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Faites-vous partie de ceux qui voient la « vie en noir » ou de ceux qui voient la « vie en or » ?
Dans le deuxième cas, vous n’avez nul besoin de ce livre. Mais dans le premier, pour que cela change vous avez tout intérêt à comprendre les principes de l’imagerie mentale (métaphores et visualisations) et à utiliser ses pouvoirs : bien faite, elle est extrêmement puissante pour amener des changements positifs dans votre personnalité et tout à fait concrètement aussi dans votre vie.
Des preuves ? Quand vous appréhendez quelque chose, c'est par imagerie mentale. Par exemple :
• Cet oral : vous le visualisez avec la tête sévère du professeur en face de vous
• Cet entretien d’embauche : vous vous visualisez face aux visages sévères et critiques de ceux qui vont vous juger
• Votre vie après une rupture ou un licenciement : vous la visualisez difficile, pénible (et cela vous casse le moral – et les bras)
• Les malaises que vous aurez du fait des microbes dont vous avez la phobie
• La réunion au travail où il vous faudra prendre la parole : vous vous visualisez en train de bafouiller et sous le regard ironique des participants
• Etc…
Ces imageries, ce sont des images et des métaphores plus ou moins « conscientisées » et qui vous contrôlent en contrôlant vos émotions, lesquelles contrôlent aussitôt vos attitudes, vos actions, réactions et comportements… Si les images et métaphores peuvent vous être destructrices (vous tirer vers le bas), il n'y a pas à s’étonner de leur pouvoir également constructeur : cela marche dans les deux sens quand on sait comment faire.
Eh oui, au lieu d’en être victime :
Vous pouvez facilement intégrer des moyens et des méthodes pour utiliser ce pouvoir positivement, à votre propre service et pour embellir votre vie !
C’est bien cela qui vous est proposé dans ce livre – vous montrer comment vous-même utiliserez images et métaphores pour :
• Sortir de limitations et éliminer peurs, angoisses, blocages
• Améliorer vos capacités et vos ressources
• Développer votre personnalité et vos capacités...
Vous n’avez pas besoin de phobies, d'anxiété ou d’angoisses !... Non : vous avez besoin d’outils et de moyens pour aller de l’avant et vous offrir le meilleur (bien vivre, prospérité, succès pour votre personne et pour vos réalisations...).
Partez à leur découverte dans ce livre : vous les utiliserez et vous serez surpris à la fois de leur facilité d'utilisation et de leurs résultats…

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Published by Michel Nachez, 2020-02-14 14:36:55

Éliminer vos peurs et blocages ! Facile avec les métaphores ...

Faites-vous partie de ceux qui voient la « vie en noir » ou de ceux qui voient la « vie en or » ?
Dans le deuxième cas, vous n’avez nul besoin de ce livre. Mais dans le premier, pour que cela change vous avez tout intérêt à comprendre les principes de l’imagerie mentale (métaphores et visualisations) et à utiliser ses pouvoirs : bien faite, elle est extrêmement puissante pour amener des changements positifs dans votre personnalité et tout à fait concrètement aussi dans votre vie.
Des preuves ? Quand vous appréhendez quelque chose, c'est par imagerie mentale. Par exemple :
• Cet oral : vous le visualisez avec la tête sévère du professeur en face de vous
• Cet entretien d’embauche : vous vous visualisez face aux visages sévères et critiques de ceux qui vont vous juger
• Votre vie après une rupture ou un licenciement : vous la visualisez difficile, pénible (et cela vous casse le moral – et les bras)
• Les malaises que vous aurez du fait des microbes dont vous avez la phobie
• La réunion au travail où il vous faudra prendre la parole : vous vous visualisez en train de bafouiller et sous le regard ironique des participants
• Etc…
Ces imageries, ce sont des images et des métaphores plus ou moins « conscientisées » et qui vous contrôlent en contrôlant vos émotions, lesquelles contrôlent aussitôt vos attitudes, vos actions, réactions et comportements… Si les images et métaphores peuvent vous être destructrices (vous tirer vers le bas), il n'y a pas à s’étonner de leur pouvoir également constructeur : cela marche dans les deux sens quand on sait comment faire.
Eh oui, au lieu d’en être victime :
Vous pouvez facilement intégrer des moyens et des méthodes pour utiliser ce pouvoir positivement, à votre propre service et pour embellir votre vie !
C’est bien cela qui vous est proposé dans ce livre – vous montrer comment vous-même utiliserez images et métaphores pour :
• Sortir de limitations et éliminer peurs, angoisses, blocages
• Améliorer vos capacités et vos ressources
• Développer votre personnalité et vos capacités...
Vous n’avez pas besoin de phobies, d'anxiété ou d’angoisses !... Non : vous avez besoin d’outils et de moyens pour aller de l’avant et vous offrir le meilleur (bien vivre, prospérité, succès pour votre personne et pour vos réalisations...).
Partez à leur découverte dans ce livre : vous les utiliserez et vous serez surpris à la fois de leur facilité d'utilisation et de leurs résultats…

Keywords: développement personnel, psychologie, bien-être, guide pratique, psychothérapie,Erica Guina-Nachez,métaphore,hypnothérapie

tranquillement et fermement. C’est « l’autre »
personnalité, une hésitante, qui vous domine à ce
moment-là. Ou bien vous ne parvenez pas à contrôler
tel comportement qui vous est nocif – c’est « l’autre »
personnalité qui est coupable de cette carence.

Ou encore, vous êtes le plus souvent sociable et
vous vous entendez globalement bien avec les autres.
Toutefois, quand vous êtes en contact avec votre
mère (un collègue, la sœur d’une amie...), vous sentez
rapidement la moutarde vous monter au nez et
l’agressivité grimper en vous. Vous pourriez même
trouver des tas d’excellentes raisons pour votre
réaction... épidermique. Mais, si c’était plutôt une
autre personnalité, une asociale ou une intolérante,
qui se mettait à vous rouler dans la farine ?...

Vous êtes parasité !

Le problème, c’est que l’on a tendance à intégrer
ces limitations dans son propre être ! Or, lorsqu’on
s’approprie quelque chose, cela se met à faire partie
du Moi. Ma phobie... Ma cyclothymie... Mon blocage...
Mon incapacité (!) à prendre des décisions... (et aussi :
ma migraine, ma maladie, ma malchance, etc.). Or,
psychologiquement, il est difficile de prendre du recul
par rapport à ce qui est vécu comme appartenant « à
moi » ou « au Moi ». C’est même pratiquement
impossible, parce que chacun tient à l’intégrité de son
Moi – ou, plutôt, de ce qu’il croit (conviction/croyance)
intégré à son Moi. Comment accepter, de gaieté de
cœur, de se mutiler en se séparant de pans entiers de
ce Moi – même si ses pans sont, à l’analyse, porteurs
de souffrances, de dévalorisation de soi et d’un mode

de vie insatisfaisant ?... Or, les « bonnes » raisons
(toutes subjectives et aucune objective !) que l’on
peut trouver pour s’expliquer ses propres limitations,
ont pour propriété d’en fixer l’appropriation par le Moi
et c’est là une excellente stratégie pour ne pas
parvenir à se débarrasser de ces difficultés !

Je vous en supplie : cessez d’assimiler à votre Être
les empêchements de bien fonctionner dont vous
êtes victime. Le terme que j’emploie pour nommer ce
genre de problème est subpersonnalité, ce qui veut ici
dire : personnalité parasite qui se cache sous la
personnalité majeure et qui prend le contrôle sur
cette dernière dans certains cas.

J’ai bien dit : subpersonnalité parasite. Supposez
que vous ayez un ténia. Vous savez ce que c’est : un
ver solitaire qui s’agrippe de tous ses crochets à
l’entrée de votre estomac, mange tout ce que vous
ingérez, grandit et embellit à vos frais et, en plus,
déverse dans votre organisme ses toxines qui vous
rendent irritable et nerveux en même temps que vous
vous affaiblissez... Lorsqu’il est ainsi à l’intérieur de
votre corps, tout comme votre foie, votre cœur, votre
colonne vertébrale, et donc tout à fait intégré en vous,
vous n’iriez quand même pas le concevoir comme
faisant partie de vous, n’est-ce pas ? Non : vous le
combattriez, aussitôt le diagnostic posé et à grands
coups de vermifuge efficace !

Alors, pourquoi intégreriez-vous dans votre Moi,
dans votre Être, un parasite du genre « phobie »,
« blocage », « cyclothymie », « irritabilité »... ? Pourquoi
accepteriez-vous d’être contrôlé par un parasite ?

Lorsque vous considérez la difficulté de cette
manière-là, vous opérez d’une part un recadrage
salutaire – le problème ce n’est pas « moi », c’est « lui »,
le parasite – et vous créez à la fois une saine
distanciation et une métaphore utile et utilisable pour
éliminer ladite difficulté. Ceci dit, ne croyez pas que
c’est si facile d’extraire de soi une telle subpersonnalité
parasite. L’habitude, la conviction que c’est bien « moi-
qui-suis-cause-du-problème », ce qui est
probablement l’interprétation que vous avez adoptée,
pourrait bien vous freiner dans ce nouveau regard...

Et ce n’est pas tout ! Car il y a une tendance que l’on
retrouve régulièrement chez les victimes de tels
parasitages psychiques : c’est la conviction/croyance
que le problème est extrêmement gros et puissant et
que l’on ne fait pas ni le gabarit ni le poids pour le
combattre, le contrer, l’anéantir. C’est dire que le
parasite à un grand talent pour manipuler sa victime
en lui faisant croire à sa toute-puissance !

Si vous-même, mon lecteur, vous avez besoin
d’éliminer de votre psychomental, de votre
comportement et donc de votre vie, une telle
subpersonnalité parasite, vous allez devoir déjà
commencer par lutter contre cette tendance à lui
accorder une puissance qu’elle n’a pas. Ensuite, vous
devrez garder bien présent à l’esprit que cette
subpersonnalité est une entité étrangère, venue on
ne saura jamais d’où et qui vous parasite, c’est-à-dire
vous utilise pour assurer sa propre subsistance : en
aucun cas elle n’est vous, ni inhérente à votre Moi.
C'est un alien !

Sur ces prémisses, vous appliquerez le « vermifuge »
efficace. C’est un peu plus compliqué que dans le cas
du vermifuge en pilule et il y faut un peu de
persévérance et de volonté (et même de la brutalité,
comme vous allez le constater), mais à ce compte-là,
cela marche très bien.

Je vais vous dire comment faire. Auparavant, je dois
encore vous mettre en garde contre... vous-même. Si
vous hésitez à utiliser la méthode que je vous donne,
c’est que vous en êtes resté à l’idée que la
subpersonnalité parasite est « moi ». Vous n’avez pas
recadré, vous n'avez pas opéré la distinction entre
vous et le problème et vous allez le garder bien à vous
(!) – tout comme quelqu’un qui, sachant qu’il a en lui
des bacilles de Koch (vecteurs de la tuberculose),
n’utilise pas les remèdes qui en viendront à bout. Et
toutes vos « bonnes » raisons de rester sur cette
position ne changeront rien à ce constat… Donc, je le
répète : il est un alien...

Comment (mal)traiter une subpersonnalité
parasite

Commencez par définir la subpersonnalité dont
vous voulez-vous débarrasser. Exemple : « la phobie
de... » ou « la difficulté à me décider quand... ». Ensuite,
appliquez la procédure suivante, même si elle vous
paraît bizarre ou... barbare. Souvenez-vous que c’est
utiliser à votre bénéfice le pouvoir des métaphores
pour éliminer une difficulté qui vous gâche la vie.
Donc, faites comme suit :

• Tout d’abord, vous devez sortir de vous
métaphoriquement, c’est-à-dire en
l’imaginant (= en images dans votre regard
intérieur) la subpersonnalité parasite. Cela

consiste à faire, avec vos mains et au niveau

où vous pensez intuitivement qu’elle se cache

(votre poitrine, votre tête, votre ventre...) une

« extraction » de la subpersonnalité – qui ne
peut pas avoir un volume supérieur à ce que

peuvent contenir vos mains en coupe. Mimez

les gestes d’arracher de vous ce ténia

psychique. Cela peut vouloir s’agripper,

résister, mais vous devez y parvenir. Lorsque

vous avez l’impression que c’est fait, jetez

violemment au sol dans un coin de la pièce

où vous vous trouvez ce que vous avez ainsi

extrait en imagination.

• Découvrez à présent quelle apparence a le
parasite et ne soyez pas étonné de son côté
plus ou moins répugnant et en réalité anodin.
Pour cela laissez-vous, en toute spontanéité,
guider par votre inspiration qui, si vous jouez
le jeu à fond, ne manquera pas de se
manifester. Le « truc » qui est affalé là, dans
son coin, est-ce un embrouillamini de petits
tentacules gluants, comme des vers de terre
emmêlés ? Ou bien un petit tas de boue
animé d’un mouvement de reptation ? Ou
toute autre chose nécessairement petite (pas
plus de vingt centimètres de hauteur, de
largeur, de profondeur !) et peu ragoûtante.

« Ça » a des moyens de s’exprimer et une
odeur (une puanteur plutôt !).

• Laissez-vous inspirer son nom. Car « ça » a un
nom qui doit être sans grandeur, ridicule et
même dévalorisant. « beurk », «p’tit tas »,
« cunégonde », « vomi » ou pire encore (et
sans majuscule initiale !).

• Maintenant que vous l’avez sorti, que vous
avez accès à son apparence et connaissez son
nom, voici venu le moment de lui faire payer
les sévices que cette subpersonnalité parasite
vous a imposés au fil des années. Elle l’a fait
en vous contrôlant et en vous contraignant à
subir des difficultés pour se vitaliser et pour se
nourrir, littéralement, de votre souffrance et
de vos déboires. C’est là le seul domaine de
votre vie où vous aurez le droit – non, le
devoir – de vous montrer cruel et même très
imaginatif dans la cruauté. En imagination,
frappez la « chose », coupez-la en rondelles,
brûlez-la dans un acide, écrasez-la sous vos
talons, clouez-la sur une planche, etc. et
cumulez les sévices que vous inventez...
Visualisez tout cela.

• Vous serez peut-être étonné de constater
qu’elle se plaint, gémit et cherche à vous
apitoyer pour que vous arrêtiez (eh oui : une
telle métaphore à une partie de vie qui lui est
propre et votre imagination ne contrôlera pas
tout de suite tout ce qui s’y passe) : ne vous y
laissez pas prendre, n’ayez aucune pitié. Au

contraire même, continuez à la mettre en
charpie et à la massacrer de plus belle.

Vous devrez recommencer tout cela plusieurs fois
et, en tout cas, à chaque fois que la subpersonnalité
parasite cherche à nouveau à vous contrôler. Parce
que ce genre de parasite, que vous avez réchauffé en
vous et si bien nourri dans votre sein au fil de toutes
ces années, a la vie dure, se reformera malgré les
découpages que vous lui ferez subir et cherchera
encore à vous commander. C’est d’ailleurs les seules
choses qu’elle a appris à faire : vous manger, avoir la
vie dure et vous dominer. Alors, cela va être à celui de
vous deux qui sera le plus persévérant et volontaire. Si
vous abandonnez le combat par paresse, le parasite
gagnera et se réinstallera en vous. Si vous persévérez,
il suffit en général de quelques mois pour affaiblir
suffisamment la subpersonnalité parasite et pour
qu’elle abandonne la partie et vous lâche.

N’ayez aucunement peur de devenir, dans la vraie
vie, un monstre de sadisme en faisant souffrir au
maximum cette subpersonnalité : il n’y a aucun
danger de cette nature et, même, vous vous rendrez
compte que vous êtes vite à court d’imagination en
matière de sévices à lui imposer (faites tout de même
de vrais efforts d’imagination pour les varier, sinon
vous entrerez dans une routine dans laquelle cette
métaphore, pourtant vraiment thérapeutique, perdra
de son impact et de son efficacité).

En procédant ainsi, au bout de quelques mois, vous
constaterez avec plaisir que le problème ainsi
métaphorisé commence à vous abandonner, ce qui
est bien le but de cette procédure.

Des pièges dans lesquels vous ne devrez pas
tomber

Je vous l’ai dit : une subpersonnalité parasite se
défend. Non : je devrais plutôt dire que vous la
défendez contre son extraction et son
anéantissement. Il est vrai que vous avez une telle
habitude d’être dominé par elle et de lui accorder à la
fois pouvoir sur vous, place en vous et même
identification avec vous... C’est là un des pièges dans
lesquels vous ne devrez pas tomber. Pour vous illustrer
cela, je vais vous citer des exemples de ces pièges.

Émelyne

Cette jeune femme de vingt-neuf ans me consulte
parce qu’elle souffre depuis trois ans d’une phobie des
microbes, au point de prendre plusieurs douches par
jour et de s’y frotter la peau au gant de crin à chaque
fois ; ou de ne pas pouvoir toucher les bouteilles
ramenées du supermarché par son mari, etc... Après
lui avoir expliqué le principe des subpersonnalités
parasites, je fais le geste de lui arracher « ça » et de le
jeter violemment au sol. Je lui demande alors de me
décrire la chose :

– C’est une sorte de truc spongieux, gris brunâtre,
grand comme un Furby20 et avec presque la même

20 Le Furby est un jouet recouvert de peluche, haut d’une
vingtaine de centimètres et qui est censé être une
créature extraterrestre. Le Furby parle, demande à
manger, réclame des caresses, fait des bises et dit « Je
t'aime » comme si c’était un être vivant.

forme. Il a une bouche comme un bec arrondi et des
yeux ronds avec de grands cils.

– Quel est son nom ?
Elle cherche, hésite puis :
– Émelyne.
Je proteste :
– Un tel nom est impossible, comme je vous l’ai
expliqué tout à l’heure. Cette chose est un horrible
parasite qui vous oblige à vous abîmer la peau
plusieurs fois par jour. Cela n’est pas vous !
– Ah oui... C’est vrai... Alors, cela s’appelle... bouse.
– Bouse. D’accord. Vous savez ce qu’il convient de
faire à présent : faites-lui payer les inconvénients que
« ça » 21 vous a imposé au fil de ces trois dernières
années. Alors, laissez-vous aller et vengez-vous.
Émelyne applique bien en visualisation quelques
sévices à bouse écroulé au sol, mais c’est plutôt mou,
franchement peu offensif et l’imagination de la jeune
femme se tarit vite. Je lui souffle quelques idées,
qu’elle utilise, puis :
– Oh ! Elle souffre ! Elle me supplie d’arrêter !
Je note le passage au pronom féminin et poursuis :
– Et alors ?

21 La langue française a des pronoms féminin et masculin,
mais pas de pronom neutre comme c’est le cas en
allemand ou en anglais. Dans le travail avec la
métaphore de la subpersonnalité parasite, il est
préférable d’éviter de sexuer cette dernière. « Ça » est
ce qui se rapproche le plus d’un pronom neutre.

– Oh, la pauvre chose... Elle souffre vraiment. Je ne
peux pas continuer à lui faire du mal. Cela me fait mal
au cœur, j’ai vraiment pitié. Je vois sa petite bouche
qui gémit et ses yeux qui me supplient d’arrêter.

– Et qu’allez-vous faire à présent ?

–... J’ai presque envie de la prendre dans mes mains
et de la consoler.

Et patatras ! Un à zéro au bénéfice de bouse...

D'autres pièges

Je vous l’avais bien dit : une subpersonnalité
parasite a une part d’autonomie – ce qui prouve
d'ailleurs bien qu’elle n’est pas « Je », soit redit en
passant – et elle a plus d’un tour dans son sac.
Émelyne est d’abord tombée dans le piège d’accorder
à la chose sa propre identité et de la mettre en
analogie avec un charmant jouet parlant. Malgré le
changement de nom, la jeune femme n’a pas
décroché du côté « poupée » et s’est ensuite laissée
apitoyer, au point de vouloir consoler le parasite qui
lui empoisonnait la vie depuis trois ans ! Or, non,
Émelyne n’est pas « maso » ! Elle est seulement encore
victime de sa croyance que la phobie (la
subpersonnalité parasite) = Je. Alors, quoi de plus
normal que d’hésiter à « se » faire du mal et aussi à
vouloir « se » consoler en cas de problème ?

Voici d’autres pièges possibles encore dans lesquels
il ne faut pas tomber. Si vous y succombez, cela signifie
que c’est le parasite qui vous influence – et vous
n’allez pas vous laisser faire ! Je vous ai bien proposé
de vous laisser guider par votre inspiration, pas par la

sienne. Ni de vous laisser manipuler par l’ennemi ! Ces
pièges sont :

1) Donner au parasite une apparence terrible ou
grandiose. Par exemple dans ces registres (si, si, on me
les a proposés !) :

• un dragon cracheur de feu

• un démon à cornes de bouc et pieds fourchus

• un serpent enroulé autour d’un caducée
(symbole médical !)

• l’enfant Jésus (!)

• un petit soleil...

2) Lui donner un nom marquant grandeur et
puissance. Dans ce registre on m’a proposé :

• Lucifer

• César

• Etna

• Cybèle

• Tornado...

Si vous êtes entré dans ces genres de piège,
reprenez-vous et corrigez rapidement !

3) Être mou, ou trop gentil avec le parasite, ou
encore compatissant envers lui. Au contraire, il
convient d’être fermement avide de vengeance, dur,
cruel et aussi, quand c’est possible, de mimer avec le
corps les sévices infligés à la chose. Par exemple, de
vraiment piétiner « ça » avec le talon, de vraiment
frapper « ça » avec le poing, d’enfourner
gestuellement « ça » dans un bocal et d’y verser un
acide imaginaire. En effet, la métaphore associant

ainsi la visualisation et la gestuelle est d’autant plus
puissante en termes de thérapie

4) De lâcher trop vite ou de ne pas contre-attaquer
avec cette procédure à la moindre tentative du
parasite de reprendre le contrôle sur vous. Ce faisant,
c’est vous qui le prenez, le contrôle – et cela change
tout : de victime parasitée, vous devenez
progressivement « Maître dans votre maison », c’est-à-
dire maître de votre comportement et de votre vie

5) Changer le nom ou l’apparence de « ça » au fil
des séances de torture que vous lui infligez. Si vous
avez cette tentation, cela signifie à nouveau que le
parasite cherche à vous contrôler, en vous faisant
perdre de vue « quoi » il est. Non : c’est vous qui
contrôlez votre visualisation et c’est lui qui en prend
« plein la figure » (s’il en a une).

Encore un mot pour vous encourager. Une
subpersonnalité parasite, cela fonctionne tout à fait
comme une possession : vous êtes possédé par une
entité malsaine qui fait de vous ce qu’elle veut et vous
fait souffrir facilement. Appliquer la procédure
métaphorique que je vous indique dans ce chapitre
consiste à pratiquer quelque chose comme un
exorcisme, sans les inconvénients et les superstitions
liés à l’exorcisme religieux. Chassez de vous le parasite
qui veut vous posséder et gagnez ainsi en autonomie,
en force de personnalité, en aptitude au bonheur, en
liberté...

Alors, possédé – et donc esclave – dans le mal-vivre
ou libre et maître de vous-même dans le bien-vivre ?...

Cela peut tout à fait dépendre du pouvoir de la
métaphore de la subpersonnalité parasite.

*************

Dans le chapitre qui suit, vous allez découvrir un
autre vous-même, éminemment porteur de tout ce
que vous souhaiteriez posséder : qualités, capacités,
aptitudes, ressources… Et les meilleures !…

6 – Devenez celle/celui que
vous voulez être !

« Tu ne m’auras pas, c’est sûr ! »,
dit la chenille au papillon...

« Tu ne m’auras pas, c’est sûr ! », dit
le tétard à la grenouille… / Timothy
Leary

Il est une métaphore que chacun devrait connaître
et utiliser parce qu’elle change la vie, l’embellit et
l’enrichit en satisfactions, en plaisirs et en estime de
soi-même. C’est celle du « Moi B ». Vous allez
comprendre à travers l’exemple suivant.

Jérôme

Jérôme, la quarantaine, est un homme très inhibé.
Lorsqu’il parle de lui-même, il se décrit ainsi :

– Je suis timide, bourré de différentes
autolimitations : difficultés pour communiquer avec

les autres, pour me sentir présent quand je suis dans
un groupe. Je ne parviens pas à m’organiser dans
mon travail, je suis indécis et le plus souvent passif. J’ai
tendance à ruminer des idées noires : j’ai peur d’être
abandonné, rejeté. Je me déprécie constamment. Je
n’ose rien, je m’affole quand il devient nécessaire de
prendre des risques, fussent-ils minimes. Je ne
m’affirme pas, je me laisse limiter par les attentes
d’autrui – ou par ce que je pense être les attentes
d'autrui ! – et je souffre d’un état de tension quasi
permanent. Je manque de « pêche », d’ambition. Je
suis influençable : je n’ose pas dire non et, donc, je me
sens exploité par les autres, aussi bien au bureau qu’à
la maison. J'ai même du mal à exprimer ce que je
ressens à ma femme et ma vie sexuelle est au rabais
depuis des années...

Jérôme est marié, père de deux enfants et il occupe
un poste administratif dans une grande entreprise. Il
a construit sa maison, ses enfants réussissent bien en
classe, son épouse est une femme gentille et fiable –
bonne mère, bonne maîtresse de maison – et mari et
femme ont deux passions communes : la protection
animale et la collection de jouets anciens.

Ainsi, une partie de leur temps disponible est offert
à la SPA locale et l’autre à la « chine ». Point noir tout
de même : ils n’ont plus guère de relations sexuelles
depuis longtemps. Les choses se sont « endormies »
sur ce plan, me dit Jérôme et sa tendance à
s’autodéprécier l’a amené à penser que c’était parce
qu’il était « nul » sur ce plan que sa femme s’est ainsi
refroidie à cet égard. Il avait bien tenté d’en discuter
avec elle, mais ce fut fait si maladroitement que son

épouse, se sentant agressée, a vite mis le holà à la
discussion. Et le statu quo s’est installé, la chape de
plomb s’est posée sur le problème, cristallisant au fur
et à mesure du passage du temps une espèce de
ressentiment larvé rendant encore plus impossible de
réparer la relation sur ce plan. Et pourtant, ces deux-
là s’aiment...

Voilà donc les caractéristiques de celui qui avait les
problèmes et que nous allons appeler : « Jérôme A ».
Jérôme A est donc venu me voir avec une demande
de psychothérapie. C’est vers le milieu de cette
thérapie, après avoir par d’autres approches
thérapeutiques bien déblayé le terrain de ces
différents problèmes, que j’ai introduit son Moi B :
« Jérôme B. ».

Jérôme B, c’est la métaphore du but poursuivi par
le travail thérapeutique, c’est le modèle idéal vers
lequel tend Jérôme A. Comme vous allez le constater,
Jérôme B est too much : « trop tout » pour être
complètement atteignable, complètement intégrable.
Toutefois il est voué à fonctionner comme un aimant
pour attirer à lui Jérôme A – et aussi comme un
inspirateur et un conseiller pour ce dernier.

J’ai donc prié Jérôme A de me faire, sur le papier, et
de façon aussi extensive que possible, le portrait des
comportements, attitudes, aptitudes, capacités... de
Jérôme B. Voici ce que cela a donné :

Jérôme B :

– à une très solide confiance en soi, une forte et
saine personnalité

– est capable de dire non quand c’est judicieux

– sait ce qu’il veut

– sait affirmer ce qu’il veut en douceur

– ne se laisse pas « marcher sur les pieds »

– est très adaptable : sait trouver la meilleure façon
d’agir et de réagir dans chaque circonstance

– est vif et pétillant

– à de l’humour, aime rire, a envie de rire

– est capable de prendre des décisions, de faire des
choix et de s’y tenir quand c’est judicieux (« Il n’y a que
les imbéciles qui ne changent jamais d’avis ! »)

– est capable de tirer la leçon des événements et
d’aller de l’avant sans regrets stériles du passé

– est constructif

– est combatif à bon escient

– est capable d’émaner un certain charme fait
d’humour, de sourires, d’aisance de comportement et
de pétillance

– privilégie l’interprétation positive de ce qui se
passe dans sa vie

– est actif (sans être activiste)

– est capable de mettre en place des relations
sociales, et à bon escient

– bon communicateur, qui toutefois sélectionne ses
contacts humains

– est obstiné et persévérant, capable d’être parfois
un peu buté (mais pas souvent)

– est capable de relativiser les choses

– ne se prend pas au sérieux mais à une opinion
positive de lui-même : s’estime

– prend seulement au sérieux les choses qui le
justifient

– sait apprendre de ses erreurs, car il a droit à
l’erreur – mais toutefois pas de réitérer les mêmes
erreurs

– ne s’effondre pas quand il se trompe ou qu'il est
critiqué : il a une personnalité assez forte et saine pour
assumer cela et agir en conséquence – corriger ses
erreurs, accepter les critiques constructives, riposter
en cas de critiques destructives...

– est émotionnellement équilibré et est capable de
manifester/ exprimer ses émotions sans gêne ou
culpabilité – que ce soit la tristesse, l’enthousiasme, la
joie, le ressentiment, l’amour, le désir...

– est capable de défendre ses intérêts et ce qui le
concerne

– est très vital, dynamique, car il sait aussi se reposer
pour recharger ses accus

– est indulgent et tolérant envers les autres – mais
pas laxiste

– est créatif

– sait ajuster son comportement et ses façons de
faire pour mettre en place des stratégies de réussite
dans ce qui est important pour lui

– sait envoyer les autres « sur les roses » quand il
pense que c’est positif pour lui/pour ces autres

– aime faire la fête

– est capable d’exprimer, de manifester ses besoins

– est capable de s’émerveiller, de se laisser
surprendre

– sait s’accorder de bons moments
– sait se donner du temps pour lui et même parfois
égoïstement
– accepte le plaisir – est pour le plaisir
– est un amant qui sait donner du plaisir à sa
partenaire et prendre son propre plaisir.

Il y a donc deux Jérôme, A et B, et A a besoin de se
rapprocher de B, de gagner pour soi des éléments
positifs de B. Or, si Jérôme A existe bien, Jérôme B
n’existe pas objectivement : il est juste un portrait tracé
sur du papier et on pourrait penser qu’il n’est qu’une
illusion, magnifique sans doute, mais illusion tout de
même. Ce serait là toutefois méconnaître le côté quasi
magique de la métaphore du Moi B sur le plan
psychologique, et cela pour plusieurs raisons que
vous allez découvrir à présent.

Magique ?

Tout ce qui est créé par un être humain est d’abord
conçu dans son mental. En d’autres termes, pour que
quelque chose se mette à exister pour un homme
(comportement, invention création, action ou autre),
il est indispensable que cela ait d’abord été présent
dans son esprit. En fait, aucun changement
psychologique ne peut se mettre en place tant qu’il
n’a pas été imaginé et, dans ce dernier mot, il y a
image. Le Moi B est la métaphore du but visé (de la
thérapie ou/et du processus de développement de la
personnalité qui a été entamé). Il rend concret ce qui
auparavant était vague (« Je voudrais me sentir mieux

– mieux fonctionner, être mieux dans ma peau... »). Il
est la figuration des objectifs à atteindre et, mieux et
plus que cela, il est en mesure d’inspirer au Moi A de
nouvelles façons d’être et d’agir que le Moi A ne
saurait trouver tout seul. Et aussi, il est cette sorte
d’aimant dont je vous ai déjà parlé et qui va attirer vers
lui le Moi A.

Notez bien que j’ai évoqué plus haut le concept de
« magie ». Au cours de mes recherches scientifiques
en tant qu’ethnologue, j’eus l’occasion d’investiguer
sur les conceptions de la magie dans l’ésotérisme
occidental actuel et de les comparer à celles
véhiculées dans les cultures traditionnelles22. Ce qui
m’a frappée alors c’est l’évidence que, sous ce que
j’appelle « les oripeaux de surface » (c’est-à-dire les
caractéristiques des rituélies, des vêtements et des
accessoires utilisés, les impératifs divers tels que
calendaires, astrologiques, horaires ou autres – toutes
choses extrêmement variables et voire même
contradictoires selon les cultures), il y a un maître-
concept, un maître-mot sous-tendant et explicitant le
pouvoir magique. Ce maître-mot est : visualisation. En
fait, en dernière analyse, lesdits oripeaux de surface ne
servent qu’à aider le psychomental à se focaliser de
façon efficace sur la seule opération qui mérite le

22 Si ce sujet vous intéresse : vous pouvez trouver des
informations à ce propos dans mon article « Double du
monde et double de l’homme dans la magie
occidentale d’aujourd’hui » in Le corps, son ombre et
son double, éd. L’Harmattan, page 293 et suiv.

qualificatif de magique : en ENOC, la mise en image
dans le mental du but visé.

Ceci dit voici venu, je crois, le moment de vous
définir ce que j’appelle ici magie. Cela n’a bien sûr
aucun rapport avec des contacts de quelque nature
que ce soit avec une ou des entités surnaturelles : ceci,
c’est une conception de la magie qui est connotée par
les errements liés au religieux et à la superstition... La
magie dont je vous parle est à la portée de chacun et
elle n’a rien à voir avec la parapsychologie, ni avec les
anges, les génies ou les démons, ni avec de la religion.
En fait, cette magie est psychologique – et dans ce
mot, il y a « logique »... Somme toute, c’est une magie
logique, même si cet ensemble de mots semble...
illogique ! Car, comme je vous l’ai déjà souligné, pour
qu’un être humain concrétise quelque chose qui lui
est nouveau, il doit tout d’abord le créer dans son
mental.

Ainsi, pour en revenir au Moi B, pour que Jérôme A
puisse avancer vers Jérôme B, il doit d’abord le créer,
le concevoir, le voir dans son imagination, le mettre
en scène dans son mental, le regarder vivre, agir,
réagir, se comporter, disposer de ressources inédites.
Le visualiser, en somme, opération magique par
excellence...

Trois petits exercices

Émile Coué23 a dit : « Si l’imagination s’oppose à la
volonté, c’est toujours l’imagination qui gagne ». À

23Il est de bon ton, en France, de dénigrer la « méthode
Coué » – « Nul n'est prophète en son pays », dit le

partir de cela, j’affirme : « Si l’imagination s’allie à la
volonté, c’est l’être total qui gagne ». Qu’est
l’imagination ? Vous l’avez déjà abondamment
rencontrée dans cet ouvrage et donc, comme vous le
savez maintenant, c’est ce que vous pouvez imaginer,
mettre en images dans votre mental, visualiser.
L’imagination peut investir tous vos sens :

• La vue, bien sûr

• Aussi l’ouïe car l’image peut, à l’instar du
cinéma parlant, être sonorisée

• Elle peut aussi concerner l’olfactif, le gustatif
et le tactile.

Faites ces trois petites visualisations pour vous en
convaincre :

• L’olfactif : fermez les yeux, imaginez et
visualisez en vous concentrant bien que vous
êtes en train de respirer des vapeurs
d'ammoniaque de l'embout d'une fiole – on
peut penser que vous auriez tendance à
reculer votre nez de l'imaginaire flacon. Ou,
plus agréable : imaginez que vous respirez un
lys parfumé ou une rose – il se pourrait bien
que vous ressentiez quelques impressions de
sensations olfactives...

• Le gustatif : peut-être que vous n'aimez pas
les huitres (quel dommage !) ou le foie cru :
imaginez que vous en portez à votre bouche

proverbe. Émile Coué est considéré aux États-Unis
comme un des grands anciens et fondateurs dans le
domaine du développement de la personnalité.

– on peut penser que vos papilles gustatives
commencent à se rebeller. Ou bien fermez les
yeux et imaginez que vous coupez un citron
en deux, puis visualisez que vous passez votre
langue sur l’une de ces moitiés – vous
pourriez bien commencer à saliver...

• Le tactile : imaginez qu'il y a des poux qui se
déplaçent sur votre cuir chevelu – il y a fort à
parier que vous sentez de légers picotements
sur votre tête. Plus sympathique : fermez les
yeux et visualisez que vous caressez un chat à
la plus douce des fourrures – il est probable
que vous sentez des micro-sensations dans la
paume de votre main.

Ainsi, pendant ces trois mini-exercices touchant à
l’odorat, au goût et au toucher et si vous y avez été
très attentif, vous avez pu constater que, d’une
certaine manière, votre corps répondait à
l’imagination : par des sensations « comme si » une
odeur vous parvenait, « comme si » le jus de citron
coulait dans votre bouche et que cela vous faisait
saliver, « comme si » votre main ressentait quelque
chose de l’ordre d’un contact très doux... Au besoin,
recommencez ces trois visualisations en vous
concentrant un peu plus et vous pourrez sans doute
mieux vous rendre compte du pouvoir qu’à votre
imagination. Car si votre corps répond à une odeur de
rose, à un goût de citron et à un toucher de fourrure,
tous objectivement inexistants et donc seulement
imaginaires, virtuels, comment concevoir que votre
mental puisse ne pas, lui, être concerné par ce pouvoir
de la visualisation ? Ou, pour vous le dire autrement,

vous pouvez également influencer avec la
visualisation votre psychisme et, à travers lui, votre
comportement, vos façons d’être et d’agir et, à partir
de cela, votre vécu, vos relations et vos réalisations. Tel
est donc le but de cette magie qui peut être initiée par
votre Moi B.

Le Moi B est une métaphore

Pour vous illustrer tout cela, revenons à Jérôme A
et à son cheminement vers Jérôme B. En vous
inspirant de l’expérience de Jérôme et en adaptant les
exercices à votre cas, vous pourrez ainsi, vous aussi,
bénéficier des capacités, des ressources et des conseils
de votre Moi B.

En fait, si j’appelle « Jérôme A » l’homme qui est
venu avec tous ses problèmes à mon cabinet, le trajet
parcouru dans la première partie de la thérapie, avant
d’enclencher la suite et le pouvoir de Jérôme B, a déjà
amené Jérôme A à devenir Jérôme A’. Reste à
continuer la progression. Le schéma qui peut décrire
la poursuite de ce développement de sa personnalité
est le suivant :

• Première partie du travail :

Jérôme A → thérapie → Jérôme A’

• Suite :
Jérôme A’ + création et utilisation de son Moi B

• Donne :

Jérôme A'A'A'A'B → Jérôme A'A'A'BB →
Jérôme A'A'BBB . Etc.

C’est cette démarche qui nous intéresse ici.

Le Moi B est une métaphore et on ne devient pas
une métaphore. Ainsi, le Moi B est cette figuration
idéale dont j’ai déjà dit qu’elle était inatteignable : le
but n’est pas de devenir le Moi B mais de s’en
approcher suffisamment pour lui « voler » ses
caractéristiques désirables, pour puiser en lui les
qualités et aptitudes utiles, et même pour lui
« demander » quoi faire, comment réagir, au mieux
dans les circonstances posant problème.

Pour que vous compreniez bien cela, voici le récit
de trois des séances au cours desquelles Jérôme A’
s’est servi de Jérôme B.

Le Moi B corrige le passé

Jérôme A’ garde « sur le cœur » un souvenir lointain,
une avanie subie alors qu’il avait dix ans. Cela se
passait à l’école : le surveillant, pour une raison qui
échappait complètement au petit Jérôme, l’a saisi par
l’oreille pendant une récréation, l’a traîné ainsi au
milieu de la cour en criant, en le secouant et en
traitant l’enfant de « petit débile » devant les autres
enfants hilares. Le jeune garçon s’est réfugié dans un
coin pour pleurer aussitôt après que l’homme l’eut
lâché, sentant toujours sur lui le regard ironique des
nombreux témoins.

C’est là la scène telle qu’elle s’était passée quelques
trente ans auparavant. En me la racontant, Jérôme
adulte ressentait encore des émotions négatives :
humiliation, sentiment d’impuissance et d’injustice et
un grand mécontentement de soi d’avoir subi cela
sans réagir autrement que par des larmes et la
rétractation. Et comment aurait-il pu/dû mieux

fonctionner ? Il est de fait qu’à l'âge de dix ans Jérôme
était déjà de tempérament réservé, aussi Jérôme
adulte que j’ai en face de moi ne voit pas comment il
aurait pu/dû faire autrement à l’époque pour sortir de
la séquence avec un gain psychologique plutôt
qu'avec une défaite psychologique.

Si Jérôme A’ ne trouve pas comment le petit Jérôme
qu’il était autrefois aurait pu s’en tirer à meilleur
compte, Jérôme B, lui, peut le découvrir – et
gaillardement ! Car Jérôme B, enfant, est déjà
largement en germe ce qu’est Jérôme B adulte : il
suffit de le « rajeunir » dans l’imaginaire en lui gardant
ses caractéristiques propres, mais en plus jeune24.

Vous, mon lecteur, vous pourriez, juste à titre
d’exercice préalable, fermer maintenant les yeux et
imaginer, visualiser, ce que le jeune Jérôme B (dont
vous avez le portrait psychologique plus haut) aurait
fait et comment il aurait réagi dans la scène en
question. Et peut-être également comment, à l’âge de
dix ans, le jeune Indiana Jones, ou Mrs Peel (l’égérie
de la série TV Chapeau melon et bottes de cuir), ou

24 Si vous n’êtes pas convaincu, pensez à l’un(e)
quelconque de vos héros ou héroïnes et imaginez
comment il/elle se comportait en étant enfant – se
comportera en étant plus âgé(e). Comment sera Fifi
Brin d’Acier à trente ans ? Comment était
Schwarzenegger à douze ans ? Comment réagissait
d’Artagnan à dix ans ? Comment fonctionnera Scarlett
O’Hara à cinquante ans ? Ou bien votre oncle Charlie
de quarante-cinq ans, qui tape sur l’épaule de tout le
monde et que chacun adore : comment était-il à onze
ans et sera-t-il à soixante-quinze ans ?..

votre propre Moi B, auraient fonctionné face à ce
même stimulus : cela vous montrerait que le choix de
réactions est vaste et que chacun de ceux-là sort, à sa
manière bien personnelle, vainqueur de l’épisode.

Peut-être vous demandez-vous maintenant à quoi
ce retour vers le passé et un épisode-stress va servir au
développement de la personnalité de Jérôme, celui
d’aujourd’hui et de demain ? Le passé n’est-il pas
supposé être mort et enterré ? Certes, c’est ce qu’il
devrait être. Mais l’expérience montre que chacun
d’entre nous « traîne des casseroles ». Ce sont des
espèces de « mines flottantes » qui peuvent nous
éclater en plein visage dès que se présente un
stimulus ayant quelque analogie avec le stimulus
initial. Et il est de fait que Jérôme A s’était trouvé à
plusieurs reprises en butte aux sautes d’humeur
imprévisibles et querelleuses d’un collègue de travail,
son subordonné d’ailleurs. À chaque fois, il avait réagi
à la manière initiale : mortifié, il s’était rendu dans son
bureau pour ruminer sur son incapacité à riposter et
sur l’idée qu’il s'était encore ridiculisé en se laissant
« marcher sur les pieds ». Ce n’est qu’à partir du
correctif apporté à la scène initiale par Jérôme B que
Jérôme A a pu, tout d’abord, concevoir d’autres
façons de se comporter, victorieuses cette fois-ci pour
son ego et, ensuite, utiliser ces nouveautés et se faire
enfin respecter – aujourd'hui et demain. Et sans
dégâts, encore !... « Corriger le passé » est, en
psychothérapie et dans le développement de la
personnalité, un des moyens de neutraliser de vieilles
et nuisibles empreintes et aussi d'apprendre à mieux
fonctionner pour le présent et pour l'avenir.

Car le Moi B est source de nouveaux
comportements auxquels le Moi A n’aurait
probablement jamais pu penser et encore moins
actualiser. Il permet également de mettre
mentalement en scène ces nouvelles attitudes, de
juger de leur effet sur l’environnement et de leur
efficacité à solutionner les situations à problèmes :
visualisation, toujours.

Le Moi B trouve les solutions pour une difficulté du
présent

Jérôme A’ souhaite changer de travail car son poste
purement administratif lui pèse. Compte tenu de la
grande taille de l’entreprise dans laquelle il officie (une
multinationale « à l’américaine »), il y a de réelles
possibilités d’évolution interne. Ce que vise notre
homme, c’est travailler dans un domaine où il y a
beaucoup plus de contacts humains, dans le service
du personnel ou quelque chose d’analogue. Pour cela,
il doit à la fois en aviser qui de droit et obtenir les
formations complémentaires nécessaires. Jérôme A
aurait été inapte à agir en ces sens, Jérôme A’ s’en
sent bien capable, lui : il a déjà acquis de la confiance
en soi, une meilleure aptitude à se mettre en avant, du
tonus et de l’esprit de décision. Toutefois, il ne sait pas
très bien comment se comporter, quelles attitudes
avoir, quelle gestuelle et quelle « présence »
manifester. Et c’est là qu’intervient Jérôme B. Voici en
abrégé ce que Jérôme A’ a découvert lors de cette
séance de thérapie :

Moi :

– Je vous invite à fermer les yeux et à imaginer,
c'est-à-dire visualiser, un bureau classique de décideur
comme il en existe dans toutes les grandes entreprises.
C’est dans ce bureau que va entrer Jérôme B dont le
but est de convaincre le décideur de la pertinence de
sa volonté de changer d’orientation professionnelle
au sein de l’entreprise. Attention : ce n’est pas à la
teneur du discours de Jérôme B que vous devez vous
attacher, car là vous serez dans le registre du
conceptuel et du Conscient, alors que ce que vous
visez en faisant cette visualisation est de découvrir et
d’intégrer au niveau de l’Inconscient de nouveaux
comportements et façons d’être. En d’autres termes,
n’inventez par un dialogue mais visualisez
l’interaction entre Jérôme B et la personne en
question. Et lorsque je dis « visualisez », cela signifie
non seulement que vous devez créer et voir la scène
dans votre regard intérieur avec le maximum de
netteté possible, mais que ce film doit être sonore :
vous devez entendre la voix de Jérôme B, son timbre,
son phrasé, son côté assuré et bien posé, et aussi
percevoir son comportement, ses gestes, son regard
franc et ouvert, sa façon d’occuper l’espace avec ses
mains et son corps... Créez cela dans la logique de ce
qu’est Jérôme B tel que vous l’avez décrit sur le papier.
Et racontez-moi ce film en même temps que vous le
créez.

Jérôme, ferme les yeux. Il commence sa
visualisation et son récit en me décrivant la pièce dans
laquelle Jérôme B va entrer. S’y trouve le décideur
(qu’il connaît déjà) attendant son visiteur, puis
l’arrivée de celui-ci. Jérôme B entre. Il est souriant,

confiant en lui, convaincant – charismatique, pour
tout dire. Sa voix est calme et claire, bien timbrée,
expressive. Ses gestes sont efficaces pour ponctuer ce
qu’il dit – ni trop, ni trop peu. Son regard est
énergique et direct. Il s’est assis en face de son visiteur
et il parle avec ce que Jérôme A’ appelle « une force
tranquille ». Jérôme B écoute son vis-à-vis avec
attention quand celui-ci s’exprime, puis prend un
court instant pour réfléchir et enchaîne tout en
continuant à manifester les mêmes caractéristiques
d’aisance, de paisible assurance et de conviction.

Quand sa narration est terminé, je prie Jérôme A’
de rouvrir les yeux et de me dire comment il juge la
prestation de Jérôme B dans sa visualisation :

– Oh, super ! Si je fonctionne comme cela, je
remporte le morceau, c’est sûr !

– Qu’y aurait-il d’impossible à cela ?

– Mais... Rien, à vrai dire.

À ce moment, Jérôme A’ prend subitement
conscience qu’agir de cette manière-là, non
seulement est naturel et n’a rien d’impossible, mais
qu’en plus, cela ne comporte aucun danger d’aucune
sorte pour lui. Il réalise que nombre de personnes se
comportent ainsi dans ce genre de situation et
qu’aucun péril ne les guette ce faisant. Bien au
contraire même : de telles attitudes sont porteuses de
succès !

Alors, pourquoi Jérôme A’ avait-t-il du mal à se
lancer dans l’objectif visé ? Mais parce qu’il avait des
peurs : peur de montrer de l’insuffisance personnelle,
peur de ne pas être à la hauteur pendant l’entretien,

peur de ne pas parvenir à s’adapter en cas de choses
inattendues et de ne pas trouver de réponse à
d’éventuelles questions embarrassantes, peur de ne
pas être convaincant, de bafouiller, de rougir...

Et savez-vous ce qui se passe en cet instant,
pendant cette séance de psychothérapie ? Jérôme A’
intègre les messages que Jérôme B vient de lui
délivrer : la séquence peut tout à fait être jouée à la
manière de ce dernier. En d’autres termes, Jérôme B
vient de faire découvrir à Jérôme A’ de nouveaux
modes de fonctionnement pour ce genre de situation
et de lui prouver que c’est parfaitement jouable.
Jérôme B vient d’inspirer à Jérôme A’ de meilleurs
comportements ou, plutôt, Jérôme A’ vient de les
puiser dans Jérôme B. Jérôme A’ vient de s’enrichir de
façons d’agir inédites qu’il n’aurait pas pu croire
possibles, paralysé qu’il était auparavant par des
convictions quant à ses capacités – ou plutôt
incapacités – dans ce genre de situation.

Le reste est simple. Après les découvertes que
Jérôme A’ a faites lors de sa visualisation initiale, il
suffit de lui faire utiliser une technique mentale pour
lui permettre d’intégrer dans son être ces nouveaux
comportements afin qu’ils commencent à faire partie
de lui. Un peu plus loin dans ce chapitre je vous dirai
comment faire.

Le Moi B est fort et sain

Notez bien que, à travers cette expérience que
Jérôme A’ vient de vivre, il vient aussi de prendre
conscience d’autre chose : l’attitude de Jérôme B,
dans sa visualisation, a influencé le comportement du

décideur envers lui. Et cela de manière
imparablement logique. Notre homme vient de
comprendre de lui-même une des règles de base de la
communication interpersonnelle : chacun de nous a
le pouvoir d’influencer le comportement de l’autre
envers soi !

Mais oui ! Vous pouvez certainement vous souvenir
de ces genres de vécu :

• Une personne s’approche de vous et vous
tend la main avec un large sourire et un
regard bienveillant : vous vous sentez
rapidement en confiance et vous souriez –
comme la plupart des gens dans un tel cas.

• À l’inverse, une personne vous tend la main
d’un air timide et en évitant de vous regarder :
vous vous sentez quelque peu embarrassé ou
mal à l’aise – comme la plupart des gens dans
cette situation.

• Ou encore : quelqu’un vient vers vous avec
les sourcils froncés et l’air agressif. Vous
sentez une montée d’adrénaline et vous vous
mettez mentalement en position
d’autodéfense – comme la plupart de ceux
qui vivent ce genre d’événement.

Que s’est-il donc passé dans ces trois cas ? L’attitude
de votre interlocuteur a eu le pouvoir d’influencer
votre attitude envers lui. Eh bien, cela marche, bien
sûr, également dans l’autre sens : vous aussi, vous
induisez le comportement de l’autre envers vous. Et là,
votre Moi B pourra vous être de la plus grande utilité
pour vous montrer des différentes – et des meilleures

– façons d’agir afin que vos contacts humains soient
plus féconds et plus positifs. Car le Moi B étant, par
définition même, une forte et saine personnalité, son
impact sur autrui sera nécessairement marqué par ces
caractéristiques.

Or, la nature humaine est ainsi faite que – sauf cas
pathologique – on n’attaque par les forts. Les
humains ne sont pas « maso » au point de courir
aisément le risque de la défaite dans les relations
interpersonnelles. Non : on tend à n’attaquer que
ceux dont on sent bien qu’on peut les vaincre, les
harceler, les dominer, les dévaloriser... – gagner sur
eux, en somme. Et on laisse les autres tranquilles.

Ainsi le Moi B est, par sa nature même fort et
sainement sûr de lui. Il n’est pas « mégalo » mais il se
sait et se sent empli de capacités et de ressources. Il
n’est pas un héros mythologique, mais il fonctionne
comme un être humain éminemment adaptable,
toujours « branché » sur les solutions et jamais noyé
dans les problèmes – constructif, positif, évolutif,
véritablement force tranquille et guerrier pacifique.
Qu’il appartienne à un homme ou à une femme, le
Moi B est, je le répète, un inspirateur et un catalyseur
de nouvelles et meilleures façons d’être et d’agir, un
but dont on a envie de se rapprocher et un aimant qui
attire vers lui.

Brigitte

Voici, simplement à titre d’exemple de Moi B
féminin, celui de Brigitte, trente-cinq ans, mère
célibataire d'un garçon et coiffeuse, très soignée de sa
personne, plutôt seule sur le plan sentimental. Elle est

également inhibée, a peu confiance en elle et est
généralement plutôt morose qu’expansive, plus
effacée qu’extravertie, plus méfiante qu’ouverte. Je la
prie de créer Brigitte B sur le papier et cela donne :

–très adaptable

–dynamique et active

– sûre d’elle

– humoristique et même piquante

– très féminine

– créative

– bien dans sa peau

– agréablement optimiste

– s’aimant

– gaie

– sait s’occuper d’elle, débrouillarde

– aime la vie

– ne se plaint pas, mais réagit en trouvant des
solutions

– sociable, avec une communication facile, tout en
restant prudente et avisée (elle ne se lie pas avec
n’importe qui)

– patiente

– confiante en l’avenir

– courageuse

– pointe le positif dans ce qu’elle vit

– capable de se montrer séduisante/d’accepter de
l’être

– n’a pas peur d’être rejetée

– coquine dans le bon sens du terme, c’est-à-dire
mutine

– sentimentalement stable

– tempérament artiste

– raisonnable

– enthousiaste

– mignonne, capable de plaire

– pas repliée sur elle, donc ouverte

– capable de faire confiance quand c’est judicieux

– indépendante d’esprit

– communique bien avec les autres

– résout toujours ses problèmes

– ne se laisse pas marcher sur les pieds : sait riposter,
sait répondre

– très vivante

– intuitive

– a de la présence d’esprit et du sang-froid

– fine mouche, c’est-à-dire astucieuse dans le bon
sens du terme

– personnalité solide et constructive

– capable de tirer la leçon des événements et d’agir
en conséquence.

Pour Brigitte, rien que le travail avec Brigitte B lui a
permis en un an et demi non seulement d’ouvrir son
propre salon de coiffure et d’y fidéliser la clientèle,
mais aussi de rencontrer le compagnon qui partage
aujourd’hui sa vie et avec qui elle a su nouer une
relation épanouissante pour les deux partenaires (et
pour son fiston en prime). Quelle différence avec

Brigitte A d’autrefois qui, ayant été échaudée
sentimentalement, se comportait de façon coincée,
méfiante et pessimiste quand un homme s’intéressait
à elle – tant et si bien qu’il finissait inévitablement par
fuir cette ambiance tristounette, ce qui ne manquait
pas d’alimenter encore chez cette femme le manque
de confiance en elle, en l’autre, en la vie.

Tant il est vrai qu’on est largement créateur de
l’attitude de l’autre envers soi...

Les « mariages » du Moi B

Le Moi B est un personnage de grande qualité, mais
il ne saurait être autre chose qu’un être humain et, en
tant que tel, il reste nécessairement limité de quelque
manière. Or, on peut faire évoluer et enrichir son Moi
B en le « mariant » avec une autre personnalité, elle
aussi de qualité, afin que des caractéristiques utiles
complémentaires puissent se dégager et être
adjointes à celles qu’il a déjà. Plutôt que de mariage, il
faudrait d’ailleurs parler ici de « fusion ». Pour vous
donner des exemples de ce type d’union intime, voici
les fusions que Jérôme A’ a choisi pour Jérôme B – et
qui lui seront utiles dans certains cas, plus
« spécialisés » que pour Jérôme B tout seul.

Fusion de Jérôme B avec Milton Erickson25 :

– très grande aisance relationnelle

25 Milton Erickson ( en 1981) immense psychiatre et
hypnothérapeute américain dont les travaux et
découvertes sont à la source de la plupart des
approches en thérapies brèves : PNL, école de Palo Alto,
nouvelle hypnose dite ericksonienne.

– très grande capacité à guider autrui

– très grande capacité de discernement

– très grande capacité à se fixer des objectifs
raisonnables et réalistes

– très grande capacité à savoir jouer de l’effet de
surprise

– regard très profond et très humain, qui sait
toucher l’autre au coeur, qui dégage une grande
chaleur humaine

– sait jouer avec les mots

– sait aider la personne à se ressaisir

– très grande simplicité

– c’est quelqu’un qui a une très grande confiance
en lui, qui sait que s’il a besoin de ressources, il les
trouve en lui ou à l’extérieur, et il sait les utiliser. Il sait
que chacun à en soi les ressources utiles pour se faire
une vie agréable et épanouissante

– sait se fixer des objectifs précis, justes et adaptés à
ce qu’il fait

– il communique très facilement

– il y a des côtés ludiques c’est-à-dire qu’il sait jouer
avec humour, sourire, tout en sachant garder son
sérieux et sa rigueur. Son humour est employé à bon
escient

– il a une voix très agréable, chaleureuse, profonde,
qui chante et qui peut être hypnotique

– en tant que conjoint, c’est quelqu’un de très
agréable qui sait se faire plaisir autant qu’il sait faire
plaisir à l’autre. Il adore le contact physique, c’est-à-
dire toucher et être touché

– il sait que le corps et l’esprit sont très intimement
liés

– en tant que père, il sait être très attentif et à
l’écoute des enfants. Il sait les encourager dans leurs
choix tout en sachant aussi argumenter quand il
estime que ces choix ne sont pas bons. Ainsi, il sait dire
non et mettre des limites. Il sait aussi s’amuser avec ses
enfants. Il sait faire ressortir les choses et les éléments
qui sont positifs et constructifs pour l’enfant.

Lorsque j’ai demandé à Jérôme A’ en quoi ce
« mariage » modifiait Jérôme B, il m’a répondu :

– Il a encore davantage d’assurance. De plus
grandes qualités relationnelles, d’écoute et de
compréhension d’autrui. Également plus de métier,
de professionnalisme que pour Jérôme B tout seul.
Aussi, une plus grande capacité à guider, à aider
autrui, à le conseiller. D’une certaine manière, il y a là
aussi une aptitude à être meilleur pédagogue quand
c’est utile.

Fusion Jérôme B avec le « guerrier pacifique »
(personnage issu d’un livre de chevet de Jérôme)

– à un humour de tous les instants, décapant, qui
fait voler en éclats toute tentative de se prendre la
« grosse tête »

– a conscience de sa valeur et de ce qu’il peut
apporter à autrui

– à une très grande conscience de son corps, une
souplesse de chat qui retombe toujours sur ses pattes

– a un corps en excellente santé, souple, entraîné
par une activité physique bien adaptée

– a une phénoménale capacité de compassion
pour autrui

– il sait susciter chez l’autre : l’envie de grandir, la
curiosité, l’ouverture d’esprit

– est en phase complète avec la nature

– est très adaptable et flexible tout en sachant
progresser vers ses objectifs avec la persévérance utile

– quand quelque chose ne marche pas, sait
découvrir et se donner d’autres moyens et d’autres
méthodes

– sait prendre un grand plaisir aux petites choses de
la vie

– a un regard très profond, un vrai regard d’aigle

– sait être tranchant quand c’est nécessaire

– charisme très puissant qui impose le respect

– est un excellent pédagogue

– sait montrer aux autres comment prendre des
risques calculés, se lancer des défis – et gagner

– c’est un amant qui sait se libérer des tabous
inutiles

– a une prestance qui lui fait prendre naturellement
une fonction de leader mais pas d’autocrate

– sait montrer aux autres les perspectives qui leur
permettent de grandir psychologiquement

– à une grande personnalité tout en sachant ne pas
écraser autrui.

L’apport positif de ce nouveau « mariage » m’a été
décrit ainsi :

– Par rapport à Jérôme B, il y a là plus de maturité.
Et, paradoxalement, plus de constance et plus
d’imprévisibilité tout à la fois. Une plus grande
capacité à lâcher prise avec confiance, plus de
potentiel de créativité dans ce que je peux apporter
aux miens et aux autres, une meilleure aptitude à
aider les autres à se découvrir, à aller à leur meilleur
niveau, et cela sans rien d’agressif. Pour moi, j’y trouve
aussi un meilleur ancrage dans mon corps et plus de
respect pour cette partie physique de mon être, ainsi
que l’envie d’en prendre soin. Ce mariage-là m’amène
aussi à plus d’amour pour la nature.

Modélisez

En fait, en fonction de ses besoins, Jérôme A’ va
avoir le choix de « modéliser » Jérôme B ou l’une ou
l’autre de ces fusions – ou encore tout autre
« mariage » de Jérôme B avec un nouveau
personnage.

Modéliser, voici donc le terme technique désignant
cette appropriation/intégration de nouveaux
comportements via la création et l’utilisation du Moi B
(« marié » ou non) : la modélisation, c’est bel et bien la
mise en place en soi de modèles de comportement
meilleurs.

Voici comment vous ferez :

Tout d’abord, rédigez sur le papier le portrait de
votre Moi B en vous basant pour cela sur les façons
d’être, d’agir, de réagir, de fonctionner, de vous

comporter que vous jugez être bonnes et désirables
pour vous en fonction de la logique de votre vie.
Attention : ne faites pas un portrait de
surhomme/surfemme, de dieu/déesse, de titan – mais
bien celui d’un être humain, certes de haut niveau,
avec de grandes qualités et pourvu de belles capacités.
Pas de « science infuse » s’il vous plaît (votre Moi B
n'est un maître en physique quantique que si vous-
même l'êtes déjà ! – et sachez que tout apprentissage
de connaissances intellectuelles doit être fait au
niveau du Conscient), ni de pouvoirs
parapsychologiques du genre baguette magique...

Pensez aux différents domaines de la vie : l’action,
le relationnel, l’affectif, le physique, etc. Dans la
mesure où votre Moi B est un être humain, il n’a pas
que du positif : il a aussi droit à quelques (petits)
défauts.

Les caractéristiques minimales impératives sont :

• Une forte et saine personnalité

• Une grande capacité d’adaptation

• La capacité à toujours résoudre ses
problèmes.

Au-delà de ces trois aspects, laissez-vous inspirer par
vous-même, par votre vie et votre environnement et
par les aptitudes qui vous semblent souhaitables pour
vous permettre de réussir votre existence, vos
contacts, vos projets. Ainsi, vous ne ferez pas le même
Moi B si vous aspirez à devenir général d’armée que si
vous voulez dynamiser vos talents de commercial.
Soyez logique.

Un Moi B bien portraitisé et qui va bien vous servir,
c’est au moins deux pages de caractéristiques. En
d’autres termes, efforcez-vous de bien le détailler, ne
vous arrêtez pas au bout de quelques lignes, sinon
vous ne « sentirez » par votre moi B : il ne sera qu’un
peu d’encre sur du papier et il n’aura aucune
substance, ni consistance, ni épaisseur pour vous.

Vous pourrez par la suite le « marier » à votre
convenance, toujours sur le papier, en respectant son
humanité et les conseils ci-dessus. Quand vous
voudrez procéder à une telle fusion Moi B avec un
personnage, sachez que ce dernier doit
nécessairement être de même sexe et qu'il peut être :

• Quelqu’un que vous connaissez ou avez
connu en chair et en os (oncle Pierre, tante
Marie, ou votre ami(e) Étienne/Chantal, ou
votre ennemi(e) Gilles/Mélissa...) que vous
jugez « tellement ceci », « si bien cela »...

• Ou bien un personnage de fiction (issu d’un
roman, d’un film...), ou historique (mort), ou
d’actualité (donc vivant : acteur, personnage
célèbre...).

Toutefois, avant de chercher à marier ainsi votre
Moi B, utilisez-le d'abord à votre convenance tel quel
pour déjà en tirer la quintessence.

Quand vous servir de votre Moi B ?

• Quand vous redoutez de ne pas être à la
hauteur dans un événement (précis) auquel
vous savez que vous allez être confronté

• Quand vous n’avez pas été bon dans une
situation passée – pour découvrir comment

vous auriez pu y réussir (et ainsi apprendre
comment mieux faire quand une situation
analogue se présentera – dans le présent ou
le futur)

• Quand vous êtes trop souvent « mauvais »
dans une situation qui arrive parfois et que
voulez avoir accès à d’autres façons de vous
comporter les prochaines fois où cela se
présentera

• Pour trouver des solutions, une source
d’inspiration, afin de résoudre une situation
au sujet de laquelle vous êtes embarrassé.

La procédure

Imaginons que vous avez sur le cœur l’entretien
d’embauche de hier, pendant lequel vous avez
vraiment « perdu les pédales » et avez
lamentablement échoué. Vous ne voulez pas que cela
se reproduise lors d’un futur événement de même
nature. Voici comment vous ferez pour intégrer les
aptitudes à y être bon en les puisant dans votre Moi
B:

• Fermez les yeux et visualisez votre Moi B à
votre place dans la scène de hier. Voyez
comment il se comporte, agit, réagit.
Imprégnez-vous de son ton de voix, de ses
gestes, de ses attitudes et regards. Ne vous
occupez pas de faire des dialogues mais
seulement de créer et d’observer les façons
d’être et de faire de votre Moi B dans cette
circonstance. Il est bien évident que votre Moi
B doit être bon, efficace, convaincant,

charismatique, etc. – et donc il réussit bien
dans cette prestation. C’est normal : il a
nécessairement et par définition bien plus de
capacités, de ressources et d’aptitudes que
vous, n’est-ce pas ? C’est en cela qu’il vous est
utile et qu’il vous apporte ses atouts : vous
n’avez plus qu’à vous servir dans ce
« réservoir » de talents qu’il représente

• Faites ce film plusieurs fois, trois à cinq fois de
suite et avec beaucoup de soin et d’attention.
Améliorez au maximum possible la prestation
de votre Moi B, jusqu’à ce que vous l’ayez vu
fonctionner au top niveau dans cette
situation. Rouvrez les yeux pendant environ
une minute pour bien faire une séparation
entre chaque visualisation du film

• Toujours yeux fermés, revisualisez plusieurs
fois de suite (trois à cinq fois et avec la même
interruption d’une minute entre chaque
visualisation du film) le même film dans sa
meilleure version, sauf que là, vous vous
observez vous-même dans la scène
(dissocié(e) de vous-même, c’est-à-dire que
vous êtes spectateur/trice et que vous vous
voyez de l’extérieur) en train de fonctionner
exactement comme votre Moi B auparavant.
En d’autres termes et pour que cela vous soit
bien clair : vous vous voyez imiter aussi
étroitement et exactement que possible le
comportement, les attitudes, expressions... de
votre Moi B dans l’étape 1 ci-dessus, comme si
vous étiez un acteur/trice ayant pour mission

d'adopter ces exactes manières d’être/d’agir
pour jouer la scène. Ce n’est donc plus le Moi
B qui est sur scène, mais vous

• Yeux fermés, refaites encore plusieurs fois de
suite (trois à cinq fois et avec la même
interruption entre chaque reprise) la même
visualisation, sauf que cette fois-ci, vous jouez
ce même rôle de l’intérieur, c’est-à-dire
associé(e) à vous-même : ainsi, vous ne vous
voyez plus de l’extérieur, vous êtes dans votre
corps de la scène et vous êtes bien celui/celle
qui joue le rôle à la perfection, à la manière
précise du Moi B dans l’étape 1 ci-dessus.

Ce faisant, qu’avez-vous donc fait ?

Vous avez :

• Imaginé, créé, conçu de nouveaux
comportements, beaucoup plus positifs et
riches que ceux que vous aviez auparavant –
grâce à cette métaphore qu’est le Moi B. Vous
avez aussi pu voir à l'œuvre ces autres façons
d’agir et de réagir et vous rendre compte
qu’elles fonctionnent, obtiennent du succès,
sont de vraies solutions

• Vous avez commencé à vous approprier ces
nouveaux comportements en vous
entraînant mentalement à les utiliser. En
mode dissocié, cela ne vous concernait pas
encore, car il faut tout d’abord « apprivoiser »
votre capacité à « croire » que vous êtes bien
capable de les adopter, de vous en servir.
Vous vous êtes vu(e) les manifester et vous

avez alors pu constater que cela n’avait rien
d’impossible ni de redoutable et que cela
« marchait ».
• Vous avez ensuite assimilé, intégré ces
nouveaux comportements en vous associant
à vous-même dans la visualisation. Vous avez
alors pu sentir que la scène était tout à fait
jouable de cette manière-là et que cela n’a, en
réalité, rien de difficile de parvenir à vous
comporter ainsi.
En ayant procédé ainsi, non seulement vous avez
éliminé de votre psychomental la charge
émotionnelle liée à l’échec passé, mais vous avez
acquis de nouvelles capacités. Bien sûr, vous ne
réitérerez pas dans la vie réelle la totalité de ce que
votre Moi B vous aura ainsi communiqué. Mais n’y en
aurait-il que 50 %, que ce serait déjà très bien – et
infiniment mieux que ce que vous auriez pu exprimer
ou produire avec les seuls atouts de votre Moi A – qui,
lui, a déjà fait la preuve qu’il n’était pas très bon dans
ce genre d’occurrence...

Passer par un « autre Moi »

Cette intégration progressive en trois étapes peut,
bien faite c’est-à-dire avec une suffisante
concentration 26 et en ENOC, réaliser des miracles
pour vous. Mais peut-être vous demandez-vous à
présent pourquoi passer par le Moi B pour parvenir à
un tel résultat ? Ne suffirait-il pas de faire la même

26La ferme concentration est une forme d'ENOC.

chose en se visualisant soi-même avec de meilleures
façons de faire dans la scène ?

Non : cela ne marcherait pas parce que nous
sommes, précisément, soumis à ce qui nous limite.
Tout ce que l’on obtiendrait en procédant ainsi serait
de se trouver confronté aux « coinçages » initiaux.
Rien en nous ne « croirait » que ce soit possible
autrement que cela n’a déjà eu lieu, et l’on
retomberait dans les insuffisances, voire on les
cristalliserait en les réactualisant mentalement. C’est
précisément parce qu’on passe par un « autre que le
Moi A », le Moi B, que l’on peut désinvestir son Moi A
du problème et enclencher les solutions. Ne sautez
pas le point 1 de cette procédure, car ce serait tout à
fait contre-productif.

Pour vous aider, voici encore un autre exemple
d’utilisation de votre Moi B. Ainsi vous serez bientôt à
même de commencer à enrichir votre personnalité et
vos moyens grâce à cette simple mais efficace
procédure de modélisation.

Supposons que vous ne savez pas comment réagir,
ni quelle attitude adopter, pour calmer le jeu en
rentrant ce soir à la maison. En effet, vous vous êtes
disputé(e) avec votre aimé(e) ce matin. Ce n’est pas la
première fois que cela vous arrive et vos façons
habituelles de réagir ont en général plutôt enclenché
une poursuite du conflit qu’un souhaitable
apaisement. Ceci est d’ailleurs la preuve manifeste
que votre Moi A n’a pas eu, à ce jour, la flexibilité et la
souplesse comportementales utiles pour résoudre
cette problématique. Alors, pour changer cela :
demandez conseil à votre Moi B.

Pour ce faire, vous utiliserez la même procédure en
trois étapes, étant entendu que, nécessairement et de
par sa nature même, votre Moi B résout le problème.

Ce qui nous amène à évoquer le seul « piège »
possible dans cette procédure : si le Moi B ne trouve
pas de solution (alors qu’une de ses caractéristiques
impératives est : résout toujours ses problèmes,
comme vous l’avez vu plus haut), c’est que vous
« plaquez » sur lui vos propres insuffisances (ou, pour
le dire moins gentiment : vous le contaminez de vos
insuffisances). En d’autres termes, vous faites le travail
à l’envers : votre Moi A pollue le Moi B au lieu d’être
enrichi par lui ! Si cela arrivait, rouvrez bien vite les
yeux pour sortir de la visualisation, allez prendre un
thé et recommencez ensuite, mais de la bonne
manière.

Voilà. Vous savez maintenant comment vous servir
de cette merveilleuse et si utile métaphore de votre
autre Moi idéal qu’est votre Moi B. Le créer, c’est vous
donner les moyens de sortir de vos limitations
facilement, rapidement et efficacement. Cela peut
changer votre vie (cela a déjà changé en mieux
beaucoup de vies). Je vous souhaite de découvrir
toutes les richesses qu’il peut vous offrir. Prenez-les lui,
volez-les lui, appropriez-vous les... Et laissez-vous
attirer, aimanter, par lui : votre chemin de vie sera
alors pavé de succès et de joie...

*************

Et pour conclure cet exposé sur les métaphores,
voici maintenant le moment pour vous de découvrir
certains des plus anciens fondements de votre Être –

de ceux qui ont contribué à faire de vous ce que vous
êtes devenu…

7 – Prenez rendez-vous avec
vos tous premiers modèles

Nous tombons tous de notre
enfance. Toi, tu t’es peut-être blessé
en tombant… / Jean Cocteau

Vous allez le constater : votre Moi s’est structuré sur
la base de métaphores. Pour terminer ce livre, je veux
maintenant vous offrir un cadeau : je vais vous faire
rencontrer les personnages qui, dans votre enfance,
vous ont permis de mettre en place les premières
structurations de votre Être, de votre psychomental.

Quand on est un jeune enfant, on est un peu
comme une page vierge. Bien sûr, cette page a déjà
une « couleur » – qui est faite des toutes premières
interprétations que l’on a faites au niveau inconscient
en ressentant, en voyant agir les proches et en vivant
certains événements (faim, plaisir, conflits...), qui
« colorent » déjà un peu la personnalité en mode plus
ou moins positif et constructif. Mais cela ne suffit pas,
car le jeune enfant à besoin de références, de modèles,


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