L’architecte a dessiné jusqu’à Du grès cérame habille les salles
la tête de lit et a choisi les de bains. Lavabo Alape, bac de
interrupteurs en bakélite noire douche Duravit et robinetterie
THPG. Dornbracht.
3 1 2 1 2 3
2 1
1 1
4 1
R+1 R+2
1 chambre 1 séjour
2 salle d’eau 2 cuisine
3 sauna 3 chambre d’appoint
4 terrasse
3 5
4
2 REZ-DE-CHAUSSÉE
6 1 entrée-vestiaire
1 2 dortoir
3 salle d’eau
4 buanderie
5 local technique
6 garage
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AMÉNAGEMENT | INTÉRIEUR
Le mobilier intégré de la
chambre des parents est
également réalisé en pin naturel.
Au sol, de la moquette gris foncé
crée un lien avec les murs peints.
« pour défendre un patrimoine,
il faut qu'il vive et évolue, sinon
on tombe dans le pastiche et
c'est la mort assurée. »
Alireza Razavi, architecte
AMÉNAGEMENT | INTÉRIEUR
La cuisine donne sur le vide
de l’escalier menant au dernier
étage. Les fenêtres sont des
carrés de mêmes dimensions.
L’absence de contremarches
sur l’escalier reliant les chambres
En mélaminé noir, les meubles et le séjour crée un lien agréable
de la cuisine Schmidt suivent la entre ces deux niveaux, relation
pente du plafond. Parquet en qui n’existe pas avec le rez-de-
chêne de chez Admonter. chaussée assimilé au froid.
4
3
1 COUPE TRANSVERSALE
2
1 garage
2 local technique
3 chambre
4 séjour
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AMÉNAGEMENT | INTÉRIEUR
Le poêle à bois Fondis complète
la chaudière à granulés de bois.
L’accès à la terrasse se fait
depuis la cuisine. La toiture suit
la même pente que le flanc de la
montagne en face.
que de l’extérieur. Nous aurions perdu quelque chose de la travaux 14 mois
tectonique du bâtiment et la vue aurait été presque exhibi- surface 200 m²
tionniste. » Le combat en valait la peine car depuis la fin de matériaux béton (structure) / mélèze thermo-traité (bar-
son chantier, le chalet est devenu une référence dans les alen- dage) / bac acier laqué (couverture) / bois et aluminium (me-
tours, comme l’ont révélé le maçon et le menuisier à l’archi- nuiseries) / fibre de bois et polystyrène extrudé (isolation) /
tecte. « Forcément, c’est le seul qui ne ressemble pas à celui carrelage (revêtement) / pierre locale (sols) / grès cérame (re-
de Heidi ! », se réjouit Alireza Razavi. vêtement salle de bains) / parquet chêne (sol R+2) / pin naturel
(mobilier intégré)
*Sur un terrain en pente, l’enrochement est la création d’un mur de soutènement à
l’aide d’énormes blocs de pierre. fournitures menuiseries aluminium Minco / porte extérieure
Hormann / bardage bois façade Sivalbp / étanchéité Sika /
architectes studio razavi architecture carrelage Mirage / appareillages électriques THPG / poêle
Alireza Razavi Fondis / cuisine Schmidt / robinetteries Dornbracht / lavabos
www.studiorazavi.com Alape / sanitaires et bacs de douche Duravit
localisation Manigod (Haute-Savoie)
livraison 2016 / études 9 mois voir carnet d’adresses page 174
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Centre d’urbanisme
et d’architecture de Paris
et de la Métropole parisienne
Entrée libre
Photographie : Sylvain Gouraud
PRATIQUE | AMÉNAGEMENT
TRAVAILLER À LA MAISON
… ET SUR LES TOITS !
texte jordi patillon I photos david foessel
ÉTAT DES LIEUX
Quand le propriétaire de cette petite habitation du 18 arrondissement de la Capi-
e
tale – qui fut en son temps une maison close – rencontre les architectes Anne-Laure
Dubois et Marc Ordureau (associés à l’occasion pour ce projet), c’est parce qu’il sou-
haite réaménager une partie du dernier étage : dans le prolongement de la chambre
d’amis, un long grenier et ses combles où l’on tient à peine debout sert jusqu’ici de
pièce où faire sécher le linge. Ces quelques mètres carrés – toujours précieux en
centre-ville, plus encore à Paris – pourraient être mis à profit d’une bien meilleure
manière. Oui, mais laquelle ? Telle est la question qu’il soumet aux architectes, car s’il
est conscient du potentiel du lieu, il ne parvient pas à en définir le programme. C’est
au fil des échanges et en comprenant mieux comment il investit son habitation au
jour le jour, que le duo lui propose d’y installer son bureau, lui qui exerce son activité
créative à la maison. Et quoi de plus inspirant que de profiter aussi d’un espace ex-
térieur, bouffée d’air bienvenue au milieu des toits de ce quartier dense ?
www.avivremagazine.fr | architectures à vivre 59
AMÉNAGEMENT | PRATIQUE
RÉPONSE DES ARCHITECTES
Si le programme est bien scindé en deux (un espace de travail de 19 mètres carrés
prolongé par une terrasse de 15 mètres carrés), l’ensemble est pensé comme un
tout, l’un enrichissant l’autre. Une nouvelle toiture, surélevée par rapport à celle de
l’ancien grenier, reprend les gabarits alentour. Tel un masque, une singulière struc-
ture d’épines de zinc et de lamelles en bois orientables intrigue autant qu’elle unifie
la façade sur rue, orientée plein sud. Son calepinage au rythme régulier permet de
jouer sur les degrés d’intimité et de lumière. Depuis le rez-de-chaussée, le chemine-
ment est une succession de séquences et de cadrages pour aboutir à l’espace de
travail. Pensée comme une boîte épurée, la pièce se révèle autant belvédère que
refuge intimiste. La différence de niveau conservée (les planchers existants étaient
décalés de 1,30 mètre) participe pleinement à la mise en scène théâtrale des lieux.
Des « coulisses » du bureau, on accède à la « scène » extérieure via un escalier placé
dans le prolongement du bloc de la bibliothèque en médium, dessinée sur mesure
et sur laquelle semble prendre appui la terrasse. Spectaculaire, la baie vitrée au
biais assumé est une focale sur le dehors.
60 www.avivremagazine.fr | architectures à vivre
architectes Anne-Laure Dubois Architecte
et Marc Ordureau Architecte
www.aldubois.com
www.facebook.com/marcordureauarchitecte
localisation Paris (18 ) e
bâti d’origine fin XIX siècle
e
livraison mai 2018
études 12 mois / travaux 6 mois
surfaces 19 m² (bureau) + 15 m² (terrasse)
coût des travaux 130 000 euros HT
DÉTAILS matériaux bois (structure bureau) / zinc
Pour entretenir l’idée d’une boîte dépouillée, les architectes ont fait le choix de naturel (couverture, bardage, évacuations,
revêtements extérieurs) / aluminium anodisé
fenêtres à ouvrants cachés et à paumelles invisibles : ainsi rien ne vient perturber (menuiseries extérieures) / douglas (brise-
la façade intérieure qui conserve sa planéité. Toujours dans cet esprit, la palette soleil, sol extérieur, main courante) / pin
naturel (sol intérieur, escalier , tablette
de matériaux et de couleurs est réduite au minimum. Des lignes appuyées – les supérieure bibliothèque) / médium laqué blanc
tranches de la bibliothèque, les appuis de fenêtres, les menuiseries de la baie – (bibliothèque) / acier (structure terrasse) /
viennent souligner et mettre en tension le volume. L’équilibre des lieux est aussi acier galvanisé (garde-corps côté cour) /
histoire de proportions et de détails, à l’image des élégants garde-corps, du léger câbles inox (garde-corps côté rue)
décollement du sol de la bibliothèque pour atténuer sa présence, de la descente fournitures interrupteurs en nickel brossé
13335 Meljac / prises de courant électrique
d’eau pluviale astucieusement intégrée en façade ou encore des rangements dis- LS 990 Jung / lames bois orientables
simulés sous l’escalier. Des solutions parfaitement ajustées par les architectes, en Tamiluz / câbles inox Jakob / châssis à
collaboration étroite avec l’entreprise qui a parfaitement joué le jeu de cette préci- ouvrants cachés et paumelles invisibles
sion poussée grâce à la préfabrication en atelier d’un certain nombre d’éléments. K-Line / radiateurs Floréal Chappée
À coup sûr de quoi trouver l’inspiration ! voir carnet d’adresses page 174
www.avivremagazine.fr | architectures à vivre .avivremagazine.fr | architectures à vivre 61
61
www
Jeune création
architecturale
et paysagère
Exposition des lauréats
des Albums des jeunes
architectes et paysagistes
19 oct. - 10 déc. 2018
Entrée libre
Cité de l’architecture & du patrimoine Extension de maison individuelle, pays de l’Uzège, 2016. Crédit : dixneufcentquatrevingtsix / ph. Florian Kleinefenn. Conception graphique : panni.net
Palais de Chaillot – M° Trocadéro
citedelarchitecture.fr
#AJAP2018
PRATIQUE | AMÉNAGEMENT
SÉPARER L'ESPACE
texte pierre lesieur I photos camille gharbi
ÉTAT DES LIEUX
Bien placé entre le Jardin des Plantes et le quartier des Gobelins, ce duplex parisien,
situé au 3 et dernier étage d’un immeuble du début XIX siècle et racheté en 2015
e
e
par un couple de trentenaires, nécessitait un sérieux coup de jeune. Volumes biscor-
nus suite à des divisions de lots successives, cuisine étriquée au carrelage démodé,
cheminée disproportionnée arborant un vilain coffrage en placo, et partout lino et
finitions en stratifié : l’endroit sentait bon les années 1990, en plus d’être sombre et
bruyant. Difficilement accessible par un escalier en colimaçon, la mezzanine était,
de plus, délimitée par un simple garde-corps : une configuration qui ne séparait pas
suffisamment les deux niveaux, si bien que l’appartement ressemblait plus à un
grand studio qu’à un vrai deux pièces. Deux ans après leur emménagement, les pro-
priétaires voulaient dépoussiérer cet agencement vétuste pour enfin s’approprier
les lieux. Ils décident donc de s’adresser à Florent Chagny, un architecte de leur
connaissance qui vient de lancer sa propre agence, et lui donnent carte blanche.
www.avivremagazine.fr | architectures à vivre 63
AMÉNAGEMENT | PRATIQUE
RÉPONSE DE L’ARCHITECTE
Propriétaires et architecte s’accordent vite et il faudra à peine deux mois pour
concevoir le projet. « L’idée était de conserver la distribution initiale, mais en retrou-
vant les caractéristiques d’un vrai deux pièces, commente Florent Chagny. Malgré
un budget limité, nous nous sommes vite rendu compte que les plans irréguliers im-
poseraient beaucoup de sur mesure. D’où la solution de matériaux peu chers et fa-
cile à l’emploi : l’OSB et l’acier. » Pour gagner en volume et en luminosité, les cloisons
de la cuisine sont supprimées, mais aussi l’escalier en colimaçon et la cheminée
inutilisée. « Cette phase de démolition a dégagé près de 30 mètres carrés au rez-de-
chaussée. La cuisine n’a pas changé de place, mais elle a été avancée sur le salon
avec un coin repas escamotable. » Un nouvel escalier sur mesure en acier est installé
parallèlement à la pente du toit, avec un garde-corps accueillant une bibliothèque,
prolongée à son pied par un meuble TV. À l’étage, la mezzanine est fermée par une
verrière « dont l’alignement sur une poutre non parallèle au sol a rendu le travail du
serrurier particulièrement délicat pour retrouver l’horizontalité ».
64 www.avivremagazine.fr | architectures à vivre
architectes Florent Chagny Architecture (flca)
www.flcarchitecture.com
équipe de projet Marion Bernard
et Florent Chagny
localisation Paris (5 ) e
bâti d’origine entre 1830 et 1850
DÉTAILS livraison février 2018
études 2 mois
Si l’OSB n’a pas vocation à être utilisé en finition, Florent Chagny va prendre le parti travaux 4 mois
de magnifier ce matériau peu coûteux et plutôt facile à manipuler en le laissant surface 50 m²
apparent. « Je trouvais intéressant de pousser au maximum son aspect graphique coût 41 000 euros (travaux dont démolition :
en lui trouvant des destinations originales. » Au sol, bien sûr, où il suffit de le clipser 37 000, décoration : 4 000 euros)
matériaux OSB (sol, façades des meubles
avant de le vitrifier. « Nous avons juste ajouté une fine membrane en mousse en cuisine, îlot central amovible, meuble chaus-
dessous pour améliorer l’acoustique ». Mais avec l’aide d’un menuisier, l’architecte sures, commode étage, dressing étage) /
parvient aussi à l’employer verticalement : « Les tranches étant friables, elles sont acier (escalier, bibliothèque, verrière, meuble
protégées par des cornières en inox. Cela crée une lisière réfléchissante qui donne chaussures, meuble TV) / stratifié noir (plan de
beaucoup de cachet à l’ensemble ». L’OSB se retrouve donc partout, des meubles travail, crédence cuisine) / moquette gris chiné
(sol étage)
de cuisine aux portes du dressing, en passant par un coffre à chaussures, une com- fournitures canapé convertible Maison du
mode et même le lit conçu sur mesure avec de grands tiroirs cachés sous son som- monde / lampe Pipistrello de Gae Aulenti chez
mier. « Seules les portes du meuble TV sont en tôle perforée pour mieux laisser pas- Martinelli Luce / table basse en caillebotis et
ser les ondes de la télécommande ! ». Dégageant du budget pour une adaptation pieds Tiptoe
sur mesure, le choix de l’OSB constitue la signature de cette rénovation réussie. voir carnet d’adresses page 174
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PRATIQUE | AMÉNAGEMENT
TOURNÉ VERS
LA PROVENCE
texte charlotte fauve I photos jardins des arcades
ÉTAT DES LIEUX
C’est en tombant amoureux d’un mas provençal à Fontvieille, au pied du massif des
Alpilles, qu’il est venue à ce couple parisien une envie de déménagement : restait en-
core à restaurer l’habitation mais aussi son jardin, micmac de restanques en contre-
bas d’un chemin goudronné et fréquenté. « Nous avons cherché à créer un lieu à la
fois contemporain et provençal, qui respecte le caractère de ce petit village mais s’ac-
corde aussi à la personnalité des propriétaires », se souvient Fred Trifilio, paysagiste
aux Jardins des Arcades en charge du projet. En plus de restructurer l’ensemble sans
lui faire perdre son cachet méditerranéen, il fallait aussi réussir à minimiser le bruit de
la route toute proche pour ramener le silence au milieu des cigales.
www.avivremagazine.fr | architectures à vivre 67
AMÉNAGEMENT | PRATIQUE
RÉPONSE DES PAYSAGISTES
« L’objectif a été de redonner au lieu une logique pour le rendre à nouveau fonction-
nel », explique Fred Trifilio. Tout le jardin a donc été réorienté dans la continuité de la
maison, des murets déjà présents sur le site jusqu’à la piscine, qui semblait aupara-
vant avoir été parachutée au milieu de la verdure. La végétation articule désormais
les différents espaces (bassin, terrasse et ombrière), tandis qu’un chemin gravillon-
né file de l’habitation jusqu’à l’entrée de la propriété. Un mur en gabions, au coloris
ocre et chaleureux, protège des nuisances de la route. Si le lieu a bénéficié d’une
refonte totale, les matériaux et les plantes utilisées ont été largement récupérées.
Des roches, réutilisées pour les murs et les escaliers, aux lavandes, transplantées
dans les massifs, en passant par le gravier, transformé en paillage, rien n’a été per-
du afin de permettre à l’aménagement de rentrer dans le budget imparti. Enfin, des
espaces vides ont été réservés pour permettre au jardin d’évoluer vers un potager
ou peut-être une cuisine d’extérieur.
68 www.avivremagazine.fr | architectures à vivre
DÉTAILS
Soleil, vent et peu de pluie : pour répondre à ces conditions et insérer au mieux
le jardin dans le paysage alentour, c’est une végétation robuste et résistante à la paysagistes Jardins des Arcades
sécheresse qui a été privilégiée, afin de limiter son entretien, plus particulièrement www.lesjardinsdesarcades.com
l’arrosage. Des boules rondes de lavande donnent de la structure à cette palette localisation Fontvieille (13)
livraison février 2015
inspirée par les Alpilles, tandis que l’euphorbe de Sicile Euphorbia ceratocarpa et surface 1 400 m 2
l’herbe à curry Helichrysum italicum lui apportent une touche de modernité grâce matériaux gabions / gravier
à leur floraison d’or et leur feuillage argenté. Enfin, le gazon, très gourmand en eau, plantes lavandes / euphorbe de Sicile / herbe à
est mélangé à des plantes couvre-sol qui permettent ainsi de conserver de grandes curry / plantes couvre-sol
étendues verdoyantes sans risquer d’endommager les nappes phréatiques. voir carnet d’adresses page 174
www.avivremagazine.fr | architectures à vivre 69
80 %
de réussite
aux entretiens
d’entrée en école
d’Architecture
STAGE DESTINÉ AUX LYCÉENS QUI SOUHAITENT
SUIVRE DES ÉTUDES D’ARCHITECTURE.
AU PROGRAMME
Simulations d’entretiens
Découverte et culture architecturale
Visite d’architectures remarquables
Expression graphique
UNE SEMAINE INTENSIVE
VACANCES DE LA TOUSSAINT 2018
22 au 26 octobre 2018
VACANCES D’HIVER 2019
11 au 15 février / zone B
18 au 22 février / zones A+B
25 février au 1 mars / zones A+C
er
Du 4 au 8 mars 2019 / zone C
Atelier Pierre Hebbelinck - Pierre De Witt photo : François Brix
« J’ai été retenue pour passer les concours des 7 écoles « Je suis admise à Paris Val-de-Seine, c’était
pour lesquelles j’avais postulé (Paris-Belleville, Nancy, mon premier vœu. Je vous remercie pour
Marne-la-Vallée, Strasbourg, Lille, Val-de-Seine et cette prépa, elle m’a eaucoup aidée et j’ai pu
Nantes). Refusée à Paris-Belleville, je suis acceptée pour apprendre plein de choses sur l’architecture, en
moins d’une semaine. »
mon 2 choix, l’école de Nancy que j’ai validée mardi ! » Pauline
e
Amélie
« J’ai postulé pour 7 écoles, j’ai été pris à Belleville « Les résultats sont tombés. Je suis prise à l’École nationale supérieure
(mon premier choix) et était admissible à La d’architecture de Grenoble, je suis très contente. Maintenant, il faut que je me
Villette et Rouen. Merci encore ! » décide entre l’école spéciale d’architecture et l’école de Grenoble... »
Léo Fanny
Infos : www.avivremagazine.fr / Contact : [email protected] / t.01.53.90.17.12 / Dans la limite des places disponibles.
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MAISON
| TENDANCES 2019
Tendance : ce mot quelque peu passe-partout, voire rebattu, peut-il s’associer à
l’architecture ? Peu d’éphémère ou de phénomènes de mode dans l’art pérenne
de la construction. Le temps y fait son œuvre, littéralement. Pour autant, il
est indéniable que depuis quelques années, au fil des évolutions sociétales, le
programme de la maison individuelle – qui reste un champ d’expérimentation
privilégié pour les architectes – évolue, propose de nouvelles solutions, en
GGA Gardini Gibertini architects © Ezio Manciucca s’imposer. La palette réduite des composants souligne leur matérialité, la
réinterprète de plus anciennes. À son rythme. Et que ce soit dans la forme, les
modes constructifs, les usages ou les matériaux, une certaine frugalité semble
justesse de l’implantation dans le site ou la capture de la lumière sont poussées
à leur paroxysme, la sobriété des mises en œuvre est de mise, l’économie de
moyens un sacerdoce. Un retour à l’essentiel parfaitement illustré par les
quatre projets de maisons à suivre dans ces pages !
www.avivremagazine.fr | architectures à vivre 71
MAISON | TENDANCES 2019
RESTANQUES
ET OLIVIERS
Ancrée sur une colline du pays d’Aubagne, cette
maison à l’architecture bioclimatique se fond dans
son contexte agricole et lui emprunte sa typologie
de murets de pierre. Signée Guillaume Calas, elle
est, à tous égards, fortement marquée par le climat
méditerranéen, une lumière intense et le savoir-
faire constructif d’un agriculteur.
texte lucie cluzan i photos florent joliot
MAISON | TENDANCES 2019
Entre oliviers et murs de
restanque, la maison est
organisée de plain-pied. Elle
remplace une serre. Pour sa
construction, un niveau de
terrasse a été ajouté à celui
existant.
ascours est un petit hameau agricole qui s’étend au banale mais au contraire des plus intéressantes, car au-delà
pied du Garlaban, massif de l’arrière-pays marseillais. du contexte naturel et bâti dans lequel la demeure doit s’ins-
LInscrit dans le relief, il suit le flanc d’une colline dont les crire, il doit s’appuyer sur le savoir-faire de cet homme, sa re-
courbes sont redessinées par la culture des oliviers en ter- lation à la terre et au temps. Lorsque le projet fut présenté,
rasse. Le climat méditerranéen lui donne son caractère mi- « le père fut séduit par cette maison inscrite dans la pente,
néral : ici, la pierre offre ses couleurs et sa matérialité. Parmi au toit habitable et aux murs de pierre rappelant ceux pré-
les exploitations, celle de Bernard, producteur d’huile d’olive, sents sur le site et qu’il savait lui-même monter », se souvient
dont la fille est en quête d’un lieu pour construire la maison le concepteur qui avait par ailleurs entièrement confiance en
qui lui fera, avec son conjoint et leurs deux enfants, quitter ses compétences.
Marseille. Propriétaire d’une parcelle devenue constructible
de 4 000 mètres carrés sur sa propriété, il leur propose le UNE TRAME NATURELLE
terrain, avec pour corollaire qu’il sera le bâtisseur du projet. Au moment de la conception, Guillaume Calas a tenu compte
Ayant déjà construit de ses mains son habitation, l’idée d’un de trois aspects majeurs : « La topographie, l’environnement
nouveau chantier au beau milieu de son oliveraie ne l’effraie agricole et le savoir-faire de l’agriculteur », se souvient-il. Aux-
pas. Pour l’architecte Guillaume Calas, la situation n’est pas quels s’ajoute le climat méditerranéen – très chaud l’été et
74 www.avivremagazine.fr | architectures à vivre
La maison s’inscrit dans la
pente, au cœur de l’oliveraie
toujours en exploitation. Pour
mieux être fondue dans son
environnement, sa hauteur ne
dépasse pas la cime des arbres.
MAISON | TENDANCES 2019
« c'est la trame des oliviers
qui a donné la géométrie. »
Guillaume Calas, architecte
MAISON | TENDANCES 2019
La cuisine est au centre du
dispositif, séparant les parties
nuit à l’ouest, des pièces de vie à
l’est. Depuis cette véritable rotule,
on accède à plusieurs terrasses.
5
5
2 4
3
1
COUPE TRANSVERSALE
1 accès sous-sol
2 salle à manger
3 terrasse depuis cuisine
4 salon
5 toit-terrasse accessible
78 www.avivremagazine.fr | architectures à vivre
Ici comme ailleurs, les surfaces
vitrées sont situées en retrait.
Entre l’épaisseur des murs qui,
l’été, protègent du soleil, une
vaste porte ouvre la cuisine
sur une terrasse.
MAISON | TENDANCES 2019
Côté ouest, l’une des branches
du H que forme le plan de la
maison est dédiée à la salle à
manger. Le meuble toute hauteur
en chêne a été dessiné par
l’architecte.
4
4
2 3
1 6
5
COUPE LONGITUDINALE
1 piscine
2 accès toit-terrasse
3 patio
4 toit-terrasse accessible
5 cuisine
6 accès terrasse depuis jardin
80 www.avivremagazine.fr | architectures à vivre
L’autre branche du H côté ouest
est occupée par le séjour qui,
grâce à son insertion dans la
pente, est légèrement plus bas
que la cuisine attenante. Les
banquettes sont intégrées.
MAISON | TENDANCES 2019
Entre les plis de la façade, un
escalier mène directement au
toit-terrasse.
8 9 9 4
11
12 10 3
REZ-DE-JARDIN 8
1 remise (cafoutche en marseillais) 2
2 salle à manger 11
3 cuisine
4 salon 7 6 5
5 buanderie 1
6 chambre d’amis
7 chambre parents
8 salle de bains
9 chambre enfant
10 patio
11 accès toit-terrasse
12 piscine
82 www.avivremagazine.fr | architectures à vivre
La piscine située sur la partie
supérieure de la parcelle est
protégée de la route par la
hauteur de la maison.
très froid l’hiver – qui, lui aussi, impose une importante ré- UN BIOCLIMATISME SUBTIL
flexion sur l’implantation et la forme de la maison, ce afin de La vue en coupe fait apparaître la manière dont la construction
se protéger naturellement de la chaleur estivale et des rayons s’inscrit dans la pente, générant ainsi des pièces semi-enterrées.
directs du soleil et d’obtenir un bâtiment avec une bonne iner- « La maison n’émerge pas, seul le volume blanc de la terrasse
tie thermique. Concernant l’emplacement de la construction, supérieure s’élève légèrement. La partie habitable reste sous les
la maison remplace, sur une des terrasses cultivées, une serre oliviers et profite de leur ombre », constate l’architecte. Toujours
déplacée plus haut sur la propriété. Ensuite, « c’est la trame selon cette démarche bioclimatique, plusieurs autres dispositifs
des oliviers qui a donné la géométrie », décrit l’architecte. ont été mis en place pour générer la plus grande inertie possible :
À savoir un H qui se glisse entre les arbres et dont chaque dalle béton, large épaisseur des murs (70 centimètres), isolation
branche correspond à un élément du programme, avec pour renforcée, toit végétalisé… Un puits provençal renouvelle l’air in-
noyau central la cuisine depuis laquelle on accède à tous térieur par géothermie, rafraîchit et réchauffe naturellement la
les espaces intérieurs. Pendant le chantier, seulement deux maison. Quant aux eaux de pluie, elles sont récupérées dans une
arbres ont dû être arrachés, l’agriculteur ayant pris le soin de cuve béton en contrebas. Aucun de ces dispositifs ne vient per-
tailler les racines de ceux conservés au plus près de l’habita- turber l’esthétique raffinée de l’ensemble : les descentes d’eaux
tion, de sorte qu’ils ne meurent pas et s’en trouvent même pluviales sont contenues dans les cadres épais des fenêtres et
renforcés. les arrivées d’air dissimulées dans les placards.
www.avivremagazine.fr | architectures à vivre 83
MAISON | TENDANCES 2019
L’accès à la terrasse supérieure
se fait depuis des escaliers.
Les décalages de niveaux, les
superpositions de volumes,
dynamisent les espaces
extérieurs. Le parement des murs
de façade est en pierre calcaire
prélevée sur le site et appareillées
à la manière des murs de
restanque qui facilitent la culture
et retiennent la terre et les eaux.
« la maison n’émerge pas, seul le volume blanc
contenant la terrasse supérieure s’élève
légèrement. la partie habitable reste sous les
oliviers et profite de leur ombre. »
Guillaume Calas, architecte
MAISON | TENDANCES 2019
Le volume blanc qui couronne les
façades en pierre définit l’espace
de la toiture accessible, en partie
plantée. La terrasse située à
l’extrémité est, au-dessus des
pièces de vie, est un belvédère
sur la vallée d’Aubagne.
86 www.avivremagazine.fr | architectures à vivre
Les fenêtres des chambres
semi-enterrées sont placées de
sorte à ce que les vues soient,
comme ailleurs, traversantes.
MAISON | TENDANCES 2019
Le patio créé entre les deux
branches ouest du H que
compose le plan de la maison est
un lieu de jeu abrité mais aussi
une source de lumière naturelle et
de ventilation.
Photos de chantier. Lors de la construction de la maison, seulement deux oliviers ont été arrachés.
Connaissant parfaitement ses arbres, l’agriculteur-maçon a su tailler les racines et ainsi les préserver.
Partiellement enterrée, l’habitation bénéficie d’une bonne inertie thermique.
88 www.avivremagazine.fr | architectures à vivre
La vue en surplomb de la maison
révèle une terrasse habitée en
forme de H.
UNE ARCHITECTURE MÉDITERRANÉENNE livraison 2012
Cette maison n’est pas sans rappeler l’architecture du cime- études 6 mois
tière Saint-Pancrace à Roquebrune-Cap-Martin, dans le Var, travaux 24 mois (autoconstruction à 90 %)
par le niçois Marc Barani : minérale et profondément ancrée surface 160 m² SHON
dans son contexte, elle génère de riches espaces extérieurs coût des travaux 290 000 euros HT
et des vues démultipliées. La forme en H de cette habitation matériaux pierre calcaire du site, béton, liège, brique
compose des patios et terrasses protégés, qui prolongent et plâtre (façades) / chêne (agencements intérieurs sur
visuellement les pièces largement vitrées. Les relations vi- mesure séjour, table salle à manger et table basse salon,
suelles entre intérieur et extérieur créent autant de perspec- portes) / épicéa (agencements intérieurs sur mesure
tives et vues traversantes ; des « tableaux vivants ». Et dans le chambres) / ipé (toit-terrasse) / béton (banquettes sa-
sud, architecture rime avec maîtrise de la lumière, ici filtrée lon) / granit noir du Zimbabwe, finition flammée/brossée
aux couleurs des feuilles d’olivier qui, elles aussi, adaptent leur (plan de travail et îlot central cuisine) / pierre calcaire
orientation selon s’il pleut ou fait soleil. d’Estaillade des carrières de Fontvieille (sols extérieurs)
fournitures suspensions Gregg de Foscarini / évier Franke /
architecte Guillaume Calas (Atelier calas architecture) interrupteurs Meljac / coussins sur mesure Franck design
www.ateliercalas.com
localisation Lascours (Bouches-du-Rhône) voir carnet d’adresses page 174
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MAISON | TENDANCES 2019
FIDÈLE AU LIEU
Dans la vallée du Rhône, à Vienne, encastrée dans un
terrain en pente qu’elle soutient autant qu’il l’accueille, la
maison imaginée par Stéphanie et Éric David, de l’agence
stéphanoise A-MAS, se glisse entre des arbres protecteurs.
Dans ce monolithe de béton brut, les volumes intérieurs
tirent parti de la déclivité et s’adaptent aux usages des
habitants.
texte lucie cluzan | photos françois maisonnasse
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Tel un monolithe, le volume de
béton brut s’inscrit selon une
logique de soutènement, dans la
déclivité du terrain. L’accès se fait
à pied par des escaliers.
u commencement était le béton, celui qu’un couple UNE TOPOGRAPHIE QUI EN IMPOSE
vivant près de Vienne apprécie au détour de la lecture La parcelle est issue de la division d’une partie du vaste
Adu numéro 54 d’Architectures À Vivre. La maison sté- parc d’une propriété appartenant à la famille d’Émilie, dont
phanoise publiée est celle que Stéphanie et Éric David – qui la maison de maître nécessite de lourds travaux de restau-
œuvraient alors sous le nom de YES architectes – avaient ration. La vente de ce petit lotissement en cœur d’îlot per-
conçue pour eux-mêmes. Le temps a passé, l’agence est de- met de les financer. Le couple choisit le plus reculé des cinq
venue A-MAS, Architecture Manufacturée À Saint-Étienne. lots, le plus boisé et celui qui restera aussi le plus tranquille
Lorsque l’opportunité de construire leur propre demeure se malgré les nouvelles constructions à venir. La majeure partie
présente, Émilie et Romain, qui vivent alors en appartement, des 1 800 mètres carrés du terrain est marquée par une très
se tournent naturellement vers les auteurs de ce projet qui forte pente de 45 % qui va dicter l’implantation et l’organisa-
leur est resté en tête. Sa problématique d’implantation dans tion intérieure des espaces. Pour Éric David, il s’agissait de
la pente et sa matérialité font écho, d’une part, au terrain avec « conserver l’esprit et l’histoire du site ». En conséquence, la
lequel ils doivent composer, et d’autre part, à leur choix arrêté construction tire parti de plateformes préexistantes : le vo-
du béton, souhaitant une esthétique brute, voire brutaliste. Le lume monolithique encastré dans le sol reprend le rôle d’un
programme se limite quant à lui à « une grande pièce à vivre, ancien mur de soutènement. Les conditions d’accès au chan-
des chambres pour la famille et les amis et un espace de jeu ». tier étant difficiles, les architectes ont imaginé dans un pre-
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Depuis le haut du terrain, la
baie fixe permet de plonger
Le patio depuis lequel on accède dans la grande pièce de vie et
à la maison cadre les vues sur le de voir comment celle-ci suit la
parc. topographie du terrain.
Vues du chantier. La construction est implantée sur une plateforme existante. Le béton vivement souhaité par les clients a été préféré à une
structure mixte béton/bois qui aurait permis de recourir à la préfabrication. La situation en cœur d’îlot a rendu l’accès au chantier difficile. Du fait de
constructions voisines à venir, seule une fenêtre est percée sur le pignon est.
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L’entrée dans l’habitation se fait
depuis le patio en contrebas. La
circulation dessert les pièces de
vie et la chambre principale. Le
cloisonnement réduit ouvre les
espaces. Ici, la rugosité du béton
brut extérieur fait place à des
surfaces lisses et monochromes.
mier temps une structure bois posée sur un socle béton. Mais
si cette option hybride béton/bois réglait la problématique,
elle écartait le souhait du béton conservé brut et nécessitait
une préfabrication qui s’avérait aussi plus onéreuse. Sans cé-
der à la tentation du moins-disant et afin d’obtenir une bonne
qualité d’exécution, les architectes se sont alors appuyés sur
le savoir-faire d’un maçon avec qui ils avaient déjà travaillé.
Côté administratif, après deux rendez-vous aavec les services
de la mairie, le projet a été accepté malgré le fait que « toiture
zinc et béton brut » sont normalement proscrits en ces lieux.
Ces matériaux entrant dans le cadre d’une architecture d’ex-
pression contemporaine, qui plus est invisible depuis l’espace
public, aucun recours n’a été nécessaire.
ANCRÉE ET OUVERTE
Les voitures restant à l’entrée du site, l’accès à la maison se
fait à pied. Il faut la contourner partiellement et emprunter
une volée de marches qui donne sur un patio de plain-pied,
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La forte déclivité du terrain
a dicté l’organisation en trois
niveaux qui définissent autant
d’espaces : cuisine/salle à manger
en haut, séjour au centre, espace
de jeux en bas. Les paliers ont
une différence de 45 centimètres.
Au rez-de-chaussée, tous les sols
sont en béton ciré.
3
4
3
2 1 4
2
7
5
5
1 6
6
R+1
REZ-DE-CHAUSSÉE 1 chambre enfant avec mezzanine
1 patio 2 chambre amis
2 chambre parents 3 salle de bains
3 salle de bains 4 chambre enfant
4 cuisine/salle à manger 5 espace couchage
5 séjour 6 vide sur patio
6 espace lecture et jeux enfants 7 vide sur cuisine/séjour
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Le volume principal de la
maison se déploie sous le vaste
rampant, ce qui dégage une
grande hauteur sous plafond.
La vue depuis la grande baie
fixe de la cuisine témoigne de
l’encastrement dans le sol.
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Dans la pièce à vivre,
deux grandes baies fixes
(300 × 280 centimètres) cadrent le
paysage. L’une au nord et l’autre
ici vers le sud et le sous-bois.
Les menuiseries extérieures sont
en aluminium à rupteur de pont
thermique.
Le pignon est n’est percé que
d’une fenêtre. La partie cuisine
s’inscrit sous le volume des
chambres de l’étage.
2 1
3
COUPE LONGITUDINALE
4 1 cuisine/salle à manger
2 salon
3 espace lecture et jeux enfants
4 plateforme d'accès
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Plutôt que des pièces classiques,
chaque chambre pour enfant
s’organise en une alcôve, un coin
nuit et un espace de jeux ou
d’étude. À l’étage, le parquet est
en chêne massif.
La chambre des parents est
située au rez-de-chaussée.
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