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La littératie......les compétences

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Published by JCS, 2021-03-12 10:28:27

LA LITTERATIE

La littératie......les compétences

La littératie

La littératie, ou lettrure, est définie par l'OCDE comme « l’aptitude à comprendre
et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et
dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d'étendre ses
connaissances et ses capacités ».

Cette notion va donc au-delà de la lecture-écriture désignée par les termes de
lettrisme ou littérisme, dans leurs acceptions officielles en France2,. La présente
notion implique de pouvoir communiquer au quotidien à l'écrit autant qu'à l'oral,
pour interagir autant dans les sphères personnelle, familiale, socioculturelle que
professionnelle.

Définie dans le cadre où l'on accède à l'information écrite, tout comme à celle
transcrite numériquement, via une informatique connectée à l'Internet, la
littératie informationnelle est considérée comme une qualification utile dans les
sociétés industrielles.

Elle fait partie du domaine des compétences relationnelles et englobe
généralement de multiples aptitudes qui permettent à chaque individu d’agir de
façon efficace et responsable dans des tâches de traitement des informations en
prenant en compte les facteurs contextuels. Ces facultés se réfèrent à tous les
aspects d'une reconnaissance critique d'un besoin en informations, de leur
localisation et organisation ou encore de leur sélection précise par le moyen de
l'analyse et de l'évaluation ainsi que par leur conception et présentation en
conformité d’objectifs clairement définis. Le rôle de la compétence
informationnelle reste flou ; mais elle correspondrait à l'aptitude des individus et
des groupes à faire le meilleur usage de l'information. Car si l'information est mal
exploitée ou pas utilisée, c'est certainement parce que beaucoup d'usagers n'ont
pas une « culture de l'information » approprié.

Il existe différents autres types de littératie, qui présentent parfois des similitudes
mais aussi de fortes divergences.

La littératie médiatique est considérée comme étant l'ensemble des
compétences qui caractérisent un individu capable d'évoluer de façon critique
dans l'environnement médiatique contemporain. Des compétences en littératie
médiatique sont requises pour pouvoir travailler sur divers objets médiatiques,

tels que les réseaux sociaux. Elle est construite au moyen de l'éducation aux
médias.

L'avènement du numérique, et par extension du web 2.0, est par ailleurs
l'occasion de s’interroger sur ce qu'est la littératie numérique : même s'il n’existe
pas de définition à proprement parler, la littératie numérique correspond à la
maîtrise de savoirs, de capacités et d'attitudes propres au domaine des
technologies numériques (ordinateurs, tablettes, smartphones). Elle inclut la
littératie informatique. Il s'agit de l'une des facettes de la littératie qui, de plus en
plus, est l'objet d'études et d’interrogations, allant même jusqu'à la proposition
d'un enseignement en France.

Ces différentes littératies (informationnelle, médiatique, informatique,
numérique) convergent dans la translittératie. Cette notion peut être comprise
comme étant la capacité de lire, écrire et interagir grâce à une variété de
plateformes, d'outils et de moyens de communication : l'écriture, la télévision, la
radio, les réseaux sociaux…

D'autres types de littératies sont envisagés par ailleurs, mettant en jeu l'esprit
critique, la recherche en bibliothèque et sur internet ou encore la littératie
physique.

Origine du concept

Alors que le terme lettrure s’appuie sur un terme rare mais avéré dès le Moyen
Âge en langue française, celui de littératie provient d’un calque de l’anglais
literacy où il désigne initialement la notion d’alphabétisme, dont l’usage explose
à partir de 1980.

En anglophonie, le concept a été dérivé dans l'expression information literacy, en
partant du principe qu'il était aussi important de savoir trouver, critiquer et
utiliser l'information dans la société de l'information que de savoir lire et écrire
dans la société industrielle. C'est en 1989 que cette expression va être officialisée
par la définition qu'en donne l'American Library Association : « Être compétent
dans l'usage de l'information signifie que l'on sait reconnaître quand émerge un
besoin d'information et que l'on est capable de trouver l'information adéquate,
ainsi que de l'évaluer et l'exploiter. »

Le concept d'une compétence informationnelle est apparu dès les années 1970 à
l'intérieur de la communauté des bibliothécaires anglaise et américaine dans le
contexte d'une explosion de la quantité d'informations disponibles. Ce concept
est principalement utilisé par rapport à la disponibilité des informations
bibliothécaires (catalogues, bases de données, journaux et livres électroniques)
pour un ré-usage efficace d'informations et la gestion des connaissances
individuelles.

En Allemagne aussi, influencée par des rapports en provenance des États-Unis et
de l'Angleterre, commençait un changement à l'intérieur des institutions
bibliothécaires à partir des années 1970, marquées par des réformes du système
de l'éducation et par l'augmentation du nombre d'étudiants. Ce changement était
caractérisé par une forte orientation en faveur des utilisateurs des bibliothèques
qui, elles, avaient l'objectif de transmettre à leurs clients à travers des formations
structurées, des connaissances plus approfondies sur l'utilisation et les conditions
d'accès des instruments de travail et des catalogues. L'importance de cette plus
grande maîtrise des informations a été également reconnue dans d'autres
domaines. Ainsi en 1974, dans le cadre de la recherche sur les professions et sur
le marché de travail, Dieter Mertens qualifiait cette compétence comme une
qualification-clé.

C'était au cours des années suivantes que plusieurs travaux de recherche
prônaient un élargissement de la formation des utilisateurs. Malheureusement,
trop peu de ces projets de recherche avaient pu être réalisés car les bibliothèques
se voyaient confrontées, dans les années 1980, au coût des nouvelles tâches
utilisant l'outil informatique, et au manque de personnel qualifié.

C'est seulement au cours des années 1990 que de nombreuses initiatives dans le
domaine de la compétence informationnelle recommençaient à se faire sentir
dans un contexte du développement de l'internet et de la mise en réseau des
places de travail. Des recherches plus récentes ne s'en réfèrent plus seulement à
des bibliothèques et s'ouvrent à d'autres contextes et domaines de la vie
quotidienne. Dans les bibliothèques américaines, les standards de compétence
informationnelle sont appliqués aux étudiants. En Allemagne, une étude
commandée par le ministère de l'éducation et de la recherche (BMBF) est
consacrée à la compétence informationnelle dans les universités et grandes
écoles. Cette étude, publiée en 2001, appelée SteFi (étudier avec des
informations spécialisées électroniques) demande une plus grande intégration de

l'enseignement d'une compétence informationnelle dans l'enseignement
supérieur. À la même période, le conseil scientifique en était venu aux mêmes
résultats dans une de ses publications et il recommande, en dehors d'une mise à
la disposition améliorée et plus efficace des informations numériques à
l'enseignement et de la recherche, une plus grande coopération entre les centres
d'informations et des compétences à l'intérieur des grandes écoles. À la suite des
enquêtes PISA -- très discutées en France --, l'OCDE définit aussi les compétences
dans le domaine de l'utilisation et de l'organisation des connaissances et des
informations comme une qualification-clé pour la réussite de la vie.

C'est en 2006 que des « Standards d'une compétence informationnelle pour
étudiants » ont été adoptés pour la première fois par le groupe de travail des
bibliothèques scientifiques dans l'état fédéral de Baden-Würtemberg. Ces
standards offrent une base à la poursuite du développement des activités de
formation dans le domaine bibliothécaire ainsi qu'à l'intégration de curricula
spécialisés des différentes matières. Aux États-Unis des standards spécifiques
pour les différentes matières relatives existent déjà en partie, comme
Information Competencies for Chemistry Under graduâtes (Compétences
spécialisées en informations pour étudiants) de l'association des bibliothèques
spécialisées en chimie.

Recherches d'équivalents français

C'est d'abord l'expression information literacy qui a été introduite comme
anglicisme en français. Jusqu'à présent, aucun équivalent français ne s'est encore
imposé. En effet, on parle en français d’ « illettrisme », qui traite la question en
termes de manques (les illettrés auraient désappris la lecture et l'écriture) et
porte en soit un aspect péjoratif, qui serait l'équivalent de l'anglais illiteracy. Mais
l'expression « lettrisme » est liée à un mouvement artistique du xxe siècle et ne
pourrait être utilisée sans ambiguïté.

Plusieurs termes ont été proposés :

Le terme de « littérisme », proposé au Journal officiel de la République française
en 2005 comme équivalent "étranger" à literacy. Sa définition, reprise dans le B.O
du ministère de l'éducation nationale et de la recherche du no 37 du 13 octobre
2005 [archive] évoque bien la notion de compréhension et de communication
mais est néanmoins restreinte aux médias traditionnels de l'éducation que sont
la lecture et l'écriture :

Littérisme, n.m.

Domaine : Éducation.

Définition : Capacité à lire un texte simple en le comprenant, à utiliser et à
communiquer une information écrite dans la vie courante.

Note : Ce terme est l’antonyme d’illettrisme, qui ne doit pas être confondu avec
analphabétisme.

Équivalent étranger : literacy.

Alphabétisation informationnelle

Culture de l'information (ce terme est recommandé par le Grand dictionnaire
terminologique de la langue française de l'Office québécois de la langue
française)

Compétence informationnelle

Info compétence

Maîtrise de l'information

Certains sites et certains ouvrages comportent le terme de littératie numérique.

Des chercheurs ont proposé de réactiver le terme d'ancien français lettrure 15,
qui a le même sens que literacy. Celui-là permettrait de forger une expression
comme lettrure informationnelle pour traduire Information literacy.

La définition de l'OCDE retient littératie.

Capacités implicites

La compétence informationnelle dépend toujours des facteurs à la fois internes
et externes. Parmi les facteurs internes pouvant avoir une importance, on peut
par exemple citer les connaissances spécialisées et la connaissance des langues,
la créativité ou les ambitions individuelles d'une personne. En revanche, comme
facteurs extérieurs, on peut penser à la culture, à la société, aux différentes
formes d'informations, au développement technique et au statut social. Le
développement individuel de la compétence informationnelle est donc
également tributaire de tous ces facteurs.

Faculté de reconnaître un besoin en informations

En général, la recherche des informations est précédée par la prise de conscience
d'une personne qui estime que ses connaissances dans certains domaines sont
insuffisantes pour résoudre un problème donné, une tâche précise ou pour
donner une réponse précise à une question posée. Cette prise de conscience est
à l'élément déclencheur de la motivation aux actions suivantes.

Capacité de localiser des informations

Pour rechercher des informations précises, il faut mettre en place une stratégie
de recherche comportant au préalable l'analyse et la désignation précise du
besoin, mais aussi la sélection des concepts essentiels (et de leurs synonymes) ou
bien la détermination des domaines thématiques à un niveau supérieur, ainsi que
l'identification des sources d'informations appropriées. Il pourrait s'agir, par
exemple, des bibliothèques, des archives ou bien de l'internet mais aussi d'une
enquête parmi des personnes ou auprès d'institutions qualifiées. Pour
l'orientation à l'intérieur de ces espaces d'informations différemment structurés,
il existe des aides (Findmittel), ou encore des systèmes de recherche comme des
catalogues bibliothécaires, des banques de données et des machines de
recherche informatisées. Ainsi, est-il possible par l'apport des machines de
recherche et des banques de données dans l'internet, par exemple, de réduire ou
d'exclure certains concepts lors de la recherche ou de les connecter pour définir
encore plus précisément un domaine de recherche.

Capacité d'organiser des informations

Cette capacité peut englober la maîtrise des techniques diverses de structuration
comme le clustering et le mind-mapping, des méthodes précises du traitement
approfondi d'informations ainsi que des stratégies de leur gestion et de leur
sécurisation appropriée. Le traitement de la problématique peut être réalisé sous
la perspective de la transparence ou de la réduction du thème, et s'avère capital
quand un très grand nombre de sources d'informations ou de médias utilisés
risque d'entrainer une désinformation.

Capacité d'une sélection précise d'informations

Les informations trouvées ne sont pas toujours appropriées pour être traitées et
approfondies, parce que leurs sources diffèrent sous plusieurs aspects. Une
analyse de leurs points communs, leurs ressemblances et différences en structure
et contenu, ainsi qu'une évaluation par rapport à des critères comme la
crédibilité, la fiabilité, l'actualité, l'auteur et les groupes cibles, s'avèrent comme
conditions préliminaires et adéquates pour cette sélection. Ainsi est-il possible de
séparer ce qui a de l'importance de ce qui n'en a pas, de distinguer entre ce qui
peut être vrai de ce qui ne l'est peut-être pas ou qui n'est simplement pas digne
de confiance, de faire la différence entre ce qui est actuel et ce qui ne l'est plus,
afin de pouvoir trouver de manière efficace la solution à une difficulté donnée ou
une réponse à une question posée.

Faculté de la conception et d'une présentation efficace

Pour communiquer des informations de manière précise, il est nécessaire de les
adapter au groupe-cible à qui elles s'adressent. Tous les aspects du processus de
la communication doivent être orientés en fonction d'une direction déterminée
et d'un groupe-cible. La multiplicité des possibilités de réalisation technique a,
dans tous les domaines de la vie, gagné de l'importance, mais les échanges et le
transfert des informations par la communication verbale gardent toujours leur
importance primordiale. La maîtrise de capacités rhétoriques ainsi que des
connaissances en matière du droit d'auteur et des règles de citation parfois
spécifiques aux différentes spécialisations est donc une nécessité.

Directives en bref

La littératie, au sens de l'OCDE, reflète la capacité à résoudre des problèmes à
partir d'informations données. Il n'y a aucun intérêt à mesurer cette capacité à
partir d'informations fausses. La validité des informations est assumée, comme
dans un problème d'arithmétique donné à un classe d'école. Les problèmes
donnés par l'OCDE pour évaluer les compétences en littératie sont du même
ordre, similaires aux tests de quotient intellectuel, mais plus précis et

directement utilisables (comme la capacité de trouver une réponse par une
recherche Internet).

En recevant une information (journalistique ou sujette à débat), les lecteurs
peuvent se poser les questions suivantes et essayer d'y donner une réponse :
Qui est-ce qui le dit ? (La personne, a-t-elle des intérêts personnels ? Lesquels ?).
Comment est-ce qu'il/elle le sait ? (Qu'est-ce qui fait d'elle/de lui un expert ? D'où
tient-elle/-il ses connaissances ?).
Qu'est-ce qui fait défaut ? (Quelles sont les informations que je n'ai pas reçues ?
Est-ce que tous les éléments ont été pris en compte et communiqués ?).
Qu'est-ce qui a changé ? (Qu'est-ce que l'information change ? Qu'est-ce qui est
différent par rapport à avant ?).
Est-ce que c'est raisonnable et a un sens ? (réduction ad absurdum)
S'il n'est pas possible de répondre suffisamment à toutes les questions, ils
peuvent conclure qu'un besoin en informations existe.

Compétences avoisinantes
Étant donné que la compétence informationnelle constitue beaucoup plus un
moyen intellectuel qu'un objet concret ou plus qu'une quantité mesurable, il est
difficile de la distinguer des autres compétences. Celles-ci sont d'ailleurs très
souvent confondues et mises au même rang de base, ainsi donc considérées
comme des compétences partielles. Les compétences spécifiques suivantes sont
souvent associées à une compétence informationnelle :

Compétence de lecture : capacité de comprendre des textes écrits, de les utiliser
et d'y consacrer des réflexions.
Compétence de l'écriture : capacité d'exprimer ses pensées à travers l'écriture et
de communiquer ainsi avec d'autres personnes.
Compétence de représentation graphique (Visual Literacy) : capacité de « lire »
ou d'analyser le contenu d'une image, d'un graphe, d'un diagramme ou d'une

carte géographique pour en tirer de l'information en contexte, associée ou non à
son titre ou à sa légende.

Compétence à utiliser les bibliothèques (Library Literacy) : capacité d'utiliser des
bibliothèques et de savoir se servir de ses prestations.

Compétence communicative : capacité de recevoir, de comprendre et d'émettre
des communications significatives et adaptées à une situation donnée.

Compétence des médias (Media Literacy) : capacité d'utiliser les médias et de s'en
servir de manière efficace en fonction des objectifs et besoins personnels.

Compétence en informatique (Computer Literacy) : capacité de se servir des
techniques informatiques et d'utiliser activement, par exemple, l'ordinateur avec
des logiciels d'application comme un outil.

Compétence numérique (Digital Literacy) : capacité de comprendre et d'appliquer
des informations présentées dans différents formats par des ordinateurs ou tout
autre appareil numérique.

Compétence de l'Internet (Internet Literacy) : capacité d'utiliser l'Internet et de
connaître ses concepts essentiels ainsi que son fonctionnement.

Littératie des données ou culture des données (Data Literacy)

Compétences correspondantes

Cinq « niveaux de littératie » ont été définis : le niveau 1 correspond au niveau de
l'école primaire, le niveau 2 au collège secondaire, le niveau 3 au lycée, les
niveaux 4 et 5 correspondent aux niveaux universitaires (postbac).

Au-delà de cette classification on peut concevoir le terme de littératie comme
étant la capacité d'une personne à comprendre et à utiliser les documents
littéraires et scientifiques, puis à les intégrer dans ses pratiques et ses
comportements personnel, professionnel et social. C'est le concept que doit
mettre en œuvre l’ « honnête homme » de son époque (au sens du XVIIe siècle),
lequel doit donc être aussi capable de « contrôler le langage savant ».

L'utilisation optimisée des ressources numériques (informatiques) et en
particulier de l'Internet (moteurs de recherche, mots-clefs, fils RSS, vérification et
croisement des informations, forums...) s'ajoute aux sources littéraires et
scientifiques traditionnelles. Cependant, l'Information Literacy dépasse la seule

éducation à l'information et ne s'adresse pas uniquement aux publics scolaires et
universitaires.

Une personne qui possède ces compétences :

Sait qu'une information adéquate, pertinente et suffisamment complète est à la
base d'une bonne prise de décision ;
Sait reconnaître les besoins d'information ;
Sait formuler des questions adéquates ;
Sait identifier les sources potentielles d'information nécessaires ou manquantes
Sait utiliser des stratégies de recherche efficaces ; a accès aux sources
d'information, y compris numériques ;
Sait critiquer en contexte le contenu d'information ;
Sait organiser l'information pour son application pratique ;
Sait intégrer les nouvelles informations dans un corpus existant de connaissances.

Littératie numérique chez les adolescents
La littératie numérique n'est pas seulement la maîtrise des compétences en
matière de pratiques numériques. Cette notion questionne ce que le numérique
a changé chez les individus, notamment chez les adolescents. Mark Prensky est
le créateur des termes digital native (enfant du numérique) et digital immigrant
(immigrant du numérique) qui renvoient tous les deux à la notion de littératie
numérique : un digital native est une personne qui est née dans le digital âge,
tandis qu'un digital immigrant maîtrise le numérique de manière plus tardive,
ayant dû se familiariser avec lui.
L’utilisation du numérique par les digital natives concerne principalement la
communication (pour les plus jeunes) ou les loisirs (pour les jeunes adultes). Leurs
usages se caractérisent par un fort taux et temps de connexion et une forte
assiduité. Les jeunes générations fonctionnent par réseau / communauté, ainsi la
relation devient une valeur en soi, un outil de construction identitaire oscillant

entre rattachement au groupe et différenciation. Cette observation est
également confirmée par l'étude JAMES, menée en Suisse en 2012 auprès d'un
grand nombre d'adolescents et portant sur leur comportement face aux médias.
D'après cette étude, les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans l'apprentissage
des interactions relationnelles et affectives entre les adolescents mais aussi dans
l'apprentissage de la recherche d'information. Ce sont véritablement des espaces
rituels initiatiques où les jeunes se construisent et progressent par essais et
erreurs. Néanmoins, ces réseaux sociaux peuvent être le lieu d'expériences
négatives. C'est pourquoi Olivier Le Deuff préconise de les intégrer dans
l'enseignement autant comme objets que comme outils d'étude. Le chercheur
nuance d'ailleurs la notion de digital natives en lui substituant celle de digital
naïves.

En matière de recherche d'information, les pratiques juvéniles revêtent une très
grande diversité. Si beaucoup de jeunes disent ne pas se sentir perdus sur le web,
l'étude de leurs pratiques révèle qu'une grande majorité adopte des
comportements restrictifs, en ne visitant, par exemple, qu'un nombre limité de
sites sur lesquels ils se sentent en terrain connu. D'autres jeunes usagers
évoquent, face à la multitude d'informations reçues, leur incapacité à savoir
lesquelles sont pertinentes par rapport à l'objet de leur recherche. Certains,
encore, ont des difficultés de lecture, soit tenant à la structure du document en
ligne, soit liées au niveau de langage des pages utilisées.

Ainsi, le fait d'être des digital natives ne semble pas, dans les faits, devoir conférer
aux jeunes utilisateurs des compétences numériques réelles. De plus, l'origine
sociale des adolescents apparaît comme un facteur discriminant, les jeunes issus
de milieux défavorisés ayant plus de difficultés face à la complexité de
l'environnement numérique. Marc Prensky est revenu sur cette notion, autour
d'une nouvelle approche : celle d'une sagesse numérique qu'il convient
d'enseigner à tous.

Des chercheurs proposent des pistes de réflexion pour que les jeunes usagers, à
travers les formations qui leur sont dispensées dans le cadre scolaire, deviennent
des citoyens véritablement éclairés, capables de tirer le meilleur parti de
l'environnement numérique. Anne Cordier a réfléchi, dans le cadre de sa thèse

en 2012, aux formations dispensées par des professeurs-documentalistes à des
élèves de collège. Elle a remarqué que les enseignants avaient tendance à
encadrer leurs pratiques au détriment de pratiques personnelles et pouvaient se
cantonner à des approches méthodologiques. Le défaut de cet apprentissage
étant selon elle, qu'il ne forme pas les élèves à s'adapter à un monde numérique
en perpétuel devenir et ne les prépare pas plus largement à leur vie d'adulte. Elle
préconise que les sciences de l'information et de la communication soient le socle
qui sert de base à des formations plus structurantes que modélisantes.


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