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Published by Salvation Army Archives, 2021-11-17 10:51:26

AJSAHistoryVol6Iss1 March 2021

AJSAHistoryVol6Iss1 March 2021

compose : en France, de 26 postes d’évangélisation et 6 institutions sociales ; en Belgique, de 11
postes d’évangélisation et 2 institutions.

Sa mission d’évangélisation au sein d’une société laïque ; son caractère protestant au milieu
d’une culture catholique ; et son origine britannique dans un contexte géopolitique colonial tendu
entre la France et le Royaume-Uni, rendent « l’Armée du salut tout à fait exogène à la masse du
peuple français »11 de la Belle époque.

En août 1914, la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France, (le 3 août) et celle du
Royaume-Uni à l’Allemagne (le 4 août), imposent au chef mondial de l’Armée du salut Bramwell
Booth (1856-1929) de prendre position en raison du caractère international et chrétien de l’œuvre.12
Ainsi, par exemple, en Allemagne, elle compte plus de 150 postes d’évangélisation et près de 500
officiers, dont plusieurs de nationalité britannique. 13 Dès l’ouverture des hostilités, il signe un
éditorial, dans The war cry. Ce texte est notable car, loin de tout nationalisme, il s’efforce de rappeler
les principes généraux de l’œuvre salutiste, avec même des accents pacifistes:

Nous sommes profondément inquiets de cette guerre parce que nous croyons que les peuples
d'Allemagne et d'Angleterre sont des peuples à bien des égards amicaux. Les classes ouvrières,
qui constituent la plus grande partie de la population des deux pays, et malgré leurs rivalités
commerciales et les infimes différences qui les caractérisent, ont beaucoup de choses en commun
qui favorisent l’amitié authentique. Les Britanniques ne considèrent pas les Allemands, ni les
Allemands les Britanniques, comme ils le faisaient auparavant. Ils pensent à eux comme des
collègues de travail. Beaucoup voient en eux des collègues qui luttent pour de meilleures
conditions de vie et pour un traitement plus respectueux et de meilleure qualité des pauvres.
Certains les reconnaissent comme leurs frères chrétiens.14

Puis trois semaines plus tard, il écrit à nouveau :

Une fois de plus j’aimerais dire que je ne regarde pas cette guerre comme étant une guerre des
peuples ou de certaines classes. Sans doute, maintenant que les massacres sordides et les
destructions ont commencé, de larges proportions de la population seront profondément
angoissées et en colère. Mais ceci n’est que la conséquence de la situation. La guerre elle-même
a été préparée par les états-majors militaires, en particulier en Allemagne et en Russie.

Ces élites militaires et les personnes qui vivent de la fabrication des armes, ainsi que les
journaux qui à cause de cette situation augmentent leurs ventes, ont pendant des années promu et
favorisé ces doctrines horribles qui maintenant ravagent dans toute leur méchanceté les champs
de bataille de Belgique et de France (...).

Désormais, nous devons nous en souvenir quand nous pensons et parlons de ce qui se passe
(...). Efforçons-nous de placer la responsabilité sur les bonnes épaules en évitant de nous adonner
à l'amertume et à la haine pour des nations entières.15

Et quelques mois plus tard :

Au nom du Dieu d’amour, nous devons refuser les exigences terribles qui sont proposées par le
dieu de la guerre de nous abandonner à la rage, à la haine, à la convoitise et à la vengeance qui ne
sont que trop dramatiquement manifestes autour de nous. Nous devons, avec l'aide de Dieu, garder
notre compassion à l'égard de ceux qui souffrent, car c'est la compassion Christ. Nous devons

11 Marc Muller, « L’action de l’Armée du salut en France durant la Première Guerre mondiale », Revue d’Histoire du
Protestantisme, 1 (Paris, France : Juin 2016), 229.
12 Sur le sujet, lire : Shaw Clifton, Crown of glory, crown of thorns: The Salvation Army in wartime, (Londres,
Royaume-Uni : Salvation Books, 2015).
13 Frederick Coutts, The history of The Salvation Army: The better fight, (Londres, Royaume-Uni : Hodder and
Stoughton, 1973), 22.
14 Bramwell Booth, The war cry, (Londres, 29 Août 1914), 1.
15 Bramwell Booth, The war cry, (Londres, 19 Septembre 1914), 1.

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chérir et cultiver dans nos cœurs la pitié pour les injustes parce que c’est la pitié du Christ que
nous démontrons ainsi. Nous devons laisser notre compassion se diriger vers ceux qui s’opposent
à nous et nous blessent et prier pour eux, parce que c’est l'esprit et le commandement de Jésus-
Christ. Et surtout, nous devons continuer à aimer nos ennemis, parce que l'amour est de Dieu, et
sans amour à leur égard, il est impossible de le connaître, de lui plaire ou de lui appartenir.16

L’Armée du salut, par la voix de son général, se présente comme l’ami de tous, l’ennemi de
personne.17

1914-1917, une œuvre de circonstance et d’opportunités

Au delà des adresses de Bramwell Booth, l’esprit du temps et les réalités de la guerre vont amener
les salutistes des pays belligérants à faire un choix patriotique.

À l’image de leurs compatriotes, les protestants français proclament leur conviction que la défense
nationale est une nécessité impérieuse, d’autant plus que la France ne porte, selon eux aucune
responsabilité dans le déclenchement de cette guerre, et qu’elle ne fait que se défendre contre une
attaque totalement injustifiée. Conviction confirmée - à leurs yeux - dès le début des hostilités par
la violation de la neutralité de la Belgique par l’Empire allemand.18

François Fornachon (1863-1929), le chef de l’Armée du salut en France et en Belgique, s’inscrit
dans cet élan patriotique bien qu’il soit de nationalité suisse. En août 1914, dans une édition
ronéotypée de l’hebdomadaire salutiste En avant, il exprime le sentiment d’« Union sacrée » auquel
il fait adhérer l’Armée du salut :

Dans les cathédrales catholiques, dans les temples protestants, dans les synagogues des juifs et
les salles populaires de l’Armée du salut, partout ce cri : vive la France ! Nous voulons qu’elle
vive, la France, et elle vivra ! Par quel moyen ?

1o Par l’organe de ceux qui dirigent ses destinées ; la France appelle sous les drapeaux et
envoie à la frontière tous ses fils. Ils répondent tous à l’appel. Les troupiers joyeux se hâtent de
rejoindre leur régiment ; les marins intrépides leurs unités de combat. Tous vont défendre le
patrimoine sacré de la patrie, vont donner leur sang pour elle. Ils sont dans leur rôle ! Vive la terre
de France (…).

2o L’Église toute entière est debout et crie aussi : vive la France ! Tous ceux qui composent
l’Église de Dieu, soldats de Jésus-Christ, vivant de sa vie, sentent qu’à côté du soldat qui combat
pour l’intégrité du sol français, il doit y avoir le soldat du Christ qui combat pour son intégrité
morale et religieuse.19

Il conclut en rappelant le message évangélique et ses préceptes :

Que cette épreuve, permise par Dieu, nous fasse rentrer en nous-mêmes, avec la France toute
entière, et nous dispose aux résolutions qui s’imposent ! Que cette épreuve nous mène à la
repentance sincère, à la croix qui efface les transgressions passées, qui ranime la vie divine dans
nos cœurs et nous aide à marcher sur le chemin de la sainteté et de l’obéissance à la loi de Dieu.
Et tous d’un seul cœur et d’une même âme, redisons : vive la France qui combat pour le droit, la
justice, la civilisation, et qui est décidée à lutter contre tous ses ennemis extérieurs et intérieurs,
contre le péché, l’ivrognerie, la débauche, le luxe malsain, l’avarice, l’amour des richesses et des

16 Bramwell Booth, The war cry, (Londres, 7 Novembre 1914), 1.
17 Clifton. Crown of glory, crown of thorns, 125.
18 André Encrevé. « Les protestants français et la Première Guerre mondiale », Revue d’Histoire du Protestantisme,
160, (Paris : Mars 2014), 21.
19 François Fornachon, « Vive la France ! », En avant, (Paris, 15 Août 1914), 2 – 3.

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vanités qui passent, de l’orgueil, de l’envie et de la vengeance mauvaise. Qui veut commencer
aujourd’hui à faire vivre en lui cette grande France ? Le Christ vous appelle!20

En quelques lignes, François Fornachon estime la nature de l’engagement salutiste à venir.

Notre première pensée va vers nos camarades, officiers et soldats [de l’Armée du salut], qui ont
été appelés sous les drapeaux, ayant quitté leurs postes et leurs familles. Nous sommes avec eux
de cœur et d’âme, et nous les portons devant Dieu dans la prière.

Nous songeons ensuite à nos camarades restés en France pour leur demander de faire tout
ce qui en leur pouvoir pour faire du bien autour d’eux, et de ne rien négliger afin de se rendre
utiles de toute manière, par des distributions de soupe, de lait, ou dans les garderies d’enfant, etc.
Que Dieu dirige chaque officier [de l’Armée du salut], car il devient très difficile de se tenir en
contact les uns avec les autres par le moyen de lettres et de télégrammes.

L’Armée du salut en France fera son devoir pour soulager toutes les misères. Nos
institutions sociales, nos salles de réunions, seront ouvertes à toutes les infortunes, et nos
camarades donneront temps, forces et cœur pour y faire du mieux qu’il sera en leur pouvoir.21

Dès lors les salutistes français s’engagent dans une « œuvre de guerre ».

Cet engagement sera celui du sang et des larmes. Aux premiers jours de la guerre, la mobilisation
générale incorpore indistinctement les salutistes du territoire. Parmi les dix-sept officiers mobilisés
on peut citer : Abric, Chavarot, Pichon, Thenet, Vincent pour la France ; Vanderkam pour la
Belgique ; Jeanmonod, Stahl et Studer pour la Suisse. Les familles d’officiers plus âgés voient leurs
fils (Babando, Bastide, Blachier, Peyron) ou leurs frères (Malbec, Chevalier, par ex.) rejoindre les
rangs de l’armée française. Les salutistes, y compris les officiers, sont intégrés dans les unités
combattantes. Ils ne sont pas reconnus comme ministres du culte ni comme aumônier militaire.
Certains tomberont au champ d’honneur : le poste du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) verra son
officier Henri Vincent (1889-1916) tué à l’ennemi le 31 mars 1916 durant la bataille de Verdun,
tandis que deux de ses camarades, Fleury Bariol (1894-1916) et Denis Issartial (1892-1916), sont tués
dans la Somme.

Cet engagement sera auprès de la population civile. Entre août et septembre 1914, l’offensive
allemande chasse devant elle une partie de la population de Belgique et du Nord de la France. François
Fornachon met les locaux de l’Armée du salut à la disposition des autorités, et offre ses services.
Localement, des salutistes répondent spontanément. À Paris, ils distribuent de la soupe, ils hébergent
les réfugiés ou ils accueillent des militaires en transit dans l’hôtellerie pour hommes de la rue de
Chabrol, vidé de ses occupants par la mobilisation. En province, on visite des blessés dans les services
de santé militaires. Trois établissements sociaux sont rapidement réaménagés pour accueillir des
enfants déplacés. Le 8 septembre 1914, l'hôtellerie salutiste de Lyon (Rhône) devient l’hôpital
temporaire HB n° 3 bis avec une capacité de 100 blessés.22 Une femme protestante, Mme le docteur
Lisbeth Thyss-Monod (1877-1963) de la Croix-Rouge assure la direction sanitaire de l’hôpital23
tandis que les officiers organisent la direction matérielle. « À l'instar des prêtres et des pasteurs, les
salutistes répondent aux questions spirituelles dans ce contexte de guerre, et apportent leur aide, leur
soutien aux hommes et aux familles marqués par l’éloignement, la souffrance, et le deuil. »24

20 Fornachon, « Vive la France! », 3.
21 François Fornachon. « À nos camarades », En avant, (Paris, 15 Août 1914), 1.
22 Armée du salut, Court exposé du travail de l'Armée du salut en France pendant la Grande Guerre, (Paris, France :
Armée du salut, 1918), 8.
23 « Une femme médecin-chef d’un hôpital militaire », L'Action féministe, 41, (Levallois, France : Juillet 1915), 4.
24 Muller. « L’action de l’Armée du salut en France durant la Première Guerre mondiale », 235.

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Cet engagement sera féminin. La plupart des hommes de 20 à 48 ans sont mobilisés, alors que
la tâche s'est alourdie. Néanmoins, le corps des officiers de l’Armée du salut est déjà majoritairement
féminin.25 Ainsi, ces femmes vont prendre une part essentielle au maintien de l’œuvre et dans le
développement des actions en faveur des militaires. 26 À Croix, dans le Nord occupée par les
allemands, les officières du poste Jenny Blanc (1867-1939) et Julie Chevalier (1880-1947), isolées et

coupées de tous contacts avec Paris, demeurent en place et se consacrent au soutien de la population
civile. À Reims (Marne), Françoise Carrel (1861-1941) et Lucie Gaugler (1885-1936) restent en poste
sous les bombardements même après l’évacuation progressive de la population. Jusqu’en 1917, elles
participent aux secours des civils, et à l’assistance des militaires.27 Au Havre (Seine-Inférieure),

Noémie Schleiden (1879-1958) transforme sa salle de réunion en salon de lecture et de
correspondance pour les soldats en cantonnement. Sous l’impulsion d’Emma Rogivue (1860-1964),
un « foyer » est créé à Nîmes (Gard). Inspirés des cantines de la Salvation Army britannique, équipés
de façon rudimentaire, ces lieux d’accueil pour militaires permettent la détente, la lecture de journaux

et de livres, la rédaction du courrier et fournissent papier à lettres, enveloppes, cartes postales. Des
réunions et des soirées récréatives sont organisées et, selon le cas, il y a même une cantine. Peu de
services religieux, les salutistes français sont surtout à l'écoute de tous ceux pour qui la foi semble
être une réponse à leur enfer quotidien ou à leurs angoisses.28

Mais les salutistes sont encore peu habitués à une action longue et coûteuse. De plus, l'activité
traditionnelle de l'Armée du salut souffre de l'état de guerre. Le front se stabilise durant l’automne
1914 et le conflit se poursuit dans les tranchées. Le poste de Reims (Marne) est à portée de tir de
l'artillerie allemande. La ligne de combat sépare le territoire salutiste en deux. Les treize postes et

institutions de Belgique ainsi que le poste de Croix (Nord) se trouvent dans la zone occupée par
l’armée impériale allemande et sont isolés du reste du territoire. En février 1915, François Fornachon
(de nationalité suisse) passe par la neutre Confédération helvétique pour rejoindre la Belgique, via
l’Allemagne, afin de visiter et de réconforter les salutistes soumis à l’occupation. Il y retrouve un
compatriote, Gustave Isely (1879-1954), dépêché par le quartier général salutiste de Berne (Suisse)

pour organiser les secours à la population, particulièrement « celle des campagnes et des villes
éloignées des grands centres, où le besoin d’aide se fait le plus sentir. »29

Après avoir obtenu les autorisations de circuler, Fornachon, accompagné par Isely, se rendent
dans les postes salutistes de Belgique apportant réconfort et subsides aux officiers restés sur place.

Par cette visite, il constate l'action des salutistes belges vis à vis des populations civiles et ce malgré
leurs faibles moyens. Ainsi, par exemple, la subvention et le ravitaillement du Comité de secours
américain permettent la distribution gratuite de lait pour les nourrissons, tandis que chaque poste
belge propose une distribution de soupe et de pain pour les adultes.

En France, l'Armée du salut s’organise vers une action durable et mieux établie. Pendant l'hiver
1914-1915, les centres sociaux salutistes accueillent les premiers soldats réformés et invalides, et
envoient des vêtements et des colis aux soldats sur le front. Le Ministère de la Guerre apprécie cette
« Ligue du vieux linge » et la fourniture, par les salutistes américains, d'une centaine de caisses de

25 Dans l’Armée du salut, depuis l’origine, le ministère d’officier est mixte. Les femmes ont accès aux mêmes charges
et responsabilités que les hommes. Un couple d’officiers ne peut se former que par le mariage entre un officier et une
officière, et la proportion d’officières célibataires est plus forte que celle des hommes.
26 Clifton. Crown of glory, crown of thorns, 161 – 164.
27 En janvier 1917, il reste 17 000 habitants civils dans la ville de Reims et plus que 5 000 en avril avant l’évacuation
complète de la ville. Jean-Noël Biraben « La population de Reims et son arrondissement », Population, 4, (Paris :
Octobre 1961), 724.
28 Muller, « L’action de l’Armée du salut en France durant la Première Guerre mondiale », 236 – 237.
29 François Fornachon, « Ce que j’ai vu en Belgique », En avant, (Paris : 24 Avril 1915), 1.

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173 410 matériels de pansement. 30 À partir de 1916, l’œuvre de guerre salutiste multiplie ses
implantations, comme à Valence (Drôme), Grenoble (Isère), Marseille (Bouches-du-Rhône), et
Mazamet (Tarn). Des cuisines populaires s'ouvrent à Paris et, chaque soir, une centaine de « poilus »31
permissionnaires, en transit par la gare de l'Est, peuvent passer la nuit dans l'institution salutiste
proche. Les réfugiés civils sont aidés par l’hôtellerie pour femmes de Paris, rue de la Fontaine-au-roi.
Toutefois, l’action salutiste en faveur des victimes et des militaires reste localisée en fonction de ses
implantations urbaines d’avant-guerre. C’est son action à travers l’organisation des Foyers du soldat
qui va lui permettre un essor inattendu.32

1917-1920, les Foyers du soldat33

En France, l’élan patriotique et philanthropique en faveur des soldats est caractérisé par la fondation
de nombreuses œuvres civiles pour les militaires. La loi du 30 mai 1916 sur les œuvres de guerre
assure la transition vers la structuration et le développement des actions salutistes. En novembre 1917,
l’État demande à l’Union franco-américaine (U.F.A) – Y.M.C.A. de coordonner l’ouverture de 1 300
nouveaux foyers et de fédérer l’action des Foyers du soldat de toutes les autres œuvres de guerre
comme, entre autres, l’Armée du salut.34 L’objectif hygiéniste et néphaliste des foyers de l’U.F.A. est
de préserver le moral et la morale, ce qui convient aux principes salutistes. Ainsi, de 1917 à 1923,
l’Armée du salut va s’investir dans la création et la gestion des Foyers du soldat sur le front, et d’hôtels
pour soldats à l’arrière.

Après dix années de commandement, François Fornachon est remplacé par Albin Peyron (1870-
1944) le 5 mai 1917. Salutiste depuis 1884, Peyron est le premier français promu à la tête du territoire.
Père de trois fils mobilisés, il ne peut manquer de manifester son très vif intérêt pour l'œuvre organisée
par l’Armée du salut britannique en faveur des soldats luttant sur les fronts européens. Pas plus,
d'ailleurs, qu'il ne « pouvait laisser à cette œuvre étrangère tout le soin des soldats français
combattants sur les fronts des armées. »35 Le 9 août 1917, Peyron présente au général Philippe Pétain
(1856-1951), commandant en chef des armées françaises, une demande pour obtenir l’autorisation
d’ouvrir des foyers du soldat sur le front :

J'ai l'honneur conformément à la circulaire ministérielle 567/D du 31 janvier 1916, de vous
demander l'autorisation pour l'Armée du salut d'établir quelques foyers du soldat sur le front.

Nous nous conformerons strictement aux instructions de cette circulaire qui défend de
donner à ces foyers un caractère confessionnel.

Nous sommes informés que Monsieur le maréchal French a dû vous écrire pour vous faire
connaître quels services l'Armée du salut avait rendus sur le front britannique. Nous serions
heureux, sur le front français, de pouvoir aussi aider nos soldats dans la mesure du possible.36

En attendant les accréditations officielles, Albin Peyron et son épouse, Blanche, vont se
documenter sur le travail de l'Armée du salut parmi les troupes des dominions de l’Empire britannique
au Havre (Seine-Inférieure). Durant huit jours, ils s’informent sur le fonctionnement d’un camp de

30 « Ce que fait l’Armée du salut pour les blessés », En avant, (Paris : 15 Mai 1915), 1.
31 Surnom du fantassin français, l’équivalent du Tommy (au Royaume-Uni) ou du Digger (en Australie).
32 Muller, « L’action de l’Armée du salut en France durant la Première Guerre mondiale », 237.
33 Ce chapitre reprend l’essentiel du propos publié dans : Muller, « L’action de l’Armée du salut en France durant la
Première Guerre mondiale », 239 – 244.
34 Service Historique de la Défense (S.H.D.), 16 N 271. Compte rendu au sujet de la réunion des représentants des
œuvres de guerre qui a eu lieu le mardi 27 novembre 1917, au ministère de la Guerre.
35 Marc Forissier. Un soldat du Christ dans l'Armée du salut : Albin Peyron. (Tarbes, France : Éd. d'Albret, 1958), 152.
36 S.H.D., 16 N 267, pièce n° 9. Demande d’autorisation pour les « Foyers du soldat » de l’Armée du salut, 9 août 1917.

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l’Australian Imperial Force, avec l’aumônier salutiste Robert Henry (1871-1959), « grand bel
homme en kaki, ayant la douceur du Saint-Esprit dans les yeux et les manières du parfait
gentleman. »37

Pour son premier Noël comme chef salutiste, Peyron est auprès des « poilus », dans la zone des
armées. Le 25 décembre 1917, il organise, avec l'approbation de l’état-major militaire, une réunion
dans les caves de la maison Krug à Reims (Marne). Le lendemain, il écrit :

… Le bombardement était incessant ; la nature semblait pleurer sur la cité martyre … La neige,
ce jour de Noël, la recouvrait d'un fin linceul immaculé, l'arbre s'allumait sous les voûtes d'une
cave à champagne … Il y avait là bien cent personnes, surtout des soldats...38

Sous la fédération de l’Union franco-américaine et sous l’autorité militaire, les Foyers du soldat
de l’Armée du salut s'installent jusque dans la zone des armées, à l'arrière du front. Le 29 décembre
1917, le général Joseph Micheler (1861-1931), commandant la Ve armée, attribue à l’Armée du salut
cinq premières localités de la Marne, dans la région de Reims, pour l’installation des foyers à Ville-
en-Selve, Villers-aux-Nœuds, Ormes, Poilly et Germaine.39 Suivront au début de l’année 1918, les
cantonnements d’Aigny, de Mareuil-sur-Ay, d’Épernay, d’Avenay et du Cadran (commune de
Sermier). En parallèle, deux foyers sont établis dans la zone de la VIIe armée française : en 1917 à
Boron (Territoire de Belfort) et en 1918 à Audincourt (Doubs).

Le salutiste Aimé Boisson (1869-1944) est nommé directeur régional des Foyers du soldat de
l’Armée du salut. Il dirige « intrépide et plein d’allant »40 l'ensemble des foyers et, en collaboration
avec les autorités militaires, obtient l'autorisation de se maintenir dans la zone des armées et de
progresser en même temps que les troupes. Les Foyers du soldat deviennent mobiles :

En quelques heures, une vaste tente est dressée au coin d'un champ, les tables et bancs pliants
sont sortis du fourgon, et le poilu peut déguster la tasse de chocolat bouillant et mettre sa signature
sur la carte pré-imprimée qui apportait à sa famille les nouvelles si ardemment attendues.41

Ce n’est pas sans risque. En juin 1918, nombre de foyers doivent être évacués devant la contre-
offensive allemande. Boisson donne de sa personne, « ne l'a-t-on pas vu à l'œuvre, pendant les
terribles jours de juin 1918, pansant les blessés, relevant les mutilés, faisant œuvre de bon Samaritain
et de salutiste français ? »42

La fréquentation des bibliothèques et des salles de correspondance des Foyers du soldat
intéresse l'Armée du salut qui y voit, comme l’état-major de l’armée, les effets positifs du livre sur la
troupe. Cette ambition se traduit par la création de bibliothèques à destination des conscrits dont le
triple but est : « récréer, instruire, élever.43 » Les fonds d’ouvrages sont autorisés par l’autorité
militaire. Le général Pétain rapporte au ministre de la Guerre les conclusions des généraux
commandant l’armée sur l’influence de la lecture sur le moral des troupes et donne les consignes de
censure et de propagande relatives aux supports imprimés.44 Ainsi, le bureau des œuvres militaires

37 Raoul Gout, Une victorieuse, Blanche Peyron, (Paris, France : Altis, 1942), 386.
38 Armée du salut. Court exposé du travail de l'Armée du salut…, 11.
39 S.H.D., 16 N 267, lettre n° 246. Ve armée, état-major, 1er bureau, n° 4092/L du 29 décembre 1917.
40 Gilbert Abadie, Aimé Boisson, (Paris, France : Altis, 1955), 46.
41 Armée du salut. Court exposé du travail de l'Armée du salut…, 11.
42 Gout, Une victorieuse, Blanche Peyron, 387.
43 Ministère de la Guerre, Instruction sur l’organisation et le fonctionnement des bibliothèques de troupe : catalogue
général, Paris, Imprimerie nationale, 1908, 7.
44 S.H.D., 16 N 271, pièce non numérotée, Lettre n° 26.204 du Grand quartier général des armées du Nord et du Nord-
Est, 23 août 1917.

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du ministère de la Guerre, reconnaissant l’intérêt de l’Armée du salut à « combattre le fléau de
l’alcoolisme », lui recommande la diffusion « d’ouvrages de propagande antialcoolique inscrits sur
la liste des livres autorisés, qu’il y aurait le plus grand intérêt à placer dans les bibliothèques des
Foyers du soldat. » 45 Peu avant, Albin Peyron demande au même bureau à placer dans les
bibliothèques des foyers l’ouvrage Pots cassés d’Harold Begbie (1871-1929).46 Ce livre présente les
témoignages de conversion au Christ dans les milieux populaires de l’Angleterre. Aussi, la réponse
du ministère de la Guerre est négative se faisant « une règle d’observer la neutralité religieuse la plus
absolue, et de n’admettre dans les Foyers du soldat que les publications dépourvues de tout caractère
confessionnel. »47 Néanmoins, le contact individuel entre les salutistes et les miliaires permet les
conversions, même si elles restent rares. Par exemple, Fernand David (1895-1938), artilleur illettré,
apprend à lire dans la bible de la directrice salutiste du foyer du soldat à Marseille (Bouches-du-
Rhône). Plus tard, il survit au torpillage du transport de troupes qui le mène aux Dardanelles.
Néophyte, David devient officier de l’Armée du salut à la fin de la guerre.48

En 1918, on compte une vingtaine de Foyers du soldat gérés par l’Armée du salut française.
Chacun accueille 3 à 400 hommes chaque jour.

Cercle du soldat de l'Armée du salut à Paris au 5 boulevard de Strasbourg, en 1919
Après avoir subi des attaques aériennes allemandes depuis janvier 1918, Paris et sa banlieue
sont bombardées par l’artillerie à longue portée ennemie, de mars à août 1918. La population
parisienne s’inquiète de cette menace soudaine. Albin et Blanche Peyron (1867-1933) prennent une
nouvelle initiative en faveur des enfants de la capitale. Agréée par la Commission municipale de
sauvegarde des enfants, l'Armée du salut ouvre en province trois maisons destinées à accueillir 82
enfants parisiens évacués : à Bron (Rhône), au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) et, à Roquecourbe
(Tarn).49

45 Archives de l’Armée du salut (A.A.S.), non côté. Ministère de la guerre, Œuvres militaires, 4e bureau, n° 6594/C du 2
août 1918.
46 A.A.S., non côté. Quartier général territorial du 24 mai 1918.
47 A.A.S., non côté. Ministère de la guerre, Œuvres militaires, 4e bureau, n° 4782/C du 10 juin 1918.
48 Charles Péan. À Dieu-vat. (Neuchâtel, Suisse : Delachaux & Niestlé, 1973), 67.
49 Armée du salut. Court exposé du travail de l'Armée du salut…, 11-12.

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Le 11 novembre 1918, l’armistice prend effet, la Grande Guerre s'achève. Reprenant l’élan
cocardier de son prédécesseur en 1914, Albin Peyron écrit alors :

C'en est donc fini de ce long cauchemar, la force a cédé devant le droit. La France est libérée, la
Belgique, l'Alsace-Lorraine vont l'être demain. Gloire à Dieu dans les cieux, honneur à notre
grande France, aux peuples alliés, paix aux hommes de bonne volonté !50

Désormais les soldats n'ont plus à combattre, mais ils restent mobilisés. En décembre 1918, le
vingt-quatrième foyer est ouvert à Strasbourg (Bas-Rhin) dans l'Alsace devenue française. Les forces
françaises donnent aussi l'autorisation d'installer un foyer dans le Palatinat allemand qu'ils occupent.51
À l’arrière, dans les villes de garnison et de transit pour les permissionnaires, l’Armée du salut mène
une nouvelle action en organisant des foyers plus pérennes. En février 1919, à Paris, un immeuble est
loué au 5 boulevard de Strasbourg pour y accueillir le Cercle du soldat. Le rez-de-chaussée accueille
une cantine et une salle de repos et de correspondance, alors qu’aux étages, des chambres sont
aménagées pour permettre l’étape de soldats permissionnaires ou libérés. En avril 1920, à Bouy
(Marne) dans le camp militaire de Châlons, un ultime foyer ouvre ses portes. Il accueille 65 000
soldats en huit mois.52 La paix revenue, l'œuvre de guerre salutiste décroît jusqu'en 1923, avec la
fermeture de son dernier foyer à Paris. Bien des combattants français passèrent par les Foyers du
soldat et « apprirent ainsi à connaître et à apprécier ces gens de l’Armée du salut dont on riait si
volontiers en France avant la guerre. »53

Ce programme a donné satisfaction aux centaines de milliers d'utilisateurs comme au
commandement militaire. Le maréchal Ferdinand Foch (1851-1929), commandant en chef les forces
alliées, exprime à Peyron, ainsi qu'à l'Armée du salut tout entière, « sa vive gratitude pour ce que vous
avez fait pour nos soldats. »54 Les éminents services rendus par les salutistes sont récompensés par
diverses distinctions. En 1920, Françoise Carrel et Lucie Gaugler sont reçues dans la première
promotion de l’ordre du Fondateur pour leurs engagements auprès de la population de Reims (Marne),
ville martyre. En 1921, Gustave Isely devient chevalier de l’ordre de la Couronne par décision du roi
Albert 1er de Belgique, pour les services qu’il a rendus au royaume pendant la guerre. En France,
Albin Peyron est nommé chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur, en février 1927. Son
dossier de nomination précise, au titre des services rendus, que « pendant la guerre [A. Peyron] a créé
de nombreuses œuvres dans la zone des armées : foyers ou hôtels du soldat, foyers volants, œuvres
des permissionnaires, colonies pour les enfants de Paris pendant le bombardement. »55

La Première Guerre mondiale a également eu un impact sur la structure organisationnelle de
l’Armée du Salut. La séparation de fait entre la France et la Belgique durant toute la guerre permet
au royaume de devenir un territoire salutiste indépendant de Paris. Également, avec la réintégration
de l’Alsace au territoire national, l’Armée du salut gagne les cinq établissements créés par les
salutistes allemands avant la guerre.56

Enfin, l’impact total de la guerre sur les salutistes français n’est pas connu. Le bilan humain
payé par les salutistes n’est pas connu faute d’éléments statistiques et de mémorial dédié. Néanmoins,
à la lecture de l’En avant, on relève près de soixante-dix noms de salutistes mobilisés, dont dix-sept

50 Forissier. Un soldat du Christ dans l'Armée du salut : Albin Peyron, 153.
51 A.A.S., non côté. Ministère de la guerre, Œuvres militaires, 4e bureau, n° 12082/C du 19 décembre 1918.
52 « Petite revue salutiste », En avant, (Paris, 29 Janvier 1921), 3.
53 Abadie, Aimé Boisson, 46.
54 Forissier. Un soldat du Christ dans l'Armée du salut : Albin Peyron, 153.
55 Archives nationales (A.N.), 19800035/1408/62733. Dossier Peyron Albin.
56 Deux postes et deux institutions à Strasbourg (Bas-Rhin) et à Mulhouse (Haut-Rhin), un poste à Colmar (Haut-Rhin).

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tués. Pour l’Armée du salut, le bilan matériel semble moindre : détruit par les bombardements, le
poste de Reims (Marne) est reconstruit en 1922 grâce à l’offrande de 32 000 francs recueillie par la
musique salutiste de Regent Hall à Londres (Royaume-Uni).

À de nouveaux combats

Pour beaucoup, l’élan belliqueux de 1914 c’est transformé en combat pour la réforme de la société.
Lors de l’assemblée générale de 1921 des Foyers du soldat de l’U.F.A., Léon Robelin (1866-1938),
président de l’union des Grandes Associations françaises, demande que « les efforts de tous les
Français s’unissent pour détruire cette pieuvre qui ruine notre race : l’alcoolisme, la tuberculose et le
taudis. »57 Comme une réminiscence à l’éditorial « Vive la France ! » de Fornachon en août 1914,
l’Armée du salut adopte ce programme, « y ajoutant la lutte contre le péché sous toutes ses formes. »58

Le traumatisme de la Première Guerre mondiale donne naissance à un fort courant pacifiste,
contrepoint de « l’Union sacrée » de 1914. En 1921, l’Armée du salut adhère à ce mouvement et, par
la personne d’Albin Peyron, rejoint l’union universelle « Pour supprimer ce crime : la guerre ». Il
s’agit d’une œuvre juridique, apolitique, fondée et promue par le juriste et ancien combattant Henri
Demont (1877-1959) pour abolir à tout jamais la guerre. Basée sur le droit des nations, elle s’inscrit
dans la droite ligne de la Société des Nations créée en 1920.

Parallèlement, avec l’inhumation d’un soldat inconnu français de la Grande guerre en 1921,
l’Arc de triomphe à Paris devient un symbole du sacrifice humain de ce conflit. Tandis que, dans la
mémoire collective salutiste française, le souvenir de la guerre s’estompe au profit du développement
des œuvres sociales et d’évangélisation des années 1920 et 1930. Ponctuellement, un détachement
salutiste s’inscrit dans le programme d’hommage au Soldat inconnu. Albin Peyron accompagne les
musiques salutistes de Chalk Farm (Royaume-Uni) en septembre 1927 et de Southsea (Royaume-
Uni) en avril 1929. En juin 1948, la fanfare de Portsmouth (Royaume-Uni) dépose une gerbe sur la
tombe, suivi en mars 1959 par la fanfare d’Ipswich (Royaume-Uni). Les chefs internationaux
salutistes président aussi à ces solennités comme le général Kitching (novembre 1962) ou le général
Wickberg (novembre 1973). En novembre 2016, à l’occasion des commémorations du centenaire de
la Première Guerre mondiale, l’Armée du salut renoue avec la cérémonie du ravivage de la flamme
du Soldat inconnu. En qualité de membre de la Fédération Protestante de France, et dans le cadre de
l’aumônerie protestante aux armées la musique territoriale de l’Armée du salut accompagne cette
manifestation patriotique.

Les contacts et relations noués auprès des autorités de l’État et de l’opinion publique durant la
fin de la Première Guerre mondiale permettent à l’Armée du salut de se présenter comme un
interlocuteur efficace dans ses actions philanthropiques. Cette réputation favorise les fondations des
établissements qui marqueront les années 1920 à Paris59 comme en province.60 En faisant le choix
d’assurer des « œuvres de guerre » pour les soldats français, l'organisation d'origine anglo-saxonne
est désormais reconnue, intégrée et adoptée dans la société. Ces entreprises permettent à l'Armée du
salut en France de développer dans les années à venir son projet évangélique et social.

57 Victor Seydel. « Fête militaire au foyer du soldat à Paris »,. En avant, (Paris, 29 Janvier 1921), 3.
58 Seydel. « Fête militaire au foyer du soldat à Paris », 3.
59 Création de trois postes d’évangélisation dont la Salle centrale, en 1921 ; et de trois institutions : le Palais du peuple,
en 1925 ; le Palais de la Femme, en 1926 ; la péniche Louise-Catherine, en 1930.
60 Création de dix-sept postes d’évangélisation ; et de cinq œuvres sociales : le Foyer familial à Marseille (Bouches-du-
Rhône), en 1920 ; la Bonne hôtellerie à Lille (Nord), en 1921 ; la Bonne hôtellerie à Metz (Moselle), en 1923 ; le Soleil
d’automne à Tonneins (Lot-et-Garonne), en 1928 ; la mission en faveur des bagnards en Guyane, en 1928.

The Australasian Journal of Salvation Army History, Volume 6, Issue 1, 2021. Page 159

REQUEST FOR INFORMATION TO ASSIST WITH RESEARCH

The following researchers have asked for assistance from our readers. If you know of any
information or articles, have photographs, stories or artefacts, please contact them via their email
address as outlined below.

Garth Hentzschel – Theses, chapter of books and journal articles. For the continuation of the
‘Bibliography of Salvation Army Literature in English 1988 – Present’, Hentzschel is requesting any
information on theses, chapters of books and journal articles written about The Salvation Army.
Information on such works and possible copies of these documents, please contact Hentzschel at
[email protected]

Rob Kinnon-Brettle – Research into Salvationists who lost their lives in World War II (as a
consequence of the war). Kinnon-Brettle is looking for names, age, the date of death and any of the
circumstances of promotion to Glory of Salvationists during WWII. All information can be sent to
the research by email [email protected]

Gordon Lewis – Information on the Fry family. Lewis is writing a book, Listen to the Band about
the Fry family of Alderbury, Wiltshire who are noted as the first Salvation Army band towards the
end of 1878. Stories, photographs, and memories are all needed, including of Bertram Waterman Fry
who emigrated to Australia and attended Adelaide Corps. Bertram would become the father of Alfred
Narroway Fry who became an “infamous” Australian hero. Please contact Lewis via email
[email protected].

Major Kingsley Sampson – The New Zealand Salvation Army’s Response to the Second
World War. The publication of Under Two Flags: the New Zealand Salvation Army’s response to
the First World War invites a sequel, about WW2. At this stage, Kingsley is simply gathering
information about NZ Salvationists who enlisted in the Second World War, NZ SA chaplains who
served, Welfare Officers, Institutes in NZ military camps and service by both men and women in
the Army, Air Force and Navy both in New Zealand and overseas. He is also interested in hearing
about resources such as diaries, memorabilia, memoirs, photos or other suitable material that
relatives are willing to make available for this project. Please contact Kingsley at
[email protected]

The Australasian Journal of Salvation Army History, Volume 6, Issue 1, 2021. Page 160

A NOTE OF GRATITUDE FROM THE EXECUTIVE TEAM
OF THE AUSTRALASIAN JOURNAL OF SALVATION ARMY HISTORY

Robert Gordon and Ada Moyles1
The Executive Team of The Australasian journal of Salvation Army history is sad to announce the
retirement of Professor R. G. Moyles from the position of peer reviewer. His communication,
feedback, and close friendship in relation to the journal will be missed.

Moyles has seen the need to relinquish his position due to personal reasons and hopes that
younger people will take up and continue the work he has done.

Since the commencement of the AJSAH, Moyles has been a great supporter of all we have tried
to do. He has sent encouraging emails when he received each issue of the journal and has also
supported its work with the contribution of papers. He positively contributed to the AJSAH although
he continued his own busy schedule of writing and publishing several Salvation Army history books.

When it became obvious that the AJSAH had readers far exceeding the first intended audience
of people within the Australasian region, Moyles was happy to join the peer review team. He has not
only widened the journal geographically, but also increased the knowledge of publication matters and
process. Moyles has contributed greatly with comments and suggestions on many papers and we
know that these papers reached a much deeper level because of his input.

Moyles has assisted with the peer reviewing for well over a year, which has seen more than
three large issues uploaded. He has advised on matters and also suggested ideas that are still being
developed. We thank him for his many contributions and the hours of work in reading and sometimes
re-reading many of the papers.

There will be more papers from Moyles in the coming issues of the journal, which we know
our readers will continue to enjoy.

We thank Moyles for his support and work in making the journal what it is today. Enjoy your
well-earned rest!

1 Photograph courtesy of R. G. Moyles.

The Australasian Journal of Salvation Army History, Volume 6, Issue 1, 2021. Page 161

REVIEWS, COMMENTS, FEEDBACK AND LETTERS TO THE EDITOR
ON

THE AUSTRALASIAN JOURNAL OF SALVATION ARMY HISTORY ~
VOLUME 5, ISSUE 2.

Kirsty Andrew, Collection and Program Support Officer, Tweed Regional Museum,
Thank you very much … for sending us a copy of [Murwillumbah’s Salvation Army Emergency
Hospital] article.
It is fascinating reading and I’m sure it will be well received. I’ll forward it to my colleagues
at the Museum. Thanks and regards.

Major Robert (Bob) Broadbere, retired Salvation Army officer, Australia;
I have a … friend who likes to read SA history … he … [read the] story about ‘Murwillumbah’s
Salvation Army Emergency Hospital’. He loved it so much he wanted to read the full magazine.
Hence, he now has the full edition.
The paper [also] made me look at this now closed Corps. The three soldiers in the article
continued in the Corps and one became an Officer.

Major Howard Davies, retired Salvation Army officer, music composer, Australia;
I have just spent an hour or two carefully reading Garth R. Hentzschel’s “A-tishoo! A-tishoo, we
all fall down” on the 1919 flu epidemic. Most interesting and strange how history often repeats
itself. Congratulations on a paper I am sure will be of interest to many readers in coming days!
What a great and brave service provided by local Salvationists at that time. I am sure this
article is an important chapter from SA history in this country that will be read and appreciated
by many salvos today, who, like me were unaware of this story.

Tom Ellwood, Salvationist, Canada
I really appreciated getting this outstanding edition. Well done!
Please keep them coming.

Gordon Lewis, UK
…I enjoyed reading the latest online journal which I found very interesting…

The Australasian Journal of Salvation Army History, Volume 6, Issue 1, 2021. Page 162

Lt.Col Olive Lucus,
Thank you …. Lots of reading!
… You and your team do an excellent job.
Very grateful you are preserving SA history in these days when the Movement is fast changing.

Colonel Richard Munn, Director, International Social Justice Commission, IHQ, New York,
Thank you so much, Garth – an invaluable labour of love to the betterment of many, now and into
the future.

Professor R. David Rightmire, Ph.D., Professor of Bible & Theology, Asbury University,
Wilmore,

…Thanks for your dedicated efforts in keeping this journal going. You have done a great job in
preserving the history of TSA and providing an outlet for scholarship related to our movement.
Major Dorothy Smyth, Salvation Army retired officer, Australia,
Thank you very much for this, your time and effort is very much appreciated.
EDITORIAL NOTE
Three prior papers submitted to the AJSAH will be republished in difference formats in the
coming months; one in Australia, one in New Zealand and one in the United Kingdom. We will
share referencing information with you when we have the details.
For letters to the editor on papers or other items, please send your email to the Executive
Editor – [email protected]

The Australasian Journal of Salvation Army History, Volume 6, Issue 1, 2021. Page 163


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