chez les Bretons (Albert René), complétée d’un dossier de seize pages. Et le rugby s’impose même au rayon des livres de cuisine ! Le XV passe à table (La Martinière), La grande mêlée, cuisine & rugby (Solar), XV à table, le festin de la Coupe du monde (Hachette Pratique)… Les plats du Sud-Ouest y apparaissent en majesté. Dans tous les cas, il faut ne pas négliger la dimension locale. La création d’un « corner » consacré au rugby paraît indispensable dans les fiefs des grands clubs : Toulouse, Dax, Toulon, Castres, mais aussi La Rochelle ou ClermontFerrand… Dans ces villes, il y a forcément des passionnés de rugby parmi les clients. C ’est l’un des grands événements sportifs du moment, en attendant les Jeux Olympiques de Paris, en 2024. La Coupe du monde de rugby se déroule en France du 8 septembre au 28 octobre. Plusieurs ouvrages sont déjà sortis, anticipant l’intérêt des lecteurs. Comme à chaque grand rendez-vous sportif, le Guide officiel (Solar) fait RUGBY, COUP D’ENVOI EN LIBRAIRIE GUILLAUME PAJOT LE RÉSEAU PRESSE EST UN ACTEUR SIGNIFICATIF DU MARCHÉ DU LIVRE. POUR SAVOIR QUELS OUVRAGES PROPOSER PARMI UNE OFFRE PLÉTHORIQUE, SUIVEZ LE GUIDE… Nos conseils pour lire et faire lire


À AVOIR EN RAYONS… Je serai rugbyman d’Antoine Dupont Antoine Dupont, 26 ans, est l’un des meilleurs joueurs de la planète. Le capitaine et demi de mêlée de l’équipe de France sera l’une des stars de la Coupe du monde de rugby. Dans cette bande dessinée, il se livre, pour la première fois, sur son parcours exceptionnel. Dès l’âge de six ans, le joueur a commencé à se forger un mental d’acier, indispensable pour surmonter les défaites et les blessures, et atteindre le niveau qui est le sien. Marabulles, 15,90 € ,6%1ȷffl 9782501163590 Sortie le 23 août 2023 &RQWDFWȷffl+DFKHWWH/'6ȷffl Gaël Fickou. Derrière l’armure de Gaël Fickou et Maxime Raulin Vice-capitaine des Bleus, Gaël Fickou est le joueur actuel du XV de France le plus capé. Il s’apprête à vivre, à 29 ans, sa troisième Coupe du monde. Cette autobiographie sans fard dévoile ses origines, un père sénégalais, une mère française, la seule de sa cité, à La Seyne-sur-Mer (Var). Gaël Fickou a grandi dans la tour de 16 étages d’un quartier populaire. « Sans le rugby, je ne serais pas sorti de ce monde-là », explique-t-il. Solar, 19,90 € ,6%1ȷffl 9782263181917 Disponible &RQWDFWȷffl,QWHUIRUXPȷfflffiffi Le rugby pour les nuls, édition Coupe du monde de François Duboisset et Frédéric Viard Cette nouvelle version du Rugby pour les nuls sort au format poche. Pour la Coupe du monde, le guide fait peau neuve afin d’expliquer à tous les règles, l’histoire, les grands événements et les figures majeures de ce sport. Quel est le palmarès actuel des Bleus ? Quelle est la règle du hors-jeu ? Comment tape-t-on un drop ? Une mine d’informations à conserver pendant les matchs, près de la télévision. First, 17,95 € ,6%1ȷfflffiflflffiflfl Sortie le 17 août 2023 &RQWDFWȷffl,QWHUIRUXPȷfflffiffi Coupe du monde de rugby 2023 : guide officiel Ouvrage collectif Chaque événement sportif a son Guide officiel et la Coupe du monde de rugby n’échappe évidemment pas à la règle. Dans cet ouvrage, les aficionados retrouveront le programme complet de la compétition, les entraîneurs et les joueurs clés des vingt équipes, une présentation des neuf stades français, tous les records et statistiques… Un ouvrage qui deviendra collector si la France l’emporte ! Marabout, 13,90 € ,6%1ȷffl 9782501178921 Disponible &RQWDFWȷffl+DFKHWWH/'6ȷffl Livres à l'honneur VENDRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |41


À AVOIR EN RAYONS… Boucherie Ovalie. Histoire du XV de France Ouvrage collectif La petite, la grande et la (parfois) très moyenne histoire du XV de France. Boucherie Ovalie est un site internet satirique consacré au rugby. Sa devise : « La vie est trop courte pour comprendre le rugby, alors autant en rigoler ». Vous l’aurez compris, ce livre est une encyclopédie « pas du tout exhaustive » mais très drôle : joueurs oubliés, raclées d’anthologie, anecdotes salées… Le rugby côté vestiaire. Marabout, 32 € ,6%1ȷffl 9782501180825 Sortie le 23 août 2023 &RQWDFWȷffl+DFKHWWH/'6ȷfflâ Dictionnaire amoureux de l’Ovalie de Daniel Herrero Ancien joueur de haut niveau, puis entraîneur de Toulon avec qui il remporte le titre de champion de France, Daniel Herrero est l’auteur de ce Dictionnaire amoureux, dans une collection désormais bien identifiée. Il nous fait visiter sa patrie de cœur : le rugby, qu’il préfère nommer « Ovalie », un territoire abstrait, aux règles strictes et complexes, un sport unique avec son langage et ses traditions propres ; tout un état d’esprit ! Plon, 26 € ,6%1ȷfflffiflffifl Disponible &RQWDFWȷffl,QWHUIRUXPȷfflffiffi Rugby. Joueurs et clubs de légende de Maryan Charruau et Antoine Tinel Ce livre illustré pose un regard empli de tendresse sur un rugby d’autrefois. Souvenirs et mythes se mêlent à la réalité du jeu : les heures glorieuses de Castres, de Toulouse, du Stade Français, de Narbonne… Enrichi par 500 documents d’époque, Joueurs et clubs de légende raconte l’histoire passionnante du rugby en France, des premiers pas en 1872 à nos jours. Sud Ouest, 20 € ,6%1ȷffl 9782817710082 Disponible &RQWDFWȷffl0pGLD'LɽXVLRQȷffl Anthologie des Bleus de Richard Escot Un livre pour tout savoir sur l’Équipe de France de rugby, qu’elle soit masculine ou féminine. Notre équipe nationale est une institution plus que centenaire, dont l’histoire est déjà légendaire : dix Grand Chelems dans le Tournoi des Six Nations, une rivalité avec les Anglais, une philosophie de jeu et un style reconnus (le French flair)… Un ouvrage richement illustré et réalisé en partenariat avec L’Equipe. Solar, 37 € ,6%1ȷffl 9782263180705 Disponible &RQWDFWȷffl,QWHUIRUXPȷfflffiffi VENDRE Livres à l'honneur 42 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023


À AVOIR EN RAYONS… Au cœur de l’ovalie de Philippe Spanghero, Médéric Gasquet-Cyrus et Arnaud Richard 150 mots, expressions et anecdotes de légende sur le rugby. De Walter Spanghero à Vincent Clerc, en passant par Marjorie Mayans, quinze personnalités racontent leur passion du ballon ovale : l’émotion des vestiaires, l’appréhension avant le coup d’envoi, l’euphorie de la conquête… Deux linguistes, Médéric Gasquet-Cyrus et Arnaud Richard, se joignent à la mêlée pour apporter leur expertise et nous livrer les secrets de ces mots et expressions. Le Robert, 18,90 € ,6%1ȷffl 9782321019091 6RUWLHOHDR€W &RQWDFWȷffl,QWHUIRUXPȷfflffiffi Le XV passe à table de Philippe Toinard Les assiettes favorites de 57 joueurs de l’équipe de France. Des internationaux, anciens ou actuels, dévoilent leurs recettes préférées – entrées, plats ou desserts – et délivrent d’authentiques souvenirs aussi touchants que gourmands. Dans cette « mêlée culinaire » : le magret de canard aux pommes de terre sautées, les quenelles lyonnaises, le tajine de poulet au citron, l’étonnant malva pudding… Il y en a pour tous les goûts. La Martinière, 39 € ,6%1ȷfflffiffi Sortie le 18 août 2023 &RQWDFWȷffl,QWHUIRUXPȷfflffiffi Les Rugbymen, tome 21. On est chez nous, alors G·HQWUpHRQMRXHFKH]HX[ȷ de Beka et Poupard Dans la lignée des Profs, cette série de bande dessinée d’humour s’est écoulée à trois millions d’exemplaires. Le nouveau volume des Rugbymen se déroule à Paillar, la ville aux rondspoints… ovales ! Un mystère intrigue les habitants. Les coqs officiels du XV de France disparaissent les uns après les autres. Il faut vite retrouver le coupable car la Coupe du monde approche… Bamboo, 11,90 € ,6%1ȷffl9782818997789 Sortie le 30 août 2023 &RQWDFWȷffl+DFKHWWH/'6ȷffl Astérix chez les Bretons, édition spéciale de René Goscinny et Albert Uderzo Cet album d’Astérix le Gaulois est réédité à l’occasion de la Coupe du monde ! Au programme, l’aventure qu’on connaît tous, dans une Bretagne survoltée, entre tournées de cervoise, sangliers (et Romains) retors, et matchs de rugby truqués par la potion magique ; mais également, un dossier de 16 pages pour tout savoir sur cette bande dessinée inoubliable, publiée en 1986. Les éditions Albert René, 10,50 € ,6%1ȷfflffifl Disponible &RQWDFWȷffl+DFKHWWH/'6ȷffl Livres à l'honneur VENDRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |43


VENDRE Livres à l'honneur 44 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 LE JURY DU PRIX MAISON DE LA PRESSE A TROUVÉ SON NOUVEAU LAURÉAT. U ne œuvre moderne et poignante ». L’heure des femmes, un beau roman d’Adèle Bréau publié aux éditions Jean-Claude Lattès, a conquis le jury du prix Maison de la Presse (Groupe Nap), et particulièrement sa présidente, l’écrivaine Tatiana de Rosnay (Elle s’appelait Sarah). Six ouvrages étaient finalistes, dont le best-seller Les femmes du bout du monde de Mélissa Da Costa, paru chez Albin Michel. Le prix Maison de la Presse récompense chaque année un roman en langue française à vocation grand public. Les deux précédents lauréats étaient Les ailes collées de Sophie de Baere (JC Lattès, 2022) et Le bureau des affaires occultes d’Eric Fouassier (Albin Michel, 2021). Des ouvrages qui fonctionnent bien dans le réseau de proximité ! Un récit ambitieux sur la condition féminine L’intrigue du lauréat 2023, L’heure des femmes, se déroule à Paris, en 1967. À l’aube de la cinquantaine, Menie Grégoire, mère de famille bourgeoise, est recrutée par la radio RTL, qui souhaite renouveler ses programmes. Son rôle ? Faire parler les auditrices. En quelques semaines, c’est la déferlante. Des femmes de la France entière se confient à « la dame de cœur ». Bientôt, à l’heure de la sieste, elles sont des millions à suivre son émission avec ferveur. La vie de Menie est totalement bouleversée. Cinquante ans plus tard, Esther, une documentariste qui peine à se reconstruire, va replonger dans ces années où tout a changé. Des années finalement pas si lointaines… Menie Grégoire n’est pas n’importe qui. Elle a réellement existé, c’est la grandL’HEURE DES FEMMES, PRIX MAISON DE LA PRESSE mère d’Adèle Bréau. Et si, dans le livre, nous sommes dans la fiction, tout sonne vrai. À travers ce récit ambitieux, l’autrice explore les évolutions de la condition féminine sur plusieurs décennies. Amour, maternité, droits, sororité… Pour Tatiana de Rosnay, le roman « ressuscite avec habileté » l’ambiance et les modes de vie de toute une époque. Journaliste et directrice mode du magazine Gala, Adèle Bréau est une romancière confirmée, à qui l’on doit Frangines (JC Lattès, 2020) et Haute saison (JC Lattès, 2021). Elle a une affection particulière pour les marchands de presse et les commerces de proximité, des « lieux de partage, de dialogue et de vie ». « Je ne passe jamais devant une Maison de la presse sans y entrer, ajoutet-elle. J’y ai acheté toutes mes revues d’été, des romans à jamais gravés, des jouets, des bonbons que mes grandsparents me concédaient », assure-telle. Gageons que beaucoup d’autres personnes y entreront désormais pour se procurer son livre. ̆˷̈ GUILLAUME PAJOT PHOTOS : ©THEADELE32, DR.


Lire et agir ! 8 L’invité Sébastien Dallain explique la stratégie de Panini France 12 L’événement L’étude de l’Arcep sur les attentes les lecteurs de presse décryptée 24 Reportage À Créteil, un ambitieux projet tourné vers la culture et l’écrit nº 488 | Août 2023 DES ATTENTES MULTIPLES LECTEURS DE PRESSE : Lire et agir ! L’OUTIL INDISPENSABLE DU COMMERÇANT DE PRESSE ! UNION PRESSE est une marque média complète, faite par des commerçants de presse pour des commerçants de presse. Autour de votre magazine mensuel, découvrez l’information chaude sur la newsletter quotidienne, retrouvez vos outils de travail indispensables, annuaires, bilan de la vente au numéro, mémentos juridiques ou techniques… et tous les deux ans, venez rencontrer les éditeurs et tous vos partenaires commerciaux à Expopresse. UNION PRESSE c’est chaque mois 52 pages de lecture indispensable au professionnel de la vente au numéro de la presse pour connaître, vendre, évoluer, gérer. L’actualité de votre métier et de la filière Des conseils pour aménager et pour vendre mieux Des focus sur les marchés et les produits, presse et hors-presse Des portraits et des rencontres… Redécouvrez votre magazine, à l’occasion de cette nouvelle formule et lisez chaque mois UNION PRESSE comme 20 000 professionnels, entrepreneurs, commerçants en activité. UNE LECTURE INTÉGRALEMENT DÉDUCTIBLE UNION PRESSE est reconnu par l’administration fiscale comme documentation professionnelle. A ce titre, le prix de vos magazines est intégralement déductible de vos revenus professionnels ! N’hésitez plus, UNION PRESSE ne vous coûte donc rien ! Chaque année, et sur simple demande sur le site internet unionpresse.fr, nous établissons pour vous un justificatif fiscal pour faciliter l’enregistrement comptable et fiscal de cette déduction.


VENDRE Livres à l'honneur 46 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 LES SUCCÈS ANNONCÉS D'AOÛT DU POLAR, DES PLUMES CAPTIVANTES, DES AUTEURS EMBLÉMATIQUES… AOÛT S’ANNONCE PROMETTEUR POUR LES VENTES SUR LE SEGMENT LIBRAIRIEȷ Le choix de la rédaction 1 Sur la dalle, de Fred Vargas Déjà le polar de l’été. Fred Vargas vient de signer un retour fracassant avec Sur la dalle (Flammarion), dans lequel réapparaît son personnage fétiche, le policier Jean-Baptiste Adamsberg, accaparé par un meurtre commis dans un village imaginaire breton, Louviec, près de Saint-Malo. Le principal suspect est un excentrique appelé Josselin, lointain descendant de Chateaubriand, qui s’habille comme son aïeul et lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Ici, au pays des dolmens, les croyances ésotériques ont la vie dure… Un roman policier à l’atmosphère captivante. 1 2 3 POLAR Sur la dalle, de Fred Vargas Éditions Flammarion Date de parution 17.05.2023 512 pages 23 € ,6%1ȷffl ffiflfl ROMAN La vie qui commence, d’Adrien Borne Le Livre de Poche Date de parution 23.08.2023 192 pages 7,70 € ,6%1ȷffl ffiflffiflffi ROMAN Le musée des contradictions, d’Antoine Wauters Éditions Folio Date de parution fl 128 pages 6,90 € ,6%1ȷffl 978-2072992995 2La vie qui commence, d’Adrien Borne Cet été-là, Gabriel, douze ans, est seul à la maison. Devant le tour de France, il admire Pantani attaquer l’Alpe d’Huez quand quelqu’un sonne : le mono au jogging rouge, celui de sa dernière colo. Gabriel ne le fait pas entrer et referme la porte. Le temps de remonter le couloir et c’est comme si rien ne s’était passé. Vingt ans plus tard, cet épisode refait surface dans sa mémoire… Avec La vie qui commence (Livre de Poche), à paraître le 23 août en petit format, Adrien Borne signe un roman magistral sur les profondeurs de la mémoire et les secrets enfouis les plus douloureux. 3Le musée des contradictions, d’Antoine Wauters Couronné du prix Goncourt de la nouvelle, Le musée des contradictions (Folio) paraît au format poche le 24 août. Ces 12 courts récits, écrits pendant le confinement, racontent des vies humaines rageuses, rebelles, en quête d’un monde meilleur. Sans oublier, comme le titre l’indique, toutes leurs contradictions. Antoine Wauters, également poète, donne à lire la parole des jeunes, des pensionnaires d’Ehpad… Un ouvrage puissant qui, pour une fois, n’est pas un roman !


Livres à l'honneur VENDRE Août 2023 Nº488 UNION PRESSE |47 La sélection des pros LE POCHE DU MOIS Une plongée dans la courte existence d’Anne Franck. Un hommage émouvant. À découper et à positionner sur le livre en magasin Recommandé par votre marchand de journaux Lola Lafon – Quand tu écouteras cette chanson. Alors qu’on pensait tout connaître d’Anne Franck et de son Journal, la talentueuse Lola Lafon apporte un nouvel éclairage sur son histoire. Avec beaucoup de finesse et de sensibilité, elle parvient à lui redonner de la chair, à la rendre tangible. Et s’interroge sur sa propre judéité, ses racines familiales et les non-dits qui traversent les générations. Une très belle introspection. Un livre qui touche au cœur. MONIQUE HORWITZ-GUÉRIN Dans la tête du médecin « Médecin généraliste pendant plus de DQVGDQVOH VIIe âDUURQGLVVHPHQW de Paris, Monique Horwitz-Guérin raconte ce métier qu’elle a pratiqué avec passion et empathie. » Chez Gallimard Thomas Stélandre Libération AMANDA STHERS Les promesses « Dans ce roman, beaucoup de désirs, de folles sensualités, des jours glorieux, des amantes, des DPLVÀGqOHV²HW en même temps, leurs contrepoints douloureux et sombres. » Au Livre de Poche Corine Kerdilès Hachette-LDS TEBO Qui est ce ScKtroumpIȷ" « Pour la première fois, un album dont le dessin n’est pas signé par Peyo ou son studio. Le trait cartoonesque et l’humour tendre de Tebo font des merveilles. » Au Lombard Amandine Schmitt L’OBS EN GRAND FORMAT L’amour, de François Bégaudeau (Verticales) Les alchimies, de Sarah Chiche (Le Seuil) Déserter, de Mathias Enard (Actes Sud) Mon enfant, ma sœur, d’Eric Fottorino (Gallimard) Tu la retrouveras, de Jean Hatzfeld (Gallimard) La situation, de Karim Miské (Les Avrils) Les petits farceurs, de Louis-Henri de la Rochefoucauld (Robert Laffont) EN POCHE Comme nous existons, de Kaoutar Archi (Babel) Un barrage contre l’Atlantique, de Frédéric Beigbeder (Livre de Poche) Les vertueux, de Yasmina Khadra (Pocket) Et aussi… ____ L'histoire « C’est elle. Une silhouette, à la fenêtre, surgie de l’ombre, une gamine. Elle se penche, la main posée sur la rambarde, attirée sans doute par un bruissement de rires, dans la rue (…). Elle se retourne, semble héler quelqu’un : c’est un mariage, viens, viens voir. » Le 18 août 2021, Lola Lafon est volontaire pour passer la nuit dans l’Annexe, au Musée Anne Franck, à Amsterdam. C’est là qu’Anne Franck a vécu, cachée, dans moins d’une quarantaine de mètres carrés, pendant 760 jours, de juillet 1942 à août 1944. Cette nuit intimidante incite Lola Lafon à explorer la vie d’Anne Franck et son héritage immense. Elle mêle cela à un voyage intime dans son propre passé… RÉCIT Quand tu écouteras cette chanson Lola Lafon Livre de Poche Sortie le 23 août 2023 eGLWHXUG·RULJLQHȷffl6WRFN 3UL[GHYHQWHȷfflffi½ ,6%1ȷfflffiflffi &RQWDFWȷffl+DFKHWWH /'6ȷffl ____ L'auteur Née en 1974 à Paris, Lola Lafon est une autrice française. Elle a publié six romans dont La Petite Communiste qui ne souriait jamais (Actes Sud, 2014), récompensé par une dizaine de prix, et Chavirer (Actes Sud, 2020) qui a reçu le prix Landerneau, le prix France-Culture Télérama ainsi que le choix Goncourt de la Suisse. Quand tu écouteras cette chanson a remporté le Grand prix des lectrices de ELLE et le prix Décembre. PHOTOS : DR.


ÉVOLUER Flashback 48 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 1934 Naissance du service courrier, avec renseignements et réponses aux lecteurs. ̆˷̈ SARAH BENLOLO 11 AVRIL 1962 Les programmes de télévision apparaissent dans la nouvelle formule de l’hebdomadaire. 16 MARS 1938 Lancement de la célèbre bande dessinée Pat’Apouf, illustrée par Gervy. Cette dernière est publiée en feuilleton pendant 52 ans, un record de presse. LE PÈLERIN, 150 ANS D’HISTOIRE L’HEBDOMADAIRE DU GROUPE BAYARD FÊTE SES 150 ANS. UN RECORD DE LONGÉVITÉ POUR UN TITRE ATYPIQUE, QUI CONTINUE À TRACER SA ROUTE. 16 JUIN 1940 Réfugié près de Limoges pendant la guerre, l’hebdomadaire devient Le Foyer, sans doute pour ne pas attirer l’attention des autorités de Vichy. Il retrouvera son titre en septembre 1944. 1984 L’hebdomadaire devient Pèlerin Magazine. 1987 Pèlerin Magazine publie son premier « grand reportage » photographique, commandé par le journal à Raymond Depardon, sur le thème Voyage au bout de la France. 1990 Lancement du concours « Un patrimoine pour demain », qui deviendra le « Grand Prix Pèlerin du Patrimoine » en 2014. 2003 Pèlerin Magazine devient Pèlerin et lance son premier site internet. 13 MARS 2013 Semaine exceptionnelle pour le magazine, avec la parution de deux numéros successifs liés à l’élection du pape François. Bouclé en avance, le numéro 6 799 daté du 21 mars est arrivé deux jours seulement après le précédent, daté du 14 mars. 12 JUILLET 2023 Le Pèlerin fête ses 150 ans ! Sa diffusion en fait, depuis sa création, le premier hebdomadaire chrétien de France et le doyen des magazines hebdomadaires d’actualité. 6 JANVIER 1877 Le Pèlerin devient un hebdomadaire catholique généraliste sous l’impulsion du père Vincent de Paul Bailly, à destination notamment des classes populaires. 1889 Naissance de La Bonne Presse, nom donné à l’ensemble éditorial fondé par les Assomptionnistes et qui comprend le quotidien La Croix, créé en 1883. 1875 Le Pèlerin publie son premier almanach. Cette publication annuelle durera 118 ans, jusqu’en 1993. 12 JUILLET 1873 Les Assomptionnistes publient le premier numéro du Pèlerin, un bulletin hebdomadaire de liaison à destination des pèlerins, « organe du Conseil général des pèlerinages ». 1er0$56flffiȷffl Première impression en couleur, à l’occasion du numéro 1 000.


Flashback ÉVOLUER Août 2023 Nº488 UNION PRESSE | 49 UNION PRESSE : Est-il particulier d’être à la tête d’un titre né il y a 150 ans ? SAMUEL LIEVEN : On pourrait penser que c’est écrasant, mais nous sommes en fait portés par une histoire qui nous précède, et les choses se font assez naturellement. Quand nous avons commencé à élaborer la nouvelle formule du Pèlerin en 2018, nous avons mené plus de 200 rencontres dans toute la France, pour plus de 1 000 heures de conversation. Cela nous a permis de revisiter les fondamentaux du journal et revenir à la source : Le Pèlerin est un journal de lien, de proximité. C’est un axe très profond, incarné par le courrier des lecteurs, les rencontres en ligne, les pèlerinages, les croisières, ou encore les formations que nous organisons. On ne cesse en fait de réinventer ce geste, entre tradition et modernité. U.P. : Quelles sont les attentes de vos lecteurs ? SAMUEL LIEVEN : Ils sont en demande de lien direct, d’incarnation, d’humain, et de valorisation des initiatives locales. C’est pourquoi nous avons instauré des rubriques comme Ça marche, qui met en valeur une initiative locale qui peut être dupliquée ailleurs, ou Notre Terre à tous, qui incite à changer ses modes de vie par petites touches. Dans Le cœur qui parle, on recueille la parole d’un lecteur, qui s’exprime à la première personne sur un basculement d’ordre spirituel survenu dans sa vie. Et avec La main tendue, dans laquelle des lecteurs échangent avec notre rédaction mais aussi entre eux, on revient à l’ADN même de bulletin de liaison de ce qu’était le magazine à sa naissance en 1873. Le Pèlerin incarne donc le lien dans toutes ses dimensions. U.P. : Comment maintenir la diff usion d’un titre plus que centenaire ? SAMUEL LIEVEN : Le Pèlerin est, comme l’ensemble des titres, confronté à la crise de la presse écrite. Mais aussi à celle du catholicisme, et à la sortie de cette religion comme référence commune. Malgré cette double équation compliquée, l’érosion de la diffusion de notre hebdomadaire n’est pas supérieure à celle du marché. La recherche spirituelle reste profondément humaine, et nos lecteurs cherchent une forme d’accompagnement dans les grands moments de leur vie. À une époque, on PHOTO : ©ERIC GARAULT POUR LE PÈLERIN, DR. " UN DÉFI AUTOUR DE LA PRISE EN MAIN " DIRECTEUR DE LA RÉDACTION DU PÈLERIN, SAMUEL LIEVEN REVIENT SUR L’HISTOIRE ET LES PARTICULARITÉS DU PLUS ANCIEN HEBDOMADAIRE FRANÇAIS. SAMUEL LIEVEN P̈̅̆̅̉ ̈˻˹̋˻˿̂̂˿̉ ̆˷̈ SARAH BENLOLO offrait Le Pèlerin à ses enfants lorsqu’ils se mariaient, et la transmission se faisait ainsi. Aujourd’hui évidemment, les choses ne sont plus aussi simples, et il faut aller chercher les lecteurs, passer d’une transmission massive à quelque chose de plus ciblé… ce qui rend notre travail à la fois plus compliqué, mais aussi plus intéressant! Les réseaux sociaux deviennent de plus en plus un canal de recrutement, en amenant de nouveaux lecteurs vers notre site, qui se convertiront ensuite au papier. Nous avons donc des lecteurs qui ont six mois d’ancienneté, comme six générations! U.P. : Votre modèle de diff usion est très largement tourné vers l’abonnement. Le réseau des marchands est-il néanmoins important pour vous ? SAMUEL LIEVEN : En tant que journaliste, l’importance de la notion d’usage dans la lecture d’un magazine m’est apparue tardivement, avec la conception collaboratrice de notre nouvelle formule en 2018. C’est à ce moment que je me suis rendu compte de l’importance de la réflexion autour de l’objet, et de la façon dont cet objet arrivait entre les mains des lecteurs et entrait dans leur vie. Il me semble que le point de vente de presse est le lieu même de l’incarnation, du lien, et qu’il a donc toute sa place dans notre modèle et l’enjeu de l’élargissement de notre lectorat. Il est vrai que nous faisons face à un défi autour de la prise en main: Le Pèlerin se renouvelle, encore faut-il que les lecteurs l'ouvrent et voient ce qu’il y a dedans. Nous mesurons le rôle que les marchands de presse peuvent endosser dans ce cadre en mettant en avant notre magazine, en le conseillant à leurs clients, et en les invitant à se laisser surprendre!


ÉVOLUER Là pour vous 50 | UNION PRESSE Nº488 Août 2023 PRÉSIDENT DE LA DÉLÉGATION DE CLERMONT-FERRAND C lermont-Ferrand a enfin trouvé son phare dans la nuit. Pendant des mois, les marchands de presse de la ville ont été dépourvus d’un représentant, d’un confrère prêt à se dévouer pour les autres. Aujourd’hui, il est là. En juillet, Dimitri Demas a été élu président de la délégation Culture Presse de Clermont-Ferrand. Une casquette qu’il portait de manière officieuse depuis quelques mois. Le début de cette belle ascension a commencé il y a un peu plus de dix ans. Dimitri Demas, enfant de l’Auvergne, arrête l’école à l’âge de 16 ans. « J’étais plus doué pour le travail que pour les études », résume-t-il. Il passe alors deux ans en apprentissage dans le BTP et travaille en compagnie de son père. Une fois la majorité atteinte, il se lance dans l’événementiel et explore un univers qui l’a toujours intéressé. « L’événementiel aussi a été une belle expérience. Mais le problème dans ce métier c’est qu’on ne compte pas ses heures », souligne-t-il. À l’aube de ses 22 ans, il gagne enfin la liberté dont il rêvait. Il rachète une presse-tabac et se lance dans le commerce. Une route déjà toute tracée. « Je suis fils d’entrepreneur, donc c’était un peu un objectif d’être un jour à mon compte », assure Dimitri Demas. Cette fois, c’est avec sa mère (qu’il a embauchée) qu’il partage ce chapitre de sa vie. Il découvre ainsi un nouveau métier, avec ses codes et son folklore. Une aventure en appelant une autre, il rejoint Culture Presse peu après ses débuts de commerçant au quartier de la Glacière. À partir de là, tout s’accélère. Les années passent et il achète un deuxième magasin, puis trois, puis quatre. Après avoir été sollicité par son dépositaire, il envisage d’être élu dans sa délégation Culture Presse, en cours de restructuration. « Il y avait un intérêt collectif à apporter vu qu’il n’y avait personne à la présidence sur cette zone. Il y avait un réel besoin et un réel manque », se rappellet-il. Le congrès annuel d e l ’ o r g a n i s a t i o n professionnelle, auquel il se rend pour la première fois en mars dernier (voir notre dossier L'événement dans le numéro 485 d’Union Presse, daté mai 2023), le conforte dans son choix. De toute manière, « abandonner » ne fait pas partie de son vocabulaire. D’ailleurs, ce n’est pas la seule chose qu’il a proscrite de son lexique. « On ne dit pas non à un client, il faut toujours pouvoir le satisfaire », tranche-t-il. Dans ses établissements, Dimitri Demas a toujours mis l’accent sur le service, et il ne tient jamais rien pour acquis. « Tout est dans le service. On vend tous le même produit au même prix et de la même qualité. La seule différence se fait dans le service », résume-t-il. Dans la même logique, il a conditionné sa vingtaine d’employés à mettre de l’humain dans leurs œuvres. « Dans mes magasins, il n’y a que des vendeurs et pas de caissiers. Se contenter d’un bonjour, 10 euros, au revoir ça ne suffit pas. Il faut se rendre disponible et être à l’écoute », conseille-t-il. Désormais, c’est sur toute une délégation qu’il doit veiller. Un rôle qu’il est prêt à assumer. ̆˷̈ SARAH BENLOLO “ Il y avait un intérêt collectif à apporter vu qu'il n'y avait personne à la présidence de la délégation. ” QUI VOUS REPRÉSENTE À CULTURE PRESSE ? BioExpress Avril 1995 Naissance à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) 2011 Démarre un apprentissage dans le BTP 2013 Après deux années dans le bâtiment, se lance dans l’événementiel à la Coopérative de Mai de Clermont 2017 Reprend son premier commerce de presse et adhère à Culture Presse 2023 Est élu président de la délégation de ClermontFerrand de Culture Presse PHOTO ©:RAPHAËL BOUCHEROY. DIMITRI DEMAS


Click to View FlipBook Version